Entre nos mains – film de mariana Otero

Est-ce un hasard? une coïncidence? les grèves, les manifestations, le feuilleton de Mordillat « Les vivants et les Morts », ce film qui raconte comment des ouvrières ont résisté aux licenciements en essayant de bâtir une SCOP. le peuple de gauche se réveillerait-il, redécouvrirons nous la solidarité après les années blin bling?

La réalisatrice donne la parole à ces ouvrières d’une usine de lingerie sous la menace d’une liquidation judiciaire. Au début elles sont perplexes. Se lancer ou non dans l’aventure. Rien n’est gagné. Persuasion, hésitations, elles parlent , elles se parlent, elles travaillent aussi. Jeunes vieilles, campagnarde ou chinoises ou Africaines.

Comme elles, on y croit à la SCOP. Si bien que le patron se  manifeste, propose un nouveau plan. Est-ce lui qui a torpillé le projet? Ou l’indifférence des grandes surfaces. « Mais où sont passés nos petits clients? » se demande une ancienne. On n’a pas fait le poulet ni invité les moines qui auraient chassé les mauvais esprits, se lamente une asiatique…

Mieux qu’un documentaire, un vrai film avec des personnages attachants!

Les Arrivants – film de Claudine Bories et Patrice Chagnard

Toiles Nomades

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A mille lieux des voyages touristiques, des voyages d’affaires, des pèlerinages….ils convergent vers Paris, Londres, la Terre Promise… Les exilés,les persécutés, les demandeurs du Droit d’Asile sont dirigés vers la Cafda, une structure d’accueil où les travailleurs sociaux tentent de les aider à construire leur dossier à trouver un  hébergement, des tickets de transport.
Ils sont si nombreux dans le hall d’accueil, il semble que le monde entier s’y est donné rendez-vous. Tchétchènes, afghans, tamouls, chinois, Éthiopiens, colombiens, roumains. A la Cafda on reçoit les familles, de nombreux bébés au sein, des enfants sages résignés, plus sages que les parents qui n’en peuvent plus.

Les plus énervés sont finalement les travailleurs sociaux, débordés, impuissants à soulager toute la misère du monde. Colette et Caroline sont sur le bord de l’implosion. Comment remplir les dossiers de ces gens? Quel interprète requérir? sont-ils Chinois ou Mongols?  Quel est l’itinéraire emprunté? Ils sont muets, par prudence, feignent de ne pas savoir où ils sont passés. Pire, ils mentent. Comment convaincre de persécutions s’ils ne disent rien de fiable. Comment tenir les délais si ils arrivent n’importe quand au rendez vous?

On s’attache aux personnages, on voudrait qu’ils s’en sortent. tous le souhaitent si ardemment…..

Voilà ce que m’avait inspiré ce film, à sa sortie. Et quelques semaines plus tard…Grenoble, la chasse aux Roms, les menaces sur la nationalité…. Ce film me paraît l’antidote parfait à cette campagne délétère. Voir les Migrants non pas comme un groupe ethnique, une menace même, mais comme des individus, des personnalités . Chacun porte son histoire, ses espoirs, ses mystères

La fin de la pauvreté ? film de Philippe Diaz

C’est un documentaire coup de poing ! Le point d’Interrogation est le sujet du film.

Le débat prévu à l’issue de la projection tarde. On est estomaqué. Impossible de retenir les chiffres ahurissants et pourtant vrais. Les morts de faim chaque jour, les millions de dollars versés par l’Afrique aux pays riches, au nom de la dette… Les diapos interrompent le cours des images avec ces chiffres toujours aussi considérables. Ce sont les pauvres qui financent notre richesse.

Ne feignons pas de l’ignorer : c’est en 1492 qu’a commencé la mondialisation. L’or et l’argent des Amériques a permis le développement du commerce, l’esclavage, la révolution industrielle… On pourrait croire que tout est terminé : l’esclavage, la colonisation. Voire.

