Zingaro

CARNET SICILIEN

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Il fait un temps magnifique. Six barques de pêcheurs sont sous nos fenêtres, ils ont installé un filet rond.

Nous partons en short pour la réserve de Zingaro  située juste après la Tonnara sur le petit cap qui sépare Scopello de San Vito lo Capo sur une montagne très sauvage, escarpée et aride.

Le droit d’entrée de 3 euros, on nous donne une carte au 1/25.000ème. Nous choisissons le chemin côtier de 6 km très bien entretenu. Les poubelles en vannerie sont recouvertes d’un rectangle de canisse.

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Jusqu’à une période récente, le cap était habité. Les petites maisons cubiques de pierre ont gardé leurs toits de tuiles rondes.Les vergers d’amandiers et d’oliviers sont bien entretenus . On a installé des petits musées dans les maisons : centres d’interprétation de la faune et de la flore, écomusée des contadini.

zingaromaiosns des contadini

Botanique
Cette promenade rappelle le chemin des Bains d’Aphrodite à Chypre, en moins spectaculaire mais aussi fleuri.

orchidée
orchidée

C’est un ravissement de marcher dans ce parterre fleuri de toutes les couleurs, soucis oranges anthémis jaunes, moutarde jaune acide, dans les bleus je reconnais les chardons, les myosotis mais d’autres sont inconnues, je dénombre au moins 5 espèces de trèfles, incarnat, rose, bleu, deux variétés de luzerne, des lotiers jaunes et rouges, des orchidées violettes très foncées presque noires, une sorte de sauge à petites fleurs bleu très pâle formant des buissons. Les fenouils commencent à fleurir, de grosses crosses font une gaine autour de la hampe florale.

asphodèles et glaïeuls roses
asphodèles et glaïeuls roses

Je craque de ravissement devant les glaïeuls roses  et les tout petits iris bleus. Les euphorbes forment de gros buissons avec des troncs comme de petits arbres. Leurs fleurs jaunes forment une grosse boule. Quelques caroubiers portent déjà leurs gousses vertes bien formées. Les lentisques viennent de débourrer, leurs feuilles sont encore fines et rouge orangé.

palmier endémique
palmier endémique

L’arbre le plus répandu est un palmier nain qui pousse en groupe. Les plus hauts atteignent à peine 2.50m, ce qui est vraiment très bas pour un palmier ! Je reconnais les mêmes feuilles que notre palmier de Créteil. Quelques années auparavant, un incendie a ravagé la Réserve. Les grands arbres ont souffert, on voit des troncs calcinés. Curieusement les petits paliers ont leurs troncs noircis mais leurs palmes en éventail ne semblent pas avoir brûlé.

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halte dans une petite crique
Parties à 9h15, nous nous installons vers midi dans une petite crique après avoir marché seulement 5 km selon la carte . Ne jamais se fier aux distances sur ces petits sentiers qui montent et descendent !
Ecomusée des contadini

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Avant le déjeuner nous visitons l’écomusée des contadini. Un vannier fait une démonstration des différentes techniques de fabrication des paniers. La matière première est principalement fournie par la feuille des petits palmiers. Séchée, elle forme des balais (scopa, décidément après l’escobar cubain, je suis confrontée à ce mot dans toutes les langues alors que les méthodes le négligent). On peut tresser ses fibres en bandes de 5 à 7 cm de large que le vannier coud ensemble sur une forme de bois rectangulaire (un cadre tout simple). Pour coudre, il utilise une ficelle qu’il fabrique lui même en torsadant les fibres du palmier. Un groupe de touristes allemands assiste à la démonstration, certains s’essaient au tissage. Les paniers souples servent aux provisions, à la nourriture des mules, et aux sacs des chargements de ces animaux. Il tresse aussi des paniers ronds profonds pour les olives, et les amandes de longs paniers étroits pour le séchage de la charcuterie et du fromage. Ces paniers rigides sont faits d’osier mais aussi d’olivier. Les cannes des roseaux sont tressées en nattes. Une de ces nattes rigides enroulée forme le petit silo à grain avec une ouverture carrée en bas que Dominique avait pris pour une chatière.
Dans une autre pièce des outils et des photos en exposition expliquent le travail de la terre : labours, semis, moisson et battage des grains. Les objets sont très beaux et bien présentés.

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Une crique blanche nous invite au pique-nique. L’eau limpide me tente. La descente est raide, il faudra remonter au retour !
Nous sommes un peu déçues de voir la crique déjà occupée, deux ou trois couples arrivés avant nous se baignent malgré la fraîcheur de l’eau . je me contente de rentrer dans l’eau jusque aux genoux . Dommage que j’aie oublié mon maillot. Je ne pense pas que j’aurais réussi à me plonger entièrement dans l’eau glacée.
Je reste dessiner les petites maisons blanches d’Uzzo et la tour en ruine. Un bel eucalyptus est planté devant la maison, es agaves et des figuiers de barbarie poussent de côté. Au dessus, une belle amandaie.
Vers 15h, le ciel s’embrume et se voile, la mer devient laiteuse pastel, vert pâle.
De retour au gîte, nous nous installons sur la terrasse dans une sorte de camaïeu de gris, la côte estompée par la brume. Les crêtes bleuâtres se détachent sur le ciel gris mais le rivage est flou. Mer et rivage se confondent. Pas une vague ne vient rider la surface lisse de la mer. Sur notre plage, un petit clapotis remplace la rumeur des vagues. Un tout petit liseré d’écume blanche frange le sable. Fera t il beau demain ? Cela n’empêche  de faire une grande lessive.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « Zingaro »

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