Croisière sur la rivière Casamance à bord de Aline Sitoé Diatta

CARNET DE CASAMANCE

le ferry à l'escale
le ferry Zigunichor Dakar

Petit déjeuner sur le bord de la piscine. « Bissap ou bouye ? » les 2. La bouye, jus du fruit du baobab est vraiment trop épaisse (bouillie ???) et me dégoûte un peu. C’est un excellent remède en cas de dérangement intestinal, inutile aujourd’hui.

9h : l’enregistrement du ferry, espérant retourner en ville, les formalités accomplies. Trop tôt ! Il ne commence qu’à 10h. Après les passages de sécurité nous ne pouvons plus ressortir. Nous sommes ravies d’avoir laissé dans la 4×4 nos valises plutôt que de les enregistrer en soute. Ce sera plus facile à la sortie à Dakar – pensons-nous.casamanccarabane - Copie (2)

10h contrôle des passeports, puis 2ème contrôle, 3ème…le policier apprend par cœur mon visa indien. Je ne suis pas sûre qu’il sache lire. Ce visa indien fascine tout le monde : notre hôte ouzbek l’avait photocopié à la place de la page du passeport et m’avait demandé «  vous habitez Delhi ? ».

10h30, assises dans la salle d’embarquement, devant la télévision qui diffuse une émission « les filles et la science, une équation lumineuse » ( la présentatrice est voilée). La semaine précédant le 8mars est l’occasion de manifestations féministes. L’Alliance Française organise une semaine de projections de cinéma et de théâtre dédiée aux femmes à Ziguinchor.

10h45 nous découvrons notre luxueuse cabine pour 2 : salle d’eau et douche, WC, climatisation, télévision.

casamancedamedubateau - Copie11h Nous allons occuper un banc à l’ombre sur le pont en face du bar.Le départ est prévu à 13h. L’accompagnement musical, salsa, musique cubaine, , brésilienne, est parfait, mais très fort. Impossible de lire. Pour m’occuper, je sors mon carnet moleskine et dessine une élégante avec une robe flottante, un homme en casquette accoudé au bar, un jeune en marcel et gros bonnet de laine, un rasta….les personnages sont si variés qu’ils me fascinent. Dames en belles tenues africaines, touristes excentriques….

12h, tous les véhicules montent à bord sauf deux : une Copie de casamancbateauMercedes antique qui a calé, ne démarre plus et qu’on doit pousser et notre 4 X 4 avec nos valises. Mor est introuvable. La Mercedes a franchi la rampe.  Notre voiture….et nos affaires sont toujours à quai !  Mor est dans un hangar. Il parlemente avec les employés de la Cosama à renfort de grands gestes. Son visage est celui des mauvais jours. Nous lui faisons signe.

12h55, départ dans 5 minutes. La voiture est toujours à quai. Mor me fait signe de descendre le rejoindre. Les marins me barrent l’escalier qui mène à la soute. Le chef de cabine m’entraîne sur un  pont réservé à l’équipage : on peut se parler en criant bien fort.

casamancbateau0003 - CopieJe comprends qu’il n’a pas pris de billet, seule la voiture est enregistrée, pas lui. Il va partir par la route (840km par Tambacounda) et nous retrouvera demain matin à Dakar. Nous sommes furieuses, non seulement, nous n’avons pas de vêtements de rechange, mais les chargeurs des téléphones et surtout le classeur avec les billets d’avion et les numéros de téléphone d’urgence est dans la valise. Nous ne connaissons ni le nom, ni l’adresse de l’hôtel de Dakar, ni le téléphone d’Abou. Nous avons l’air catastrophées. Les passagers autour de nous compatissent. Un homme au haut bonnet de rasta enserrant ses dreadlocks, propose casamancbateau0004 - Copied’appeler Mor avec son téléphone sénégalais.

13h30, le bateau s’ébranle, je me précipite à la rambarde pour profiter du spectacle du départ. Et quel spectacle ! A peine le bateau s’est élancé dans le fleuve que je remarque un puis deux ailerons. Au moins trois dauphins jouent dans notre sillage. Ces animaux exercent une véritable fascination. Nous imaginons qu’ils jouent, qu’ils font la course avec le bateau plutôt que d’évoquer des fonctions prosaïques comme la chasse. Leurs gracieux sauts nous enchantent. Avant que la Casamance ne s’élargisse démesurément le bateau est encore proche des bords, j’observe des aigrettes et des hérons dans les palétuviers. Trois cigognes s’envolent (les premières de ce voyage). Des pélicans flottent tranquillement. Je suis émerveillée.

le départ
le départ

La Casamance est tellement large que la rive devient une bande festonnée de fromagers, brumeuse à l’horizon. Impossible de distinguer les animaux. Les bancs de sables sont aussi noyés. Les dauphins nous ont quitté.

Le paysage redevient intéressant aux abords de la Pointe Saint Georges que nous contournons. Nous attendons avec impatience l’escale à Carabane : plaisir de retrouver des lieux connus ! Nous imaginons Simon servant les tables droit comme un piquet. Notre chambre est cachée par les palmiers. L’escale se prolonge. J’ai le temps de dessiner.

casamanccarabane - Copie - Copie

Un dernier dauphin bondit hors de l’eau. Il fait frais. Le soleil baisse, la mer est bleu marine sous le ciel mauve. Je guette maintenant le coucher de soleil. L’estuaire est tellement large qu’on se croit en pleine mer. C’est dans la cabine que je me rends compte que le bateau est sur l’océan atlantique. Cela tangue (ou roule) drôlement. Je ne m’y attendais pas. Aurons-nous un coucher de soleil ? Rien n’est moins sûr : la brume qui couvre l’horizon devient nuage, le soleil jaune pâle s’y est perdu.

l'h^tel carabane vu du bateau
l’h^tel carabane vu du bateau

19h45 – je rencontre à la porte du restaurant, les deux filles de la Case à Impluvium d’Enampore qui nous ont rejoint à Carabane.  Ne pas se laisser décourager par les longues tables qui font « cantine ». Le service est celui d’un bon restaurant (les prix aussi), la cuisine est excellente. Je choisis une assiette du pêcheur avec 3 gambas grillées et un morceau d’espadon, une sauce aux crustacés et du riz blanc. Christine prend un thioff grillé et de la ratatouille, son amie, un steak. Une chinoise complète la table, elle regarde le contenu des assiettes et commande « la même chose ». Extinction des feux à 22h30, demain le lever sera matinal. Pourvu que Mor soit parvenu à boucler le tour de la Gambie pour qu’on retrouve nos valises avant l’avion! J’ai recopié les numéros de téléphone d’Abou et de Mor sur un papier. ! Nos téléphones sont en panne de batterie.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

3 réflexions sur « Croisière sur la rivière Casamance à bord de Aline Sitoé Diatta »

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