O Pindo : la plage de Carnota

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

Lever à l’heure espagnole, petit déjeuner au bar, temps couvert. L’employée de l’office de tourisme de Carnota  est bien aimable. Elle nous donne une documentation bien complète, sentier, grenier record de longueur. Mais c’est un peu tard, quel dommage que l’Office ait été fermé samedi, lors de notre premier passage.
La plage de Carnota s’étire sur sept km de sable fin derrière un cordon dunaire planté d’oyats qui la sépare d’un marais, un petit rio se jette dans l’océan. Dans le marais poussent les mêmes immortelles bleues que nous avons cueillies au Danemark. Les oiseaux nombreux, se balancent aux herbes sèches et sont très bruyants. Dans les flaques du marais vivent crabes et crevettes ainsi que de petits poissons. Nous parcourons la plage. Nous sommes presque seules, seulement deux personnes vers le nord. Cinq vers le sud en comptant les ramasseurs de la marée noire.

Au bout d’environ deux km, il nous faut franchir le ruisseau. Avant même d’atteindre le lit où il y a du courant, Dominique s’enfonce jusqu’à mi- cuisse et s’extrait à grand peine, nous rebroussons chemin et elle s’enfonce à nouveau dans le sable mouvant qui l’engloutit jusqu’au short . Panique, on arrive quand même à s’en sortir mais on n’ira pas plus loin ! Peu de temps après un couple en maillot de bain passe sans encombre à un autre endroit où le courant est moins fort et où le ruisseau forme un petit delta.

La pluie s’intensifie « un grain » ne nous arrête pas. J’atteins un alignement de rochers. En m’approchant, je constate qu’ils sont tout noirs. Peut être n’aurais je dû pas venir ? Ils sont recouverts de jolies moules bien luisantes, je suis rassurée. Je commence à mieux comprendre comment le nettoiement des plages s’opère : de grands panneaux aux couleurs de la Galice et de l’Europe (75°/°) nomment l’entreprise chargée de l’opération, à chaque plage une différente, il semble que ce donc des sous-traitants privés locaux, ce qui explique les méthodes différentes . Ici, un gros tracteur tire une machine ressemblant à une botteleuse de foin, là bas comme des tondeuses à gazon. On dirait du bricolage d’outils agricoles. Je regrette bien que mon Espagnol soit insuffisant pour approfondir mes recherches ? Notre promenade sous la pluie a été bien agréable. Ce n’est pas gênant de marcher les pieds dans l’eau sous le crachin. Le pique-nique est une autre affaire, quand on s’arrête on se refroidit.

Des couples arrivent en maillot de bain, parapluie déployé : ils se baignent et retournent à la voiture.
Nous sommes rentrées à l’hôtel nous sécher. Notre chambre très claire est très agréable et ce n’est pas un malheur de faire une pause une demi-journée. Je guette par la fenêtre les éoliennes. Tant qu’elles sont dans le brouillard, inutile de sortir, pas de visibilité.

Eoliennes et Horreos

4 heures, les éoliennes sortent du brouillard, la grosse pluie a cessé. Nous tentons une sortie en voiture vers un mirador situé dans la montagne au dessus de Carnota. Nous arrivons à un très joli village : à l’entrée de nombreux horreos, un petit calvaire, une fontaine, une tourelle basse des maisons en granite, des fleurs et des chats. Tout cela en granite patiné incrusté de lichen. Sur les toits de tuile, de grosses pierres. Avec un rayon de soleil, j’aurais fait des photos pittoresques. Sous la pluie, c’est tout gris. Du mirador, nous surplombons la dune, le marais, la plage. Le ruisseau serpente, se divise en bras, delta miniature.

Sur la route du retour, la pluie redouble, nous essayons une autre petite route qui monte dans la colline : encore une petite route, de petits champs de maïs, pinède, horréos, calvaire, joli village en granite …encore un joli village d’un autre âge ! Ce qui est contemporain, c’est le camion du marchand de légumes ambulant qui nous barre la route. Il s’écarte pour nous laisser emprunter un chemin qui serpente dans les jardins pour nous mener dans une ruelle en cul de sac. Dominique doit refaire tout le chemin à reculons ; heureusement que c’est la championne de la marche arrière ! Ce sera notre dernière exploration sous la pluie, horréos, calvaires, maïs …se ressemblent tous, continuer serait juste bon à abîmer la voiture.

Nunca mais !

les greniers débordent de goudron!

Je retourne faire le tour du petit promontoire face à l’hôtel. J’ai enfin compris le sens de la fresque peinte sur le terrain de handball : le grenier traditionnel dégoulinant de mazout (jalipote ou chalipote) NUNCA MAIS sur le drapeau noir barré d’une diagonale bleue se rapporte à la marée noire. Mes promenades solitaires sont toujours alimentées de pensées sur la marée noire. Il semble que c’est le fil conducteur du voyage. J’ai toujours besoin d’une idée, d’un’ événement pour entrer en sympathie avec la contrée visitée. En aucun cas ce ne pourrait être le pèlerinage de Compostelle. J’aime bien visiter les églises en tant qu’œuvres d’art mais je ressens de la méfiance pour le pays de l’Inquisition. La Reconquête m’est une histoire éminemment antipathique. Quant aux celtes, aux druides et aux cornemuses …. Cette souillure de la mer me préoccupe vraiment. Devant l’immensité de la tâche j’ai envie de m’impliquer. je marche le long des rochers aux formes étranges, sculptures naturelles spectaculaires. Certains sont coiffés de noir. Personne ne peut venir gratter chacune de ces roches.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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