Athénée Palace – Rosie Waldeck

LIRE POUR LA ROUMANIE

Lu à la suite dEugénia de Lionel Duroy , ce livre répond à la critique de Keisha qui « n’aime pas les trucs romancés« : Athénée Palace est un reportage paru en 1942 à la suite du séjour de Rosie Waldeck correspondante pour Newsweek. C’est le témoignage direct d’une journaliste américaine qui a séjourné à Bucarest du 14 juin 1940 à la fin janvier 1941 et qui a rencontré  la plupart des protagonistes.  Les événements  relatés chronologiquement, mais aussi classé par thèmes dans des chapitres courts. La lecture est ainsi facilitée bien que cette histoire soit disséquée avec un luxe de détails. 

Rosie Waldeck est le témoin idéal –  de nationalité américaine alors que les Etats Unis sont encore neutres, les Français et les Britanniques seront contraints à quitter la Roumanie qui passe progressivement sous contrôle. allemand. Née en Allemagne en 1898, de langue Allemande elle maîtrise la langue et tous les codes germaniques.  En tant que Juive allemande, elle est très lucide sur la montée des Nazis. Esprit libre, elle n’hésite pas à choquer les intellectuels libéraux qui ne prennent pas Hitler au sérieux.

« Au cours de l’été 1940[….]A l’Athénée Palace et uniquement là, dans le décor élégant des grands hôtels européens, les personnages de l’Europe d’après guerre et ceux du Nouvel Ordre se partageaient l’affiche, avec dans les deux cas, une distribution de premier ordre, et la pièce elle-même était pleine de suspense.

Voici l’intrigue. Une Roumanie neutre, petit pays, mais riche en céréales, et le cinquième producteur de pétrole mondial, s’efforce de conserver son indépendance.

L’Athenée Palace  offre à la journaliste  un  poste d’observation privilégié : au coeur de la capitale roumaine. Tout ce qui compte à Bucarest s’y rencontre. Intellectuels, princes, les Excellences, diplomates  ou politiques se retrouvent dans ses salons, viennent y dîner. Demi-mondaines et espionnes promènent leurs visons ou leurs toilettes parisiennes. A son arrivée, Rosie Waldeck découvre une Roumanie francophile catastrophée par l’entrée des Allemands dans Paris le jour-même. Au fil de l’été, les Allemands tissent leur toile. Tout d’abord séducteurs, ils cherchent à rassurer l’intelligentsia et le Roi par une ouverture intellectuelle assez étrange. Puis ils envoient des hommes d’affaires pour s’assurer du pétrole roumain et des céréales.

Depuis longtemps,  la Garde de fer, nationaliste et antisémite,  cherche à imposer par la terreur un régime fasciste. Leur conquête du pouvoir est contrée par d’autres forces politiques, le Roi Carol,sa maîtresse juive Lupescu et  sa camarilla, les différents chefs de gouvernements et l’armée avec le Général Antonescu jouent leur partition. Les rivalités sont sanglantes et compliquées avec des retournements d’alliances. Les Gardes de fer singent les nazis mais ne sont pas nécessairement les alliés des nazis qui préfèrent un régime stable qui leur garantirait pétrole et céréales.

C’est l’entrée en Bessarabie de la Russie (malgré le pacte Ribbentrop- Molotov) et la perte de la Transylvanie revendiquée par la Hongrie qui précipite l’occupation allemande. La Grande Roumanie se trouve dépecée. Certains Roumains voient dans les Allemands des protecteurs contre leurs rivaux proche Russes-Hongrois et Bulgares. La royauté vacille, jusqu’à l’abdication de Carol le 3 septembre. Antonescu, ne sera pas le De Gaulle roumain, qu contraire, il ira se jeter dans les bras d’Hitler qui lui fait plus confiance qu’à la Garde de fer.

Le 13 octobre 1940, la mission allemande tant attendue débarque à Bucarest. La Roumanie est occupée sans aucune résistance. Rosie Waldeck, comme Malaparte dans le roman Eugenia de Lionel Duroi, n’hésite pas à fréquenter les plus grands dignitaires, un général allemand,  comme le Hohe Tier pour les besoins de son reportage. Elle ne cache d’ailleurs pas ses origines juives, dans la haute hierarchie nazie, on est au dessus de ces contingences.

L’automne à Bucarest sera violent avec des luttes intestines, des nuits-des-long-couteaux, des funérailles spectaculaires,

Avant la fin novembre, les Roumains pouvaient dire : « les sept plaies se sont abattues sur nous : les Hongrois, les Russes, les Bulgares, Lupescu, le régime gardiste, la mission militaire allemande, et le tremblement de terre. »

L’Ordre Germanique tarde à s’installer sur l’Europe de l’Est et sur la Roumanie en particulier. L’auteur analyse avec lucidité la raison des atermoiements allemands et l’égoïsme nationaliste roumain des Gardistes. Elle définit avec clarté ce qu’est le totalitarisme. Le traitement des réfugiés allemands de Bessarabie montre le caractère racial de cet Ordre germanique.

