Gabrielle Hébert – Amour fou à la Villa Médicis – Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 15 février 2026

Annonciation dans les lys de la villa Medicis

Gabrielle Hébert (1853 Dresde- 1934 La Tronche)

En 1880, Gabrielle vient à Paris étudier la peinture dans l’atelier d’Ernest Hébert. Le 6 novembre ils se marient, elle a 28 ans, lui 63. En 1884, Ernest Hébert prend la direction de la Villa Médicis où ils resteront jusqu’en 1893. 

Ernest Hébert – Villa Médicis

Ernest Hébert collectionne les photographies. Il en possède des centaines d’images. 

Le 21 juillet 1888, Gabrielle « sort acheter les choses nécessaires pour la photographie »[…]prend des leçons auprès de Cesare Vasari et installe en compagnie du pensionnaire Alexis Axilette, une chambre noire pour développer ses négatifs, tirer et retoucher ses épreuves.

Bosco

Gabrielle tient la chronique de la Villa Médicis, de son architecture, de ses jardins avec une grande attention pour les fleurs, surtout les lys qu’elle inclut dans ses mises en scène comme l’Annonciation (plus haut), elle photographie les visiteurs : Sarah Bernhardt

Sarah Bernhardt

Elle photographie les pensionnaires au travail : le sculpteur Denys Puech, l’architecte Hector d’Espouy. Sans oublier le jardinier, leurs petits chiens. Amusante scène de jeu de saute-mouton des pensionnaires

La muse d’André Chénier – Denys Puech

Ces épreuves sont de très petits formats figurant parfois des véritables tableaux vivants comme l’Annonciation qui rappelle la Renaissance mais dans l’esprit des Préraphaélites. Autre mise en scène: sa soeur jumelle pose pour les Vestales sur l’escalier du Bosco 

Vestales sur l’escalier du Bosco

 

Elle fait aussi de nombreux portraits de son mari à qui elle voue une admiration sans borne. Dans ses écrits elle l’appelle « Alles » (tout)

ERnest Hébert et les enfants des rues, ses modèles

Après avoir quitté la villa Médicis, ils font de longs périple en Italie et en Sicile, en Espagne. Avec bien sûr de très belles photographies. Sa production s’interrompt à la mort d’Ernest en 1908 à la Tronche en Isère où elle se consacrera à un musée à sa gloire. Son œuvre photographique ne sera redécouverte qu’au XXI -ème siècle, par hasard.

Ernst Hébert : la Mal’Aria

Magdalena Abakanowicz – La trame de l’existence au Musée Bourdelle

Exposition temporaire jusqu’au 12 avril 2026

Les Coquillages  1973- tapisserie sisal et lin

Magdalena Abakanowicz (1930-2017) est une artiste textile polonaise.

Andromède II 1964 laine coton crin de cheval

Dans ses tapisseries, elle s’affranchit du plan du mur pour incorporer des matières originales et  obtenir l’impression de relief.

Abakan rouge qui se reflète dans un miroir

A partir , de 1964elle qualifie ses tissages monumentaux suspendus au plafond d‘Abakan. Les personnages qui se reflètent dans le miroir donnent l’échelle de l’œuvre. Ces abakans peuvent évoquer toutes sortes de chose au spectateur : un volcan, ou un sexe de femme, un paysage….

SculpturesSérie de portraits anonymes (1989-1990)

Série de portraits anonymes (1989-1990)

Autant j’ai aimé ses tissages et abakans, autant j’ai ressenti un profond malaise avec ses personnages de textile . Sculptures et moulages avec de la toile de jute. Masques mortuaires ou non? Rides captées ou exagérées avec les bandelettes?

Quelle danse, quelle procession, quelle fuite pour ces personnages sans tête. Et que font donc ces dos arrondis, accroupis ou assis, courbés. prisonniers ou condamnés. Le malaise augmente quand je m’aperçois que ce sont des coques creuses.

Aucun de ces « humain » ne possède un corps entier, le plus souvent c’est la tête qui est absente. les foules sont encore plus angoissantes

Foule

Foule anonyme, en rang serré, immobile. Qu’attend-elle?

Abakan noir

A l’arrière de l’abakan noir, une série nommée « Paysages » est composée des bas-reliefs de corps humains émergeant de la terre.

paysages

Oeuvres puissantes mais très malaisantes. Magdalena a évacué toute joliesse, toute exigence du « beau ». Comme elle est polonaise, je pense immédiatement à la Shoah, aux charniers, à la boue, aux cendres.
mais j’ai peut-être tout faux; Ces foules sont peut-être celles qui participaient au pouvoir communiste. Aucune indication biographique n’oriente le visiteur vers l’un ou l’autre de ces épisodes dramatiques qu’a vécu la Pologne. Témoignage ou protestation militante. Rien ne nous sera expliqué.

