Galice : la côte verte

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

Il fait bien gris ;dès  que nous montons dans les collines nous rencontrons le brouillard.

Mondonedo

Sa cathédrale énorme domine la ville. Elle est construite sur une très jolie petite place entourée de maison du XVIIIème siècle avec des vitrines et des balcons en ferronneries.  Les arcades habituelles sont remplacées par des colonnades de granite Un côté de la place est bordé de balustres.

La façade de la cathédrale est tellement grande que je n’ai pas assez de recul pour la faire cadrer les  deux clochers dans la photo. Elle est décorée de délicats ornements : blasons, au centre un personnage (Saint Jacques ?) avec un lion, un autre (un évêque ?).

Cette imposante façade baroque fait oublier que le reste de l’église est roman (ogival, selon le guide vert). Entre roman ogival et gothique, je m’embrouille. Une magnifique rosace aère la façade.

A l’intérieur est très sombre. Une machine à sous est censée déclencher les éclairages  sans résultat. On devinera plus qu’on n’admirera les deux buffets d’orgue à chamade. Le retable baroque est bien doré, orné de statues peintes sur des nuages empilés comme il se doit.  C’est un baroque encore raisonnable, on en a vu de bien plus délirants au Portugal ou en Sicile. Ce qui m’a le plus amusée, c’est une fresque naïve du 15ème : le Massacre des Innocents. Des chevaliers en cotte de maille brandissent de grandes épées, des têtes sont tranchées. Leurs adversaires sont enturbannés : Scènes de la Reconquête ou Croisades ?

Dans le brouillard !

A 600 m, au col, nous nous trouvons dans un épais brouillard. Pas de commentaires pour le paysage!

Le chemin de Saint Jacques

Passé le col, tout s’éclaire, il fait beau. La campagne est riante, les maisons couvertes de tuiles romaines sont fleuries dans des champs de maïs, de haricots bien ramés, d’autres de plantes potagères. Nous suivons tranquillement la route 632, la même que depuis Bilbao. La coquille bleue et jaune de chemin de Saint Jacques (On dirait un soleil avec des rayons inégaux !) indique le chemin des Pèlerins qui suit parfois des chemins creux bordés de dalles plates alignées verticalement. Nous sommes en pays de granite . Des eucalyptus sont plantés serrés, les châtaigniers sont en fleur. L’Espagne apparaît ici très sauvage, peu cultivée, couverte de forêts denses.

Pour les pèlerins le voyage s’achève. A midi, nous abordons Santiago que nous contournons.
L’idée est de loger au bord de la mer à une quarantaine de km de Santiago et d’y venir en excursion.

Noia

Nous avons fixé l’étape à Noia . Avant le weekend, nous devons faire le plein des courses.

Nous arrivons à Noia en pleine fête médiévale et en plein embouteillage. Pour faire « Moyen Age » on a répandu du foin dans les petites rues et les buvettes ont remplacé les chaises par des bottes de paille. Cela sent bien bon la grillade. Si Noia est une petite ville coquette, ce n’est pas du tout ce que nous espérions : un village en bord de mer. Les guides ont tendance à qualifier de village n’importe quelle agglomération de moins de 100 000 habitants même s’il y a des immeubles, dix banques et quinze supermarchés. En tout cas Noia est située profondément dans la ria et nous ne sommes pas du tout à la mer.

Contourner la Ria

Après le pique-nique sur un  petit embarcadère nous décidons de poursuivre jusqu’à Muros pour trouver l’océan. Il nous faut contourner la ria, s’éloigner du rivage et parcourir encore 30 km Dans l’estuaire, on voit des barges d’aquaculture De jolies plages de sable seraient bien tentantes si nous trouvions un hébergement. Il faut dire que nous avons été tellement gâtées ces derniers temps que nous devenons difficiles ! Nous voulons une chambre avec vue sur la mer ! Muros est une agglomération importante, nous ne voyons aucune pension selon nos critères. Et continuons la route côtière s’éloignant de Santiago. La Côte devient très sauvage, il y a  peu de villages et ceux-là n’ont aucune infrastructure hôtelière !

Nous nous arrêtons boire un café dans une Fonda. La dame très gentille nous propose ses chambres. La maison nous semble bien rustique et surtout loin de  la mer. Pour ne pas la vexer, je prends prétexte du temps : nous voulons profiter de cette belle journée pour voir le cap Finisterre. Demain et après demain, prévu pluie, nous irons à Santiago.

Et si nous adoptions cette solution de rechange ?
La côte est pittoresque, les collines qui la bordent sont hérissées de chaos granitiques. Les grosses boules se détachent sur les ajoncs j et les bruyères. Sur la côte, des plages de sable blanc sont encastrées dans les rochers de granite rose. On pense au Connemara, au Finistère français.