Atroce conclusion à son séjour : le pogrom de Bucarest et la terreur sanguinaire que font règner les Gardistes au cours de janvier 1941.

Grâce à cet ouvrage très détaillé et très clair  je commence à mieux me repérer  dans cette période troublée. La lucidité de Rosie Waldeck est prémonitoire : alors que le livre est sorti en 1942, on croit deviner la résistance des Anglais et Stalingrad. L’Ordre Germanique ne s’est pas installé parce que tout simplement la guerre n’est pas gagnée par Hitler.

 

Rendez-vous à Positano – Goliarda Sapienza

LIRE POUR L’ITALIE

 

 

De Goliarda Sapienza, j’ai lu il y a quelques temps L’Art de la Joiegros pavé génial,mais parfois indigeste (835 pages), roman-fleuve retraçant la vie d’une femme très libre, très belle, féministe, se déroulant en Sicile pendant un bon demi-siècle.

Le Rendez-vous à Positano est de moindre envergure(220 pages). Des chapitres courts, de nombreux dialogues, il se lit vite et facilement.

Unité de lieu ou presque, l’action se déroule au début des années 50, quand le petit village de Positano vivait à l’écart du tourisme de masse, paradis préservé.

Amitié entre deux femmes, Goliarda qui a gardé son nom dans le récit et fait allusion à son compagnon Francesco Maselli, le cinéaste et une princesse, Erica,dont le prénom est-il imaginaire, cette princesse a-t-elle existé? Les villageois de Positano jouent le rôle de personnages secondaires, bien présents, pittoresques et bien campés dans le récit.

L’intrigue démarre doucement, Goliarda est fascinée par Erica et par sa maison merveilleuse. Nous vivons à leur rythme, de baignades dans des criques désertes qu’on n’atteint qu’en barque aux siestes dans la maison fraîche et ravissante, et aux repas exquis que confectionne Nunziatina. pause à la pâtisserie de Giacomino….Le piano de Kempff.

« Le matin suivant, obéissant à son commandement attrayant comme on obéit à une déesse, essayant de sourire de mon côté enfant toujours affamé de fables, je tire d’abord les lourds rideaux sombres, puis les seconds de mousseline légère à peine dorés par le soleil naissant. La porte-fenêtre aux vitres transparentes s’ouvre toute grande sur une terrasse recouverte de fleurs rouges tombées d’un bougainvillier. Mes pieds nus glissent sur le pavement de terre cuite, heureux. Moi non plus je ne porterai plus de chaussures, me dis-je avec conviction, au prix d’avoir l’air d’une snob positanienne comme elle.

pourquoi ai-je tant attendu pour prendre cette décision? La faute au réalisme socialiste, insiste mon esprit qui, malgré la joie qui m’envahit tout entière devant cette carte postale patinée de ciel et de mer, continue à mortifier mes sens ankylosés par l’idéologie. Des brodequins de fer compriment mon imagination, ou seraient-ce les bandes de toile dure dont on se servait pour les pieds des Chinoises. Je les déchirerai en mille morceaux; au prix d’être banale, comme cet hymne à la vie qui vole de la hauteur de Praiaono, la première à recevoir le baiser du soleil, à ma gauche , à Punta Campanella…. »

 

Amitié passionnelle, Amitié ou amour? Goliarda est fascinée par la Princesse, si belle, si libre, si noble, si riche…aussi. Cela commence comme un roman à l’eau de rose, ou un roman-photo sur papier glacé, jet-set au soleil.

Soudain, l’histoire prend une autre tournure. Longue confession. Promesse de confiance totale, de fidélité. La belle princesse cache de lourds secrets dont Goliarda devient la seule détentrice. La Princesse n’a pas toujours été solitaire, elles étaient trois soeurs, elle a été mariée….Une tragédie se dessine.

3L’amitié entre les deux femmes s’égrène sur de longues années au fil d’autres rendez-vous à Positano. Fidèle, Goliarda y rejoint sa princesse. Positano se modernise, les touristes arrivent. Le divin équilibre vacille. Combien de temps Positano restera-t-il préservé? D’autres personnages s’immiscent dans le tête-à-tête : Olivia, la soeur d’Erica, Ricardo, l’ancien amoureux retrouvé……

Même si Erica est un peu « trop », trop belle, trop riche, trop intelligente. Même si Goliarda fascinée ma laisse sur ma curiosité. J’aurais aimé la voir vivre à Rome et sur les plateaux de cinéma, rencontrer Maselli et Visconti. Sentir sa personnalité se déployer.

Malgré tout ce roman est un coup de cœur.

