ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003
Après une courte sieste, nous partons à la découverte des hauteurs de Bilbao. Près de l’hôtel, dans la ville ancienne, un ascenseur conduit à une sorte de parc urbain qui domine la ville. Sur un terrain de basket, des Indiens (péruviens ? Colombiens ? Mexicains,) torse nu, cheveux longs très noirs très fournis, jouent au foot. Les femmes en jupe longue portent de gros baluchons (la marchandise qu’ils vendent sur le trottoir des rues). La vue sur la ville est splendide. Nous surplombons les toits. La ria serpente, bordée de ses maisons décorées de loggias et de balcons fleuris, ponts et passerelles modernes . Malheureusement, le musée Guggenheim est caché par un building énorme.
Begona
La basilique Begona, but de notre promenade, n’est pas extraordinaire. Elle est entourée de jardins fleuris d’hortensias, lauriers roses et magnolias qui embaument. Un mariage vient d’avoir lieu, le photographe prend les photos, l’intérieur de l’église est fleuri de lys blancs. D’énormes tableaux, copies de Murillo décorent l’église. Ils sont mieux à leur place que dans un musée et pour une fois, dans une église, ils sont bien éclairés et colorés de rouges et de bleus éclatants.
Ville Basse
Nous descendons vers la Ville Basse « sept rues» par des escaliers qui débouchent sur une joie placette occupée par les terrasses des cafés. La ville qui était vide pendant la matinée et jusqu’à quatre heures s’est peuplée. De très nombreux jeunes portent des tenues très mode : pantalons « patted’eph » sur les chaussures, taille très basse laissant voir une large bande de peau. Une fille à couettes grassouillette montre un string bleu et toutes ses fesses et ses bourrelets. Les garçons arborent des coiffures de style punk, anneaux et piercings. De nombreuses crinières sont teintes en rouge. Perchées sur le haut des marches nous observons la foule comme au spectacle.
Les étroites rues bordées de belles maisons aux façades décorées sont occupées exclusivement par des boutiques de fringues . Comme ce sont les soldes, il y a un monde fou.
Visite d’une exposition sur la Mode au Musée Basque, les collections sont fermées à cette heure ci. Danses Basques
Sur l’esplanade du théâtre Ariaga, nous avons une surprise : des danses basques au son des fifres et tambourins (assez désagréable, suraigus). Il ne manque ni les bérets ni les castagnettes, les espadrilles sont des chaussons de cuir avec des lanières montantes sur d’épaisses chaussettes de laine. Ce sont des danses folkloriques . Le spectacle se termine par une farandole, chacun tient un mouchoir triangulaire.
Danses basques
J’ai trouvé comment se restaurer à bon compte : dans le café (très chic) on peut emporter du cabillaud frit, des tortillas ou des sandwichs variés et même des gâteaux.
« Autant Montand paraît spontané, au risque d’être brouillon, autant Semprùn est réfléchi, mesuré, au risque de paraître froid. Mais il faut se méfier des apparences. Il arrive que la répartition des rôles s’inverse : la réserve un peu mystérieuse de Jorge peut s’ouvrir en une chaleureuse disponibilité affectueuse. Montand qui paraît d’une pièce dans son truculent costume de Méridional flamboyant est taraudé par une inquiétude existentielle qui l’amène par instants à s’enfermer en lui-même, absent aux autres. Ces deux-là se déchiffrent d’instinct. Vingt-sept ans de compagnonnage complice, de dialogue ininterrompu, à cultiver les affinités électives qui fondent leur amitié. «
Ivo Liviest Yves Montand, fils d’ouvrier communiste de Toscane qui a fui les faisceaux mussoliniens en 1924, et qui s’est installé à Marseille. Jorge Semprùn Maura est le fils d’un aristocrate madrilène, élevé dans le luxe entre des gouvernantes allemandes, des visites au Prado et une éducation soignée à la maison. Qu’est-ce qui a pu rapprocher ces hommes si différents?
Le roman s’ouvre à Moscou en 1990 où l’on projette le film L’Aveu, le film de Costa Gavras adapté du livre de LondondontSemprùna rédigé le scénario où le rôle principal est interprété par Montand. Tout un symbole que cette projection, 20 ans après la sortie du film!
Allers et retours entre Moscou, Madrid et Marseille, Paris, Saint Paul de Vence, pour raconter la vie de ces deux héros qui nous sont familiers et qui nous ont accompagné. De la Guerre d’Espagne, à la Perestroïka, en passant par la Résistance, Buchenwald, les Procès de Prague, Budapest 1956… Une histoire du XXème siècle vécue par le militant communiste et le compagnon de route, la clandestinité et les feux de la rampe. Une histoire de solidarité, de fraternité. Des regrets d’être « passé à côté de l’essentiel » : pour Montand en ne rejoignant pas la Résistance, pour Semprùn en ayant cautionné les procès staliniens. De belles rencontres aussi pour le lecteur : Edith Piaf, Simone Signoret, Marilyn et Miller, et tant d’autres….
Leurs histoires auraient pu se croiser, j’ai attendu leur rencontre : elle a eu lieu en 1963,
« Entre Montand et Semprùn, naît une amitié nourrie de leurs histoires respectives, de la recherche d’un idéal perdu, de complicités personnelles.