Magdalena Abakanovicz a aussi sculpté le bois et le fer pour des objets encore effrayants. Elle a aussi dessiné des têtes anonymes, et s’est même consacrée à la métamorphose d’une mouche aux dimensions monstrueuses de la même taille que la tête d’homme qui est accrochée sur la cimaise.

J’ai même trouvé réconfortantes les têtes hurlantes de Bourdelle alignées dans le couloir qui conduit à l’espace d’expositions temporaires du Musée Bourdelle. Elles criaient pourtant l’horreur de la guerre 

Tunnels – Rutu Modan – Actes sud

LITTERATURE ISRAELIENNE (BD)

Les blogs que j’ai l’habitude de suivre présentent de plus en plus de BD. Il faut sans doute que je sorte de ma zone de confort et que je cherche dans le rayon BD de la Médiathèque. Mission difficile, je n’ai toujours pas compris le mode de classement. Si bien que je pioche un peu au hasard.

Tunnels a excité ma curiosité. pour deux raisons. Une bonne : la traductrice est Rosie Pinhas Delpuech que j’apprécie en tant qu’autrice et que traductrice. Une mauvaise : « Tunnels » m’a fait penser aux tunnels de Gaza où ont été prisonniers les otages. Il aurait suffi que je regarde la date d’édition 2021, rien à voir avec la guerre actuelle. 

Le graphisme m’a fait penser à Tintin. Roman d’aventures avec des personnages plutôt farfelus. Nous voici parmi les archéologues. L’archéologie est une passion nationale en Israël, d’abord parce que la terre regorge de restes antiques, ensuite parce que les israéliens voient dans les antiquités juives une justification supplémentaire à leur attachement à la Terre d’Israël, quitte à trouver des synagogues partout et à négliger les églises byzantines, les sites hellénistiques ou les châteaux Croisés. 

Parmi ces fadas d’archéologie, on rencontre d’abord un collectionneur, M. Abouloff, richissime et vaniteux, qui n’hésite pas à acheter des pièces pillées par Daech, incapable de débrouiller des vrais des faux. Nili Broschi, fille d’un archéologue distingué mais sénile, veut poursuivre les fouilles que son père a entrepris. Son frère, est également archéologue mais carriériste. Motké Sarid, le Grand Professeur, dont la plus grande trouvaille est d’avoir évincé Israël Broschi. Dénué de tout scrupule, il espionne Nili pour s’approprier ses découvertes éventuelles. A cette collection de « savants » s’ajoute Gedanke, un illuminé orthodoxe qui croit hâter la venue du Messie en trouvant l’Arche d’Alliance, il a surtout le mérite d’avoir des pelleteuses et une certaine expérience dans les excavations. A sa suite tout un lot de jeunes colons hurluberlus qui pourront peut-être manier une pelle.

Le site des fouilles est situé dans les Territoires, en zone palestinienne où les Israéliens ne sont pas censés creuser et surtout juste en dessous du mur de séparation. Le tunnel que les archéologues creusent doit rejoindre un tunnel ancien que le père de Nili a creusé avec des Palestiniens du village le plus proche. Palestiniens et archéologues vont se rencontrer. Les villageois n’ont aucune visée archéologique mais le tunnel serait bien pratique pour rejoindre leurs champs. Pratiques aussi pour de la contrebande? Nili retrouve avec plaisir les anciens ouvriers de son père qui acceptent de continuer le travail….

Si vous voulez savoir la suite, il faudra lire la BD.

Amusante, farfelue, invraisemblable, humoristique, à vous de voir.

La Couleur de la Grenade – Mourad Merzouki à la Maison des Arts de Créteil

ARMENIE ET HIP HOP

Mourad Merzouki est chez lui à la MAC  de Créteil où il fut le directeur jusqu’à l’an passé. Il conserve tous ses fans et c’est devant une salle conquise qu’il a présenté ce nouveau spectacle. Mourad Merzouki nous a habitués à des surprises et ce spectacle en fut une merveilleuse. 

Le titre est  celui du film de Serguei Paradjanov : Sayat Nova dont on célèbre le centenaire. Quelques images du film sont projetées sur le rideau de scène en introduction. A l’invitation de la metteuse en scène  arménienne Saté  Khatchatryan se rendit à Erevan, en Arménie et le spectacle est le résultat du dialogue entre le chef d’œuvre arménien et le hip-hop du chorégraphe.

