Arrivée à Sifnos – Installation à Kamares

CARNET DES CYCLADES – SIFNOS

la baie de Kamares

 

10h55 arrivée du  Superjet, le petit catamaran blanc peint de grands dauphins que nous avons vu passer à toute allure du balcon de  Vesleme. On y monte par deux passerelles sur le côté. Je n’aime pas ces bateaux fermés qui ressemblent plus à des avions qu’à des bateaux. On ne voit rien, on ne sent rien. On est juste transporté. Moins d’une heure plus tard on est éjecté à grande vitesse sur le débarcadère de Kamarès.

Superjet le petit ferry quitte Sifnos

 

Quelle différence entre la corniche chic et bordée de yachts de Milos ! Ici, un bateau-promenade est à quai, une dizaine de petits bateaux. Pas de voitures.

Location de voiture

Je me précipite chez le premier loueur venu : il n’a pas de petite voiture, son premier prix est 46€/jour, beaucoup trop cher ! Chez le second il y a bousculade, le patron fait attendre les clients debout sous le soleil dans la rue. « si vous avez de la patience, vous aurez un véhicule ! » déclare-t-il. De la patience, j’en ai à revendre. J’ai donc signé le contrat 246€/semaine pour une Nissan Micra qui n’est pas si mikri que cela, plus large que les Fiat Panda. C’est cher, mais ce n’est pas négociable (le loueur prétend qu’il m’a fait un prix parce que je la loue à la semaine. Las Français qui étaient avant moi dans la file d’attente ont essayé de marchander et se sont fait copieusement engueuler puis sont sortis bredouille. Sur les petites îles, la demande est nettement supérieure à l’offre. Les prix grimpent. Il faut réserver mais ce n’est pas évident en l’absence des grosses compagnies.

Grand View

Grand View se trouve de l’autre côté de la Baie de Kamarès.

Le studio est perché en haut de 38 marches.

« N’y-a-t-il rien de moins haut ? »

Au rez-de-chaussée, l’appartement est réservé à partir de demain, au premier il y a une chambre minuscule sans cuisine. On grimpe. La vue est magnifique.

Le studio est exigu, les rangements très petits, les lits accolés occupent toute la place, la cuisine minuscule, 2 verres, 2cuillers, 2 fourchettes….La salle d’eau – vaste – nous réservera une surprise : une inondation qu’on a pu juguler en coupant l’arrivée d’eau. La TV satellite est débranchée. La terrasse est vaste, une table ronde bleue, deux fauteuils de toile, des grosses poteries contenant un palmier et des plantes vertes. Nous y passerons tout notre temps ici !

L’accueil est embarrassé ; la dame ne parle que Grec, je lui demande de parler plus lentement, on se comprend à peu près. La très vieille dame tapie dans l’obscurité à côté du cierge éclairant ses icones sera plus efficace. Elle comprend très bien mon mime de laver le linge « laundry ? » elle me donne une bassine. Pour la prise de la télévision, elle lève les mains au ciel ! Certes, on ne lui demande pas de monter à une échelle et on se doute qu’elle ne règlera pas le décodeur ; pour le plombier, elle a téléphoné, il viendra demain. En attendant elle nous donne des tapis-éponge, avec la bassine cela devrait aller.

14h, les boutiques ne vont pas tarder à fermer. Je pars à pied par la route après avoir mis en route le podomètre. Le supermarché est en haut du village : il procure l’épicerie de base mais fruits et légumes sont décevants comme partout en Grèce. Les petits commerces sont plus intéressants mais il faut les trouver. J’achète un feuilleté aux épinards chez le pâtissier, le pain chez le boulanger plus bas. Retour par la plage : 2.2km en tout.

14h45 (comme les Grecs) déjeuner sur la table de la terrasse : spinakopites, tzatziki.