Le Christ s’est arrêté à Eboli – Carlo Levi

LIRE POUR L’ITALIE

Carlo Levi  fut confiné pour antifascisme de 1935  à 1936, en résidence surveillée à Gagliano petit village de Lucanie , non loin de Matera. Le Christ s’est arrêté à Eboli est la chronique de cette année de relégation.

Carlo Levi, originaire de Turin, est médecin mais n’exerce pas, il  peint.

Il est accueilli avec beaucoup d’intérêt par les habitants du village perdu, tellement abandonnés qu’ils disent que le Christ s’est arrêté à Eboli et qu’ils ne sont pas même chrétiens. Les seigneurs galantuomini ou plutôt les notables, médecins, pharmaciens, instituteurs le considèrent  un homme fréquentable, un sujet de distraction à leurs ragots et leurs mesquineries. Le podestat se réjouit d’exercer sur lui son autorité et faire régner l’ordre fasciste. Les paysans font d’abord appel au médecin qui les soulagera peut être de leurs maux et de la malaria qui sévit. Il gagnera leur sympathie ainsi que celle des enfants.

Au fil des saison, Carlo Levi dresse une galerie de portraits avec un regard bienveillant même pour les personnages les plus noirs. Le livre réunit une mosaïque d’anecdotes pittoresques(l’œil du peintre) décrivant avec acuité les détails de la vie quotidienne. Dans ce pays délaissé par le Christ la superstition et la sorcellerie enchantent le récit. Giulia, sa servante l’introduit dans sa connaissance des  philtres d’amour, lycanthropes, interventions de la Vierge au visage noir, gnomes monachicchii….

Comme j’ai aimé la scène des ouvriers agricoles torturés par un monachcchio dans une grotte où ils tentaient de faire la sieste au frais et contraints de dormir en plein soleil.

Quelle nuit de Noël burlesque avec le prêtre déchu honni par les notables, ignoré des paysans, on en rirait de bon cœur si les conséquences pour le curé, dénoncé à l’évêque et aux  autorités fascistes de Matéra, n’avaient été tragiques.

Carlo Levi ne se contente pas de narrer des épisodes amusants. Il analyse aussi les rapports sociaux, cherche des remèdes à la grande pauvreté et à la malaria. Il les situe aussi dans la perspective historique. Le temps des brigands  n’est pas loin. La méfiance vis à vis de l’Etat transcende tout ce que les politiques de droite comme de gauche peuvent imaginer comme intervention étatique. Rome est plus éloignée de Gagliano que New York où nombreux paysans sont allés tenter leur chance. La résignation et le fatalisme ne contiennent pas toujours la colère des cafoni.

Ce livre est un véritable coup de cœur. J’ai cherché un paragraphe de citation. Difficile choix : j’aurais tout recopié. C’était déjà une relecture, je sais que je le relirai! Cette fois-ci je le mets en perspective avec ma lecture récente de Tous sauf moi de Melandri qui met en scène cette période et la guerre africaine en Ethiopie. La première fois je n’avais pas saisi les allusions à cette expédition. C’est aussi, une préparation pour notre voyage dans le Basilicate d’ici quelques jours. J’espère trouver une petite place dans la valise pour ce mince livre de poche (302p)

 

de Louveciennes au Potager du Roi avec le Voyage Métropolitain

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Les Chevaux de Marly

Suivre le Voyage Métropolitain est très enrichissant. La compagnie de nombreux architectes, paysagistes, urbanistes apporte le regard très aigu des spécialistes, qui manque à la touriste lambda que je suis. Depuis que je suis leurs « voyages dans le Territoire du Grand Paris » je prête attention à de nombreux éléments du Paysage que je ne soupçonnais même pas autrefois. Le regard s’aiguise. Lire un paysage s’apprend aussi!

 

Le  travail en amont des organisateurs est essentiel : ils apportent textes et références bibliographiques et pour ce voyage, un livret-résumé très bien fait.

machine de Marly 1827

Des intervenants passionnants ont animé la visite. Merci à monsieur Bentz, l’archéologue de la machine de Marly,  à l' »homme des bois » animateur de l’ONF qui nous a accompagné dans son domaine ainsi qu’au Directeur de l’Ecole Nationale supérieure du paysage qui nous a ouvert le Potager du Roi!

Ce n’est pas le premier voyage dans ce territoire et pourtant les découvertes étaient au rendrez-vous!

