Fontanelle Méir Shalev

LIRE POUR ISRAËL

« Nous avons un grand-père sénile, doté de quatre filles âgées : l’une rampe dans le jardin à la recherche de scarabées, la deuxième s’est exilée en Australie, la troisième vit en recluse chez elle et la dernière ne quitte pas son lit et son mur d’action. 

Nous avons également Gabriel, son « Bataillon des Amants », et « A la Belle jardinière » la pépinière de Michael – c’est moi – et d’Alona…. »

Résultat de recherche d'images pour "fontanelle meir shalev"La tribu des Yoffé ne manque pas d’originalité! Il y a aussi un violoniste, un génial bricoleur…..

Je me suis perdue avec délectation dans leur domaine. J’ai pris un grand plaisir à découvrir les secrets de cette saga  sur 4 générations, depuis la fondation du village par le colosse David Yoffé jusqu’aux enfants  très urbains. J’ai souri à leurs manies spécifiques comme de dîner de soupe brûlante, de couper la miche de pain tenue contre la poitrine….

J’ai aimé ce récit qui se déroule en larges cercles, comme ceux que décrit le circaète au dessus du jardin, en deux occasions : pour l’anniversaire du petit Michael, 5 ans, scène fondatrice pour le narrateur, puis l’aigle revient pour la clôture du livre, bouclant la boucle. Cercles ou spirales, le narrateur conte des épisodes souvent séparés par des décennies.

Certains font partie de la légende familiale et se sont passés avant sa naissance. J’ai eu du mal à situer les personnages qui ont des surnoms. Fontanelle est le surnom secret de Michael. Il m’a fallu bien 150 pages avant d’identifier chacun par son nom et surnom.  Mais cela n’a aucune importance.  Je me retrouve dans l’univers de Shalev en terrain familier. J’ai lu deux fois Que la terre se souvienne à chaque fois avec autant de plaisir, La Meilleure façon de grandir et Ma grand mère russe et son aspirateur américain. 

« Jadis nous habitions une colline plate et dénudée. Un homme venu d’ailleurs déposa la femme qu’il portait sur ses épaules. Ensemble ils dressèrent une tente, bâtirent un poulailler, acquirent des vaches, une jument et une mule, délimitèrent le terrain; creusèrent des canaux d’irrigation et défrichèrent les marais. Par la suite, ce lieu devint un village, puis un bourg, et vu que dans les petits pays, comme chez les animaux de petite taille, leur cœur bat à toute vitesse et le temps se hâte dans les veines, il suffit de trois générations pour que naisse une petite ville aux jolies maisons, aux rues proprettes, aux trottoirs pavés… »

C’est donc l’histoire mythique des pionniers qui défrichaient, de leurs fils qui combattirent pour l’Indépendance et dans les guerres qui suivirent, et des héritiers qui firent du village une petite ville.

Elle raconte aussi des épisodes méconnus  de la Palestine comme cette colonisation allemande des Templiers chassés par les Anglais. N’osant pas y croire, j’ai bien trouvé sur Wikipédia les trace de Waldheim.

L’auteur s’attaque aux intégristes qui ne sont pas religieux mais végétariens! Hannah, la végétarienne militante pourrit la vie autour d’elle. Comme quoi, sur cette terre convoitée par toutes sortes de religions, celle des végétariens n’est pas à négliger!

« Cette conception globalisante du monde à coups d’arguments à l’emporte-pièce est l’apanage des fanatiques de tous bords : ceux qui croient au principe de la récompense et du châtiment, comme les prédicateurs et autres moralisateurs dont elle constitue l’arsenal…. »

J’ai aimé cette relation charnelle à la nature qui les entoure, j’ai pris mon temps pour chercher des images des plantes évoquées que je ne connaissais pas : savez ce qu’est un quiscalier?J’ai aimé le sauvetage des plantes endémiques, le sauvetage des bulbes des immenses tapis de narcisses, de glaïeul de cyclamens ou de coquelicots, asphodèles et renoncules qui couvraient autrefois les collines avant que l’agriculture moderne avec herses et désherbants ne les tue sans parler de l’urbanisation, de la construction des routes….Michael ramasse aussi les graines et les sème pour faire une surprise à un client sympathique de la jardinerie.

C’est une histoire d’amours, amours singulières parfois….

Et surtout c’est très drôle. l’humour de Shalev me fait pouffer:

« Il pensait qu’il fallait faire quelque chose pendant que l’eau du thé bouillait et ne pas attendre bêtement en se tournant les pouces. « as-tu une idée du temps qu’on perd en attendant que l’eau bouille dan une vie? Cela se chiffre en années »

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Fontanelle Méir Shalev »

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