Ces deux émigrés de l’histoire ont partagé les grandeurs et les désillusions d’une génération. Au début de leur « liaison » amicale, les deux hommes en sont au même point idéologique : Montand et Semprùn sont des communistes critiques qui ont perdu leurs illusions mais ont gardé leurs espérance[…]ils espèrent encore débarrasser le communisme de la perversion stalinienne. Dans cette quête impossible, Semprùn va devenir la conscience de Montand… »
Le chanteur va s’impliquer dans des films politiques, le duo deviendra trio avec Costa Gavras . Ivo & Jorge nous emmène au cinéma!
Bartolomé Bermejo :Retable de la Vierge de Montserrat
Petit déj au café
L’hôtel Ariagaqui occupe le premier étage d’un immeuble ne sert pas le petit déjeuner. La réceptionniste me conseille le Café Boulevard à quelques pas. Je commande un délicieux petit déjeuner jus d’orange frais, beignet à la crème anglaise, café au lait. Le cadre est fastueux : marbre, dorures, colonnes et miroirs. Des habitués lisent le journal, un jeune travaille sur un ordinateur portable. Cette formule me plaît bien.
Musée des Beaux Arts : Exposition Bermejo
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Tramway jusqu’au Musée Guggenheim, puis, nous traversons un chantier trouver le Musée des Beaux arts , construit au début du XXème siècle, rénové et précédé d’une façade de verre.
L’exposition, autour du peintre Bartholemeo Bermejo, fait le lien entre la peinture flamande et la peinture espagnole au début du XVIème siècle. Cela me rappelle que les Flandres étaient espagnoles au temps de Charles Quint. Bermejo vivait un peu avant cette époque, toutefois. La technique la peinture à l’huile vient donc de Flandres, de Van Eyck. Les retables sont apparentés à ceux de Gand ou de Bruges. Mêmes trognes pittoresques à la limite de la caricature. Même souci du détail. Monstres qui pourraient être ceux de Bosch.
Cette peinture est bien gothique. La Renaissance italienne est toute proche : perspective qui use et abuse des sols carrelés et paysages en lointain.
Le plan de l’exposition épouse les étapes du périple de Bermejo qui a beaucoup voyagé : Valence, Aragon, Castille, Baléares, Catalogne … chaque fois, il est confronté aux œuvres des peintres locaux. Quelques fois le tableau est le fruit d’une collaboration. Des rencontres historiques sont peintes : celle avec saint Dominique et Ferdinand d’Aragon, seul vers 1470, puis avec Ferdinand et Isabelle de Castille réunis sur un seul tableau sous l’égide de la Vierge . Introduction idéale à l’histoire de l’Espagne !
Je compare ces tableaux avec les souvenirs récents de Chypre. Après tout, ces tableaux sont contemporains des fresques même si la technique est très différente et si l’inspiration byzantine est très éloignée.
Devant la peinture de Bermejo et de ses contemporains, la pertinence des questions sur l’art qui m’ont interpellée hier, n’a pas de sens. Le sujet déborde du tableau. Il faut un regard multiple pour maîtriser le trop plein. Qu’est ce qui me fascine le plus ? L’Histoire Sainte, l’anecdote narrée par le peintre, la technique, le savoir faire de l’artiste ? Les influences picturales ? Ou les couleurs chatoyantes, les décors, les costumes ? Tellement de lectures sont possibles ! On ne se pose pas la question si c’est de l’art ou pas. Cette question n’était d’ailleurs pas d’actualité, on ne peignait pas alors pour faire de l’art ! Après la visite de cette exposition bien commentée, bien éclairée, didactique, nous avons moins de concentration pour admirer les collections permanentes.
Heureusement une prospective sur l’urbanisation de Bilbao fait diversion avec plans, maquettes, photos de chantier.
Collections permanentes
Les collections permanentes se vantent de posséder des Zurbaran, Goya, un Gauguin etc.…Goya me déçoit un peu : deux portraits et pas les meilleurs. Zurbaran m’avait frappée à Budapest. Les autres peintres sont moins connus, sûrement intéressants si je n’avais pas épuisé mes capacités de m’émerveiller plus tôt. Exposition Amable Arias
Nous passons, indifférentes, à l’étage des contemporains (encore !) et très critiques à l’exposition d’Amable Arias. : Dessins de l’invisible. La moitié de la salle est occupée par des « gribouillis-cra-cras » sur fond de café ou vagues lavis . Certains dessins retiennent mon regard pour leur humour : toute une série sur Sartre me fait sourire.
L’art donne de l’appétit !
Bilbao
Midi et demie : il est temps de s’aérer ! Nous aurions bien pique-niqué dans le parc du Musée mais nous n’avons rien emporté. Il faut explorer les ressources locales. Ce n’est pas évident dans ce quartier chic où les magasins de meubles, les agences de voyages et les restaurants hors de prix sont les seuls commerces.
Il me semble que vers la Gare nous pourrions trouver de la restauration rapide .En chemin, j’achète deux tomates et des bananes au cas où nous ne trouverions rien. Je survivrai toujours !
