André Derain – 1904-1914 la décennie radicale

EXPOSITION TEMPORAIRE  – POMPIDOU – jusqu’au 29 janvier 2018

J’avais connu ce peintre à Collioure, puis rencontré à plusieurs reprises….Une grande exposition fait une synthèse de sa peinture, synthèse partielle puisqu’elle ne couvre que 10 années mais quelles années! Années de recherches, d’inventivité, de rencontres.

C’est donc une exposition chronologique ; Curieusement, chaque année est caractérisée par une rencontre et associée à un lieu différent, et à des couleurs dominantes.

Arrivée à Chatou

Vers 1903 – 1904, RÉALISME LIBERTAIRE 

Bal à Suresnes

Derain rencontre Vlaminck. Les premières œuvres préssentées sont proches de la caricature, 3 gouaches bleu blanc rouge accompagnent un grand tableau Le Bal à Suresnes où un couple un peu ridicule, et guindé danse sous le regard ironique de trois soldats. Ce tableau a été exécuté d’après une photographie présentée avec les travaux photographiques de Derain. Cette verve est aussi présente sur d’autres petits tableaux : dans les champs, le maquignon.

Le maquignon

1904-1905 CHATOU – NOTRE JUNGLE 

Derain et Vlaminck s’établissent au restaurant Levanneur proche de la Maison Fournaise, où se rencontrent les impressionnistes . De nombreuses œuvres très coloriées représentent les quais de Seine au Pecq ou à Chatou.

1905 COLLIOURE – L’ÉPREUVE DU FEU

Bateaux dans le port de Collioure

Derain retrouve Matisse, avec la lumière du midi, sa palette déjà colorée s’éclaire encore; souvent ils peint par petites touches laissant de grandes portions de toile non couverte comme dans Le Port de Collioureou Bateaux dans le Port de Collioure ou le sècha

sèchage des voiles

ge des voiles. Derain réalise aussi deux portraits de Matisse

 

1906 – L’ESTAQUE 

Dans les pas de Cezanne . Sa peinture se modifie, il utilise moins la technique des taches proche du pointillisme pour des à-plats plus colorés;

1905-1906 – LA DANSE

la danse

Le grand tableau est entouré d’aquarelles délicate. On note des inspirations exotiques, hindoues, khmères ou polynésiennes à la suite de l’Exposition coloniale de Marseille en 1906.

1906 -1907 LONDRES

La lumière londonienne lui inspire d’autres couleurs, le violet, le rose et le vert se font plus présents. Et bien sûr les bords de Tamise remplacent la Seine!

PRIMITIVISME 

Comme Picasso, la visite du Musée du Trocadéro, le marque, il collectionne également masques africains ou polynésiens. La salle consacrée à cette influence présente surtout des dessins, études préalables pour des lourdes sculptures.

1908 – BAIGNEUSES

Le thème des Baigneuses, à la suite des Baigneuses de Cézanne . Ce thème se décline sur des variations selon des styles très différents, certaines dialoguent avec les Demoiselles d’Avignon. 

1910 – 1911 CAGNES – CADAQUES

Le dialogue avec les cubistes, avec Picasso est tout à fait perceptible dans ces paysages « à facettes » que Derain expérimente ces années là

1907-1909 – CASSIS  MARTIGUES

Derain utilise la technique des couleurs cloisonnées en entourant les à-plat de couleur d’un trait le plus souvent bleu foncé, parfois d’une autre couleur

 

1912 – 1914    RÉALISME MAGIQUE

Changement radical! Aux paysages gais et colorés succèdent une série de tableaux beaucoup plus tristes et ternes aux figures hiératiques qu’on compare aux personnages du Greco ou de Chirico

La décennie se termine par la guerre de 1914 et l’exposition illustrant le poèmes d’Apollinaire L’Enchanteur pourrissant  : gravures pour le livre des poèmes et un très grand tableau  d’une forêt tropicale un peu à la manière du Douanier Rousseau

Cette exposition m’a étonnée par sa variété : Derain est vraiment un expérimentateur : il a employé toutes les techniques de l’époque, du pointillisme à la caricature au début du siècle, puis il a rencontré tous les artistes majeurs de l’époque : de Matisse à Picasso. Il fut présent partout où la peinture s’épanouissait …

mais j’ai préféré les séries de Collioure et de l’Estaque  que je connaissais déjà!

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

5 réflexions sur « André Derain – 1904-1914 la décennie radicale »

  1. J’aime ces expos où l’on voit toute l’évolution d’un peintre. Ici, on peut dire qu’il passe par des évolutions très différentes les unes des autres. Ce que je préfère, le fauvisme, j’aime moins Derain cubiste et je ne connaissais pas Derain et le réalisme magique.

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s