Pas Pleurer – Lydie Salvayre

LIRE POUR L’ESPAGNE 

guernica-Picasso

As-tu comprendi qui étaient les nationaux?[…]il me semble que je commence à savoir que le mot national porte en  lui le malheur.

En ce temps présent où les démons se réveillent, où on nomme « décomplexés » ceux qui brandissent les étendards nationaux où l’on ose affirmer que Dieu est avec nous, il est peut être temps de revenir à la Guerre d’Espagne, triste prélude de la conflagration générale qui a embrasé l’Europe et le monde entier.

Alors que je croyais que l’Europe était le rempart contre les nationalismes (qu’on a rebaptisé souverainisme pour ne pas effrayer) puis qu’on affirme haut et fort – décomplexé, vous dis-je, je vois l’idée européenne ne plus séduire, l’Internationalisme passer au rang de vieille lune, et les égoïsmes nationaux resurgir.  Ecouter la parole de ceux qui bientôt ne pourront plus témoigner.

La parole de Montse,  la mère, se mêlent à celles de Lydie la fille

« Ne persiste en sa mémoire que cet été 36; où la vie et l’amour la prirent à bras-le-corps; cet été où elle eut l’impression d’exister pleinement et en accord avec le monde, cet été de jeunesse totale comme eût dit Pasolini et à l’ombre duquel elle vécut peut-être le restant d ses jours… »

Ces paroles trouvent un écho, en miroir avec le récit de Bernanos :

« Tandis que le récit de ma mère sur l’expérience libertaire de 36 se lève en mon cœur je ne sais quel émerveillement, je ne sais quelle joie enfantine, le récit des atrocités décrites par Bernanos, confronté à la nuit des hommes, à leurs haines et à leurs fureurs, vient raviver mon appréhension de voir quelques salauds renouer aujourd’hui avec ces idées infectes que je pensais depuis longtemps dormantes. » 

CNT-FAI-1937

En plus de l’aspect historique, Pas pleurer est un beau roman, une histoire touchante avec des personnages variés. C’est aussi un ton original. Un style qui mêle le français et l’Espagnol de la mère. Je l’ai lu aux Canaries, entendant la musique de la langue espagnole autour de moi. Et j’ai trouvé ce mélange naturel et charmant. 

Qu’écrire de plus après les excellents billets de Claudialucia, d’Aifelle, dasola  qui, comme moi, ont aimé cet ouvrage?

 

 

la route de Beit Zera – Hubert Mingarelli

beit Zera

 

Aifelle m’a donné envie de le lire.

beit zera livre

J’ai eu envie de me perdre sur cette route de Beit Zera dont le nom me parlait,: un kibboutz près du Lac de Tibériade. Je n’ai retrouvé ni le Kibboutz ni le Lac. Aucun de mes souvenirs n’a pu  se rapprocher de l’atmosphère du livre. La forêt épaisse et mystérieuse avec ses cachettes et les pins elle-t-elle dans les parages?

Cependant, je n’ai pas regretté cette lecture. C’est une merveille de finesse et de délicatesse. Comment en rendre compte sans dévoiler son secret, sans en raconter l’intrigue et spoiler?

Un homme solitaire et plutôt silencieux, une chienne, un fils aux antipodes, un garçon arabe taiseux, un ami de longue date avec qui il partage des cuites et des souvenirs de jeunesse….

Une maison en bord de forêt, loin de toute agitation. un secret.

C’est une écriture sensible, délicate.

 

Meursault, contre-enquête – KAMEL DAOUD

LECTURE EN MIROIR/JEU LITTÉRAIRE

« je vais te résumer l’histoire avant de te la raconter ; un homme qui sait écrire tue un Arabe qui n’a même pas de nom ce jour-là – comme s’il l’avait laissé à un clou en entrant dans le décor – puis se met à expliquer que c’est la faute de Dieu qui n’existe pas et à cause de ce qu’il vient de comprendre sous le soleil et parce que le sel de la mer l’oblige à fermer les yeux »

Haroun, le narrateur explique ensuite que le livre, il le sait par cœur comme le Coran. 