Nous arrivons sur la Gran Via Lopez de haro, belle artère piétonnière bordée d’immeubles cossus avec caryatides et atlantes, coupoles genre pâtisserie ressemblant à ceux de Vienne ou de Pecs. Encore des magasins de vêtements, le Corto Inglese, de belles librairies, une merveilleuse pâtisserie. Mais nous n’en sommes pas au dessert.
Près de la Gare, enfin ! Nous trouvons des sandwiches et même des salades que nous mangeons sur la promenade le long de la ria près du pont qui fait face au Théâtre et à notre hôtel.
De la salle du petit déjeuner, nous observons les allers et venues des tracteurs qui nettoient le sable de la plage de Saint-Jean-de-Luz. Est ce routine ou suite de la marée noire ? On monte les toiles des cabines de plage, à rayures rouges, bleues, vertes.
Nous quittons la France par la nationale 10 jusqu’à Irun sous un fin crachin. Tout est vert ici, pas de mystère : il pleut souvent.
Entrée en Espagne
Dès l’entrée en Espagne les changements dans les constructions sont notables. Plus de villages fleuris et de grandes maisons basques, des immeubles de briques très hauts serrés les uns contre les autres. Le fond de la vallée est occupé par la voie ferrée et les usines. Les montagnes escarpées sont recouvertes de forêts. Nous ne trouvons pas la route touristique qui suit la côte et suivons une nationale encombrée de camions traversant des villes hideuses.
San Sébastian
San Sébastian qui ressemble à Nice ou à Cannes : beaux immeubles 1900, grandes avenues, des banques et des hôtels. Sans nous attarder, nous cherchons la route en corniche et trouvons une piste cimentée très étroite surplombant l’océan de très haut sur des montagnes sauvages. Des chevaux paissent sur une pente couverte de fougères. Les prés sont tellement escarpés qu’ils sont fauchés à la main. Les meules coniques construites sur une perche centrale ressemblent à celles que nous avons vues en Croatie ou en Slovénie.
Sur notre carte au 1/1 000 000° cette petite route ne figure pas. Nous rejoignons l’autoroute au premier village. Elle traverse des montagnes par de longs tunnels courbes et tourne tout le temps. Dominique doit s’accrocher au volant.
Bilbao : Hôtel Ariaga
Midi : Bilbao. Après avoir traversé des quartiers modernes nous descendons vers la rivière Navion dans les quartiers historiques. La circulation automobile est infernale. Les nombreux autobus très longs ne facilitent pas le trafic. Pour trouver un hôtel nous suivons les quais bordés d’une jolie promenade . Les immeubles sont agrémentés de bow-windows en bois et de décors de colonnettes et de boiseries. L’Hôtel Ariaga possède un garage souterrain. Il est situé en plein centre, près du théâtre et de la Gare (très belle façade Art Nouveau en céramique). Le prix est raisonnable (65 € + 10€ pour le parking). Il est tenu par une famille qui règne sur les portes et le parking où l’on se rend accompagnées. Pas questions d’allers et venues en voiture ! Elle restera sagement enfermée jusqu’à notre départ ! Notre chambre est propre avec un parquet vernis des meubles en bois foncé, pas de décoration mais une belle salle de bains.
Musée Guggenheim
Bilbao : la Ria et le musée Guggenheim
Le tramway – une jolie rame double verte futuriste – nous y conduit directement. Le Musée Guggenheim est un temple de l’Art Contemporain. Le bâtiment est tout à fait impressionnant. Recouvert de titane, il brille sur une esplanade claire près de la ria. Son architecture compliquée toute en courbes évoque tantôt une fleur aux pétales entrouverts, tantôt un navire aux multiples coques emboîtées, parfois un oiseau, selon la perspective. Des colonnes rondes, des statues bizarres – une araignée métallique, un chien d’une dizaine de mètre de haut couvert d’un pelage de fleurs formant des taches colorées.
Un pont routier, haut de 60 m, enjambe la rivière. Un escalier monumental en calcaire blond nous mène à l’entrée du Musée. Tout cela forme un ensemble complexe.
Bilbao Musée Guggenheim vue d’ensemble
A l’intérieur, le verre donne une impression de légèreté et de lumière. Cathédrale de l’esthétique, on admire la prouesse du design plus que ce qui est exposé. Une salle toute en longueur à éclairage tamisé, sorte de crypte, contient trois sculptures monumentales : l’une d’elles est un cercle pavé de dalles d’ardoises irrégulières, une autre est un serpent formé de quatre tôles ondulant, la dernière, trois igloos de verre, fagots et toile plastique.
Très belle salle mais où sont les œuvres?
Où je me questionne sur l’Art Contemporain
Chien de Koons
Impression de vacuité, vide de sens, recherche de l’esthétique pure ou bluff ?
Cette énorme installation résume la création contemporaine : une bulle vide, abstraite, pourtant impressionnante. La beauté devient acte de foi. Il faut croire que c’est beau, plutôt que de chercher à comprendre. Et si notre crédulité était seulement exploitée par les marchands de l’Art qui vendent hors de prix le kitsch ou pire, le rien ? Le contenant, l’emballage, plus important que le contenu ?
