Le Burren et la routeà travers le Connemara

CARNET IRLANDAIS

Kilfenora Croix Doorty
Kilfenora Croix Doorty

 

Réveil dans le brouillard, les Blue Horizons sont bouchés. Le petit déjeuner irlandais est servi sur des ardoises (black pudding, 2 saucisses, 2 tranches de bacon, 1 œuf et une ½ tomate. Le lait dans une bouteille d’une pinte, comme celle du laitier ; service raffiné.

Hier au soleil, nous avions pensé à photographier la petite route et ses herbes folles et ses fleurs. Sous la pluie, les fleurs trempées ont moins d’allure.

Kilfenora

la plus petite cathédrale
la plus petite cathédrale

Kilfenorra, la cité aux 7 croix, possède la « plus petite cathédrale de la chrétienté ». Nous nous perdons ans la campagne. Le facteur qui passait par là, nous remet dans le bon chemin « faites demi-tour et suivez moi ! – je suis désolé pour ce qui s’est passé à Nice ! ». Il nous montre d’abord la Haute Croix (high cross) à l’extérieur du village puis la cathédrale au milieu du cimetière. Le cimetière est encore en fonction, certaines croix n’ont pas un siècle, on remarque des Mac Mahon, Mac Namara. Les croix anciennes sont à l’abri dans la petite cathédrale (1152).Cathédrale St Fachtaan ? L’évêque est encore là ! La plus belle, la Doorty Cross (17ème siècle) est décorée sur les deux faces. Sur l’une l’évêque est représenté avec des oiseaux sur les épaules (peut être des anges), en dessous deux personnages nommés Croiziers – des Croisés ? – et en dessous, un monstre. Sur l’autre face, le Christ surmonte un cavalier et sa monture.

Doorty Cross détail des Croisés
Doorty Cross détail des Croisés

Les autres croix sont plus simples, ornées de motifs d’entrelacs rappelant de la dentelle ou des nœuds marins.

Leanneh le château hanté de Marie la Rouge
Leanneh le château hanté de Marie la Rouge

A la croisée des routes R476/470 se dresse le Château de Leaneh : coquille vide. Sa façade de  quatre étages est percée de belles fenêtres. Son allure fantomatique cadre bien avec la légende de Marie la Rouge, mariée 25 fois, dont le fantôme hanterait le château.

Imprévue, la ruine de Carran Church dans un pré à vaches. Comme les autres touristes, je rampe sous la clôture électrique et marche entre bouses et flaques pour visiter les ruines (il reste le mur du chœur. La croix et les tombes qui se trouvent à l’intérieur de la petite église ne peuvent pas rivaliser avec Kilfenora. Carran church a été construite en 1200, son nom dériverait de cairn (tas de pierres). Pour retourner aux voitures tout le monde trouve le passage dans la murette – passage à l’irlandaise avec des marches de chaque côté d’une dalle verticale que le bétail ne franchit pas.

Non loin – il suffit de suivre la caravane des touristes nombreux dans le Burren – le Fort de Caherconnell très aménagé pour les touristes : grand parking, boutique, salon de thé, billetterie, ppour un supplément on peut assister ç une démonstration de chiens de troupeaux qui poursuivent  les moutons au sonde sifflets. On offre aussi un livret explicatif très complet et on peut visionner une vidéo de 6 minutes (images de synthèse très laides) .

Des étudiants en archéologie tamisent de la terre très sombre (peut être de la tourbe). Leur cuvette se trouve sur un support, ils ont un tamis et une douchette. Ils sont étudiant à l’Université de Galway, souvent des américains qui gagne nt ainsi des crédits validant leur études.

Fort de coherconnel
Fort de Caherconnell

Comme les forts que j’ai déjà vus Staigue sur le Ring of Kerry, Donbeg à Dingle,  c’est un anneau de pierres sèches. Le vocable « fort » m’avais induit en erreur. J’imaginais quelque chose de militaire. Il n’en est rien. Pas de garnison mais une exploitation agricole à l’abri de la muraille circulaire. J’imaginais aussi que ces constructions étaient préhistoriques. Si le site était occupé depuis l’Age de Bronze, le fort circulaire a été construit au 10ème 11ème siècle et il fut occupé jusqu’au 17ème.   Au 15ème on reconstruisit une nouvelle entrée. A la Préhistoire, les hommes étaient installés dans  une doline à proximité. Le site de Caherconnell est étudié en détail, il est l’objet de campagnes archéologiques. Des charbons et des ossements ont permis les datations au Carbone14. Ces fouilles systématiques ont livré de nombreux objets, des aiguilles et des peignes en os, une perle d’ambre. Le plus joli est une fibule à tête de chien. Ces objets ne sont pas visibles, Suzan, l’archéologue montre les photos, elle n’est pas peu fière de dire « celui-là je l’ai trouvé ! » . On a également retrouvé des tombes datées 6ème/7ème siècle, à l’extérieur du fort, c’ étaient des tombes chrétiennes (à cause de l’absence de vaisselle et d’objets qu’on trouve dans les tombes païennes). Les tombes chrétiennes se trouvent en général autour d’une église. Elles témoigneraient donc d’une période de transition du paganisme au christianisme postérieure de peu à l’arrivée de Saint Patrick en 453 en Irlande.

Poulnabrone

Dolmen de Poulnabrone
Dolmen de Poulnabrone

Le dolmen de Poulnabrone est un petit dolmen très élégant, très différent des dolmens de granite que nous avons vus en Bretagne ou au Portugal. Le calcaire local se débite en dalles plates, il paraît beaucoup plus fin que les lourdes tables de granite. Une tombe néolithique a aussi été retrouvée (4000 -3000 av.J.C.). A l’époque préhistorique, le paysage était différent : des forêts de pins, d’aulnes et de noisetiers le recouvraient. Il y avait peu d’espaces ouverts.

Burren : lapiaz
Burren : lapiaz

Sur le parcours touristique, de nombreux panneaux sont consacrés au karst. Le Calcaire carbonifère (320Ma) a d’abord été érodé par le passage des glaciations. La flore associe le thym, la sauge, les cistes, le Géranium herbe à Robert ainsi que la gentiane. Ce paysage de causse m’est familier. Les lapiaz du Dévoluy ressemblent au Burren, ce qui ôte pour moi, l’effet de surprise. Toutefois, le point de vue de Ballyallagan est tout à fait extraordinaire la blancheur du grand plateau raviné contraste avec le bleu de l’océan (nous avons de la chance, le temps s’est éclairci).

Déjeuner sur le port de Ballyvaughan . Nous avons raté l’Abbaye de Corcomroe – introuvable.

Nous programmons le GPS pour Clifden. Le temps est redevenu maussade. Le paysage devient quelconque et même franchement laid aux abords de Galway que nous évitons sur une rocade embouteillée. Nous traversons les beaux paysages du Connemara ave une idée fixe : arriver ! La journée a été longue, passionnante dans le Burren. Nous sommes fatiguées et impatientes de découvrir notre nouveau gite.

Une adresse sur Main road , un digicode pour ouvrir la porte d’entrée sur la rue. Un cadenas avec une combinaison chiffrée pour ouvrir la petite boite qui contient la clé de l’appartement. Des instructions plastifiées. C’est trop impersonnel !

L’appartement est vaste, clair, très bien équipé décoré sobrement. Il va falloir apprivoiser la ville et prendre de nouvelles habitudes.

 

 

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Le Burren et la routeà travers le Connemara »

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