Le thème du voyage : Frôler les Machines nous a conduit naturellement à la Machine de Marly, pompe géante destinée à élever l’eau de la Seine jusqu’aux réservoirs alimentant le Parc du Château de Versailles. Il est très impressionnant de considérer l’emprise du Château de Versailles sur le paysage de l’Ouest parisien sur un territoire beaucoup plus vaste que le Parc ou même le Grand Parc. En plus du caractère gigantesque du bâtis, de la statuaire, des jardins… il faut considérer l’ampleur de l’approvisionnement en eau de Versailles. La collecte s’étendait jusqu’à Saclay et même Trappes avec un système de drainage des  eaux de ruissellement avec rigoles, étangs et réservoirs .  Des aqueducs enterrés conduisaient l’eau ainsi que les aqueducs de Buc ou les Arches de Louveciennes. Le Paysage de la Région conservent encore de nombreuses traces de cette collecte destinée à alimenter les Grandes Eaux de Louis XIV . La Machine de Marly complétait le dispositif. Elle était actionnée par la force mécanique de Roues géantes dans le lit de la Seine à Bougival, puis par un système de pistons et de gros tubes de fonte dont certains sont encore visible. Notre conférencier, archéologue, envisage d’ici peu des plongées dans la Seine pour retrouver des vestiges éventuels immergés. Nous avons été captivés par ses explications.

En remontant, nous avons essayé de deviner le Château du Barry qui faut à l’origine construit par De Cotte pour De Ville, l’administrateur de la machine de Marly, puis offert par Louis XV à madame du Barry qui fit appel à Gabriel pour l’agrandir. Un pavillon de Musique est l’oeuvre de Ledoux.

Nombreuses propriétés sont cachée derrière les grands murs de pierre de Louveciennes, les randonneurs sont cantonnés à de méchants trottoirs étroits sur des rues en pente sans pouvoir les admirer.

Nous arrivons aux grilles du Parc de Marly et passons devant un Musée-Promenade très prometteur mais fermé actuellement pour restauration ( ré-ouverture prévue à l’automne 2019).

Au creux d’un vallon, se trouve le château disparu, à la croisée d’une perspective de deux axes. Vers le nord , on descendait aux bassins et aux grilles.  Là,  se trouvent les fameux Chevaux de Marly : originaux au Louvre dont on a fait 3 séries de copies (Concorde, Marly et pour M. Bouygues le mécène). Vers le sud,  la Cascade et dans le bassin rond jaillissait le Grand jet haut de 40 m alimenté par la Machine de Marly. Louis XIV recevait ses intimes à Marly. Le grand Château de Versailles hébergeait une foule de courtisans qui interdisait toute intimité. Au contraire, Marly était réservé aux privilégiés. Le petit château au plan carré a été pillé à la Révolution, il était délaissé du temps de Louis XV et déjà dégradé. Après avoir tenté de le vendre à Napoléon le propriétaire a vendu les pierres.

Les archéologues ont fouillé le site du château disparu et retracé son plan. Monsieur Bentz nous fait entrer tous (80 voyageurs) dans la salle centrale. Nous tenons à l’aise. Cette expérience nous fait imaginer le volume. Il nous décrit les autres pièces, les pavillons disparus qui s’alignaient sur l’axe. Quelques gravures d’époques suffisent à nous fait surgir les fastes du Roi-Soleil.

Du parc de Marly, nous gagnons un site interdit au public :  Le Trou d’Enfer où nous pouvons exceptionnellement accéder. Chasses Royales, puis Chasses impériales, depuis MacMahon, chasses Présidentielles (jusqu’en 1995) le site est clos. Un si vaste espace quasi désert est exceptionnel si près de Paris. En compagnie du Guide, Animateur de l’ONF, nous découvrons une forêt de magnifiques chênes. Des haies rapprochées, écartées de quelques mètres seulement, taillées à environ un mètre de haut, nous intriguent. Elles sont encore entretenues, témoins patrimoniaux d’une technique de chasse que je n’ai pas bien comprise. Bien que leur entretien soit une charge pour l’ONF on les taille encore pour conserver ce souvenir et aussi pour favoriser la biodiversité.

Trou d’Enfer : le Pont Tournant

Au milieu d’un fossé actuellement inondé mais autrefois gazonné, se trouve le pont tournant. Il a perdu son tablier, il ne reste qu’un pilier unique. Quand le Roi chassait, on faisait pivoter les planches pour son attelage. Après son passage les planches étaient parallèles au fossé; importuns et animaux ne pouvaient plus passer.

 

 

 

Une Ecole à la Campagne permet d’organiser des classes vertes et autres visites pour les enfants autour des thèmes de l’agriculture, de la biodiversité. Les animateurs de cette Ecole à la campagne encadrent diverses visites pour les adultes, ornithologie, ou naturalistes.

Une très belle ferme cultive en agriculture biologique de grandes cultures.

En passant, nous voyons des distributeurs à grains pour les faisans qu’on n’utilise plus depuis que les chasses présidentielles ont été abandonnées.

Tour de Chappe

La tour de Chappe a été restaurée, les panneaux de bois sont fonctionnels. C’est l’occasion d’une révision avec l’alphabet correspondant dans le livret. Cette invention en 1793 a été utilisée jusqu’en 1850, détrônée par les signaux électriques. Justement je viens de terminer Une ténébreuse Affaire de Balzac qui y fait allusion. Impressionnant, ce réseau de tours presque tous les 10/12 km sur les axes principaux de communication, ici de Paris à Brest. on pouvait aussi installer le dispositif sur un clocher d’église ou sur la tour d’un château.