Deux expositions temporaires : Calder parfaitement adapté à ce lieu, et laCollection Broad présentant des plasticiens très connus : Liechtenstein,Andy Warhol, Basquiat, Baldessari Schnabel. Beaucoup de « déchets » : « grabouillages » me laissent complètement indifférente. Les Marylin répétitives de Warholm’ennuient. Certains Liechtenstein –pop art- me séduisent.
Toute une section du Musée est consacrée à l’interrogation « qu’est ce que le bon goût ? ». Provocation gratuite : un chaton en plastique sort d’une chaussette en plastique encadré par deux marguerites en plastique, tout cela dans des couleurs primaires des jouets de bébés. Ce deuxième degré du kitsch me paraît facile, complaisant. La matière, volontairement vulgaire, est laide. En revanche, les séries de Baldessari, sortes de collages, montages de photos découpées et repeintes, sont plus intéressantes. La salle des années 80 montre des œuvres plus abouties : immenses toiles agglomérant des assiettes de Schnabel. Il me semble que le stade de la provocation toute pure est dépassé et que les plasticiens recherchent à nouveau à donner du sens et des images dans leurs œuvres (?). Plus d’intérêt de ma part, mais pas vraiment de jubilation. Où est le plaisir ? J’en éprouve, sans me poser de question, devant un Matisse ou un Picasso. Cette visite nous rappelle Vienne et le musée où nous avions découvert Hundertwasser. le bâtiment était moins impressionnant mais nous avions fait une rencontre . L’importance de l’artiste apparaissait comme une évidence. On pense au Futuroscope : belle technologie au service de quoi ? De Maunoury ? Enveloppe creuse ? Toutes proportions gardées cependant. Le Futuroscope n’a pas l’ampleur du Guggenheim.
Retour à pied le long de la rivière : agréable promenade ensoleillée. Nous terminons dans les petites rues de la Vieille ville : magasins de fringues (ce sont les soldes), foule et musique de rue.
En cet été de canicule, nous sommes parties sans préparatifs, à l’improviste, avec l’idée qu’il ferait moins chaud sur les bords de l’océan. C’est aussi l’année de la marée noire du Prestige.
Halte sur la plage de Cap-Breton
Les vacances ont véritablement commencé sur la plage de Cap-Breton: j’ai ôté mes sandales et marché sur le sable mouillé là où la vaguelette vient me lécher les pieds. Il fait trop frais pour se baigner et il y a de très grosses vagues. Le contact avec le sable humide suffit à mon bonheur. La plage est jonchée de bunkers affaissés, basculés, retournés ; des taggers ont essayé de les peindre mais la peinture s’écaille, mangée par les embruns. Je suis attentive à la propreté du sable après le désastre du Prestige : des traces de gros pneus attestent des efforts de nettoyage. Le sable sec, ratissé et criblé, paraît impeccable. La mer a apporté une écume douteuse, son lot de packs et de bouteilles, quelques boulettes de mazout, pas plus qu’à l’ordinaire.
Dominique s’est allongée à l’abri du vent dans la dune pour soulager son dos. Nous ne pouvons pas nous attarder : il nous faut trouver un hôtel.
En quête d’un gîte pour la nuit
Ciboure vue de Saint Jean de Luz
Autoroute jusqu’à Biarritz. Les Pyrénées se profilent, collines pointues dans les nuages. La côte est très découpée. Les maisons basques, très fleuries, sont originales.
Nous négligeons des chambres d’hôtes dans la campagne et les hôtels en bord de Nationale pour entrer dansSaint Jean de Luz. Les hôtels sont bien chers, la saison n’a pas encore commencé, beaucoup sont fermés.
De l’autre côté de la Nivelle : Ciboure. Sur le quai Ravel, d’imposantes maisons basques à large pignon triangulaire et balcons rouges s’adossent à une colline escarpée où les villas se cachent dans la végétation.
Cibour et Saint Jean de Luz vue de l’Hôtel
Après un long circuit au flanc de cette colline, découvrant de beaux points de vue sur le fort et la baie, nous débouchons sur un cul de sac à mi-pente et nous arrêtons à l’hôtel Agur Deneri(ici, les noms sont en basque, seul le symbole de lit nous indique que c’est un hôtel). C’est une belle bâtisse blanche au milieu des jardins. De l’entrée vitrée nous découvrons un panorama extraordinaire sur la baie et Saint Jean de Luz. Les chambres sont personnalisées, on me propose de choisir celle qui nous plaît. Pour 60€, ce ne sont pas les « chambres avec vue » (70 ), il n’y a pas de WC non plus. J’élis une belle chambre toute blanche ornée d’un filet de pêche portant un petit cadre et d’une jolie aquarelle.
Promenade dans Saint Jean de Luz
Belles maisons sur la digue de Saint Jean de Luz
19h, Le soleil est encore chaud mais il joue à cache-cache avec de gros nuages gris.
