Trani

CARNET DU MEZZOGIORNO

Le port de Trani

La journée commence mal : la cafetière a fait sauter l’électricité dans toute la maison. Dépannage téléphonique avec le propriétaire qui me guide dans l’armoire des fusibles.

Sur la voie rapide SS16 (2×2 voies) de Giovinazzo à Trani, nous avons la surprise de découvrir un paysage industriel auquel je ne m’attendais pas du tout. Des zones industrielles se succèdent, hangars, centres commerciaux immenses alors que j’imaginais des villages de pêcheurs. Sidérurgie, chantiers navals sont abandonnés et rouillés.

Trani

Villa Communal et clocher de Sn Domenico

Trani est une ville de 50.000 habitants. La Via Cavour aboutit à une place devant la Villa Communale un jardin public sur une sorte de promontoire qui domine deux baies, celle du port dans une anse ronde autour duquel est bâtie la vieille ville dominée par le haut campanile et l’autre baie bordée d’une longue plage avec la ville moderne. Je commence la visite de Trani dans ce jardin très ombragé orné de statues. L’église San Domenico est en réfection, la façade est cachée par un échafaudage mais le campanile se voit à travers les frondaisons.

Trani : Chiesa de Ognissanti

Gardant pour cap le campanile du Duomo, je longe le port et découvre le chevet d’une petite église de style roman-apulien : trois cylindres de l’abside et des absidioles, avec une fenêtre haute fine ment décorée sur des murs lisses très blancs.

Chiesa de ognissanti : les Templiers

La  Chiesa ognissanti est l’église des Chevaliers du Temple(début Xième siècle). La côte Adriatique a été marquée par les Croisades et la présence des Templiers. Le premier document attestant de cette église remonte à 1170, elle resta aux mains de l’ordre jusqu’en 1312 (suppression de l’ordre par le pape Clément). Le portique est celui de l’Hospice des Chevaliers. A l’intérieur de l’église, deux rangées de trois colonnes de granite délimitent trois travées tandis que 4 piliers portent des chapiteaux bien usés, plafond de bois. Un garde, gardien ou religieux, porte l’habit blanc avec la croix rouge rappelant les Croisades.

Place San Marco, l’église Sainte Thérèse a une façade baroque.

Le Palazzo Caccetta (1449-1453), édifié par un riche marchand, a de jolies fenêtres aux fines colonettes.

Trani duomo, chevet

Suivant les quais, je parviens à la Cathédrale par l’arrière, chevet très haut, toujours 3 hauts cylindres. Une fenêtre très ornée. Le flanc est très sobre, 6 hautes arcades sont soutenues par des piliers. La façade est symétrique. Deux rampes d’escalier sont fleuries d’hortensias blancs et de roses, encore un mariage ; le marié vient d’arriver, les invités se pressent.

Trani duomo

L’accordéoniste rom a cessé de jouer pour que retentisse la marche nuptiale. Les touristes attendent sur la place. J’entre dans une crypte et j’ai la surprise d’en découvrir une seconde, plus bas et un escalier qui conduit encore plus bas. Tandis que la noce se met en place, j’examine la très belle porte de bronze, les colonnes portées par des lions fantastiques, les personnages et la dentelle de pierre autour du porche encerclant les trois arcades de chaque côté. Légèrement décalé, le campanile carré est vraiment vertigineux.

Trani, duomo portes de bronze

Au musée diocésain, se trouve « le Musée de la machine à écrire »  que je néglige pour aller faire un tour au château souabe de Frédéric II et de Manfred. Enorme forteresse carrée avec ses grosses cours carrées. En restauration, caché derrière des échafaudages.

Retour par des petites rues de la ville médiévale. La Rue de la Giudecca descend vers le port, j’y trouve l’ancienne synagogue du temps de Frédéric II (12ème 13ème siècle)devnue plus tard l’église Saint Pierre Martyr. La tortueuse via Ognissanti me conduit à une place triangulaire et à l’église basse San Francisco – cela change du roman-apulien. Une dame attentionnée me signale qu’il n’est pas prudent de mettre mon sac sur le dos. Quelle obsession, les voleurs ! La rue est vide, dans la foule je comprendrais…J’atteins enfin la ville moderne et retrouve la via Cavour, bien droite qui va directement à la Villa Communale.

Bari

CARNET DU MEZZOGIORNO

Bari : Théâtre Margherita

San Spirito

 

Sur la route de Bari par la mer, premier arrêt à San Spirito : un petit port tout simple, plutôt port de plaisance, pour de petits bateaux, aussi port de pêche. Les étals de poisson attendent le retour des pêcheurs, vides ce matin. Dans les rues perpendiculaires au lungomare, au petit marché il y a surtout des vêtements. Nous cherchons les pizzerias pour dîner ce soir,  tout est fermé.

Arrivée à Bari

Théâtre Piccini

Fin de la route de la mer, près de l’aéroport, nous trouvons la tangenziale. J’ai trouvé le mode d’emploi du Navigatore intégré dans la Polo, nous entrons dans Bari par la Via Napoli qui traverse des zones industrielles et des quartiers modernes. Nous arrivons sur le Corso Vittorio Emanuele II qui relie la Piazza Garibaldi à la mer, bordé de beaux palazzi : le Palazzo Fizzaroti est tout à fait étonnant, gothico-vénitien tout à fait éclectique, le Théâtre Piccini fait face à l’important Palazzo del Governo. Aux murs des bâtiments, des plaques commémoratives. Les Palais sont colorés, décorés avec stucs et moulures. Des rangées de palmiers bordent le Corso. Je pense à Dürres, juste en face, où nous étions il y a deux ans : un grand port, un front de mer et des palmiers.

