CARNET PORTUGAIS
Un peu avant 10h, nous partons de Fanhais, par Alcobaça et la route C2 qui descend vers le sud. Juste avant Rio Maior un panneau marron indique les Salines.
Les Salines de Rio Maior sont à l’extrémité sud du Parc Naturel des Montagnes d’Aire et de Candeeiros qui couvre un massif allongé Nord/sud à l’est de Leiria et d’Alcobaça. Nous l’avons traversé sans nous en apercevoir en allant à Tomar. Nous avions bien remarqué les panneaux indiquant des grottes et des promenades. Si nous avions connu l’existence de ce parc naturel nous aurions trouvé les pistes de dinosaures (pegadas de dinossauros) à Fatima en direction d’Ourem et plus au sud à Barrerinhas non loin d’Alcaned. En rentrant je regarderai si le parc a un site Internet.
Les salines de Rio Maior sont éloignées de 30km de la mer. Le sel vient du sous-sol. Un diapir(masse rocheuse de faible densité traverse les formations situées au dessus mais de plus forte densité, le sel forme comme un gros champignon remontant en surface. Le massif montagneux calcaire est un karst. Les eaux de pluie circulent dans les fissures et dissolvent le sel. Le cours d’eau salé alimente le puits. Une motopompe remonte l’eau mais on voit deux balanciers comme dans les puits turcs ou hongrois. Autour des puits, les œillets sont dallés et cimentés. Ils sont très peu profonds ; l’eau n’y excède pas 10cmet s’évapore en 6 jours. Il y donc une récolte par semaine.

Le sel, explique un panneau, est exploité depuis la Préhistoire. Les historiens n’ont de documents qu’en 1770. Actuellement les salines sont en exploitation, le sel est commercialisé et même exporté. Autour des bassins les greniers à sel étaient des cabanes e bios aux toits de tuiles rouges. Les auvents étaient soutenus par de grosses branches tortueuses. Bars, restaurants et commerces occupent les greniers à sel. On y vend du sel sous toutes ses formes, en sacs de 25kg, en sachets de quelques grammes, aromatisé, de toutes les couleurs, en gâteau de sel, en fromage de sel cylindrique. La boite à sel est déclinée dans toutes les formes et couleurs. Les poteries sont variées. On trouve les inévitables torchons et tabliers.
Les hommes qui travaillent à la récolte du sol sont chaussés de bottes en caoutchouc blanches, les brouettes en plastique jaune sont impeccables. Les saulniers grattent inlassablement la croûte blanche avec des pelles in inoxydable. Autrefois les outils étaient de bois : le métal est sensible à la corrosion. On ratissait avec des râteaux de bois. Même les serrures des greniers à sel étaient de bois. Le sel sèche en petite pyramides blanches sur des plateformes de bois surélevées. Les tas étincellent au soleil.
Un sentier de randonnée part des collines dans la campagne, monte à travers une pinède, arrive dans les vignes. Plus haut, sur l’arête sont posés trois moulins mais il est temps de reprendre la route.