Non loin de là, le Fort du Trou d’Enfer est beaucoup plus récent (1878), il fait partie de la deuxième  ligne de défense de Paris.  De nombreuses chmabrées (800 hommes) des réserves de munitions. En bon état, il est à vendre; Qui voudrait d’un fort?

Pique-nique au triangle de Roquencourt : une curiosité que cet échangeur (le premier) conçu dans les années 30, avec un monument (jamais construit) des arches de meulière, un escalier,  une plateforme accessible aux piétons curieux de visiter une autoroute, comme 30 ans plus tard on irait voir décoller les avions à Orly. Étonnant, de faire raconter une histoire à une installation aussi banale aujourd’hui, de s’interroger sur un futur où peut être l’existence des autoroutes n’ira plus de soi. Questionnement passionnant!

Je passe sur la visite de Parly 2, son centre commercial et sa copropriété aux noms évocateurs, d’Auteuil, Jasmin, Rivoli ou Orsay, oeuvre de Robert de Balkany.

La pluie tombe dru, nous sous abritons un instant au Temple Mormon du Chesnay, le plus grand de la Région Parisienne, monumental et luxueux avec un jardin des annexes. Il est déjà tard et nous ne pouvons pas nous attarder pour voir la maquette comme on nous le propose très gentiment.

Nous traversons le Parc de Versailles en entrant du côté de Trianon. A la pause Jens nous fait la lecture d’un ouvrage étonnant de Grégory Quenet : Versailles une histoire naturelle (ed. La Découverte) où l’on prend conscience de l’importance du gibier dans le Parc de Versailles et de l’étendue du massacre d’animaux (200.000 têtes pour Louis XIV uniquement) . Le grand Parc de Versailles qui n’existe plus maintenant était voué aux chasses et à la régénération du gibier. Les paysans cultivaient pour ces animaux sauvages qui se repaissaient des récoltes de blé alors qu’à paris le pain venait à manquer.

Une surprise nous attendait aux abords du Château : une sonnerie de cors de chasse et juste après le jaillissement des Grandes Eaux, en musique s’il vous plait! Après la visite de la machine de Marly cet intermède prend une valeur exceptionnelle.

Nous arrivons enfin au Potager du Roi, le directeur en personne nous accueille, présentant la Biennale du Paysage avec une exposition d’Alexandre Chemetoff : Le Goût du paysage, et différentes animations et ateliers tout au cours du mois à venir. J’ai déjà vu tant de choses pendant cette journée, nous avons tant marché que ma curiosité est émoussée. Je pense plus à m’asseoir sur les bottes de pailles et déguster le délicieux jus de pommes locales plutôt qu’à une exposition.

Après la pause nous flânons dans ce délicieux jardin abrité de grands murs, où des arbres vénérables taillés en espalier ou de façon savante font un premier plan à l’église toute proche et aux quartiers historiques de Versailles.

Une journée très bien remplie, et conviviale, comme d’habitude!

 

 

Retour à Vaux le Vicomte

PROMENADES EN ÎLE-DE-FRANCE

 

Par une belle matinée de mai!

Le temps est splendide, pourquoi ne pas retourner à Vaux-le-Vicomte nous

entraîner à faire des photos avec le nouvel appareil photo?

entouré d'eau

J’ai surtout regardé les meubles

 

 

 

pièce dédiée à LaFontaine
Table d’apparat

Au 17ème siècle, on apportait le repas sur des brancards dans la pièce où se tenaient les convives. A Vaux le Vicomte, une pièce faisait office de salle à manger d’apparat.

Très belle promenade ensoleillée, mais les broderies des buis ont disparu et des pelouses vertes remplacent les motifs. On a beau installer des panneaux d’aluminium pour faire un ruban de lumière, je préfère mes photos de 2013 même par soleil voilé.

voyez vous l’écureuil de Fouquet ?

 

 

Une ténébreuse Affaire – Honoré de Balzac

Une Ténébreuse Affaire est publié avec Melmoth réconcilié qui était le sujet de la dernière Lecture Commune Balzac. J’ai découvert ce roman par hasard puisque la lecture commune portait sur le deuxième titre. J’aime bien lire (ou découvrir un film) sans aucune idée préconçue, ni conseils, ni critique, ni 4ème de couverture. Cela m’arrive souvent quand je télécharge un ouvrage faisant confiance au nom de l’auteur (avec Balzac, je ne prends pas de risques).

Les débuts, cependant, ont été laborieux ; Balzac présente de nombreux personnages, décrivant avec un luxe de détails leur physionomie et leurs vêtements, j’ai commencé par m’y perdre entre Michu, Malin, Marion…Puis il replace les événements dans leur perspective historique. L’action se déroule en 1803, la Terreur est encore dans les esprits, Bonaparte n’est pas encore empereur, les biens des nobles et des émigrés changent de main, complots et attentats peuvent peut être encore le déstabiliser? Même si ce n’est pas le premier ouvrage de Balzac pendant cette période, une sérieuse révision s’impose pour moi. Cet aspect historique est tout à fait passionnant.