Au fond de l’artère, un curieux bâtiment rose aux fines tourelles couronnées de coupoles comme des minarets de fantaisie : le Théâtre Margherita –qui s’avance dans la mer sur ses pilotis. Théâtre Liberty 1914, il abrite maintenant des expositions temporaires ; en ce moment, une Exposition de Photographie  me tenterait bien C’est ici que je commence la promenade du Guide Vert.

à déguster sur place ou à emporter
à déguster sur place ou à emporter

Parking payant  (1€/h payable en pièces ou par carte de crédit) . Un marché de poisson à l’ombre d’un auvent métallique s’est installé. Dans des assiettes des coquillages, huitres, oursins accompagnés d’un demi-citron à déguster sur place. Les seiches vivantes sont dans un aquarium, des poulpes entiers dans des sacs de plastique. Plus classiquement, on peut aussi acheter des poissons d’une fraîcheur éclatante.

Vieille Ville

Place del Ferrarese

Piazza del Ferrarese, des fouilles mettent en évidence les vieilles dalles d’une chaussée antique.  On voit le chevet et l’abside de la petite église de la Valisa. Modeste, blanche, très jolie. Je la contourne. Des musiciens préparent un concert. J’entre alors dans le dédale des rues étroites où sèche le linge, enjambées de hautes arches.

par les rues étroites de la vieille ville de Bari

Au hasard, je me retrouve devant la Cathédrale di San Sabino accolée au Palais épiscopal. Très haute, très blanche. Romane mais si haute ! J’hésite entre l’impression de dépouillement des murs blancs éblouissants, très hauts, très lisses, et celle de la richesse et la délicatesse de la décoration, la finesse des sculptures des colonnes supportées par des animaux encadrant le porche et un bestiaire fantastique autour des fenêtres. Un mariage se prépare, de magnifiques bouquets de roses blanches ont été déposées, les photographes sont prêts. Je ne m’attarde pas et fonce à la crypte où je suis surprise par les couleurs après la blancheur du haut.

Saint Nicolas de Bari : porche

Je fais le tour de la cathédrale pour trouver la trulla : grosse tour ronde aveugle sur l’emplacement du baptistère, aujourd’hui, sacristie. Une simple plaque avec une ménorah gravée et une inscription en hébreu signale qu’autrefois il y avait là une synagogue.

La Via Carmine conduisant à l’Eglise San Nicola est encombrée de touristes en troupeau derrière leur guide. Les boutiques à touristes proposent des pâtes et d’autres souvenirs. J’essaie de faire des photos de linge qui pend et de vespa…San Nicola, commencée en 1089, consacrée en 1107 fut construite pour abriter les reliques volées en 1068 par 62 marins de Bari « enlèvement de Saint Nicolas ». C’est une église normande : Robert de Hauteville, dit Guiscard (frère de Roger roi de Sicile) a conquis Bari en 1071. Selon nos guides San Nicola servira de modèle aux églises de style Roman apulien. Il faut prendre du recul pour admirer la façade à trois nefs et le campanile. Je préfère me rapprocher et photographier les amusantes sculptures qui dépassent, les bœufs qui supportent les colonnes.

Saint Nicolas dd Bari

A l’intérieur, de curieuses arcades très fines traversent la nef (ajoutées après le séisme de 1456 selon le Guide Bleu) et un très haut jubé découpent le volume impressionnant. Le plafond a été peint au 17ème siècle. La crypte contient les reliques du saint. Un pope, ou plutôt deux conduisent un groupe de pèlerins slaves, femmes enfoulardées, hommes vêtus de shorts négligés, tous font les larges signes de croix orthodoxes, répétés et fréquents, s’agenouillent et se signent encore. Une seule icone est revêtue d’argent à la mode orthodoxe. Il règne une telle ferveur que je n’ose ni filmer ni bouger pour examiner les chapiteaux.

Bari : Lungomare

Dominique a envie de déjeuner au bord de la mer. Nous suivons le Lungomare bordé d’immeubles modernes et de grande bâtisses mussoliniennes auxquelles nous ne prêtons guère d’attention. Nous quittons facilement Bari vers le sud, découvrons des établissements de plage. Un restaurant dans un trullo nous tente.

un déjeuner à la mer

Nous lui préférons une terrasse contemporaine, en blanc et bleu : Doremar. Au choix,  ombre ou soleil, tables et chaises, poufs et tables basses. Le menu est simplissime,  4 propositions sur l’ardoise, mais sibyllin : on commande sans savoir ce qui va arriver parmigiana et calamarata. La calamarata ne contient aucun mollusque ni calmar, mais des pâtes en forme d’anneaux, cuisinées avec des tomates fraîches de l’aubergine et des petits morceaux de saumon et  décorée d’une poudre fine noire mystérieuse. La parmigiana ne contient pas forcément du parmesan, c’est un gratin d’aubergine. Cuisine raffinée et délicieuse mais en petite quantité on accepte avec joie le cremoso de chocolat : fine tranche de glace avec des grains de chocolat. Il fait frais au bord de l’eau, nous prenons dessert et café au soleil.