Conception musicale de Hogh Arghun musicien arménien et électro. Costumes de Edgar Manoukian et accessoires et tapis venant d‘Arménie. 

Nous partons pour un voyage merveilleux, sur des tapis volants, parmi les manuscrits anciens et livres arméniens (les Arméniens sont très fiers de leur écriture millénaire) . La princesse orientale est inspirée par le film et la bande annonce ci-dessous montre clairement les inspirations du spectacle de danse. On retrouve les livres ouverts, les costumes des prêtres, les grenades.

Ce n’est pas une simple copie de l’œuvre de Paradjanov. Merzouki nous propose des trouvailles dansées comme les jeux de l’échelle et du cadre de tableau.

Les ombrelles tchékoviennes, elles, sont dans le film!

je vais chercher le film en entier en VOD!

Et je vous recommande ce spectacle

Dragons au Quai Branly

Exposition temporaire jusqu’au 1er mars 2026

Dragon de danse . Pour la parade de Nouvel An chinois. prisonnier de l’exposition, il ne dansera pas dans les parades sur le pavé parisien

« le dragon est né en Chine il y a plus de 5000 ans au Néolithique. C’est à l’âge de Bronze que le dragon prend la forme qu’on lui connaît. « 

« il règne sur les mers, les montagnes ou les cieux, dans les nuages chargés de pluie, là où se concentre l’énergie universelle »

Il contrôle les eaux terrestres et céleste. Il incarne les forces naturelles aussi bien bienfaitrices que destructrices. En effet, il apporte la pluie vitale pour les hommes mais il peut entraîner tempêtes et sécheresses

Entre le dragon-cochon et la vidéo 5000 ans !

Peut-on lire sur le dépliant de présentation de l’exposition – très bien fait !

Dragon dans les nuages (vidéo)

5000 ans, c’est énorme! d’autant plus que l’art contemporain n’est pas oublié avec des vidéos bluffantes de dragons dans les nuages.

Dragon de jade

Le visiteur pourra se perdre (avec délice) dans les thèmes abordés. Symbolique du nombre 9 en Chine : le Dragon est une chimère combinant 9 animaux, avec des bois de cerfs, une tête de chameau, un cou de serpent, un ventre de mollusque, des écailles de carpe, des griffes d’aigle, des pattes de tigre et des oreilles de boeuf.

Dragon d’encre sur un rouleau calligraphié

Ou suivre les métamorphoses filmées

ou les rechercher dans ce palais

Une autre visite serait celle des dragons comme symbole de l’autorité impériale, brodés sur des vêtements d’apparat

Broderie d’or sur cape

Le visiteur peut aussi s’attacher aux merveilleux objets de porcelaine, de jade, d’or …le thème du dragon est partout et à toutes les époques.

Il y a aussi des visites pour les enfants qui semblent fascinés. Corollaire, il y a foule le dimanche après-midi (éviter aussi le mercredi).

Prévoyez une belle plage de temps et laissez-vous guider par le hasard des rencontres

Dinosaures, crocodiles et coccinelles, les tribulations d’un naturaliste – Philippe Taquet – Odile jacob

PROMENADE AU JARDIN DES PLANTES

Crocodile sarchosaurus imperator galerie de paléontologie

De 1985 à 1990, Philippe Taquet fut le directeur du Muséum d’Histoire Naturelle. Paléontologue, il eut la chance, dès la fin de sa  thèse de partir en mission au Niger, dans le désert du Ténéré et d’y découvrir un gisement de vertébrés fossiles. De cette mission il a rapporté un crane de crocodile géant, Sarchosuchus imperator, âgé de 100 Millions d’année. C’est par le récit de cette expédition que commence le livre. 

Le squelette porte comme il se doit sa carte d’identité : Sarcosuchus imperator – Broin et Taquet – 1966 –
Aptien du Niger. Des milliers de visiteurs dont de nombreux enfants contemplent ébahis cet énorme
reptile ressuscité du passé. Souvent, parmi les commentaires une voix malicieuse s’écrie : « Ah ! Sarkozy, l’empereur des crocodiles ! »

Que les lecteurs ignorants de la Paléontologie des vertébrés se rassurent : cet ouvrage n’est pas destiné aux spécialistes. Il est de lecture facile et surtout très amusante.

Une quinzaine de chapitres courts racontent sa vocation de savant, ses rêves depuis l’enfance. Il nous offre  une promenade dans le Jardin des Plantes en commentant les arbres remarquables : le Robinier de Robin, planté en 1636, le Sophora du Japon dont on fit cadeau des graines à Bernard de Jussieu, le Cèdre du Liban qui fit le voyage dans le chapeau de Jussieu….

