LITTERATURE ITALIENNE

« La calomnie ne connait pas le principe des innocents, vous savez? Les gens écoutent jugent, et même s’ils décident de ne pas croire. Ils se laissent convaincre, sans le laisser transparaître »
Rome, 1983, une boutique de confection chic est en flammes…Le roman s’inspire de la Rumeur d’Orléans d’Edgar Morin.
La rumeur est un phénomène qui couve d’abord à bas bruit avant de se propager, de surgir au plein jour par épiphénomènes qu’on ne remarque pas tout de suite. Quand la calomnie est identifiée, il est trop tard. La rumeur malveillante stigmatise les victimes, elle est indémontrable et pourtant elle court.
De la même manière, l’autrice ne raconte pas les faits . Dès le début, pourtant, un article de magazine raconte :
Le raid antisémite contre la boutique des jeunes filles
Il faut longtemps pour que se tisse l’intrigue.
La narratrice, Barbara, est un étudiante à la dérive. Elle ne parvient pas à terminer sa thèse de philosophie, Marcello, son amoureux l’a laissé tomber. Elle vivote de baby-sitting, fuit son propriétaire faute de pouvoir payer le loyer, son unique paire de botte tombe en ruine. Elle rencontre sa « pygmalione à l’accent français« , Marie-France, la patronne d’une boutique chic qui cherchait une vendeuse pour sa boutique qui affirme « tu es de la pure matière à Saint Laurent », l’habille, lui enseigne l’élégance, le maintien et les techniques de vente, l’introduit dans des fêtes romaines et finalement la loge dans un appartement avec ses deux autres vendeuses et sa chienne.
Marie-France, imitant ce qui se fait à Paris, ouvre un rayon pour les « jeunes filles » élargissant sa clientèle aux adolescentes friandes de mode qui trouvent dans la boutique un lieu de rencontre.
Je me suis un peu ennuyée dans cette longue introduction. La mode, le shopping ne sont pas ma tasse de thé, les « jeunes filles » m’agacent avec leur futilité. Barbara et ses deux collègues ne m’intéressent pas plus, superficielles sans personnalité affirmées, dans l’ombre de la patronne autoritaire.
Petit à petit, le scénario déraille. Des incidents minuscules dérangent le déroulement de la vie sociale. Un homme cherche sa femme et fait un scandale. Des mannequins, en vitrine, sont abimés. Des chenilles envahissent la boutique. Tous ces évènements semblent n’avoir aucun rapports entre eux mais la bonne ambiance du début s’altère.
Puis l’atmosphère s’alourdit encore, lettres anonymes, sourdes menaces. Une jeune cliente disparait. Marie-France, drapée dans son élégance et sa dignité ne réagit pas. Giosué, le gérant, qui a vécu les persécutions dans le ghetto de Rome, comprend la menace mais préfère laisser courir.
L’histoire est très claire, et pour limiter les risaues d’être mal interprétée, elle se répète depuis la nuit des temps, et revient chaque fois, ne serait-ce dit-on – sous forme d’une farce ; seulemnt je crois, moi, qui’l s’agit à chaque fois d’une nouvelle tragédie, même si personne ne s’en rend compte, personne ne s’en soucie. personne n’ intérêt à réfléchir. Et pas même à défendre ceux qui en sont victimes.
Barbara qui doit tout à Marie-France découvre la calomnie par l’intermédiaire d’anciens copains de faculté. Elle aurait pu défendre sa patronne. Etrangement, par lâcheté, par conformisme, elle laisse dire, laisse faire. Cette absence de solidarité révoltante est bien dans la ligne de tous les faits racontés dans cette histoire.
« ils ont forcément fait quelque chose »
Histoire glaçante aujourd’hui quand on constate une résurgence de l’antisémitisme.
un roman italien que je ne connais pas !
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C’est toit l’intérêt de challenge. On découvre des écrivains et des livres
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le mal que peut faire la rumeur est vraiment terrible, et l’antisémitisme est toujours prêt à renaître s’il n’a jamais disparu !
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