Bari château Normand-souabe

Le château Normand-Souabe est une énorme forteresse qui a été occupée et modifiée au cours de l’histoire. Normand d’abord, on y retrouve l’empreinte de Frédéric II (1233-1240). On entre par le vestibule de Frédéric. La voûte repose sur des colonnes aux chapiteaux décorés de motifs végétaux, mais aussi de têtes de guerrier et de l’aigle impérial. On entre dans la cour et on découvre la tour carrée avec deux escaliers extérieurs formant deux rampes. A partir de 1735, le château fut une prison. On creusa ensuite une citerne et on y fit même des cultures maraîchères.

Salle Angevine : dans l’encoignure de la fenêtre

A l’étage, des expositions permanentes : restauration de l’édifice, céramiques « butto », retrouvées dans un tas d’ordure, jetées, peut-être mais encore très belles. Certaines à motifs jaunes et bleu de Bari, des faïences au fond bleu de Faenza. Une salle Angevine, très haute de plafond avec quatre cheminées. Une autre Aragonaise rappelle Bona Sforza morte à Bari en 1557.

Au rez de chaussée, une vidéo raconte l’histoire du château.

Une exposition temporaire consacrée l’une à saint Nicolas est destinée principalement aux enfants. Saint Nicolas protège les enfants et les marins. Selon la légende, les reliques de Saint Nicolas mort en 337 à Myre en Turquie,  furent emportées par 62 marins de Bari en 1087.  Dans la crypte de l’église Saint Nicolas de Bari, la lampe possède deux bouches symbolisant l’unité des cultes catholique et orthodoxe qui vénèrent ce saint.  Sont exposés, des livres d’enfants de la légende de Saint Nicolas, des pains d’épice à l’effigie de Saint Nicolas, des chocolats, des marionnettes, des Play mobiles, et des représentations de Santa Claus qui devint le Père Noël.

Autour du livre est une installation d’art contemporain Libri d’Artista, l’Arte da Leggere montrent des variations contemporaines sur le thème du livre : un livre évidé, des livres d’image, et même une version des tablettes de Babylone en argile.

La Gypsothèque vaut vraiment la visite. Les moulages en plâtre de chapiteaux des églises normandes de Bari et de ses environs sont présentés à hauteur humaine permettant de les observer plus facilement que sur place. Je me régale à photographier animaux fantastiques et personnages dont je peux voir tous les détails charmants.

 

 

Arrivée à Bari

MEZZOGIORNO

Giovanizza

Vol Air France direct : Charles de Gaulle – Bari  , 2h30,  très agréable.

Notre Polo VW de location (Sixt) est neuve (740km) équipée d’un GPS – Navigatore – dont je ne connais pas le mode d’emploi. Je me laisse guider par le téléphone jusqu’à Oasi di Pace dans la Résidence Scoglio di Euridice fermé par un cancello impressionnant. Au téléphone, un homme, pas du tout au courant de la réservation, nous l’ouvre. Dans la rue, barrée par un portail vers la mer, aucune indication de la chambre d’hôtes. Des maisons de vacances entourées d’agréables jardins. Un court de tennis côté rue, une piscine côté mer. Aucun Oasi di Pace en vue !

La dame arrive et ouvre la porte et nous intime l’ordre de verrouiller la voiture. Nous sommes bien dans le Sud de l’Italie, on y craint les voleurs ! Y en a-t-il tant ? Dans une résidence barricadée ? « Les Roms peuvent escalader » répond-elle. Tout est bouclé à clé, le petit portail du jardin, la maison. Le trousseau de clé est impressionnant.

Elle me montre les fusibles et le disjoncteur dans la rue : « Cela peut sauter » (en effet cela sautera).

Pas de cuisine, ni de réfrigérateur, en guise de bouilloire, une cafetière électrique monumentale avec des piles de gobelets de très petite taille pour le café, à peine plus grands pour le thé, pas de cuillers, des touillettes plastiques, pas d’assiettes ni de couverts. Une abondance de serviettes de toilettes ! la Télévision ne capte que les chaînes italiennes. L’intérieur est bien décoré, on aurait préféré un frigo !

Un très joli patio : des croisillons en bois foncé et un auvent de toile épaisse abritent une table et des bancs dans une végétation luxuriante. Une haie de jasmin embaume. Autour du patio des géraniums rouge se détachent sur le vert foncé des ficus, yuccas, myrte, orangers du Brésil. Dans des jardinières on a fait des compositions de cactées et succulentes. Il y a de l’eau à la fontaine. Des jarres sont négligemment oubliées….

Le cadre serait très agréable si on pouvait faire à manger, ou au moins garder de l’eau au frais. Restaurants et cafés ont à des kilomètres. La résidence est située entre Giovanizzo et San Spirito.

 

Giovanizzo est une petite ville pittoresque (22 000 habitants). Le centre historique se tasse dans ses murs autour d’une grande Cathédrale et du Palazzo Ducale au-dessus d’un très joli port. Au coucher du soleil, je me promène au bord de l’eau le long des murs de la ville. Rapide coup d’œil  à la cathédrale (il y a du monde à la messe). Dans le port des rameurs – en majorité des rameuses – en T-shirts verts s’entrainent pour la Fête de la Mer, samedi prochain – nous serons parties.