Sieste à la Grecque, vraie sieste, dans les draps, profond sommeil.  Les transferts d’île en île sont fatigants même si l’île est voisine, stress de ne rien oublier, queues au ferry, nouvelle voiture, nouvelles habitudes à prendre…

La plage de Kamarès est à 2 minutes, grande plage de sable bordée de tamaris, 5 groupes de parasols en paille avec des lits ou de gros matelas à la mode de l’année. Une rangée de bouées orange et un filet interdisent l’entrée des bateaux dans la zone de baignade. L’eau est très calme dans cette baie resserrée. En revanche il faut marcher loin pour avoir assez d’eau pour nager.

Je nage jusqu’aux bouées. J’entends un cri affreux qui me fait grogner, qui trouble ainsi la quiétude de la sieste ? Je crois qu’on appelle un enfant. Les cris continuent, on appelle à l’aide, quelqu’un est en train de ses noyer. Les hommes se précipitent des terrasses des restaurants. Le sauvetage sera long ; on traine un homme blanc comme un linge. Fin de ma baignade.

Inutile de retourner en ville avant 18h.

Kamares, le port de Sifnos,  est adossée à une montagne abrupte, rocheuse et pelée dont les pentes sont recouvertes d’une phrygana desséchée, seuls quelques buissons verts se détachent ; Un chemin (45 mn) part du château d’eau pour une montée très raide convenant plutôt aux chèvres qu’aux randonneurs. Les maisons blanches sont étagées sur deux ou trois niveaux au-dessus de la rue principale. Les voitures sont contenues dans un vaste parking ; la circulation automobile est interdite dans le village, tolérée uniquement pour se rendre au ferry. Des restaurants sont alignés le long de l’eau, sous un auvent de bois, en face des boutiques, d’artisans, un glacier, une épicerie, plusieurs officines de locations de voitures, quads et motos. Au fond de la baie, à l’arrière de la plage, un carré de roseaux est noté « lac » sur le plan de la ville. Sous Grand View, encore des restaurants alignés plus loin, quelques résidences touristiques.

Du balcon de Grand View, la première impression est que Sifnos est une île tranquille mais aride et stérile.

18h, l’Office de Tourisme (une guérite en bois) est ouvert. On nous interpelle en français :  l’attraction principale de Sifnos : 100 km de sentiers balisés, une dizaine d’itinéraires, une carte gratuite et en prime les conseils du jeune homme francophone.

Apollonia est la capitale de Sifnos. La route de Kamarès à Apollonia s’engage dans une vallée étroite, ou plus précisément au-dessus, à flanc de la montagne. Dans la vallée on cultive la vigne, Sifnos est beaucoup plus verte que je ne l’imaginais. Il y a aussi des pigeonniers carrés comme à Tinos, des moulins encore intacts, des églises perchées, l’une d’elle à mi- pente est blottie dans un jardin. Un visage souriant qui contraste avec les falaises rocheuses visibles du port.

Moulins entre Apollonia et Kastro

Apollonia est insaisissable. Deux stations-service se trouvent à l’entrée – pourquoi deux au même endroit alors qu’il n’y en a pas ailleurs dans l’île ? Nous tournons autour d’Apollonia Sans en trouver le centre, essayant de parvenir à une grande église perchée nous arrivons à Ano Petali qui est un autre village et arrivons à Kastro sans nous en rendre compte. Au sommet de la colline, des moulins, dans le creux, un monastère ou une église avec de petites coupoles bleues, enfermée dans des murs chaulés souligné par des cyprès noirs et lancés. L’arrivée à Kastro – citadelle qui commande les routes maritimes – au coucher du soleil nous a vraiment plu. Il faut rentrer vite avant la nuit.

Douce soirée passée sur la terrasse, merveilleuse, large, ombragée par un toit de cannisses. Après dîner nous regardons s’allumer les lumières des restaurants et des maisons. Un curieux phénomène nous intrigue : une lampe se balance ; il faudra un long moment pour comprendre que la lumière st fixée sur le mât d’un voilier. J’observe le va-et-vient des ferries. Le plus gros à coque orange libère des camions de bonne taille. Ces liaisons entre les îles permettent aux personnes de se déplacer, mais surtout ravitaillent les îliens. Nous nous félicitons de l’absence des moustiques qui nous procure des soirées paisibles et douce. Une petite heure d’air conditionné rafraîchit la chambre. Pas plus, elle deviendrait glaciale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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