J’avais gardé un excellent souvenir de cette ville visitée il y a cinq ou six ans à Pâques. Nous avions fait des photos un peu tristounettes dans la grisaille d’une brume d’avril. Je suis ravie de revoir, ensoleillée et estivale, la petite place avec ses terrasses de café sous les platanes, le kiosque à musique et les maisons anciennes, la promenade le long de la plage charmante. les maisons reliées à la digue par des petits ponts construites dans un style hybride de maisons basques et de « Deauville 1900 », art Nouveau, balcons rouges, pignons tarabiscotés décorés de céramique colorée. Les rues étroites sont plus anciennes, plusieurs édifices commémorent le mariage de Louis XIV avec l’infante Marie Thérèse. L’église ne manque pas d’allure non plus : très haute nef et clocheton arrondi. Ses escaliers aux ferronneries compliquées n’auraient pas déparé dans un château baroque hongrois !
Pique-nique sur la plage. La saison n’a pas vraiment démarré : les carcasses destinées à soutenir les cabines de toile sont alignées perpendiculairement à la digue. Peu de touristes, des jeunes se rassemblent en petits groupes.
A la tombée de la nuit nous suivons la côte du côté de Ciboure et parvenons à Socoa, un petit port fermé par un fort magnifique. La baie forme un cercle presque parfait bordé par la plage de Saint Jean de Luz pour un tiers, puis Ciboure, enfin une digue ferme presque le cercle. Nous rentrons à la nuit à l’hôtel.
« Salonique ou Thessalonique ? Bien qu’antiquisant, j’opte résolument pour le premier : c’est plus court et plus joli ; ce sont les Grecs (byzantins) eux-mêmes qui ont abrégé le nom, il y a près de mille ans ; c’est le nom qu’employaient les Juifs de la ville et ce n’est pas mal de s’en souvenir ; quoique philhellène, je n’ai aucune raison d’épouser le nationalisme grec le plus obtus qui prétend effacer tout corps étranger de l’histoire de la ville et jusqu’au nom utilisé par les Juifs comme par les Turcs. Voilà donc une affaire tranchée. »
Je saute sur toute occasion de faire un tour en Grèce, Matatounea chroniqué cet ouvrage et derechef, je l’ai téléchargé et lu! Salonique est une ville chère à mon cœur, départ d’une exploration en Macédoine et en Thrace. Jérusalem des Balkans, ville brillante jusqu’en 1917, où les quartiers juifs furent incendiés, la communauté juive fut déportée en 1943 et pratiquement exterminée.
Cette lecture fait suite à d’autres, mémorables: Vidal et les siens d’Edgar Morin que j’ai lu et relu. Gioconda de Nikos Kokantzakis, délicieux roman d’amours adolescentes et histoire vraie, témoignage de la déportation. Le Cahier volé à Vinkovici de Dragan Velikic et le Sarcophage et la douleur du Vendredi Saint de Yorgos Ioannou mettent en scène la ville.
Les Carnets de Salonique commencent comme une intrigue policière : une femme, Judith, est assassinée à Thessalonique en 1975, victime d’un attentat organisé par l’extrême-droite grecque à la chute du régime des colonels. L’enquête a conclu qu’elle avait été abattue par erreur, victime d’une balle perdue. Vassili Korassov, son compagnon est persuadé que Judith n’est pas morte par hasard, qu’elle était visée par les tueurs. Vassili tente de dénouer le mystère avec l’aide de Gabriel, un archéologue, fils d’un archéologue qui a collaboré avec les policiers en qualité de traducteur.
Il sera donc question d’archéologie, le père de Gabriel spécialiste du siècle de Périclès a aussi fouillé à Pella, ville de Philippe, le père d‘Alexandre le Grand. Les méthodes de l’archéologue sont analogues à celles du détective:
« Que vaut l’archéologie si elle ne parvient pas à extraire d’une couche de débris informes, d’un vulgaire amoncellement minéral, d’un terrain montueux mâtiné de pierrailles, ce qui bientôt donnera une figure, un visage à un édifice oublié, suscitera la curiosité du visiteur et fera revivre une civilisation entière dans l’esprit des hommes ? »
Vassili évoque l’histoire de Judith et de sa famille originaire de Smyrne . Son père Costas est un commerçant grec, sa mère Déborah – juive d’origine livournaise. A la suite de la Grande Idée, « megali idea« , le rêve grec de reconquête de territoires en Anatolie qui aboutit à La Grande Catastrophe,exode des Grecs d’Asie Mineure et incendie de Smyrne, le couple émigre à Salonique, où leurs affaires prospèrent, leurs enfants ont la meilleure éducation en Français et en Italien. A la suite de la Crise de 1929, la montée des fascismes et de l’antisémitisme incitent Costas et Déborah à l’exil à nouveau à Marseille. Rattrapé par la Guerre et l’occupation Allemande, ils poursuivent leur errance jusqu’aux Etats Unis
» Je suis le non-juif errant » disait-il (Costas) avec ironie. A peine établi à ses aises, il lui fallait s’arracher à ce qu’il avait tenu pour un asile et qui se révélait, une fois encore, une fausse promesse, un cul de basse-fosse…. »
Cette lecture est une leçon d’Histoire, histoire grecque, à travers le XXème siècle, Résistance des andartes de l‘ELAScontre les Allemands en Epire, et exil de ces derniers, chute du régime des Colonels et opposition des militaires avec parfois complicité de l’Eglise Orthodoxe…
Judith, bercée dès l’enfance à cette histoire, devient historienne et part à la recherche des biens juifs spoliés. Encore un thème passionnant!