Nous trouvons notre dîner au supermarché Eurospar. Les plats préparés en barquettes comme en France, et les salades toutes prêtes n’ont pas cours ici. Chacun cuisine chez soi, pâtes et produits frais ou va au restaurant. Je trouve cela sympathique : pas de suremballage, des dispositifs pour acheter en vrac les produits secs. A

ujourd’hui cela n’arrange pas nos affaires, on doit acheter des vrais verres (pas question de boire ans les affreux gobelets minuscules), des assiettes en carton et même des couverts qu’on emportera pour les pique-niques à venir. Nous dînons sur la table du jardin d’une tomate, d’un yaourt grec et de nèfles.

 

La Maison Nucingen – Honoré de Balzac

LECTURE COMMUNE BALZAC

Ce court roman emprunte le même procédé littéraire que pour l‘Auberge Rouge. Au lieu d’un conte raconté au cours d’un repas, il s’agit de confidences entendues par hasard derrière la cloison fine d’un cabinet particulier dans un restaurant. Quatre convives,Bixiou, Finot, Blondet et Couture,  journalistes à la mode, échangent des potins et médisent des absents. Bixiou se vante de connaître l’origine de la fortune de Rastignac. 

Balzac

La soirée se passera à conter comment se font (et se défont) les fortunes, les alliances, comment la banque de Nucingen, avec des faillites bien menées a fait la fortune de Nucingen et celle de Rastignac.

« Aussi, ceux à qui le monde est connu, les observateurs, les gens comme il faut, les hommes bien gantés et bien cravatés, qui ne rougissent pas d’épouser une femme pour sa fortune, proclament-ils comme indispensable une complète scission des intérêts et des sentiments. Les autres sont des fous qui aiment, qui se croient seuls dans le monde avec leur maîtresse! Pour eux, les millions sont de la boue ; le gant, le camélia porté par l’idole vaut des millions »

On verra comment Nucingen a fait fructifier ses affaires au fil de l’histoire

« D’abord Nucingen a osé dire qu’il n’y a que des apparences d’honnête homme ; puis, pour le bine connaître, il faut être dans les affaires. Chez lui, la banque est un très-petit département : il y a les fourniture, du gouvernement, les vins les laines, les indigos, enfin tout ce qui donne matière à un gain quelconque… »

Cette longue conversation, un monologue, presque, va détailler les alliances, les faillites, les manœuvres pour caser des filles à marier, pour épouser des espérances (d’argent). Puis, comment persuader les naïfs à gagner des intérêts dans une pyramide et enfin comment mener une faillite pour s’enrichir….Toute cette dissertation autour des affaires parfois douteuses, du capitalisme débridé, des spéculations….pourrait être lassante à la longue. Nos causeurs ont de l’esprit, jouent avec les mots et nous jubilons. D’autres professions que les banquiers tombent sous les critiques acerbes de nos quatre compagnons.

-A Paris, dit Blondet, l’avoué n’a que deux nuances : il y a l’avoué, honnête homme qui demeure dans les termes de la loi, pousse les procès, ne court pas les affaires, ne néglige rien, conseille ses clients avec loyauté, les fait transiger sur les points douteux, un Derville enfin. Puis il y a l’avoué famélique à qui tout est bon pourvu que les frais soient assurés ; qui ferait battre, non pas des montagnes, il les vend, mais les planètes….

Tous les travers de la société passent à la moulinette (mais avec de l’esprit)

C’était n 1801, à laPaix d’Amiens, et nous somme en 1823, papa Werbrust. Dans ce temps là, on ossianisait tout, il a nommé sa fille Malvina. Six ans après, sous l’empire il y a eu pendant quelque temps une fureur pour les choses chevaleresques, c’était Partant pour la Syrie, un tas de bêtises. Il a nommé sa seconde fille Isaure, elle a dix-sept ans. Voilà deux filles à marier

A la suite de la visite de Paris Romantique au Petit Palais, je me régale de toutes ces saillies et cette lecture m’amuse. Il ne se passe rien dans ce récit, en dehors des ragots et confidences. Balzac n’a même pas pris la peine de planter le décor ou de donner le menu. Seuls quelques « bruits de pieds » marqueront l’entré ou la sortie des dîneurs. Mais nous avons assisté à un cours d’économie appliqué et une pittoresque leçon d’histoire contée avec gourmandise.

….Je vous fais l’honneur de vous traiter en gourmets, je vous distille mon histoire[…] Voulez vous que je vous fasse un récit qui aille comme un boulet de canon, un rapport de général en chef?

Adieu le blog LeMonde.fr, Bonjour WordPress!

Siwa : mon ancienne banderole du blogLeMonde
Siwa : la banderole de mon ancien blog;

Le 8 juin 2010, j’écrivais »bonjour le Monde, Adieu Voix-Nomades, ! » me voici 9 ans plus tard avec le même sujet. Presque.

J’ai pleuré quand Voix-Nomades a fermé.  C’était une petite communauté, de la  chaleur humaine, de l’amitié. Beaucoup plus qu’une plateforme de blogs.

J’ai  abusé de la notoriété du Monde à l’étranger quand je parlais de mon blog.leMonde.  Le journal était connu. Y faire référence m’a valu un bon accueil dans certains hôtels. Et puis, il y a eu ce jour où le spectacle du Club Pobé sur le blog de Chantal Serrière  a fait la une du Monde.fr, et j’en ai été si fière. Il y a eu aussi, des bogues à répétitions,  et à la suite, de nombreux blogueurs (euses) ont quitté Le Monde pour d’autres plateformes.

