Deir El Medina : le village des artisans

CARNET ÉGYPTIEN 2019 

Le muezzin fait du zèle ! Il a commencé à 4h45 tandis que les autres n’ont chanté qu’à 5h12. Je ne veux surtout pas rater le lever du soleil prévu à 6h34 face aux Colosses de Memnon. Pas de montgolfières aujourd’hui.

Je me proposais de rejoindre le village des artisans à pied mais voici que ma réserve de petits billets indispensables pour les pourboires est à sec. Le chauffeur du taxi 414 m’a déjà dépannée. Pour 20 LE il me monte au site et me donne un assortiment de 5 LE et de 10 LE.

L’entrée du site est équipée d’un auvent abritant des bancs pour les explications des guides à l’aide de deux maquettes : l’une de l’ensemble du village, l’autre d’une maison ainsi que de panneaux de l’IFAO (merci aux archéologues français soucieux de pédagogie).

Deir el medinq

Le village des artisans : Deir el medina est entouré d’un mur d’enceinte. Il est composé de 68 maisons mitoyennes d’environ 70 m2, seuils, linteaux montants sont en pierre, le reste en briques crues. Chaque foyer était composé de 8 à 10 personnes. Quand les hommes vont au travail dans la Vallée des Rois creuser et décorer les tombes royales, les femmes restent au village. Les vestiges sont un témoignage de la vie d’êtres humains ordinaires qui n’étaient ni pharaons ni prêtres. Lors de leurs congés les artisans préparaient leurs propres tombes            .

Tombe de Sennedjem

Une étude exhaustive de la tombe de Sennedjem est disponible sur le site Osiris.net

Une visite virtuelle de cette tombe est aussi possible sur ce site : CLIC

Sennedjem était le chef des travaux sous Ramsès II. Les scènes sont toutes dessinées et peintes et non pas gravées comme les tombes royales mais elles sont extrêmement soignées et colorées. Je suis émerveillée par la diversité des scènes de la vie des champs, des paysages merveilleux avec des arbres portant des fruits, des scènes mythologiques se mêlent à la vie quotidienne.

Tombe de Nakhtamon

Elle est également décrite sur Osiris.net

Moins colorée que celle de Sennedjem elle donne des témoignages sur l’embaumement et nombreuses divinités que je ne connaissais pas avant de lire l’article ci-dessus.

Voyager avec le smartphone et une connexion wifi change beaucoup de perspectives. Je n’ai pas encore décidé si  l’effet de surprise était le plus important pendant le voyage ou si cela aurait été mieux d’étudier les documents avant la visite.

Tombe d’Inkeraou    

Tombe d’Inherkat  (sous Ramsès III et Ramsès IV)
La tombe de Pachedou

Il faut un ticket spécial pour la visiter à acheter à la billetterie

La tombe de Pachedou est située encore plus haut dans la pente. Le gardien peine à monter.

Les couleurs sont très vives, les sujets sont souvent situés dans un environnement végétal merveilleux. La fresque la plus célèbre est l’image d’un homme courbé sous un arbre qui boit de l’eau à un ruisseau ; c’est mon interprétation personnelle parce que les égyptiens en donnent une autre : ce serait un homme qui prie avec la même posture que les musulmans.

 

Il m’est plus difficile de prendre des notes dans ces chambres exiguës. Depuis notre dernière visite, on peut prendre des photos au téléphone. Je me déchaîne et je filme !

Je longe les vestiges du village. Les 70 m2 annoncés doivent probablement tenir compte de l’étage, on retrouve l’emplacement de l’escalier et on peut imaginer la vie de ces gens, dans les chambres petites, mais aussi sur les terrasses. Le marchand d’objet en albâtre qui veut absolument me vendre un ibis que je n’ai pas l’intention d’acheter ne me lâche pas d’une semelle. Il commente :

  • « dans un mois égyptien il y avait 3 semaines de 10 jours, pendant les deux premières les artisans travaillaient pour la tombe du pharaon ; la 3ème était de repos. Comme les artisans n’avaient pas le droit de quitter le village de peur de révéler à des étrangers les emplacements secrets, ils consacraient leur temps à leurs tombeaux »
  • Une autre légende dit qu’on banderait les yeux des ouvriers pour qu’ils ne reconnaissent pas le chemin .

 

Vérité ou légende ?

Le petit temple d’Hathor

Au bout du village se trouve le Temple d’Hathor de l’époque ptolémaïque ( 3ème -2ème siècle av JC) du règne de Ptolémée Philopator. Ce temple est dédié à Hathor, Maat et Amenhotep.

C’est un temple charmant avec des chapiteaux aux nombreux pétales ouverts qui ont gardé leur couleur bleu turquoise. Des chapiteaux hathoriques sont aussi colorés ainsi que les vautours étendant leurs ailes au plafond.

J’avais oublié le puits des ostraca beaucoup plus profond que dans mon souvenir. J’ai distribué tous les petits billets aux gardiens des tombes. Le marchand d’albâtre réclame son dû pour ses commentaires. Quand je lui dit que je n’ai rien dans mon porte-monnaie, il est incrédule. Pas de problème ! il a de la monnaie et ne me rend que 60 sur 100 LE !

Je passe l’après-midi à dessiner tandis que Dominique s’est fixé un cadre dans les palmes ; Elle attend que sur la route passent des sujets pittoresques à photographier. Aujourd’hui, son attente est récompensée : une charrette, un homme à califourchon sur son âne, des familles…

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s