O Pindo

Nous trouvons enfin la Pension que nous cherchions dans un petit immeuble moderne aux belles vitrines laquées blanches et à la façade en granite gris. Au rez de chaussée cervezaria moderne tenue par une jeune femme coiffée avec des mèches rouges quelques jeunes sont accoudés au comptoir, elle me tend la clé . Je monte un bel escalier de granite à deux couleurs rose et vert et trouve une grande chambre blanche aux meubles de bois foncé avec une glace encadrée de bois et un lustre rustique en bois. Tout est soigné et paraît neuf. La salle de bain est particulièrement luxueuse : baignoire basse encastrée dans un granite vert formant de larges bordures. Seul défaut : vue sur la colline. Je demande une chambre sur le devant : impossible. Déception!

Nous visitons une autre pension tenue par une vieille dame très gentille, qui nous propose une belle chambre soignée – toujours pas de vue.

Il reste une troisième pension à O Pindo mais nous préférons retourner à la première, nous installer rapidement et aller au cap Finisterre ou Fisterra.
O Pindo, villagconstruit autour de deux petites baies et deux rias En face de notre Pension Sol y Mar la ria se termine par un petit marais, l’autre plus large abrite des bateaux. Le petit village s’étire le long de la route côtière . Une pointe rocheuse s’avance dans l’océan et abrite un petit port de l’autre côté. La toute petite église de granite rose est éclipsée par  les maisons aux alentours plus grandes. Bâtisses à étage en ciment peint en blanc, toit de tuiles. Le tour des fenêtres est le plus souvent souligné de granite gris ou peint en rouge. Certaines maisons colorées sont revêtues de carrelage comme au Portugal. Entre la côte et la montagne raide, il y a peu de place pour un village ! à l’arrière de la route principale quelques maisons sont adossées à la pente.
Dans la mer, des roches émergent, granite rose réplique de celui de Perros Guirec, peut être plus marron . Dans la brume on devine la ligne de rivage compliquée avec des caps et des îles.
Avant le cap Fisterre, nous traversons plusieurs villages avec des plages de sable blanc, des forêts de pins et d’eucalyptus. Un port accueille même de gros bateaux et une usine sidérurgique : gros tas de charbon et toutes sortes de ferrailles.


Le cap Finisterre et son phare représentent avant tout un symbole : le point le plus à l’ouest de l’Europe, la fin des terres au XVème siècle. Mais c’est le quatrième que nous visitons : en plus de la pointe du Raz, il y en a deux autre rien qu’au Portugal :
Avec son parking qui enlaidit l’endroit, ses boutiques de souvenirs très kitsch (tout un artisanat à base de coquillages, du lustre au set de table en passant par de petits phares peints, des marins en plastique et de curieux bateaux givrés. Ce n’est pas le plus bel endroit de la région. Le phare a été transformé en hall d’exposition « Finistère 1929 » : de très belles photos, des aquarelles grand format très intéressantes : des portraits, des femmes avec des filets d’une Valero m’ont bien plu.
Au bout du Cap, on distingue la limite entre la Ria, mer d’huile et le grand large tout agité de vagues alors qu’il n’y a pas un souffle de vent. Des traînées d’écume se déploient à partir de la pointe. Certaines sont d’un blanc douteux jaunâtre. Où est le Prestige?
Nous dînons sur le petit port dO Pindo . Une famille se promène. Des barques rentrent . Une dame engage la conversation « d’ où venez vous ? »où habitez vous ? »Puis nous parlons du temps qu’il fait

– « la télé a prévu trois jours mauvais «

–  « c’est la télé qui le dit »

Nous parlons enfin du Prestige . je peux enfin demander où il se trouve ,tout près derrière le Cap Fisterra

« Oun desastre »

la dame raconte que le naufrage a eu lieu en novembre, cela fait donc huit mois.  je montre mes pieds « Aceite y frottar » elle insiste sur « frottar ». Ils n’ont pas fini de frotter ? La plage est pleine de micro-boulettes qu’on ne voit pas au début. Les rochers curieusement ne semblent pas trop atteints sauf certains gros qui émergent et sont couverts de noir . Ceux qui sont sous le niveau de la marée haute apparaissent de loin, presque propres.

Avant de retourner à l’hôtel nous trouvons un sentier le long de la pointe rocheuse. Une dame grande et blonde nous aborde dans allemand bizarre puis nous demande d’où nous venons « de France » elle ne parle pas français mais un  curieux italien et elle est très fière d’être polyglotte ? Nous parlons du temps

« il va pleuvoir et c’est très bien il commençait à faire chaud »
C’est le premier endroit où nous sommes si bien accueillies.

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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