arrivée à Palerme, Vendredi Saint

CARNET SICILIEN 2004

 

 

Le génie de Palerme
Le génie de Palerme

Vol Meridiana -Orly 12h15
Méridiana  dessert les lignes intérieures italiennes. L’avion, Mc Donell, a deux sièges d’un côté de l’allée trois de l’autre. Service minimum : un sandwich jambon fromage, un jus d’orange, un café.Arrivée à Palerme à 14h30 sous un chaud soleil.

A 15h30, à bord d’une Fiat Punto  neuve  gris métallisée,  l’autoroute longe la Méditerranée toute bleue sur une dizaine de kilomètres, de l’autre côté, des collines très escarpées. Tunnels. Nous quittons l’autoroute trop tôt, traversons des quartiers modernes sans intérêt, allant tout droit, au jugé.

Vers le Centre de Palerme

Notre hôtel Orientale via Maqueda
Notre hôtel Orientale via Maqueda

La Maqueda,  est une des artères principales de Palerme. Nous dépassons l’hôtel Orientale, cela se corse. Autant la circulation  dans les grandes rues est sans histoire – bien que sportive et agressive – en Italie, nous avons connu pire – autant conduire dans les ruelles est une véritable galère. Soit la rue est  à sens unique, soit elles sont occupées par le marché, ou trop étroites et tortueuses.  Comment allons décharger les valises, comment trouver un parking ?
Finalement tout se passe à merveille.

L’Hôtel Orientale

L’hôtel Orientale occupe deux étages d’un vaste palais du XVIIème siècle qui possède une vaste cour. La réservation a bien été notée, parking dans la cour pour 10 Euros.
Détail « folklorique » : le propriétaire avise mon collier (la chaîne en or que les cousines m’ont offert pour mes 50 ans). Il faut absolument retirer ce collier qui va attirer les voleurs. A Palerme, il ne faut ni sac à main ni bijou !

Plafond historique!
Plafond historique!

J’essaie de photographier l’entrée monumentale. Pour arriver à la réception au premier étage, on monte un escalier théâtral aux marches de marbre rose très larges, presque plates qui se divise en deux sur un petit pallier rond. Au premier, deux volutes de marbres embrassent la montée. Des lanternons, des arcades soulignées de gris soutiennent les plafonds. Au dessus de l’entrée, une plaque gravée représentent le Palais, est surmontée d’un buste. Des moulures de stuc en arabesques compliquées entourent la porte. Ne pas imaginer un hôtel luxueux. Tout est bien vieux, défraîchi, au bord de la ruine, ce qui le rend encore plus pittoresque.

 festivités de la Semaine Sainte.

Procession via Maqueda
Procession via Maqueda

A 18 h, une procession doit partir de l’église la plus proche. Nous sommes comblées. Avant de quitter notre Palais, nous découvrons le salon avec ses grands rideaux drapés, plafond peint d’une fresque, balcons sur la Maqueda où une foule attend la procession.Les  rues adjacentes ont de curieux panneaux en italien, mais aussi en hébreu et en arabe. Notre quartier, aristocratique autrefois est maintenant habité par des immigrés. Les boutiques sont «orientales», arabes ou hindoues.

Pénitent
Pénitent

En tête de la procession, une rangée de pénitents cagoulés, soufflant dans une sorte de trompe au son affreux. Les crécelles de bois font un bruit sinistre. Derrière, des Romains casqués, au plumet en balai rouge.  Jésus en robe beige, tachée de sang, porte une grande croix, la couronne d’épines est en fil de fer. Derrière, un enfant porte une petite croix sur roulettes. De l’église sortent des statues : le Christ est couché dans une châsse transparente aux montants dorés surmontée de bouquets magnifiques : une sorte de palme tressée très haute, des orchidées, des lis et des anthuriums blancs. La foule suit la statue en chantant des chœurs de Verdi. La Vierge est debout habillée de noir. Des jeunes filles tout en noir avec un béret de velours noir escortent en pleurant le cercueil de verre. Derrière, les corporations avec des étendards puis une fanfare. Tout le monde se presse. Il règne une curieuse ambiance : de la religiosité, mais pas trop de solennité, une agitation bon enfant. On se pousse, on se parle.
Au bout d’un quart d’heure, nous cherchons à nous échapper, rejoignons la Via Roma, boutiques très chics, puis une petite place de vendeurs de ferblanterie et de vélos.