Quand j’ai reçu fin  mars 2019, un mail du Monde m’annonçant la fermeture de mon blog je l’ai mal pris. Mon blog, c’est la mémoire de près de 20 ans de voyages et de lectures. Allais-je perdre la mémoire? J’ai commencé à tout sauvegarder et tout copier (plus de 6000 articles et tant de photos). Ce travail gigantesque  aurait pu engloutir des semaines à copier/coller. J’ai essayé d’autres blogs, fait des expériences, des présentation, des banderoles, des slogans.  J’ai ouvert trois blogs sur Blogspot que je maîtrise à peu près.

Enfin, début avril est arrivé le mode d’emploi de la migration sur WordPress : les blogs le Monde étaient déjà sur WordPress. J’ai imprimé les directives et conseils. En deux heures, tout mon blog avait migré. J’ai tout retrouvé! J’ai peut être perdu l’occasion de rafraîchir mes écrits, de revivre des souvenirs….mais j’ai retrouvé les commentaires au fil du blogs, certains d’amis disparus, si précieux. Tableau de bord analogue, mêmes widgets, même présentation.  Seule la banderole a changé, je n’ai pas retrouvé l’ancienne vue de Siwa au coucher du soleil que j’aurais bien gardée.

Depuis près de deux mois, je blogue avec bonheur sur WordPress. J’ai surtout apprécié les statistiques beaucoup plus détaillées que précédemment et le Lecteur qui met en relation avec d’autres blogs analogues. Sur le Monde je connaissais uniquement le nombres de visites par jour (de 400 à 600) sans savoir quel article, quelle photo avait retenu le visiteur. Avec WordPress le nombre de visites a beaucoup diminué mais je connais l’article lu et l’origine des lecteurs. J’en ai été très étonnée.

Comment aurais-je pu deviner que les articles les plus consultés seraient les  livres d’auteurs africains et les lecteurs venant du Sénégal, du Mali parfois de Guinée ou du Niger? Ils ne me laissent pas de commentaires; peut être sont-ils des écoliers qui n’ont pas terminé le livres et qui ont une fiche de lecture à rendre au lycée pour le lendemain et espèrent trouver le travail tout fait (j’ai fait cette expérience sur Babélio). Comment les best-sellers sont le Sentier de Gonone à Cala luna (Sardaigne) ou le marché de Marsaxlokk (Malte)? Une promenade dans Hué  remporte aussi du succès. Si j’avais sélectionné pour un nouveau blog mes carnets de voyages j’aurais peut être laissé tombé ces billets? Ne pas me gargariser avec les chiffres, sur Voix Nomades où je connaissais le mot-clé conduisant à mon blog, j’avais trouvé que « cacher un compteur à gaz » avait emmené un internaute sur mon article de Siwa : à l’hôtel les conditionneurs d’air étaient cachés dans des cages de palmier tout à fait esthétiques et pratiques!

Le Lecteur m’a mis en relation avec plusieurs blogs de voyages,de visites d’exposition et je suis ravie de ces nouveaux contacts.

Mais surtout! je n’ai pas perdu la mémoire! Je blogue pour noter, observer, exercer mon regard, analyser mes lectures. Mais je tiens les notes disponibles n’importe où et n’importe quand pour m’y référer. Combien de fois y suis-je revenue pour trouver un titre de livre, le nom d’un village qui m’échappaient totalement et ne voulaient pas revenir. En vieillissant, on oublie!

 

Paris Romantique au Petit Palais

Exposition temporaire : 22 mai – 15 septembre 2019

1815 Passage des souverains Porte Saint Denis

PARIS ROMANTIQUE 1815 – 1848

L’exposition est une déambulation dans le Paris des années 1815 (Cent Jours) jusqu’à la Révolution de 1848. Quelques dates balisent notre parcours

  • 1819 Géricault Radeau de la Méduse,  Ingres : Grande Odalisque
  • 1822 Delacroix Barque de Dante
  • 1824 mort de Byron, Delacroix Massacre de Scio, 
  • 1830 Hernani, Symphonie Fantastique
  • 1931 La Liberté guidant le peuple  et Notre Dame de Paris

Nous ne verrons pas ces tableaux célébrissimes  qui sont pour la plupart au Louvre.

Une carte de Paris présente les étapes de notre promenade dans Paris qui commencera aux Tuileries dans les ors royaux, passera par les Galeries du Palais Royal, le Louvre, Notre Dame, la Bastille puis le Quartier Latin, la Chaussée d’Antin, la Nouvelle Athènes, les Grands Boulevards.

A chacune de ces étapes une salle est décorée, meublée et présenteles tableaux et objets traduisant l’esprit des lieux.

La Duchesse du Berry

Au Palais des Tuileries seront présentés les membres de la famille royale dans un décor royal –  très surchargé –  de meubles de marqueterie, de vaisselle d’or et de pierres précieuses, de lourds candélabres. Les broderies des robes de cour aux motifs d’or ou d’argent sont aussi précieuses  que le reste de la décoration. On fait aussi connaissance avec des personnalités sympathiques comme la duchesse de Berry,  Marie d’Orléans, artiste, élève d’Ary Scheffer. Dominante de rouge et ors, ce n’est pas la salle que j’ai préféré.

