Art Afrique à la fondation Louis Vuitton : Etre là (Afrique du Sud)

LE MONDE EN EXPOS

Exposition temporaire du 23 avril 2017 au 4 septembre 2017

je ne me suis décidée à la veille de la clôture de l’exposition ou plutôt des deux expositions Etre là et les Initiés

J’ai été tellement impressionnée par Etre là présentant 3 générations de plasticiens contemporains en Afrique du sud,  que je n’ai même pas fait un tour dans l’autre exposition. C’est souvent comme cela, quand une exposition m’intéresse, je suis tant concentrée à tout voir, prendre des notes, tout lire que je m’épuise et sature et ma curiosité s’émousse.

Cette exposition fait la part belle à la photographie, la vidéo et l’animation, et les installations spectaculaires. L’artiste qui m’a le plus impressionnée est sans aucun doute William Kentridge que j’avais déjà remarqué dans l‘Afrique des routes au Quai Branly et dont une partie de la fresque en papier découpé, fragment de la fresque de Rome Triumph and Laments, occupe la place d’honneur au dessus de la librairie dans le hall. Le bateau et les femmes pleurant un naufrage à Lampedusa donnent le ton. Cette exposition est contemporaine, politique et ouverte sur le monde extérieur, sans concession.

Après avoir suivi encore la fresque de Kentridge on entre dans une installation de Jane Alexander : Infantry with Beast : 27 hommes à tête de lycaon, en ordre de marche derrière un lycaon dans une pièce noire. Le bataillon deJane Alexander est sonorisé par la vidéo d’animation de David Koloane : The Takeover au fusain selon une technique ressemblant à celle de Kentridge en peut être moins abouti. Deux tableaux représentant des canidés rouge orange de Koloane sont aussi effrayants.

On entre dans un univers de violence, où l’homme est un loup pour l’homme.

Dans la salle suivante on assiste à la projection de Notes toward a model Opera de William Kentridge (2015) .

Sur trois écrans sont projetées des animations vidéo qui se complètent mais différentes, des cartes, documents divers constituent le fond, carte de Chine, carte géologique de Normandie, Journal Officiel d’époque rendant compte de la commune de Paris….. Des danseurs affublés de cones, d’armes ou d’uniformes de l’Opéra révolutionnaire chinois exécutent des chorégraphies révolutionnaires inspirées de la gestuelle révolutionnaire chinoise brandissant un drapeau rouge ou un fusil, avec les mouvements corporels de la danse africaine…Des slogans révolutionnaires ou ironiques traversent l’écran sur des pancartes LISTEN TO THE ECHO _ NATIONALISE THE HEAVEN  ou LONG LIFE TO THE SPARROW-LONG LIFE TO MOTHERLAND…..

Une installation de Kemang Wa Lehulere occupe une salle : Dog sleep Manifesto ou Redding of the Greens :  des chiens (décidément c’est un motif récurrent) gardent des valises ouvertes contenant un carré de gazon. Elles symbolisent les terres que les Noirs ont dû quitter lors du déplacement des Noirs 1913.  Un dessin mural géant accompagne les objets et les chiens imitant le tableau noir d’une école.

Des oeuvres d’autres plasticiens se partagent la même salle principalement des textiles. J’ai apprécié les tapisseries de Athi Patra Ruga 

que l’artiste refuse d’encadrer et qui sont en forme de parallélogramme

 

La photographie occupe une grande place dans l’exposition avec David Goldblatt qui témoigne des luttes anciennes comme des plus récentes comme la protestation dees étudiants en 2015 contre la statue de Cecil J. Rhodes qu’on a couvert d’excrément puis déposée.

Zanele Muholi se définit comme photographe activiste visuelle . Un mur est occupé par une série de portraits Faces and phases follow up  où un même personnage est photographié à plusieurs phases de sa construction.

Jody Brand avec des photographies très colorées de grand format donne une visibilité aux agressions dont sont victimes les femmes et représente des homosexuels ou des trans

j’ai aussi été impressionnée par les grands tableaux – photographies ou tableaux? – d’une grande violence de Kudzanai Chiurai qui est un artiste originaire du Zimbabwe mais établi à Pretoria.

D’autres artistes contemporains encore sont présentés qui m’ont peut être moins frappée (ou j’étais fatiguée). J’ai pris un  énorme plaisir à rechercher ensuite sur Internet les biographies et les articles concernant ces artistes tous (sauf Kentridge) nouveaux pour moi.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

3 réflexions sur « Art Afrique à la fondation Louis Vuitton : Etre là (Afrique du Sud) »

  1. Oui la scène onirique d’Une femme douce est très longue, voyeuriste et inutile, et toutes ces métaphores plutôt que de se frotter au réel, comme dans le cinéma roumain.
    Les 120 battements de cœur sont très forts, très portés sur les amours masculins, les actrices Adèle Haenel et Aloïse Sauvage sont un peu sous-employées hélas.
    Gabriel et la montagne m’a beaucoup aimé avec son héros prisonnier du temps occidental, de son Lonely Planet, des monuments à visiter absolument, de sa volonté de ne surtout pas être arnaqué, quitte à agresser les Africains qui profitent un peu.

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  2. La violence dans l’art contemporain pour parler de notre monde actuel . On le comprend particulièrement en Afrique du Sud .. Hum ! partout ! Le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas gratuit. Certaines oeuvres ont l’air d’ être impressionnantes .

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