En avançant dans la lecture, je me passionne pour cette Ténébreuse Affaire, ténébreuse et sérieusement embrouillée. Des espions rôdent, pour qui espionnent-ils : Bonaparte ou Fouché et Talleyrand? A moins qu’il ne s’agisse que d’accaparer des terres laissées vacantes par les nobles, émigrés ou décapités par la terreur. Les allégeances sont troublées : Michu est-il fidèle aux idéaux révolutionnaires ou à ses anciens maîtres royalistes? Le lecteur se fait embarquer dans un véritable roman policier, ou d’espionnage, thriller avant la lettre.

Il y a enlèvement, procès. Qui est coupable? Qui est innocent? Balzac raconte les rebondissements du procès, nous tient en haleine, sans que l’accusation ou la défense ne puisse faire entière lumière. Balzac excelle dans ses analyses du système judiciaire!

Il a fallu attendre 30 ans pour que le mystère soit éclairci, presque par inadvertance. Cette chute inattendue procure un nouvel éclairage.

Balzac s’est inspiré de faits historiques avérés comme la conjuration de Cadoudal (1804)  ou l’enlèvement de Clément de Ris (1800) et le procès qui s’en suivit. C’est d’autant plus passionnant!

Le dernier mystère est celui de l’édition, qu’est-ce qui réunit Une Ténébreuse Affaire et Melmoth réconcilié dans un même volume?

Melmoth réconcilié – Honoré de Balzac

LECTURE COMMUNE : BALZAC

En compagnie de Maggie et de Cléanthe, et peut être d’autres blogueuses, je poursuis l’exploration des nouvelles de Balzac après l’Auberge Rouge, l’Elixir de Vie, le Bal de Sceaux, le Colonel Chabert et la Vendetta. les écrits de Balzac sont si vastes que la lecture commune est un bon moyen de se lancer. 

Melmoth pourrait trouver sa place dans mon classement mental auprès de l’Elixir de Vie, de l’Auberge Rouge, El Verdugo et la Vendetta, dans un registre fantastique, presque romantique, avec des apparitions surnaturelles alors qu’avant de me lancer dans cette aventure, j’avais plutôt l’idée préconçue d’un auteur décrivant avec réalisme les rouages de la société du début du 19ème siècle

Ces apparitions sont d’autant plus surprenante que le récit se place d’abord sur un terrain très prosaïque.  Le héros Castanier est caissier dans la banque Nucingen ; décoré de la Légion d’Honneur, ancien chef d’escadron sous l’Empereur ; on imagine le caissier à longueur de journée enfermé dans sa loge grillagée.

Si le caissier a de l’imagination, si le caissier a des passions, ou si le caissier le plus parfait aime sa femme, et que cette femme s’ennuie, ait de l’ambition ou simplement de la vanité, le caissier se dissout. Fouillez l’histoire de la caisse? Vous ne citerez pas un seul exemple du caissier parvenant à ce qu’on nomme une position….

Mais qui manipule tant d’argent peut avoir des tentations

…notre civilisation qui, depuis 1815, a remplacé le principe Honneur par le principe Argent

L’action commence justement au moment où Castanier s’apprête à céder l la tentation de commettre un faux, puiser dans la caisse et  s’enfuir. Surgit alors John Melmoth, un Anglais mystérieux. Ce curieux personnage semble suivre ou précéder Castanier, deviner ses pensées, l’accompagner. Melmoth représente-t-il le Diable ou la Conscience de Castanier? Va-t-il faciliter sa fuite à l’étranger ou au contraire le forcer à réparer la faute? Pendant un bon moment la lectrice hésite entre ces deux idées (je ne vous donne pas la solution, ce serait gâcher le plaisir de lire!

Schütte

Pendant plusieurs pages, l’auteur laisse le lecteur dans l’expectative et en profite pour présenter d’autres aspects de la vie parisienne, les femmes entretenues, le théâtre…certains détails nous font basculer dans le fantastique, désorientent un peu le lecteur, mais pas trop.

Tout s’emballe vers la fin, Castanier se métamorphose. L’étrange colonise le roman comme

Les sciences furent pour Castanier ce qu’est un logogriphe pour celui qui en sait le mot

Qu’est ce que ce « logogriphe« ?

Brusquement on quitte l’univers de la Comédie Humaine pour Faust. Mais Faust chez les banquiers, à la Bourse. Je vous laisse découvrir la fin délirante ironique et drôle.

Evidemment un indice est donné par le choix du titre Melmoth est  sans doute inspiré de Melmoth ou l’Homme Errant de Charles Robert Maturin, roman gothique anglais paru en 1820. Quand j’ai lu la nouvelle de Balzac, je l’ignorais; peut être une certaine naïveté (ignorance) augment l’effet de surprise?