Palais royal scène de café

Le Palais Royal, était selon le cartel de présentation, l’épicentre de la vie parisienne. Une grande fresque murale presque à l’échelle humaine, deux belles maquettes nous familiarisent avec les lieux. Les vitrines des boutiques sont reproduites et occasion de présenter tout ce qu’on imagine être les Articles de Paris . On pouvait trouver des souliers d’une grande finesse, des bottines en satin (de très petite taille, les élégantes ressemblaient-elles aux Chinoises aux pieds bandés?), des éventails précieux en ivoire ajouré ou peints, incrustés…, sacs et bourses de formes extravagantes, pour les hommes, des cannes, véritables armes de défense, et même les bretelles de Balzac.

Balzac

Bronzes et pendules, coffres à ouvrages et même des fontaines de parfum. J’ai beaucoup aimé cette section évoquant la vie quotidienne et illustrant les nouvelles de Balzac que, justement je suis en train de lire. Le Palais Royal avait aussi une réputation sulfureuse avec les tripots des joueurs et le racolage.

Promenade de Julie et Saint Preux sur le lac de Genève

La 3ème salle représente Le Louvre. Mon regard est attiré tout d’abord par le très grand tableau de Delacroix : Le Christ au Jardin des Oliviers, trop grandiloquent pour mon goût ainsi que des Saints aux visages trop éthérés de Ary Scheffer. Je préfère m’intéresser à des tableaux de plus petite taille  de peintres aux noms oubliés (inconnus de moi) Bouihot, Debia, Roquelin…

Passage de Portes-de-Fer

La promenade en barque de Julie et de Saint Preux sur le Lac de Genève peinte par Le Comte de Crespy est une très belle surprise, et illustre l’idée que je me fais du Romantisme. Exotiques, les Portes-de-Fer (1839)illustrant la conquête de l’Algérie. Exotique aussi ce Souvenir de Voyage de Dumas à Cadix (1846) peint par Giraud. Orientaliste, Delacroix avec ces admirables Convulsionnaires de Tanger.

Delacroix : convulsionnaires de Tanger

Une salle nous emmène dans la Notre Dame de Paris, celle de Victor Hugo  (sans la flèche) avant la restauration de Violet le Duc. Pendule dorée de la cathédrale. Mais surtout des scènes du roman : Esméralda avec sa petite chèvre de Steuben et les Scènes de Notre Dame de Paris.

Daumier : Portraits-charges

Dans la Salle 5 on évoque le Paris de la Révolution de 1830 qui fut aussi celui de la Bataille d’Hernani illustrée par de nombreuses caricatures et celle de la Symphonie Fantastique. A propos de caricatures, je découvre les Portraits-charges, petites sculptures en terre-cuite peintes ou non

Le Quartier Latin met en scène le personnage de la Grisette(Mimi de la Vie de Bohème). Les Boites à marmottes étaient exhibées par les petits savoyards qui montaient à Paris faire les ramoneurs. Les étudiants furent les sujets des gravures de Gavarni : sur l’une d’elle une femme fait une mise en plis « Combien m’en mets-tu de papillotes? »

Erection de l’Obelisque Dantan

La Nouvelle Athènes réunit des artistes . Au centre on a mis à l’honneur un piano Pleyel comme celui de Chopin. Un fond musical accompagne la visite. On voit encore des portrait à charge de Dantan. Liszt est caché par ses longs cheveux. Une petite aquarelle montre George Sand et Liszt.

George Sand et Liszt

Les Grands Boulevards réunissent Théâtre et opéra; On y présente des décors des pièces romantiques, des costumes de scènes et encore des caricatures de Daumier, des Portraits-charges de Dantan; Dantan ne se limite pas à la caricature, il a aussi exécuté des bustes des musiciens : Meyerbeer, Bellini, Donizetti et Verdi. Les grands actrices et chanteuses La Malibran, Giulia Grisi, Rachel sont aussi présentes peintes sur de grands portraits.

L’exposition se ferme sur la Révolution de 1848 le bureau de Louis Philippe porte les cicatrices d’ouverture par les Révolutionnaires.

Cette exposition est très agréable par sa variété, plutôt que de mettre en évidence des chefs d’oeuvre de peinture ou de sculpture, elle a pu évoquer la vie quotidienne avec objets, musique, théâtre…

De Bièvres au Potager du Roi, en montant sur le Plateau de Saclay avec le Voyage Métropolitain

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Le plateau de Saclay : grandes cultures céréalières sous la surveillancedu CEA et du Centre d’Expérimentation de l’Armement

Le Voyage commence à la Gare de Bièvres (RER C). Quelques mètres plus loin coule la rivière, à l’ombre mais enserrée entre les propriétés, on passe un pont puis deux avant de grimper à flanc de coteau  bordée belles maisons. A un coin un magnifique pavillon de meulière dans un jardin : c’est la Poste.

La Bièvre à Bièvres

Un peu plus loin, les étals de la Foire de la Photographie : marchands et collectionneurs proposent sur leurs étals des appareils anciens ou simplement d’occasion, simple appareil-photo, caméras ou projecteurs, certains en bois vernis, d’autres vendent des photos anciennes, et des cartes postales. Nous n’avons pas le temps de nous attarder. Bièvres possède un Musée de la photographie, occasion d’y retourner ?

