Régnéville

BALADE NORMANDE – COTENTIN CÔTE DES HAVRES

Régnéville et sa tour féodale

Connaissez-vous Régnéville, petit village de 730 habitants sur les bords de l’estuaire de la Sienne, fleuve long de 93 km prenant sa source dans le Calvados dans la forêt de Saint Sever?

Le sémaphore d’Agon, avait pour fonction d’illuminer la passe  du Havre de Régnéville dont le trafic a atteint 30 navires venant aussi bien d’Angleterre que de Norvège.

Ce village insignifiant aujourd’hui fut autrefois stratégiquement si important que le Roi de France en fit un fief royal depuis Philippe Auguste en 1204.

Le château fondé au XIIème siècle fut remanié au XIV ème et au XVème et démantelé en 1637 par Louis XIII . le petit havre fut un port d’échouage très actif du temps des Vikings jusqu’au XIX ème siècle avec l’importation de charbon britannique.

le Donjon ruiné de Régnéville

Du château, il ne reste pas grand chose : une tour ruinée, un corps de logis, un porche et un puits qui se visitent librement. je fais le tour du donjon regrettant le manque d’explications : au Musée Maritime un audiovisuel va répondre à mes interrogations. Richelieu, pendant les Guerres de Religion craignait que les Anglais ne viennent soutenir les Protestants ordonna la destruction du château.

Le clocher de l’église de Régnéville

L’église du village XIIIème, est charmante. Son clocher soutenu par d’épais contreforts se treemine par une curieuse pyramide tronquée octogonale flanquée de petites tourelles. On peut admirer à l’intérieur le plafond en berceau, une collection de statues et la maquette d’un 5 mats.

Les Fours à chaux de Régnéville

les Fours à chaux du Rey sont à l’écart du village. La visite du site est particulièrement bien organisée et scénographiée avec panneaux et un parcours sonore s’attachant particulièrement à la vie des travailleurs des fours. 

Depuis l’Antiquité et jusqu’au XVIIIème siècle, la chaux fut surtout utilisée dans la Construction. Avec la Révolution Industrielle au XIXème siècle de nouveaux usages se développèrent : comme fondant dans la métallurgie, pour l’épuration du gaz d’éclairage et en agriculture pour l’amendement des sols. De tout temps la chaux fut produite dans le Coutançais. Les petits fours ou fouénés étaient proche des habitations et des manoirs.

La production industrielle dans de grands fours se développa au XIXème siècle à proximité de la carrière et des voies de communications : du port d’échouage de R2gneville. Ces fours monumentaux construits en 1852-1854 ne fonctionnèrent qu’une trentaine d’années.

L’entrepreneur, Victor Bunel, propriétaire de l’Abbaye de la Lucerne, scieur de marbre. Il identifia les besoins en chaux agricole sur les terres acides de la Bretagne et des Îles Anglo-Normandes et construisit 4 fours à calcination continue selon le procédé Simoneau (brevet déposé en 1845)/ Le projet de Bunel était pharaonique avec la construction de 7 fours et l’achat de navires. Cependant dans les années 1880 le chaulage des terres fut remplacé par les engrais potassiques et les fours du Coutençais s’éteignirent progressivement à partir de 1912, le dernier en 1942.

Le parcours de visite commence donc par la présentation générale, puis par le « coin des géologues » où divers échantillons de roches calcaires sont visibles : deux proviennent de la Manche : le Calcaire de Montmartin Carbonifère (355 MA) et le Calcaire à stromatolithes de St- Jean -de -la -Rivière cambrien (530 MA) .

la carrière de Régnéville exploitait le Calcaire de Montmartin. Un site d’escalade naturel est installé sur le front de taille d’une quinzaine de mètres. C’est un calcaire gris bleu à polypiers.

L’entrée des fours à chaux

les petits fours utilisaient le bois, les ajoncs comme combustible. Les fours industriels, le charbon provenant du Pays de Galles.

Suivant le parcours sonore, on arrive à la pesée du calcaire jusqu’à  27 t/jour. On voit le petit chemin de fer où circulaient les wagonnets.

Le personnel se composait de 16 chaufourniers, 8 manoeuvres, 2 commis 2 employés aux balances et un garde de nuit.

Après cette introduction on découvre les 4 fours qui ressemblent à des grosses tours médiévales.

Ce site a aussi servi de décor à des spectacles musicaux.

Le Musée Maritime du Port d’échouage

Régnéville : Musée maritime l’Atelier du cordier

C’est aussi une visite passionnante. Un court film raconte l’histoire du village du temps de Philippe Auguste jusqu’au passé plus récent des fours à chaux, et des cap-horniers et des Terre-neuvas. On peut admirer une collection de maquettes : de bisquines qui draguent les huitres en pleine mer, de vaguelottes pour la pêche côtière. les Terre-neuvas armaient des goelettes. Dans des vitrines toutes sortes d’instruments de navigation rutilent? On a reconstitué l’atelier du cordier et exposé les paniers, filets et rteux des pêcheurs à pied.

Régnéville : Musée maritime bisquine

Nous déjeunons en haut de la Cale de Hauteville De là on voit la pêcherie Maillard que l’on visite en saison avec une visite guidée qui explique aux touristes comment fonctionne cet immense piège en forme de V fait de branchages. Aujourd’hui, la pêcherie est découverte mais elle est loin et je n’ose pas m’approcher. Intriguée par l’absence de pêcheurs à pied je consulte les panneaux : la pêche à pied et interdite! Un homme muni d’une bêche et d’une boîte à outils en plastique bleu passe devant nous et revient un quart d’heure plus tard. Il nous montre le le produit de sa pêche : des vers pour la pêche. Selon lui la pêcherie Maillard est bien celle qu’on voit, on pourrait l’atteindre à pied. Nous avons loupé le coche, le pêcheur est passé devant nous avec son tracteur<; « Si vous y allez, il vous vendra du poisson » dit l’homme aux vers, il y va en une demi-heure, mais il est grand et porte des bottes  il me faudrait beaucoup plus avec les pieds nus.  « si, si vous avez le temps avant la marée »  insiste-t-il

. Seule je ne me risque pas, j’ai appris avec la traversée de la Baie que marcher sur le sable mouillé peut être pénible.

La Falaise au-dessus de Jullouville

Au bout de l’Avenue de la mer, la rue des  Flots Bleus, au dessus de l‘Hôtel de la Falaise il y a une belle falaise sombre et une forêt de feuillus. pour monter au point de vue en voiture, il faut faire un grand détour par Bouillon en direction de Saint-Michel-des-Loups et trouver le GR (balises rouge et blanc) qui court sur le chemin vicinal et qui mène au point de vue aménagé : une belle plateforme qui domine Jullouville et Carolles. 

On peut continuer le GR jusqu’à Carolles ou prendre le PR balisé en jaune vers Jullouville. A Carolles, le GR emprunte la « Vallée des Peintres » : une promenade facile presque plate sur l’ancienne voie ferrée, ombragée, sur le site d’anciennes carrières et arrosée par le ruisseau du Crapeux. 

Plage de Carolles vus du Pignon butor

Après avoir fait l’aller et retour, je descends par le GR vers la Plage de Carolles. Le sentier est un peu raide dans la gorge enjambée par le viaduc. Le Crapeux a inspiré les peintres puis le chemin serpente. Après avoir traversé la route le GR remonte vers le Pignon butor. 

Mais je préfère rentrer par la plage. la marée est haute, je me baigne dans une eau très calme qui me permet de nager.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

Une réflexion sur « Régnéville »

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