Chakhrisabz, ville natale de Tamerlan

CARNET OUZBEK

Le Palais de Tamerlan
Le Palais de Tamerlan

Avant Chakhrisabz nous traversons la grosse agglomération de Kitab, très animée avec de nombreuses voitures. Chakhrisabz est la ville natale de Tamerlan. La palais se trouve dans un vaste chantier. On a abattu tout un quartier pour aménager un parc de dimension ouzbèke (c’est-à-dire très vaste). Des centaines d’ouvriers, hommes et femmes s’affairent, dallent les allées ou ratissent les plates-bandes, nivellent, cimentent, balaient….Hommes et femmes manient indifféremment pelle et râteau. Sauf que les carreleurs sont tous des hommes et que celles qui charrient le sable ou la terre avec les brouettes et gâchent le ciment sont les femmes vêtues de velours pailleté. Il semble que les bleus de travail n’existent pas. Les femmes travaillent avec leurs plus belles robes. Tamerlan de 18m est debout sur son socle (à Tachkent il est à cheval, Samarcande assis sur son trône). Nous traversons donc le chantier pour atteindre deux très hauts bâtiments : le palais, terminé en 1403 était haut de 70m et ce que l’on voit aujourd’hui n’est que l’arche d’entrée. Il faut imaginer les salles situées à l’arrière : salle de réception des invités, salle des banquets toutes carrelées, la salle de repos était dallée de marbre. Sous des bâches plastiques on protège les carreaux turquoise. Pour les 600 ans (1996) de  Tamerlan, on a remonté un pan de remparts. La description de Clavijo (ambassadeur d’Espagne auprès de Tamerlan) permet d’imaginer les fastes du palais.

femmes ouzbèkes  au travail
femmes ouzbèkes au travail

Les ruines ont un aspect étrange. Les monuments sont souvent si restaurés qu’ils semblent neufs si bien qu’on ne distingue pas un bâtiment construit au 19ème siècle d’un du 15ème. Ici l’usure du temps est perceptible, les restes de mosaïques originelles ont des couleurs magnifiques. Les inscriptions ne sont pas tirées du Coran, ce sont les maximes préférées du souverain : « La force est dans la Justice » . Un architecte voulait écrire « Le Roi est l’ombre d’Allah » mais il avait mal calculé. Ayant écrit « le Roi est l’ombre », il fut précipité du haut du minaret.

En 2020 un petit train électrique  conduira les visiteurs du palais aux mausolées timourides. En attendant, nous contournons les habitations encore sur pied en  voiture. Façades roses, bleues, beiges, pastels éventrées sur les vestiges des jardins. Ces démolitions m’attristent comme m’avaient horrifiée celles de Louxor ou de Gournah en Egypte pour faire place nette pour les touristes.

Dorut Tilavat

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C’ est un ensemble de mausolées. Le père de Tamerlan, Mohamed Taragai, y repose aux pieds de son maître spirituel Cheikh Chamseddine Koulal, ainsi que le fils ainé de Tamerlan, Jahonghir. Il y a aussi un cénotaphe de Tamerlan qui souhaitait y être inhumé. Sa dépouille après sa mort en route vers la Chine fut rapportée à Samarcande et il est enterré à Gour Emir.

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Oulough Beg a fait ajouter une Mosquée du Vendredi dont on au restauré la façade en 1994 (600 anniversaire d’Oulough Beg) rappelant le ciel étoilé avec des étoiles de nacre. L’intérieu est en stuc peint aux motifs de verdure mais dégradé par le temps. On retrouve les motifs végétaux très gracierux dans le mausolée qui lui fait face et qui est ouvert.

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A l’arrière du « faux tombeau de Tamerlan » la vue est très belle sur l’ensemble des coupoles.

En chemin,  nous déjeunons dans un très agréable restaurant sous de grands pins et des noyers. Les brochettes sont la spécialité. J’en commande à l’agneau, tendre et excellent(qui a dit qu’en Ouzbekistan l’agneau était gras ?)

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Vers 15h, nous sommes de retour sous un faible soleil et nous installons au kiosque du Reghistan où je commande des glaces et recommence l’étude des motifs. A peine sommes nous arrivées à l’hôtel qu’éclate un orage avec une pluie violente. Nous avons bien fait de commander le dîner dans la cour de l’hôtel Dilshoda. A 19h30, la pluie s’est interrompue, la table est mise, couverte de salades. On apporte un bol de soupe aux pois chiches et à la viande bouillie. Ce n’est pas tout : des assiettes de pot au feu avec des carottes, pommes de terre, chou complètent ce repas beaucoup trop copieux. Nous aurions aimé y faire plus honneur. C’est excellent et la dame est si gentille ! par là-dessus il y a de la salade de fruit pour dessert. Nous dînons en compagnie d’une guide qui parle un excellent français et qui nous fait un vrai cours !

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « Chakhrisabz, ville natale de Tamerlan »

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