La 56ème Foire de la Photographie de Bièvres

Après avoir retraversé la rivière en empruntant le GR11, nous montons une côte raide sur une route jusqu’au Val d’Alban où nous faisons la  pause à l’ombre d’un petit bois(il fait déjà très chaud par cette journée radieuse de Juin). Jens nous fait la lecture d’un ouvrage A TRAVERS CHAMPS ET VILLES, REGARDS SUR LES NATURES CULTIVEES D’ÎLE DE France (INRA) et nous parle de la Fraise, culture qui faisait la réputation de la vallée de la Bièvre dès le 17ème siècle. Verrière la Buisson, non loin d’ici était une pépinière pour les plants de fraisiers qui étaient également cultivés dans les vallées de l’Yvette et de l’Orge. Alors, de nombreuses communes de la Région Parisiennes étaient réputées pour les cultures maraîchères et fruitières. Le RER C qui passe à Bièvres et Jouy-en-Josas faisait partie de la Grande Ceinture ferroviaire de Paris construite de 1877 à 1885 utilisée pour le transport des voyageurs, du fret et également à vocation militaire. Ce chemin de fer pouvait acheminer les fraises à Paris. Notons que l’extension du rail a entraîné ultérieurement une spécialisation au niveau national des cultures et une raréfaction variétale. Ces variétés d’Île de France tombent en désuétude maintenant.

D’Agriculture, il sera question pendant ce Voyage Métropolitain pendant la traversée du Plateau de Saclay recouvert d’un limon éolien très fertile et actuellement cultivé principalement en grandes cultures de céréales. Il n’en a pas toujours été ainsi : une couche d’argile sous le limon, imperméable, retenait l’eau stagnante et un marécage occupait jusqu’au 17ème siècle le plateau. C’est le drainage en rigoles aboutissant à l’aqueduc de Buc qui a fait disparaître le marécage et transformé le paysage en un paysage de cultures. Encore une fois, le Voyage Métropolitain a invité un spécialiste : Roland Vidal, professeur à l’Ecole du Paysage de Versailles qui nous fait une petite conférence illustrée d’une carte du relief, et d’une coupe géologique. On comprend que le Bassin Parisien a relief plat est creusé par les cours d’eau de profondeur variable.

Le drainage au temps de Louis XIV répondait à un double but : pour la Cour, il contribuait à l’alimentation des bassins et jeux d’eau glorifiant le prestige du Roi-Soleil, il était aussi utile pour le Peuple en créant des terres à blé très productives. Jusqu’à aujourd’hui, on n’a pas besoin d’irriguer les champs de Saclay même le maïs. Le roi a confié la culture à de très grands fermes de plusieurs centaines d’hectares. Le drainage mettait en œuvre des « rigoles », tuyauterie en poterie souterraine dont on a perdu la cartographie du réseau. Il arrive, quand on construit une route qu’on abime un de ces conduit souterrain et les champs, privés de drainage se retrouvent inondés.

Les étangs de Saclay - Photo prise de la digue

Les eaux sont retenues dans deux étangs artificiels jumeaux séparés par une digue. L’un d’eux est une réserve ornithologique où nous avons admiré deux beaux hérons et de nombreuses bernaches. L’autre rassemble des eaux utilisées par les Centres d’Essai de l’Armement et le CEA ne sont peut-être pas de même qualité. Dans l’un d’eux, nous avons observé un curieux phénomène de poissons énormes tournant sur eux-mêmes en remuant la vase, leurs nageoires émergeant en un ballet infernal. Ce sont peut-être des carpes, certaines très grosses nageaient tranquillement près de la digue.

Pique-nique dans la paille

Un hangar rempli de bottes de paille nous a offert une confortable salle à manger odorante et fraîche pour notre pique-nique. Une animatrice de l’Association Terre&Cité est intervenue sur le thème de la préservation des terres agricoles sur le Plateau de Saclay menacé par l’urbanisation et la bétonisation des terres.  Alors que la construction de lotissements mite toute l’Île de France, le Plateau de Saclay conserve encore 15 exploitations agricoles menacées. La préservation de cet espace agricole est une sorte de « cadeau » du CEA installé sur le Plateau au temps de De Gaulle du Centre d’Expérimentation de l’Armement (terrain militaire). Ces deux organismes ont fait peur aux riverains, effrayés par le Nucléaire (CEA) et par les nuisances sonores de l’Expérimentation des Armes. Personne n’avait envie de les avoir pour voisins….Cependant, l’installation de Grandes Ecoles dont HEC tout proche à Jouy-en-Josas, Polytechnique à Palaiseau, et du campus universitaire Paris-Sud à Orsay valorise la région. La pression foncière est donc redoutable ! Dès les années 2000, les agriculteurs se sont posé la question de leur existence en tant qu’agriculteurs et se sont regroupés pour demander un audit Patrimonial. A la suite de la concertation avec les différents acteurs locaux il a été créé une Zone de Protection Naturelle Agricole et Forestière avec la sanctuarisation de 2400 ha agricoles. Depuis 2015, l’Association Terre et Cités est aussi partie prenante d’un projet européen dans le Programme LEADER(Liaison Entre les Actions de Développement de l’Economie Rurale). Comme sur le Plateau de Saclay, de nombreux chercheurs (INRA, Université Paris-Sud, Polytechnique) sont partie prenante de recherche appliquée, de nombreux partenariat ont pu se mettre en place.  De la part des agriculteurs, depuis les années 80 de nombreux efforts de diversification, de circuits courts, de vente directe, de passage à l’agriculture biologique, méthanisation…ont été entrepris. Le Plateau de Saclay se trouve comme une sorte de laboratoire d’une agriculture innovante, seule garante du maintien rural de ce territoire convoité. Des contacts ont été pris avec la Silicon Valley en Californie où la problématique est analogue.