Par ces thèmes multiples, les Carnets de Salonique sont intéressants. Cependant ce livre de moins de 90 pages, les survole. J’aurais aimé plus de profondeur. J’aurais aimé m’attarder à Smyrne, me promener plus longuement rue Egnatia ou dans les ruelles qui grimpent à la citadelle de Thessalonique. J’aurais aimé humer l’air de la mer Egée sur le port de Salonique et voir les personnages s’installer à Marseille. J’aurais aimé plus d’archéologie, en savoir plus sur les fouilles de Pella, sur Philippe et Alexandre le Grand.
Cette lecture agréable et facile me laisse un peu sur ma faim. Les personnages secondaires sont esquissés plutôt que présents.
» Un monde nouveau s’imprimait chaque jour, les rêves se lisaient enfin noir sur blanc, en plein jour, enfin évadés des nuits, de leurs brouillards et de leurs terreurs. C’était le printemps de la vie, tout cela, et les rosiers qui escaladaient les murs et débordaient sur les trottoirs, versant parfois leurs parfums sur eux, ne disaient pas autre chose. »
Les dix derniers jours de la Commune de Paris du 18 Mai 1971 au 28 Mai 1971 qu’on nomme aussi la Semaine Sanglante.
Dans ce roman touffu, nous suivons Nicolas et ses deux frères d’arme Adrien et Le Rouge, soldats fédérés du 105ème, qui courent de barricade en barricade pour ralentir l’avance des Versaillais qui sont aux portes de Paris, Caroline, la bonne amie de Nicolas, ambulancière qui soigne les blessés. Des personnages louches profitent du désordre : Monsieur Charles, le photographe d’un genre « un peu spécial », Pujols qui lui procure de jeunes modèles pour ses photos érotiques, Clovis, le cocher complice de Pujols dans l’enlèvement des jeunes filles. Antoine Roques, ouvrier relieur a été élu commissaire de police du Xème s’attache à résoudre cette affaire d’enlèvements, il doit traverser Paris dans les combats pour délivrer une prisonnière. On s’attache aux personnages : Communards idéalistes, courageux ouvriers dévoués aux rêves d’un avenir meilleur. Au cours de l’action, les caractères s’affirment, se complexifient. La solidarité du peuple de Paris, des inconnus soutiendra les fédérés jusqu’au bout. Avec l’avance des Versaillais les massacres sont effroyables…
Roman noir, roman historique? Histoire des anonymes, du peuple des ouvriers, des artisans , l’auteur évoque en filigrane quelques figures connues au fil des conversations, le Général Dombrowski ou Louise Michel.
Roman de guerre, sur les flaques de sang, l’odeur de la poudre, des cendres des incendies. Interminables traversées de Paris du fort d’Issy par le Bois de Boulogne et les quartiers de l’ouest de Paris abandonnés par les bourgeois, aux barricades de la Rive Gauche, du XVème au Quartier Latin, finalement les derniers jours tous se replient vers la Bastille, Château d’Eau, et l’Est de Paris. L’errance de Nicolas et Caroline se terminera vers Bagnolet ou Montreuil où les Prussiens campent encore. Beaucoup de combats, de faits d’armes, d’héroïsme qui finissent par lasser le lecteur qui sait que les Versaillais seront impitoyables.
Histoire des femmes aussi, des ouvrières qui se réunissent pour faire valoir leurs droits, féministes activistes.
Et bientôt, les filles n’auront plus besoin de demander la permission pour tout, pas vrai ? C’est toi qui me l’as dit, une fois. Qu’la Commune et tout ça, ça changerait la vie des femmes.
Accessoirement, histoire de la photographie, Charles Gantier rêve d’être un des premiers reporters de guerre avec un procédé de sa façon.
La guerre sera bientôt dans la rue, sous nos fenêtres, et j’en veux enregistrer toutes les convulsions ! Mes confrères photographient ces imbéciles posant sur leurs barricades, devant leurs canons, bravaches, triomphants ! Mais moi, je les prendrai sous le feu, face à de vrais soldats, dans la fureur du combat, et l’on verra qui alors est le plus brave, de cette mégarde nationale, de ces bonimenteurs à képis, ou des régiments de ligne menés par nos meilleurs officiers. Alors la vérité sautera aux yeux de l’Histoire.
Roman policier avec l’enquête des enlèvements….
J’ai suivi avec beaucoup de sympathie l’Odyssée de Nicolas du Bois de Boulogne aux Grands Boulevards . J’ai un peu décroché pendant les faits d’armes qui traînent en longueur. Sans doute était-ce nécessaire de maintenir le lecteur dans les bombardements et le sang. Mais je me suis accrochée et ne l’ai pas regretté.
Nous retournons à Espelette pour acheter nos souvenirs et cadeaux. En coupant par Laressore qui est juste en face de Halsou c’est tout près. Espelette est un bourg formé de deux quartiers, l’un haut avec de nombreuses belles boutiques, un autre plus bas autour de la belle église moins touristique, plus authentique, sans boutiques ni galeries pour touristes. La grande route fait une courbe à la périphérie. De grosses boutiques modernes, showrooms, avec parking attendent les touristes.
