Vers L’est, de Höfn à Djupivogur

CARNET ISLANDAIS

Départ sous le crachin. Les nuages encore plus bas qu’hier cachent les montagnes mais aussi les glaciers. Juste après Vestrahorn un tunnel traverse l’impressionnante montagne de gabbro – la plus ancienne d’Islande dit-on. Nous ressortons dans la plaine formée par le delta du Lon.  La montagne se reflète dans la lagune, un parfait miroir. Les écharpes de brouillards passent à mi-pente tandis que les sommets sont dégagés. Il semble que nous traversons un désert, seule la Lon Guest-house en contrebas d’un monticule. Lon est une étendue plate et humide. Un peu plus loin, trois fermes sont blotties, les prés sont bien verts, le foin, emballé.

Sur la route, un goéland écrasé, ce n’est pas le premier, nous en avons remarqué souvent ainsi que des goélands bien vivants installés sur le bitume. Ils n’ont pas encore appris que la route appartient aux voitures, danger mortel, ne craignent pas les véhicules et se laissent écraser.

Des ponts enjambent les minces rubans liquides qui se ramifient, se rejoignent, se mêlent pour se séparer à nouveau sur le gravier ou les galets presque noirs. On passe un petit bois de mélèzes et de bouleaux à l’abri de la paroi rocheuse.

La montagnede Vestrahorn se reflète dans la lagune

Sur un parking, un panneau raconte l’histoire des colons venus de Norvège mais aussi d’Irlande, les moines, « papas », ont donné leur nom au village de Papos. Ce panneau pointe aussi l’exode rural et la désertification. Au 19ème siècle il y avait 60 habitants à Baer, en 1921 : 51 en 1966 le village fu totalement abandonné et les maisons transformées en cottages de vacances.

après le phare de Hvalnes la côte est découpée

Le Phare de Hvalnes  est construit à la pointe fermant la Baie de Lon. C’est un petit phare carré orange ; une date 1954, la hauteur 11 m . Les vagues battent la côte rocheuse déchiquetée : l’écume blanche souligne les rochers et les criques. Les montagnes sont en basalte noir, les pierriers, impressionnants ; à droite, les plages, à gauche les pierriers, le long de la route une mince bande herbue, Parfois des tôles protègent la route de chutes de pierres.   La lagune set peuplée de cygnes et d’oies.

Puis la route s’élève à flanc du pierrier formant une corniche spectaculaire au-dessus de ; la côte très découpée.

Les pentes s’adoucissent, deviennent herbeuses, des barres rocheuses ruinées pointent des chicots qui ressortent ici et là dans des prairies sauvages brunes ; autour de Protta les prairies vertes sont cultivées dans des rectangles bien plats séparés par des canaux de drainage. Je n’avais jamais pensé qu’un herbage puisse être cultivé comme des céréales ou autre culture. Les fermes sont très dispersées. La route fait des montagnes russes, en haut de chaque côte on se demande ce qui va surgir. Nous évoquons des souvenirs d’Ecosse. Dans l’herbe s’agitent les touffes de linaigrette.

Djupivogur

djupivogur : l’atelier du scupteur

A la pointe de son long et mince fjord, c’est le premier village d’importance. Nous complétons nos provisions et visitons le petit port dominé par quelques maisons de bois.

Langabud, allongée, peinte en rouge contient un café et un petit musée dédié à des célébrités locales : on peut visiter le bureau avec certains effets personnels et les livres d’ Eysteinn Jonsson, un politicien, ou voir l’atelier de menuisier du sculpteur Ricardur Jonsson dont j’ai bien aimé les objets de bois ciselés : coffrets et pipes et moins les bustes de personnages inconnu de moi. Par une échelle de meunier, je grimpe au grenier où sont entreposés en vrac toutes sortes d’objets de siècle dernier (le 20ème ) des téléphones muraux, la meule d’un rémouleur, des machines à coudre et à tricoter, qui m’ont rappelé Karitas que je suis en train de lire.

Djupivogur : stone garden le Peuple caché

L’autre « musée » de Djupivogur JFS Handicraft & stone garden est à l’écart : une maison rouge est entourée d’une accumulation de galets, ossements de baleine, minéraux, bois flotté et sculptures naïves. Dans le « jardin de pierres » des galets représentent le « peuple caché » elfes et trolls, en référence à la mythologie nordique ; le plasticien a aussi construit des navires de pierre. Des échantillons colorés rouges ou verts, des fragments d’obsidienne brillent sont alignés dehors. Dans une véranda, des têtes d’orques aux dents redoutables sont suspendues. Avec des bois flottés ou des branchettes de bouleau il a créé des silhouettes fantastiques, des rennes, un traineau. L’artiste traverse le jardin, sur sa casquette il a mis des ailes d’oiseau. Dans ce village perdu, il faut être créatif et se contenter des ressources locales.

Djupivogur : stone garden la cabane de Thor

Eggin : Sur la jetée, 34 œufs de pierre de bonne taille figurent les 34 espèces d’oiseaux islandais. C’est l’œuvre de Sigurður Guðmundsson  plasticien reconnu à l’international. Jaime caresser la pierre lisse. Comme je ne suis pas ornithologiste, je suis incapable de faire la différence entre les différents œufs qui se ressemblent beaucoup ; C’est une belle installation qui s’intègre très bien dans le décor.

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « Vers L’est, de Höfn à Djupivogur »

  1. Voilà le genre de temps qui traverse les romans islandais et qui plombe les paysages et les gens. Tu es dans le premier Karitas ou le deuxième ?

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s