 

 

Ellis Island – Georges Perec

Ouvert en 1892, le centre d’accueil d’Ellis Island marque la fin d’une émigration quasi sauvage et l’avènement d’une émigration officialisée, institutionnalisée et, pour dire, industrielle. De 1892 à 1924, près de seize millions de personnes passeront par Ellis Island, à raison de cinq ou dix mille par jour. La plupart n’y séjourneront  que quelques heures ; deux à trois pour cent seulement seront refoulés. En somme, Ellis Island ne sera rine d’autre qu’une usine à fabriquer des émigrants en immigrants, une usine à l’américaine, aussi efficace qu’une charcuterie à Chicago : à un  bout de la chaîne, on met un Irlandais, un Juif d’Ukraine ou un  Italien des Pouilles, à l’autre bout – après inspection des yeux, inspection des poches, vaccination, désinfection – il en sort un Américain.

Quelle est donc la blogueuse qui a commis un billet sur ce livre?

Dès que j’ai terminé de le lire, j’ai commenté : IL ME LE FAUT! et je l’ai téléchargé immédiatement.

D’où est venu cette urgence?

A cause du sujet, je suis sensible aux migrations, c’est encore un sujet d’actualité. A cause de Pérec que j’ai lu autrefois et beaucoup aimé, et de Bober. Ils me semblent très proches.

J’ai lu ce court texte (74 pages) d’un souffle, une soirée, sans une pause.

Émotion pure.

 

Eugenia – Lionel Duroy

LIRE POUR LA ROUMANIE

Quand je voyage vers l’Est, des Pays Baltes à la Grèce, je cherche les traces des Juifs disparus. Eugenia est un roman qui vient illustrer une lecture plus ardue :  Les voix de Iasi de Jil Silberstein retraçant l’histoire de la communauté juive de Iasi et parallèlement celle de l’antisémitisme en Moldavie et en Roumanie. Le livre de Jil Silberstein est une étude très aboutie tandis que Eugenia est un roman.

 

 

Réflexion faite, ce qui est grave, ce n’est pas que trois gars puissent se poster à un coin de rue pour hurler « Mort
aux youpins ! », mais que leur cri puisse passer inaperçu, banal comme la cloche d’un tramway.

Eugenia, la narratrice, est une très jeune femme d’une vingtaine d’années, née à Iasi dans une famille de petits commerçants. Etudiante en lettres, elle fait la connaissance de l’écrivain Mihail Sebastian, écrivain juif invité par la Professeur de Lettres qui se fait lyncher par des jeunes des la Garde de Fer. Eugenia prend la défense de l’écrivain, alors que son propre frère est à l’instigation du lynchage, elle tombe amoureuse de l’écrivain, part pour Bucarest et devient journaliste….(je ne vous en raconterai pas plus!). Eugenia est-elle un personnage inventé? C’est un personnage complexe, jeune fille naïve,  idéaliste, capable de s’opposer à sa famille antisémite, de se lancer dans le journalisme.

Le sujet central est le récit du pogrom de Iasi qui fit  13.200 victimes et qui est raconté dans toute son horreur. L’article mensonger de Malaparte fait l’objet d’une longue citation.

C’est aussi l’histoire de la Roumanie de 1938 à 1945 contée dans le détail avec les luttes pour le pouvoir entre les légionnaires de la Garde de Fer et la monarchie, entre les atermoiements et les concessions aux nazis pour éviter le pire, qui de toutes les façons arrivera…les hésitations d’intellectuels francophiles mais fascinés par les théories antisémites. Le récit romanesque fait passer tous ces épisodes contradictoires, les exécutions et emprisonnements des différentes factions. Si l’histoire d’amour d’Eugenia et de Mihail est sans doute inventée, tous les autres personnages sont historiques.

Au fur et à mesure des victoires de la Wehrmacht, Carol II avait dû donner de plus en plus de gages à Hitler.
Après l’invasion de la Pologne, il avait offert à l’Allemagne la moitié de notre pétrole. Après celle du Danemark,
il avait accepté de réviser à la hausse le traité pétrolier en faveur de l’Allemagne et offert, en plus, une grande
partie de notre production céréalière. Après la capitulation de la France, jugeant la Roumanie en grand péril, il
avait pris cette fois la décision d’« aligner la politique du pays sur celle de l’Allemagne ». On ne pouvait faire
plus.

Mihail Sebastian, écrivain, journaliste, avocat, fréquentait toute l’intelligentsia de Bucarest. Nous croisons au fil des pages les écrivains de l’époque : Emil  Cioran, Mircea Eliade, Ionesco, et tant d’autres que je ne connaissais pas. Il y a tant de références littéraires que j’ai fait une liste de lectures à venir et tout d’abord le Journal de Mihail Sebastian témoignage essentiel et ses autres œuvres.