Il m’a semblé donc indispensable de relire l’Etranger avant de poursuivre plus avant ma lecture de la contre-enquête. Ce fut presque une redécouverte. J’avais lu Camus pendant mes années-lycée, il y a donc bien longtemps….

J’ai poursuivi la Contre-enquête dans la foulée – lecture miroir – recherchant les images, les expressions symétriques, analogies ou opposées, comme un jeu oulipien et je me me suis régalée. 

Incipit :

« Aujourd’hui, M’ma est encore vivante.

Elle ne dit plus rien, mais elle pourrait raconter bien des choses. »

L’Arabe tué en 1942 sur la plage est son frère Moussa. Moussa/Meursault, accompagné de Larbi/L’Arabe, n’ont laissé aucune trace dans l’enquête ou le procès de Meursault, condamné pour n’avoir pas pleuré sa mère plus que pour avoir tué un Arabe anonyme qui n’a intéressé personne. tout juste deux coupures de journal que la mère de Moussa a conservé pour faire son deuil alors que le corps de la victime n’a même pas été présenté à la famille.

L’enfance du narrateur a été occupé par ce deuil et la contre-enquête, la recherche du corps, du lieu du crime, de témoins…Fuyant Alger la mère et le fils s’installent justement à Hadjout/Marengo, le village où était l’asile de la mère de Meursault.

1962, aux premiers jours de l’Indépendance, Haroun devient, comme Meursault, meurtrier. Il tue un Français, sans bien savoir pourquoi. Ce meurtre, à deux heures, comme celui de la plage, mais sous la lune, est le reflet de celui de 1942. il met un point final à la rage de la mère, à sa recherche, comme une vengeance.

 

« La mort, aux premiers jours de l’Indépendance était aussi gratuite, absurde et inattendue qu’elle l’avait été sur une plage ensoleillée de 1942″

Haroun, lui aussi, sera emprisonné. lui-aussi pour de mauvaises raisons. Pourquoi a-t-il tué après l’Indépendance et non pas avant?

Comme Meursault a eu une amie Marie, Haroun rencontre Meriem. C’est même elle qui lui fait lire l’Etranger. Comme Meursault hait les dimanches, Haroun déteste les vendredis. Comme le premier repousse le prêtre, le second fait un scandale à la mosquée….

Je pourrais poursuivre encore la chasse aux analogies, reflets ou oppositions…

«  »Cet homme, ton écrivain, semblait m’avoir volé mon jumeau, Zoudj, mon portrait et même les détails de ma vie et les souvenirs de mon interrogatoire! Je l’ai lu presque toute la nuit, mot à mot, laborieusement. C’était une plaisanterie. j’y cherchais des traces de mon frère, j’y retrouvais mon reflet, me découvrant presque sosie du meurtrier… »

Au delà du jeu littéraire, de l’exégèse de l‘Etranger , une autre lecture est intéressante : lecture politique, de la Colonisation et de l’Indépendance , du choix du français par l’auteur. Et bien sûr les implications philosophiques.

Il m’est bien difficile de dissocier Meursault la contre-enquête de l’Etranger. Peut il se lire sans l’autre?

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Les Silences du Palais – film de Moufida Tlati (DVD)

CARNET TUNISIEN 

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J’avais vu en salle ce film à sa sortie en 1994 et j’avis gardé un souvenir très vif.

Cherchant un CD de Anouar Brahem à la médiathèque, j’ai emprunté le DVD et l’ai visionné avec autant de plaisir .

Le Palais se trouve aux environ de Tunis, l’histoire se déroule à la fin du Protectorat, dans les années 50.