Cette intervention est complémentaire de celle de ce matin. Mais le problème demeure entier tant que le rêve des habitants est de posséder un pavillon avec un jardin ! L’urbanisation sort même du cadre de l’Île de France.

Pause dans la Cueillette de la Ferme de Viltain où la diversification s’est étendue à l’élevage, à l’arboriculture(pour la cueillette) et l’horticulture (idem). Ce week-end de l’Ascension, se tient une sorte de marché fermier où des producteurs des régions de France vienne proposer vin, charcuterie, miel….à des acheteurs très nombreux.

Les arcades de l’aqueduc de Buc

Nous descendons dans la vallée de la Bièvre par un sentier ombragé. La descente nous paraît interminable. Renseignement pris, il y a 100 m de dénivelée entre le plateau culminant à 168 m et la vallée autour de 60 m. Et il faudra remonter pour rejoindre Versailles ! Le sentier suit le tracé du GR dans une belle forêt entre Jouy-en-Josas et Buc où nous passons sous les arcades de l’aqueduc de Buc (encore fonctionnel). Encore une petite montée dans la forêt et nous arrivons à la ligne de Chemin de fer et Versailles Chantiers.

Versailles : une place tranquille

Comme il y a quinze jours, on nous fait le meilleur accueil au Potager du Roi. Le debriefing se fait assis sur des bottes de paille. Décidément la paille est le dénominateur commun de la journée ! Nous concluons la rencontre sur une citation de Maspéro dans les Passagers du Roissy Express que je me promets de lire dès notre retour.

Potager du Roi

 

 

Autour de Nocé : deux manoirs et deux églises remarquables

BALADES PERCHERONNES

Manoir de Courboyer

A 2km  du village de  Nocé, le Manoir de Courboyer héberge la Maison du Parc Régional du Perche où on peut trouver une documentation abondante (Guide du Routard et diverses brochures sur les animations et boutiques des environs) ainsi que les tickets d’entrée pour la visite du Manoir, très élégant et charmant. Un joli jardin des simples, un étang et des jeux pour enfants élégants d’osier tressé. Amusante « chapelle » verte en charmilles (c’est peut être du hêtre) taillé à l’emplacement de la chapelle ancienne. 

Le manoir se visite, j’y ai vu de belles expositions comme celle de photos de trognes (saules taillés). Mais aujourd’hui nous n’avons pas le temps.

De Nocé, part le Circuit de la route des Manoirs du Perche (87 km )

Eglise de Nocé

L’église est composite avec une nef sous un magnifique plafond de bois comme la coque d’un navire, des bancs d’églises anciens et une nef gothique un peu ennuyeuse. Le clocher est une tour carrée (16ème siècle)de beau calcaire blanc sculptée au dessus d’une porte Renaissance.

A côté de l’église l’Atelier de Nocé estoccupé par une des nombreuses installations contemporaines du Chemin  des Impossibles. Le Chemin des Impossibles se définit comme un Parcours Art et Patrimoine en Perche du 27.04 au 02/06/2019. C’est précisément cette manifestation qui a été le déclencheur de notre sortie à Nocé. Dix lieux autour de Nocé sont investis par des plasticiens pour des installations contemporaines. Comme j’ l’écris souvent, je fais beaucoup d’efforts pour apprécier l’Art Contemporain. Le plaisir est parfois au rendez-vous. A l’atelier Samuel Lebon expose une sorte de roman-photo de style Bukowski, photos et textes poétiques. Il faudrait prendre le temps de lire les textes dans l’ordre et apprécier les photos.

L’Ormarin

Toujours sur le parcours du Chemin des Impossibles : le Manoir de L’Ormarinouvert en fin de semaine, joli château du 16ème siècle qui est aussi un magasin d’antiquités et qui accueille les touristes dans des Chambres d’Hôtes. Téo Bétin expose des objets un peu étranges sur le thème de l’Afrique (où il a vécu) et de la récup. Curieuses « chaises » en bois brut tellement hautes et fragiles que personne n’aurait l’idée de s’y percher, objets détournés, parfaitement inadéquats, au milieu de la pièce une sorte d’armoire sur brancard faisant penser à une chaise à porteurs ou à un confessionnal… pour l’art contemporain je fais des efforts (refrain). 

Téo Bétin

Tout proches, les église de Colonard-Corubert de Courthioust et de Saint Aubin des Grois sont aussi sur le parcours du Chemin des Impossibles mais nous les avons trouvées fermées pendant notre repérage en semaine. 

Saint Cyr la Rosière

Nous rentrons par le village très tranquille de Saint-Cyr-la-Rosière où nous faisons halte pour admirer la curieuse église avec son clocher pointu couvert d’ardoises très original, son porche roman simple et charmant, son rosier grimpant qui fleurit le côté. Une  église-jumelle se trouve à La Chapelle-du-Bois, même clocher d’ardoises, porche roman. Si on contourne l’église on a belle vue sur les collines du Perche avec la silhouette du Prieuré de Sainte Gauburge. Dans l’ancienne école Après l’Ecole est un bar-restaurant-épicerie où l’on peut prendre un verre à l’intérieur ou à l’extérieur manger tartines ou soupes. On peut même trouver des pépites : livres d’occasion, acheter confitures et vins originaux. 

Deux églises, deux manoirs ont suffi pour l’après midi. Nous reviendrons, ce n’est pas loin!