Un personnage est tout à fait ambigu: Malaparte, journaliste pour le Corriere della Sera qui couvre le Front de l’Est et a rédigé un article tout à fait douteux sur le pogrom de Iasi avant de témoigner dans Kaputt. Eugenia porte aussi une réflexion sur le journalisme. La recherche de la vérité, du témoignage permet-elle les compromissions auxquelles se livre Malaparte? La parole du bourreau est-elle si passionnante que la jeune fille, imitant Malaparte retourne à Iasi après le massacre pour tenter de faire parler ceux qui ont massacré leurs voisins.

Une lecture parfois éprouvante mais il convient de ne pas oublier une histoire qui parfois resurgit – tout au moins dans le discours « décomplexé » qu’on a pu entendre récemment.

Une petite remarque concerne l’orthographe très bizarre de la version électronique qui rend pratiquement irreconnaissables les noms roumains aussi bien des personnes que la toponymie. Chisinau apparait ChiZinbu et Braila Brbbila, Radulescu Rbdulescu….

 

Thomas Schütte : Trois Actes à la Monnaie de Paris

Exposition temporaire du 15.03 au 16.06.2019

L’Homme sans visage

J’ai hésité avant de me rendre à la Monnaie de Paris : l’affiche placardée dans le métro ne me disait rien : visage grimaçant d’un rose violacé violent. J’ai parfois du mal avec l’art contemporain (mais je me force)   de jolies surprises et parfois des déceptions.

Un monstre soufflant de la vapeur par les narines accueille les visiteurs dans la cour de la méridienne, tête de vache (ou de girafe) queue de dauphin. Je le retrouverai plus tard dans l’exposition en miniature, figurine de pâte Fimo colorée que le sculpteur a confectionné pour ses enfants.

Muses et Héros :

Si les personnages masculins – les Héros – sont souvent grimaçants, hiératique ou gesticulants, les Muses sont plus apaisées.

Femme d’aluminium
Femme d’acier

A ces deux femmes voluptueuses (surtout la femme d’aluminium) succède une rangée de gnomes perchés en hauteur dans un couloir. Têtes de céramique émaillée noires, bleues, vertes métallisées, vieux messieurs sévères ou grimaçants rappelant les bustes d’empereurs romains , les caricatures de Daumier ou des masques de carnaval (selon le cartel)

Gnome en céramique émaillée
Gnome

Une série de portraits à l’aquarelle ou de caricatures est interrompue par des ours en peluche

La salle la plus spectaculaire est celle des United ennemies, des petites marionnettes aux têtes colorées en pâte Fimo habillées de tissu et réunies par paire sont perchées sur des colonnes et coiffées de globes de plexiglas.

United ennemies

Les visages sont grimaçants, les couleurs violents, les attitudes conflictuelles. Comme si cela ne suffisait pas, Schütte les a mis en scène devant des photographies qui les montrent en gros plan.

La mise en scène est saisissante.

Autre mise en scène, une pièce de théâtre en trois actes : Mohr’s Life. L’artiste Mohr , au centre de l’intrigue, très petit personnage est placé dans un décor de taille réelle (placard à chaussure, penderie, armoire à vêtement). Dans l’un Mohr, sculpteur fait face à son oeuvre, dans un autre il peint des nuages et enfin il est confronté à un marchand d’art.

Deuxième acte (Mohr peintre au fond des chaussettes suspendues)

C’est amusant, déroutant par le décalage de taille, plein d’humour.

Les fantômes de verre en verre rouge de Murano sont aussi de petits personnages mis en scène dans une enceinte de miroirs

Fantômes de verre

Schütte a travaillé dans l’atelier de Berengo à Murano et a sculpté de très belles têtes de femmes en verre

Glaskopf

Séduit par cette belle matière, le sculpteur n’abandonne pas la céramique pour autant. Une énorme tête bleue est à l’honneur dans une belle pièce et se reflète dans le miroir 18ème siècle

 

Blauer Kopf

Des têtes géantes

L’art de Schütte ne se résume pas à ces têtes grimaçantes. Non seulement il travaille aussi bien le métal, le verre ou la pâte fimo, mais il fait de très délicates aquarelles et construit des maquettes d’architecture. Maisons inhabitables que ces « maisons pour une personne » mais aussi un centre d’art qui a effectivement été construit. Des étagères contiennent des maquettes ou des figurines minuscules.

Enfin, la dernière salle « Guillaume Dupré » avec son plafond à caisson en trompe-l’oeil et sa fresque ovale au plafond, ses balustres avec des dorures, les colonnes de marbre et ses vitrines luxueuses,  offre un écrin à la maison-cristal et aux sculptures mise à l’honneur dans des vitrines précieuses. Point d’orgue à une belle exposition.

La cour d’honneur et les géants de bronze

Il reste encore à admirer les géants de bronze dans les cours, les jambes englués dans la boue.