Histoire de la Grande Galerie de l’Evolution, je ne savais pas qu’elle avait fait partie des Grands Travaux de Mitterrand!

Les coccinelles, c’est une autre paire de manches! Un des rôles du Muséum d’Histoire Naturelle est de veiller à la biodiversité et aux zones Natura2000, coccinelles et pique-prunes, firent l’objet d’études savantes pour préserver leur habitat. Histoire cocasse pour les coccinelles qui vivaient sur le Plateau d’Albion

gendarmerie d’Apt : « Allô, monsieur le directeur, pouvez-vous nous éclairer sur la présence de
prétendus chasseurs de coccinelles du Muséum dans un lieu hautement stratégique ? – Affirmatif mon
brigadier ! Il s’agit bien de chercheurs naturalistes, en mission officielle, qui luttent pour éradiquer les
pucerons à l’aide des coccinelles françaises.

Rencontre avec deux savants prestigieux : Théodore Monod et Claude Lévi-Strauss…

C’est un livre distrayant, charmant, et fort instructif que je vous recommande sans aucun bémol.

Pour rester dans le Jardin des Plantes vous pouvez écouter le podcast de Radio France: Le Muséum d’Histoire Naturelle a 400 ans interview de son Directeur actuel ICI 

 

Sheila Hicks : Le fil voyageur au Quai Branly

Exposition temporaire jusqu’au 8 mars 2026

Sheila Hicks est née au Nebraska en 1934, depuis 1964 elle est basée à Paris. Artiste textile, elle a fait de nombreuses expositions. Le Fil voyageur présenté à l‘Atelier Martine Aublet (mezzanine, 3ème étage) présente un nombre restreint d’œuvres, surtout des petits formats. Elle célèbre aussi une collaboration, entre la plasticienne et Monique Levi-Strauss , spécialiste des cachemires et auteure d’une biographie de Sheila Hicks. Une vidéo montre les deux femmes filer le fil voyageur de leur amitié . 

La mer – à l’origine horizontale, cette sculpture évoque plutôt une cascade

On entre dans l’exposition en passant devant les cordons soyeux de la Mer – à mon grand regret rien n’indique que la sculpture qui se trouve dans les collections permanentes ne fait partie de l’exposition. 

Minime

Les Minimes, comme un carnet de voyage en Amérique Latine tissés au fil des jours, des rencontres avec les tisserands des Andes. A leur côté elle apprend à filer et tisser. 

minime

Elle inclue aussi des silex, des pointes de flèche ou les piques du porc-épic

minime porc-épic

Ses œuvres sont présentée en résonnance avec des tissus authentiques : un poncho, une broderie, de bizarres sphères aplaties à fonction funéraire.

Ses techniques sont variées, du tissage sur un métier, simple cadre ou nouage avec ses doigts, utilisant des outils traditionnels, à « quatre lisières« , Sheila Hicks se sent libre pour toutes les expérimentations.

Sheila Hicks improvise sous nos yeux (vidéo)

Symbolique aussi ce cadeau de mariage de son mari  chilien, Enrique Zaffartu, un petit cadre et des outils traditionnels

boîte à ouvrage andine

Tapis, poncho, ou tissu arachnéen, le fil voyage et nous fait voyager et rêver

Grand Prince – Aléxia Stresi – Flammarion

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

Outrenoir. Pourquoi Soulages?

« L’existence c’est formidable, paraît-il. C’est surtout long, estime Simone Guillou. A 85 ans, elle pense heureusement avoir fait le plus gros. Il ne peut plus rien lui arriver.

peut-on lire sur la 4ème de  couverture.

C’est donc l’histoire un peu extraordinaire d’une vieille dame d’un village tranquille de Loire Atlantique, qui passe une retraite un peu trop tranquille dans le bourg vide hors saison. A 85 ans, elle se porte plutôt bien, de l’arthrose au genou la fait souffrir, mais c’est l’âge. Son fils la délaisse, il est occupé. Sa petite fille est plus attentive, mais elle est loin. Elle a bien des copines de son âge, mais l’entrain n’y est plus.

