La Saga d’Eirikr le Rouge

LIRE POUR L’ISLANDE

Un peu dépitée de n’avoir pas été capable de terminer la Saga d’Olafr de Snorri Sturluson que j’ai abandonné à peine à mi-parcours, j’ai cherché une autre saga plus abordable, et j’ai trouvé!

La Saga d’Eirikr le Rouge est un texte court et facile d’accès, avec la restriction qu’il faut se reporter aux notes de fin de chapitre pour se situer dans la géographie ou les titres islandais ainsi que les noms de bateaux.

Comme c’est la règle, chaque personnage est introduit par une généalogie abondante qui aurait pu être fastidieuse si les noms (récurrents) n’avaient pas été affublés de surnoms amusants.

« Il y avait un homme appelé Thordr qui habitaitt Höfdi dans les Höfdaströnd. Il avait épousé Thorgerdr, fille de Kjarvalr, roi des Irlandais. Thordr était le fils de Björn Beurre-en-Boîte, fils de Hroaldr-le-Triste, fils d’Aslakr, fils de Björn Flanc-de-Fer, fils de Ragnarr-au- braies-velues… »

Ces Vikings ne se contentaient pas de l’océan autour de l’Irlande et de la Norvège. On les suit en Irlande où le roi de Dublin (Dyflinn) était viking comme en Ecosse (Katanes) aux Hébrides et aux Orcades où aborde la dame Audr après avoir fait confectionné un knörr (navire) en secret.

Le voyageur du soleil sur le port de Reykjavik

Eirikr le Rouge fut d’abord mêlé à nombreuses querelles de voisinage quand ses esclaves provoquèrent un glissement de terrain sur les fermes d’un parent d’Eyjolf la Fiente qu’il tua, ce qui lui valut un bannissement. Puis une querelle à propos d’un prêt de poutres de sa salle

« alors il réclama ses poutres et ne les obtint pas. Il vint chercher les poutres à Breidabolstadr mais Thorgestr se mit à sa poursuite. Il se battirent à peu de distance de l’enclos de Drangar. périrent les deux fils de Thorgestr… »

Deux morts pour des poutres, ces vikings étaient vraiment très querelleurs!

Eirikr équipa un bateau et partit coloniser le Groenland.

Grands navigateurs, les vikings étaient aussi des voyageurs de commerce comme Einarr qui s’enrichit si bien qu’il pensa demander la main  de la fille du bondi Thorbjörn

« tu pourras, bondi, en retirer grand appui pour raisons pécuniaires »…- « Je ne m’attendais pas de toi de tels propos que je doive marier ma fille à un fils d’esclave ; et vous devez trouver que mon bien diminue pour me donner de tels conseils… »

Plutôt que déroger ils s’embarquèrent aussi pour le Groenland.

La saga se déroule autour de l’an mil, alors que les Vikings n’étaient pas encore tous christianisés. Des pratiques païennes étaient encore en vigueur et des prophétesses disaient l’avenir lors de banquets.

parures vikings au Musée National de Reykjavik

J’ai beaucoup aimé tous les détails relatifs à ce banquet et aux atours de la prophétesse:

En hiver, Thorbjörg avait coutume d’aller à des banquets : l’invitaient surtout les gens qui étaient curieux de connaître leur destinée ou ce que serait la saison prochaine. Et comme Thorkell était le plus grand bondi, on pensa que c’était à lui de savoir quand cesserait la disette qui régnait alors. Thorkell invita la prophétesse et on lui fit bon accueil comme c’était la coutume quand s’agissait de recevoir des femmes de ce genre. On lui prépara un haut siège et l’on plaça sous elle un coussin. il devait y avoir dedans des plumes de poule. Le soir, lorsqu’elle arriva avec l’homme qui avait été envoyé à sa rencontre, elle était équipée de telle sorte qu’elle portait un manteau bleu à fermoir, aux pans tout ornés de pierreries de haut en bas . elle avait au cou un collier de perles de verre, un capuchon de peau d’agneau noire sur la tête, doublé à l’intérieur de peau de chat blanche ; elle avait un bâton terminé par un pommeau ; ce bâton étai orné de laiton et le pommeau était tout entouré de pierreries. Elle avait une ceinture d’amadou à laquelle était attachée une escarcelle de peau de veau à longs poils, avec de longs lacets et de gros boutons d’étain au bout. Aux mains, elle portait des gants de peau de chat….. »

Pour que sa magie opère, il fallait chanter un poème Vardlokur. La seule qui le connaissait était une chrétienne qui fit d’abord des difficultés à se mêler à ces pratiques magiques…

Eirikr avait épousé une femme qui s’appelait Thjodhildr et eut d’elle deux fils Thorsteinn et Leifr. Alors que Thorsteinn était resté au Groenland auprès de son père, le cadet fit voile d’abord vers la Norvège à la cour du roi Olafr qui le chargea d » christianiser le Groenland.

Leifr le découvreur de l’Amérique : statue devant l’église de Reykjavik

« Leifr prit la mer, y resta longtemps et trouva des terres auxquelles il ne s’attendait pas du tout. Il y avait des champs de froment qui s’étaient ensemencés d’eux-même et des plants de vigne, il y avait là des arbres qui s’appellent mösurr (érables): ils emportèrent des morceaux de bois si grands que l’on s’en servit pour faire des maisons »

Leifr avait découvert l’Amérique qu’un bon nombre d’Islandais cherchèrent à coloniser. La coexistence avec les Indiens (ou les Inuits) fut d’abord pacifique puis la situation s’envenima et ils rebroussèrent chemin dans les années 1004.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « La Saga d’Eirikr le Rouge »

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