Santa Catarina, marqueterie de marbre

Santa Catarina
Santa Catarina

Au hasard des petites rues nous découvrons une place très théâtrale. A droite, la façade baroque de l’église Santa Catherina. On y entre par un haut escalier. L’intérieur,  est marqueté de marbres et de stucs, une merveille. C’est l’office, des femmes chantent. Toute une file fait la queue pour se confesser. Ici encore, le recueillement est tout relatif, on y téléphone même. Il faudra revenir faire des photos en dehors de la messe.
En face de Santa Catharina, en haut d’un escalier comme sur une estrade deux petits édifices cubiques surmontés de coupoles rouges très arabes, un campanile élégant, normand et plaquée, une façade baroque étrange. Sur un  troisième côté de la place, le petit théâtre Bellini avec des trompe l’œil. La Via Maqueda borde le quatrième côté.

Procession grecque à la Martorana

San Cataldo et la Martorana avec son campanile normand
San Cataldo et la Martorana avec son campanile normand

Une procession sort d’un de ces édifices cubiques. Plus petite mais bizarre. A l’avant, le prêtre tout en noir, avec une sorte de chignon, ressemble à un pope grec.

la procession grecque sort de la Martorana
la procession grecque sort de la Martorana

Des hommes costumés d’orange précèdent le cortège Une plate-forme vide en natte tressée est portée par des porteurs. Des prêtre en rouge aspergent les passants à grands jets d’eau bénite. Des nuages d’encens s’échappent de l’église. Le cortège fait le tour du bâtiment et retourne dans l’église des grecs: la Martorana dont les mosaïques sont présentées dans tous les guides.

Martorana mosaïques byzantines
Martorana mosaïques byzantines

A l’intérieur, l’église est pleine. On ne laisse entrer les curieux qu’au compte goutte. La liturgie est bizarre : des hommes chantent en grec mais je ne reconnais pas une église orthodoxe; pas d’iconostase pas d’icônes. L’assistance est assise sur des bancs comme dans n’importe quelle église catholique. Les mosaïques, en revanche, sont byzantines. Nous nous arrêtons  devant l’autre église cubique San Cataldo. D’ici, on découvre des coupoles, des tours des façades. Enchevêtrement d’époques, de styles, d’influences …
Un peu plus loin, une autre place est entièrement occupée par une fontaine toute blanche ornée de statues énormes. J’ai envie de tout photographier.

San Giuseppe Teatini
San Giuseppe Teatini est une grande église très baroque très grande, très peinte. Ici, on prépare, on remmanche les bras d’un Christ manchot qu’on raccroche à sa place. Le curé fait répéter une troupe d’enfants, plus loin, on confesse à découvert.

Sur la Maqueda, les processions font bouchon, on klaxonne, les deux roues pétaradent. Nous retrouvons le calme dans de petites rues souvent très ruinées, parfois taguées. A chaque coin de rue, une surprise : une église baroque transformée en mosquée, un grand chantier de restauration, des bougainvillées et des jardins donnent un air champêtre. Si nous voulons dîner, il faudra rentrer avant 8h, heure de fermeture de la pizzeria où nous achetons deux parts une à l’aubergine pour moi, une tomate mozzarella pour Dominique.

La procession encore
Nous retrouvons la procession, plus impressionnante avec les cierges allumés. Les hommes qui portent les brancards de la statue (16 devant et 24 derrière) ont l’air complètement fourbus, ils se soutiennent les uns les autres et s’accrochent aux brancards. Une grande fanfare suit. Nous les regardons du balcon du salon de l’hôtel.
Dernières courses au marché éclairé, encore actif à 20h.

 

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « arrivée à Palerme, Vendredi Saint »

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