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Les Silences concernent les secrets des femmes enfermées dans le palais des princes. Cuisinières ou servantes, amantes ou esclaves, ces femmes ne quittent jamais la maison ou les maîtres. Qui est le père de la jeune Allia? Sarah la petite princesse est elle son amie, sa cousine ou sa sœur. Khedija, la mère d’Allia ne trahira pas son secret et mourra d’un énième avortement sans rien expliquer à sa fille.

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Allia a cru trouver la liberté en suivant Lotfi,  le jeune instituteur, agitateur politique qui se cache dans le Palais et qui croit dans le talent de la jeune musicienne. Hélas, des années plus tard, et des avortements passés, Allia est amère. Elle aimerait garder l’enfant qu’elle porte. Lotfi ne l’épousera pas. Son talent de chanteuse ne lui apporte pas la gloire mais plutôt l’humiliation des riches qui la draguent.

 

A la mort du prince Sid Ali, Allia revisite le Palais et ses souvenirs….

 

 

 

La Nuit des Rois – à Ivry – Clément Poirée

CHALLENGE SHAKESPEARE 

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J’ai découvert la pièce à Ivry.

Des rois, je n’en ai pas trouvés. Ils sont nombreux dans les tragédies et les pièces historiques, mais ici, c’est autre chose, c’st la nuit de l’épiphanie, nuit d’hiver, nuit bien folle! Pour une comédie endiablée.

 

En Illyrie, après un naufrage, comme dans la Tempête? les jumeaux VIOLA et SEBASTIEN ont été séparés, chacun croyant l’autre disparu. Viola se travestit en homme, pour sa sécurité, et devient le page d’ORSINO. Gémellité, travesti, que de confusions réjouissantes pour une comédie!

 » Esprit si c’est ton bon plaisir, mets-moi en bonne veine de folies », dit le BOUFFON

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Folie, bouffonnerie. Le bouffon du comte, père d’OLIVIA, joue un rôle important, il joue de la musique et égaie la maison d’OLIVIA. Mais il est loin d’être le seul fou. SIR TOBIE est fou de la bouteille et son acolyte SIR ANDRE ne vaut pas mieux. Folie d’amour d’ORSINO. Folie de deuil d’OLIVIA. Folie d’orgueil de MALVOLIO.

La bouffonnerie est aussi l’oeuvre des domestiques, de MARIE qui organise la mystification de MALVOLIO pour les plus grand plaisir de tous. On est dans la farce! « En bas jaunes et en jarretières croisées! » nous a tous mis en joie. 

La mise en scène de Clément Poirée nous fait entrer dans la sarabande avec un rythme endiablé. Les scènes se succèdent sans temps mort. Le final termine la comédie entraînante. Il est servi par des acteurs épatants qui n’épargnent pas leur peine pour nous faire rire. Seul bémol, le décor est tristounet, les lits évoquent un hôpital ou un pensionnat, les couleurs sinistres. pourquoi?

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la Kahina – Gisèle Halimi

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Le personnage  de la Kahina s’est imposée à Tamrezet au musée berbère où le Monji Bouras a montré les arches du Capitole d’El Jem sur des voiles et parures de mariée berbères. Reine berbère, princesse juive ou devineresse?

 

 

Guerrière en tout cas qui a unifié les tribus berbères contre l’envahisseur Hassan venu apporter l’Islam dans le Maghreb. Guerrière et stratège, elle n’hésite pas à pratiquer la politique de la terre brûlée pour limiter l’avance arabe, au risque de s’aliéner les tribus qui refusent de détruire leurs récoltes.

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On raconte aussi qu’enfermée dans le Colisée de Thysdrus (El Jem), elle creusa un souterrain qui lui permit de soutenir le siège et de s’échapper.

 

gisèle halimi

 

 

 

Qui mieux que l’avocate féministe Gisèle Halimi aurait pu faire revivre cette flamboyante figure de reine guerrière?

 

L’abondante bibliographie témoigne du sérieux de l’étude.

