Exposition temporaire du 11 mai ay 5 septembre 2022

Titre à rallonge et exposition à rallonge aussi!
Copieuse, parce qu’elle aborde divers points de vue : une histoire de la création artistique dans les Années 20 en Allemagne, avec le courant Nouvelle Objectivité aussi bien peinture que cinéma, théâtre, Architecture et design. En parallèle, elle expose l’Œuvre du photographe August Sander Menschen des 20. Jahrhunderts (Hommes du XXème siècle). Je m’y suis un peu perdue parce que les cheminements sont compliqués.

J’ai été très impressionnée par l’œuvre du photographe August Sander qui, dès 1910, photographe ambulant dans la région de Cologne, s’attacha à faire une galerie de portraits de paysans, de leur famille. Il continua ces portofolios en photographiant des artistes, des révolutionnaires, des ouvriers, des artisans mais aussi des professions libérales…Tous ces tirages sont soignés, il peut refaire plusieurs tirages d’un même négatif comme pour le manutentionnaire qui porte des briques sur un plateau, ou le pâtissier. Avec la prise de pouvoir des nazis en 1933 et l’arrestation de son fils en 1934, cet inventaire de la société allemande est interrompu quoique les images les plus récente montrent des victimes des nazis en 1945.
Une très belle exposition qui se suffirait à elle-même! (Comme il est absurde de faire des photographies avec le téléphone de tels images, je n’en ai pas fait.)

L’exposition August Sander est accompagnée d’images de plasticiens avec qui Sander a collaboré en photographiant leurs œuvres. Dans une vitrine, la correspondance entre les peintres et le photographe montre leur étroite collaboration si bien que le nom de Sander est associé à ceux de Räderscheidt, Hoerle, Seiwert, Arntz, entre autres sont associés au photographe.

A la suite de la défaite de l’Allemagne dans la Première Guerre mondiale, l’Expressionnisme se basant sur l’exaltation de l’individu est remplacé par le Mouvement de la Nouvelle Objectivité qui se caractérise par une standardisation de la représentation . L’attention des artistes se porte davantage sur l’appartenance sociale qu’aux caractères individuels. Cette nouvelle objectivité s’est exposée en 1925 à Mannheim.

Ce mouvement se divise en deux ailes, la gauche, réaliste politiquement engagée plus classique. Les progressistes de Cologne développent des utopies socialistes.

Cette standardisation s’exprime aussi dans l’urbanisme

le tableau de Grosz fait penser aux places vides de Di Chirico.
Cette Nouvelle Objectivité devient un slogan dans divers domaines et même dans celui du spectacle. Appliquée à l’Architecture, elle rejoint les recherches du Bauhaus : le projet Das Neue Frankfurt concerne l’édification de 10.000 logements en une cité-logement homogènes de maisons mitoyennes toutes construites sur le même standard.

Un autre procédé ayant cours alors est celui du montage, aussi bien dans les arts plastiques que dans le cinéma. On peut visionner dans l’exposition une partie du film Berlin, die Sinfonie der GrossStadt.
Otto Dix est le plus connu des peintres de cette époque, il se représente dans le montage au titre ironique An die Schönheit (Selbstbildnis) A la beauté autoportrait, mélangeant divers éléments entre autres une tête de coiffeur ou d’institut de beauté.

En parallèle aux portraits objectifs et systématiques de Sander, certains peintres livrent une image acide, presque caricaturale de leurs contemporains


je me suis surtout intéressée aux portraits mais l’exposition montre aussi des natures mortes, des études de végétaux, et même une cuisine aménagée…
Bertolt Brecht et Kurt Weill ont bien sûr leur place.
Je terminerais ce compte-rendu bien incomplet par cettevision du travail et de l’exploitation

Bonjour Miriam,
Belle mise en appétit pour aller voir les photos de Sander.
Encore un moyen de bien réfléchir à ce que pourraient nous mijoter des époques troubles telles celle que nous vivons avec inflation, montée des intolérances sur fond de guerre, menace de pire guerre..
Années Vingt, Années Folles hier, Années Dingues aujourd’hui, non ?
J’aimeAimé par 1 personne
@Clo Ro : c est effectivement dans cet esprit que j ai décidé de voir l exposition de Beaubourg mais elle s avéré beaucoup plus riche
J’aimeJ’aime
C’est une des expos les plus stimulantes que j’ai vue depuis longtemps. Elle prend le visiteur pour quelqu’un d’intelligent et n’a pas peur de lui proposer un discours complexe, même si on peut être un peu perdu. Ça fait tellement plaisir !
J’aimeAimé par 2 personnes