Boukhara- Le Palais d’été du dernier émir

CARNET OUZBEK

La résidence d'été dernier émir
La résidence d’été dernier émir

Palais d’été du dernier émir (1910)

L’émir de Boukhara, Akhad Khan souhaitait construire une résidence d’été. A Boukhara il n’y a point de hauteurs pour chercher de la fraîcheur. L’architecte égorgea un mouton, le fit découper en 4 quartier et suspendre aux 4 coins de la ville. Comme la viande suspendue à la porte de Samarkand se conservait mieux il conclut que là était la fraîcheur.

Fraîcheur des grands arbres centenaires du grand parc de 6 ha.

Au premier abord  cette résidence d’été est un palais russe, cosmopolite, russes, Juif, Iraniens  ont contribué à sa décoration. De l’extérieur, on admire une merveilleuse galerie aérienne vert d’eau. On entre par une entrée sous une coupole argentée dans un palais blanc à grandes fenêtres se terminant par une sorte de véranda bleue.

Porcelaine chinoise
Porcelaine chinoise

La salle d’attente est peinte d’un décor « chinois », tapis chinois, fresques florales de hauts bouquets dans des vases. Nassim a employé le qualificatif « chinois » j’aurais plutôt écrit « fleuri ».  la salle de réception est blanche. Les stucs ont été ciselés par-dessus les miroirs. Pendant 3 ans le maitre a travaillé avec 30 élèves à cette dentelle blanche. Une vitrine conserve le portrait, le diplôme et les outils du Maître artisan.

Une pièce multicolore aux vitraux rouges est celle où l’émir jouait aux échecs avec les ministres et les ambassadeurs ; les peintures vives se reflètent dans les miroirs.

La salle des banquets est aussi égayée de vitraux rouges et bleus et d’un plafond coloré qui me fait penser à certains palais indiens de Jaipur ou Udaipur. On voit une belle glacière.

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Les portraits des émirs, Akhad Khan et son fils Alim, montrent des barbus à carrure imposante. Il fallait de solides épaules pour endosser le manteau de cérémonie garni de joyaux qui pesait 13kg avec les broderies de fils d’or. Pour ne pas se  blesser un rembourrage de plusieurs chemises s’imposait.

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La  véranda très claire, aux hautes fenêtres était aménagée en pièce de repos. L’émir y jouissait de la beauté de son par cet des roseraies, des buissons avec oiseaux et paons en liberté. Dans  un zoo résidait un éléphant, maintenant les paons y font la roue devant les rares femelles en se tortillant du croupion.

Alim, le fils de l’émir, avait fait ses études à Saint Petersbourg, il y était tombé amoureux d’une fille du Tsar Olga. De retour à Boukhara il avait ajouté un élégant pavillon blanc appelé désormais le Pavillon Olga bien qu’elle n’y ait jamais mis les pieds. C’est un bâtiment octogonal (le Paradis a 8 portes). Nassim nous avait fait cette remarque au palais de Nuroulla bey à Khiva construit à la même époque.

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le harem et la piscine des concubines

 

Plus loi, sur deux étages, plus grand que les bâtiments précédents, le Harem se reflète dans une belle pièce d’eau. Les concubines nageaient dans le bassin tandis que l’émir les contemplait sur son trône perché à la manière des maîtres- nageurs sur les plages, son garde du corps surveillait les alentours au sommet d’une tour ressemblant à un phare. La légende raconte que l’émir lançait une pomme rouge dans la piscine. La première qui s’en emparerait partagerait la couche du souverain. Un soir, dit-on, personne n’essaya d’attraper le fruit. Dépité, le khan demanda des explications : chaque concubine sortit de l’eau la main brandissant une pomme. Le verger est tout proche et pommiers et cognassiers y sont florissants !

suzanni
suzanni

Dans le Harem, se trouve l’exposition des suzanis :  panneaux brodés de soie. Tandis qu’au bazar les motifs sont principalement des grenades et des arbres de vie, l’exposition présente des motifs beaucoup plus variés avec plus de couleurs. Souvent au centre, se trouve le soleil zoroastrien. J’y apprends que la grenade est symbole de fécondité (avec tous ses grains), il y a parfois des poissons, des fleurs des huppes.

Suzani
Suzani

Sur le chemin du retour nous retrouvons le miniaturiste : le matin il peint sous une tonnelle, l’après midi près du bassin dans son échoppe.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Boukhara- Le Palais d’été du dernier émir »

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