Le handicap, pour moi, dans cette lecture, c’est que je viens tout juste de refermer Salambô. Aucun roman historique ne peut lui être comparé. j’ai donc regretté l’absence de descriptions précises, la flamboyance du style. Mais encore un fois, on ne peut demander d’égaler Flaubert!

les arches du Colisée
les arches du Colisée

 

 

Dans la grande Histoire des relations entre juifs et musulmans d’Abdelwahab Meddeb et Benjamin Stora, un article montre la Kahina comme symbole partagé entre Berbères et Juifs jusque dans la Diaspora .

La Statue de Sel – Albert Memmi

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Pendant l’épreuve de l’agrégation de philosophie, Alexandre Mordekhai Benillouche, au lieu de disserter sur « les éléments condillaciens dans la philosophie de Stuart Mill », écrit l’enfant qu’il fut, dans l’Impasse entre sa mère analphabète qui s’exprime en patois,  et son père bourrelier, dans l’innocence, puis l’écolier de l’Alliance israélite, remarqué et choisi pour être boursier au lycée…

 

 

Roman d’apprentissage. Quête d’identité pour le lycéen qui choisit la culture française et se détourne aussi bien de la religion – il n’est pas croyant – que de toutes les superstitions des juifs du ghetto. Lycéen solitaire, fils d’artisan parmi des camarades de milieux aisés et même bourgeois, il peine à trouver sa place.

Les lois de Vichy lui rappellent brutalement sa judéité. Il démissionne fièrement de son poste au lycée avant qu’on ne le renvoie. L’invasion allemande lui ôtera toute illusion sur ses relations françaises. Même le professeur de philosophie, dont il était le disciple préféré ne fera rien pour l’aider ou pour le cacher. Juif indigène, il rejoindra les siens au camp de travail, par solidarité. Il n’a plus rien de commun avec les  pauvres du ghetto, ne sait plus prier, ne sait pas leur parler d’idées en patois tunisien, il se sentira étranger parmi eux.

Libéré du camp, il songe à s’engager mais on lui suggère de modifier son nom, mettre peut être Mohamed,«  pour les Arabes il n’y a pas de limites« .

J’ai beaucoup aimé les récits de la vie quotidienne de  son  enfance, sa famille, au début du roman. Les années d’apprentissage au lycée, avant la guerre montrent la société coloniale, raciste mais aussi les espoirs mis dans l’éducation, la culture et la philosophie, dans la France. La dernière partie – le Monde –  est tragique. La quête de l’identité du héros se terminera ainsi :

« Je suis étonné de ne pas avoir peur ; mais l’habitude dispense du courage et, en vérité, j’ai longtemps épié ma découverte. je meurs pour m’être retourné sur moi-même. Il est interdit de se voir et j’ai fini de me connaître. Comme la femme de Loth, que Dieu changea en statue, puis-je encore vivre au-delà de mon regard? »

Lu juste à la suite du Lait de l’Oranger de Gisèle Halimi , je pensais trouver plus d’analogie entre ces deux Juifs tunisiens nés dans les années 1920, ayant étudié au lycée français. La sensibilité est différente. Etre fille ou garçon est aussi une belle différence!

 

 

 

 

L’invasion de la mer – Jules Verne

LIRE POUR LA TUNISIE

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3Je suivrais Jules Verne même au Centre de la Terre….