Nous pensons offrir à nos familles et amis, du piment d’Espelette, bien sûr, du chocolat (une autre spécialité) et j’aimerais acheter du linge, nappes et torchons basques. Il y a aussi les plats cuisinés, le jambon, le fromage de brebis, les gâteaux basques.
Les barons d’Ezpeleta édifièrent un château vers l’an mil. Il fut remplacé au 15ème siècle par une forteresse avec 5 tours et une enceinte qui enserrait le quartier. A la fin du 17ème la baronne fit don du château à la paroisse. Il ne reste plus qu’une tour d’angle ronde et un corps de logis de trois étages rectangulaire. La Mairie y est installée, les services municipaux au niveau le plus bas, l’Office du tourisme au premier étage et en haut deux expositions, la première célèbre une reine de beauté des années 30 et un abbé naturaliste qui « découvrit » les pandas et des plantes exotiques, un jardin botanique en son souvenir se trouve au pied du château. L’exposition sur le piment est plus intéressante. Belles photos, le piment est photogénique avec son rouge éclatant. Panneaux explicatifs : le piment est originaire d’Amérique. Maintenant il est cultivé majoritairement en Chine, mais aussi au Mexique, en Turquie, en Espagne. Le climat, presque subtropical, du Pays Basque lui convient parfaitement et Espelette et les communes voisines ont obtenu une AOC.
L’église du 17ème entourée du cimetière est dans un creux, des stèles anciennes discoïdes ou carrée très décorées sont plantées dans le gazon sous un bel arbre. La tour-porche est massive, la nef grande entourée par trois rangs de galeries de bois sombre. Le retable baroque doré, avec des colonnes torses portant des grappes de raisin est impressionnant.
En cette saison on ne peut pas observer la culture du piment en extérieur (on sème sous serre et on ne repique les plants qu’en mai. Il y a une vidéo au Centre d’Interprétation (fermé sur la place) et dans un autre Centre que nous n’avons pas trouvé.
Nous revenons presque bredouilles. Les nappes, torchons, les tissus pour les transats ou pliants sont de toute beauté, rayures de toutes couleurs, rouge et blanc, vert et blancs traditionnels mais aussi des bleus, orange fuchsia qui flashent, même le second choix est hors de prix. Je me contente d’une petite pochette.
Mille mercis aux éditions Faton et à Babélio pour ce joli cadeau à l’occasion de la Masse Critique Graphique. Cette collection des Carnets de Chantilly est vraiment délicieuse, à ranger en bonne place à côté du Miroir des Dames de Clouet. Tous les deux sont les catalogues d’expositions au Château de Chantilly et mon grand regret est de les avoir loupées. Jolis carnets, format carré, cartonné, beau papier, présentation très soignée.
C’est d’abord une rencontre avec Carmontelle (1717 -1806)que je ne connaissais pas. Aquarelliste, portraitiste, mais aussi auteur de pièces : les Proverbes, organisateur de fêtes, paysagiste créateur du Parc Monceau. Honnête homme, convive aimable, roturier apprécié des salons et des grandes familles du temps de Louis XV et Louis XVI qui a traversé sans trop d’encombres la Révolution et l’Empire.
La société du Palais Royal, le Duc et la Duchesse d’Orléans
Au service des Orleans – « Des portraits mauvais mais ressemblants » Grimm
C’est aussi la présentation de la bonne société du XVIIIème siècle. Lecteur (précepteur) du jeune Duc de Chartres, futur Philippe Egalité, fils du Gros Duc d’Orléans, Carmontelle est donc au service de la Maison d’Orléans qu’il portraiture abondamment. Ces portraits sont donc tout à fait à leur place à Chantilly ou le Duc d’Aumale les a réunis en 1886.
Bathilde la soeur du Duc de Chartres
Carmontelle peint la douceur de vivre dans les salons, musique et comédie, jeu, chasse aussi. La famille de Mozart faisant de la musique est le plus célèbre. Il fréquente aussi les Encyclopédistes grâce à son ami le baron Grimm : portrait de Rameau, Madame d’Epinay, et de Buffon. Astronomie, expériences scientifique, cabinets scientifiques….La famille Calas fait penser à Voltaire.
A côté des portraits à l’aquarelle Carmontelle a aussi fabriqué des transparentsrouleaux de papiers peints de paysages (jusqu’à 42 m) qui se déroulaient dans une sorte de lanterne magique, cinéma avant l’heure.
Nous remontons la vallée de la Nive sur la D 918 jusqu’à Osses.
D 948 en direction de Saint Etienne-de Baïgorry sous le soleil dans un paysage très gai avec les pêchers en fleurs, petites feuilles vert tendre.
Erreur! nous nous retrouvons sur la D15 dans le village viticole de Irouléguy, maisons blanches où le grès rose aux encoignures et autour des portes en forme de bouteille sont très harmonieux. Les vignes sont perchées au flanc de la colline en gradins le long des courbes de niveau ou selon la ligne de pente. Sauf que nous ne sommes pas sur la bonne route !
Retour à Saint Etienne-de-Baïgorry où nous trouvons un panneau Pampelune-Banca. (D.948).