Et pourtant, il suffit de si peu pour que la curiosité de la vieille dame, l’imagination ne se mette en branle. L’histoire démarre comme un roman policier, avec constatation du gendarme… l’enquête de police n’ira pas loin. Si je ne veux pas divulgâcher il va falloir que je m’arrête bientôt!

marais salants

C’est un roman très agréable à lire, les pages se tournent toutes seules. Gentil dépaysement dans les Marais salants près de Guérande. Nostalgie pour les commerces de centre-bourg, remplacés par les grandes surfaces.  Un bouquet de roses trémières. Et un espoir pour tous : l’aventure se présente à tout âge!

merci à l’éditeur et à Babélio qui m’ont fait ce cadeau!

Hier, rencontre dans les locaux de Babélio avec Alexia Stresi qui nous a livré quelques secrets de fabrication de son livre. C’était passionnant, mais attention « spoilers »! Autrice très sympathique, très bon contact avec les lectrices-eur. Et buffet excellent, encore merci Babelio

 

Primo Levi – Matteo Mastragostino et Alessandro Ranghiasci – STEINKIS (roman graphique)

HOLOCAUSTE

La Shoah en BD?

il faut être Art Spiegelman pour oser avec Maus. 

Matteo Mastragostino et Alessandro Ranghiasci ont choisi un témoin pour angle d’attaque et non des moindres : Primo Levi. Pour s’adresser aux ados, il a choisi de présenter la visite de Primo Levi dans une  classe de collège. Point de vue acceptable même pour une lectrice susceptible. 

« Vous savez les enfants quand j’avais votre âge j’aimais beaucoup les chiffres. Mais je ne pouvais pas imaginer que j’allais en porter six sur le bras pendant toute ma vie »

Lecture jeunesse, donc.  S’adresse à un public très ignorant de l’histoire.

115 pages , annexes comprises

Noir et blanc, j’ai bien aimé le graphisme, le propos très humain.

Il m’a donné envie de revenir aux livres de l’écrivain.

Eva Jospin – Grottesco au Grand Palais

Exposition temporaire jusqu’au 15 mars 2026

Duomo

J’ai découvert Eva Jospin en 2021 au Musée de la Chasse et je me suis fait un plaisir de la retrouver dans ce Grand Palais tout rénové et tout propre. Je suis venue à 10h à l’ouverture et m’en suis félicitée : les sculptures sont monumentales mais les détails sont minuscules. Si trop de monde circule on ne peut pas goûter au raffinement des ornementations. 

Panorama : une forêt de carton

Une seule galerie, très claire, avec 16 pièces de tailles diverses conduisant au Panorama qui est une sorte de forêt. 

chef-d’oeuvre : Arche

Nous passons 4 « chefs d’oeuvres » : Crayère et bassin, Arche, Ninféo, Capriccio et Gloriette qui sont de petite taille et que le visiteur étonné contourne

Crayère et bassin

pour arriver à des monuments de plus grande taille : Cénotaphe et Duomo qui brodent tous les deux sur le thème de la grotte et de la coupole. Une grotte d’aspect naturel, avec rochers, végétation accrochée est surmontée d’une coupole. 

Cénotaphe

Des éléments architecturaux sont ajoutés : colonnes, niches, et décors intérieurs comme les stalactites à l’intérieur de la coupole du Duomo

décors de la coupole : stalactites, colonnes, frises…

Sur les bords on découvre des broderies, une cascade de soie

Cascade de soie

si la première promenade de découverte des objets est relativement courte, la visite ne se termine pas au Panorama : une déambulation commence avec la découverte des détails, des textures, des trouvailles sans cesse renouvelées. Ne pas hésiter à venir avec des enfants même petits : à leur hauteur il remarqueront des éléments que les adultes ne voient pas. 

grotte marine?

je me suis émerveillée de la variété de textures du matériau unique employé par l’artiste : le carton ondulé en jouant avec les surfaces lisses ou les empilements, les déchirures ou au contraire le découpage en marches, escaliers ou cubes pour construire des édifices qui semblent de brique

unmur : briques ou pierre, edscaliers et colonnes

Comme le jeu des textures ne suffisait pas, Eva Jospin nous offre des surprises : coquillages et éponges pour un milieu  de grotte marine

Grotte marine?

 

on découvre des plantes, des escaliers. J’aurais pu rester des heures à jouer à me perdre dans ces circuits minuscules. Malheureusement à mesure que la matinée s’avance, la galerie se peuple et la foule commence à devenir gênante.

Dans la galerie voisine sont exposés les cartons des vitraux de Claire Tabouret lauréate du concours pour la réalisation des vitraux d la nef de Notre Dame. Je n’avis aucun a-priori sur cette ajoût moderne. J’ai découvert et aimé nombreux vitraux contemporains . Là, déception. Des couleurs criardes. Des  grandes plages avec de grands personnages, trop grands, trop réalistes.