En Tunisie et Algérie, de Gabès à Tozeur et Nefta, un projet de canal qui apporterait les eaux de la Méditerranée vers les chotts du sud Tunisien et Algériens, est le sujet de son dernier roman.
Projet fantastique? Pas vraiment. Le roman est paru en 1904, juste après l’Exposition Universelle, dans la lignée du creusement du Canal de Suez et de celui du Panama. Aussi dans la grande entreprise coloniale que poursuit la France .
La France va installer une Mer Saharienne qui envahira le Chott el Jerid.  Ses ingénieurs, topographes et ses militaires y travaillent! Le climat sera modifié, les pluies arroseront le désert qui fleurira. Le commerce se fera par bateaux à vapeur, rapides modernes et efficaces à la place des caravanes de dromadaires! Les ports ainsi créés permettrait l’accès des troupes et « assureraient la tranquillité en accroissant l’influence française en cette partie de l’Afrique »
Justement, les nomades ne voient pas d’un œil favorable la fin de leur commerce et de leur indépendance. Les palmeraient ne garderaient pas la sécheresse nécessaire aux dattes exceptionnelles des oasis, les palmeraies seraient inondées, la salinité gagnerait les terres arables… « l’eau salée de la mer saharienne s’infiltrerait à travers le sol et, remontant à la surface par capillarité, détruirait les vastes plantations de dattiers »

Autre inconvénient :

« les bords des chotts étant très plats, ils ne tarderaient pas à se transformer en marécages, autant de foyers pestilentiels qui infecteraient encore la région »
Science fiction géologique, écologique sur fond de colonialisme….

« c’est ainsi que cent ans après que le drapeau français fut panté sur la kasbah d’Alger, nous verrons la flottille française évoluer sur la mer Saharienne et ravitailler nos postes du désert »
Intéressant.

J’ai suivi avec grand plaisir ce roman qui débute dans l’oasis de Gabès que nous avons visitée, puis au Chott el Jérid 

« Nous ne voyons rien de la nappe liquide, par cette raison qu’une croûte saline la recouvre. mais elle n’est séparée de la surface que par cette croûte, véritable curiosité géologique… »

L’équipe chargée de surveiller le creusement du canal risquera-t-elle de disparaître enlisée? Sera-t-elle victime des tribus touaregs?

en plus du dépaysement : l’aventure!

 

L’odeur du henné – Cécile Oumhani

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Joli petit livre; couverture réussie (et solide), un bel objet de cette collection Elyzad.
Lecture agréable.
l’Odeur du Henné fait référence au mariage tunisien.Le mariage, but de la vie d’une jeune fille, destin de toute femme.

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Kenza est libre, médecin à l’hôpital, cultivée, fille chérie de son père l’instituteur progressiste qui,  lui a ouvert sa bibliothèque et favorisé ses études. Kenza a refusé tous ses prétendants jusqu’à ce que Sami, ami de ses frères, séduisant homme d’affaires, la demande en mariage.

 

 

Kenza ne peut refuser, même son père, ne le comprendrait pas.
Elle trouve une échappatoire, une formation dans un laboratoire de Recherche à Paris. Le père lui ferme sa bibliothèque .
Curieusement, c’est Sami, le fiancé, qui lui permettra ce voyage.
Je ne vais pas vous raconter la fin…
Racontée en courts chapitres, l’histoire de Kenza s’enrichit de nombreux portraits ou histoires de femmes, de Khadidja, la montagnarde, de petites mariées, de divorcées….vie au village ou dans la ville moderne.
L’histoire se joue aussi à Paris. Décalages, différences, rencontres avec des Européens mais aussi avec des étudiantes arabes.

Le Lait de l’Oranger – Gisèle Halimi

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Une personnalité intéressante : Gisèle Halimi n’est pas seulement une féministe de combat, c’est aussi l’avocate des procès d’Alger, une jeune tunisienne issue d’un milieu plutôt traditionnel qui a su prendre son envol très tôt.

Elle raconte sa vie dans un désordre chronologique charmant. Elle a rencontré Coty, De Gaulle, Giscard, Chirac et Mitterrand (recours en grâce), nagé avec Bourguiba, fréquenté Sartre et Simone de Beauvoir… mais son grand homme: c’est Edouard, son père, le magicien.
Tendresse familiale, combats militants, passion du Droit. C’est une autobiographie passionnante et une collection de portraits intéressants