Banca : Haut Fourneaux
A l’entrée de Banca contre la falaise noirâtre, un canal, et les ruines d’un établissement industriel. Le Centre d’Interprétation du Patrimoine minier se trouve au milieu de village 300 m plus haut, fermé. Dommage, je me passionne pour ces sites industriels et ces musées racontant ces techniques anciennes et les conditions de vie des ouvriers. Un circuit libre dans le village avec des panneaux explicatif me permet de découvrir le site. Les mines de cuivres furent exploitées depuis le temps des Romains. Les filons affleurent sur le versant en face. Les pierriers sont les déblais des stériles évacués par les mineurs de l’Antiquité. Une fonderie de cuivre fut créée en 1746 par un Suisse exploitant les filons cuprifères. Cette exploitation avait une renommée nationale en France qui manquait de cuivre. Cette fonderie fut anéantie en 1793. De 1825 à 1860 un haut fourneau était alimenté par du minerai venant du nord de la vallée, le combustible était le bois des forêts. Les marteaux étaient actionnés par l’eau du canal. La bâtisse était longue de 80 m de haut. On peut encore observer le haut-fourneau.
Le village fut construit au 18ème siècle autour des mines de cuivre et de la fonderie.
Banca : pisciculture
Au 17ème siècle un moulin à grain fut installé sur le ruisseau, la Nive des Aldudes. A sa place, en 1960, une pisciculture fut implantée. Elle est alimentée par l’eau de la source Arpa à 3 km de débit et de température constants toute l’année très oxygénée de qualité. La pisciculture se visite, une vidéo présente l’élevage des truites et la transformation en produits vendus dans la boutique. Un parcours extérieur équipé de panneaux explicatifs détaille cette exploitation. La reproduction, les alevins sont transférés en amont là où l’eau est la plus pure où ils restent 5 à 6 mois. Les truitelles de 70 à 90 g et 15/18 cm, restent jusqu’au 18 mois sont extrêmement méfiantes et remontent le courant en tentant d’échapper aux plus grosses. Les plus grosses font jusqu’à 5 kg et ont 5 ans. Elles sont saumonées grâce à la présence de gammares et musclées parce qu’elles remontent le courant.
caviar de truite (pique-nique du lendemain à Hendaye)
Nous avons acheté des tranches de grosse truite fumée, des œufs de truites (à conserver au frigo et consommer rapidement), des rillettes de truite et un bocal de truite à la basquaise avec tomates et poivron à déguster avec des pâtes fraîches. Des bocaux variés sont proposés à la vente. On peut préférer des poissons frais : truites-portions, darnes ou filets…
Continuant la route vers le village d’Aldudes nous dépassons une grosse fromagerie avec de grosses cuves brillantes. Les fromageries sont nombreuses, le passant est invité dans les fermes sur le bord de la route à déguster et acheter du fromage.
cochons basques
Oteiza – boucher et éleveur de porc basque – a une grosse boutique rouge sur le bord de la route. En face un panneau détaille le circuit du porc basque. Si nous avions pris le temps de le lire nous aurions su qu’à un certains point nous avions un point de vue sur Ronceveaux mais nous nous sommes contentées de suivre les flèches portant un petit cochon, d’abord en voiture (le circuit est presque entièrement goudronné) puis à pied pour observer les animaux. Les cochons sont installés sur tout le versant boisé de la montagne dans des enclos très vastes. Ils sont en semi-liberté. La plupart sont roses avec des taches noires, têtes et culs noirs. Mais plus loin dans la montagne nous en avons rencontré des tout noirs. Comme ils sont à l’extérieur ils sont très propres et ne sentent pas mauvais.
Château d’Etchauz6
C’est l’heure du pique-nique. Chercher un coin est un des plaisirs de la journée. Il faut un emplacement pour la voiture et de préférence une belle vue.
Nous dépassons Urepel et arrivons vers le Pays Quint territoire reconnu à l’Espagne mais donné en bail aux habitants des Aldudes qui ont le statut de ressortissants français à l’étranger. Attention à ne pas entrer en Espagne, nous n’avons pas de test PCR ! A un panneau Sorogain une petite route s‘élève dans la montagne. Des fils barbelés sont retenus par des piquets de bois. Là aussi il y a des porcs sous les arbres ! La route conduit à une ferme et on peut faire demi-tour et trouver l’endroit rêvé avec le plus beau des panoramas. Après le déjeuner, je descends la petite route sans rencontrer personne. Agréable balade.
A Urepel nous avions prévu d’acheter du fromage, mais le fermier est au téléphone me fait signe d’attendre et continue sans se presser. Tant pis !
Dernière étape à Saint Etienne de Baïgorry, visite de l’église Saint Etienne, on entre en passant sous un arc de triomphe accolé au porche, trois étages de galeries de bois, un grand retable et le chœur peint avec des décoration florales, un retable baroque(pour changer) et un orgue tout récemment installé.
Le château d’Etchauz est perché sur une éminence un peu à l’écart du village. Nous faisons le détour pour nous en approcher (privé il ne se visite pas). Mais la route est un cul de sac, elle mène à la cour d’une ferme gardée par des chiens très remontés. On s’éloigne en marche arrière.