Après le rappel historiques, les économistes analysent la mondialisation actuelle, les prix Nobel, Mr. Stiglitz et Amartya Sen, témoins plus qu’honorables et crédibles.

Mais c’est un  film que nous sommes venus voir. Des histoires, des personnages. Les images sont éloquentes. Les paroles des pauvres sont touchantes, en Portugais au Brésil, en Anglais au Kenya, en Espagnol en Bolivie. Elles racontent toujours la dépossession des terres par des multinationales, les privatisations, la destruction des solidarités traditionnelles.

Deux séquences s’opposent : la première montre la messe dans la magnifique cathédrale baroque de Sucre, tandis que les Blancs sont sur les bancs des travées, une indienne s’assoit par terre.  La seconde raconte la guerre de l’eau, gagnée par les Indiens. Victoire de la communauté sur la privatisation.Leçon de morale : il existe des biens communs qu’on ne doit pas privatiser : l’eau, l’air, l’éducation et la santé. Cette leçon devrait aussi prévaloir dans nos pays riches. Nous avons aussi à apprendre des indiens de Bolivie.est un documentaire coup de poing ! Le point d’Interrogation est le sujet du film.Le débat prévu à l’issue de la projection tarde. On est estomaqué. Impossible de retenir les chiffres ahurissants et pourtant vrais. Les morts de faim chaque jour, les millions de dollars versés par l’Afrique aux pays riches, au nom de la dette… Les diapos interrompent le cours des images avec ces chiffres toujours aussi considérables. Ce sont les pauvres qui financent notre richesse. Ne feignons pas de l’ignorer : c’est en 1492 qu’a commencé la mondialisation. L’or et l’argent des Amériques a permis le développement du commerce, l’esclavage, la révolution industrielle… On pourrait croire que tout est terminé : l’esclavage, la colonisation. Voire.Après le rappel historiques, les économistes analysent la mondialisation actuelle, les prix Nobel, Mr. Stiglitz et Amartya Sen, témoins plus qu’honorables et crédibles.Mais c’est un  film que nous sommes venus voir. Des histoires, des personnages. Les images sont éloquentes. Les paroles des pauvres sont touchantes, en Portugais au Brésil, en Anglais au Kenya, en Espagnol en Bolivie. Elles racontent toujours la dépossession des terres par des multinationales, les privatisations, la destruction des solidarités traditionnelles.Deux séquences s’opposent : la première montre la messe dans la magnifique cathédrale baroque de Sucre, tandis que les Blancs sont sur les bancs des travées, une indienne s’assoit par terre.  La seconde raconte la guerre de l’eau, gagnée par les Indiens. Victoire de la communauté sur la privatisation.Leçon de morale : il existe des biens communs qu’on ne doit pas privatiser : l’eau, l’air, l’éducation et la santé. Cette leçon devrait aussi prévaloir dans nos pays riches. Nous avons aussi à apprendre des indiens de Bolivie.A voir absolument :

La fin de la pauvreté ?, film de Philippe Diaz

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Festival de L’oh – Porteurs d’eau Fondation Danielle Mitterand

Chaque année, en Juin le Conseil Général du Val de Marne organise cette  manifestation célébrant l’Eau sous toutes ses formes. Sur la Seine et la Marne, des escales le temps d’un week-end proposent des expositions, dees conférences, des spectacles. Mais tout le long de l’année des activités passionnnantes se déroulent.

 

Pour mes élèves, ce fut l’occasion de visiter une station d’épuration. Ils ont adoré! de faire une minicroisière d’Alfortville à Villeneuve et de découvrir la batellerie. L’an passé, le fleuve invité était le Niger. Le Festival de l’Oh  a offert à mes élèves du clubPobèCréteil une soirée africaine à Créteil où nous avons monté un spectacle théâtral mettant en scène La Flûte à Parler de Chantal Serrière en présence de l’auteur,souvenir inoubliable !

Le Festival de l’Oh : c’est aussi l’Université de l’Oh où se tiennent des conférences de très haut niveau. Rencontre avec une des personnalités de mon panthéon personnel : Aminata Traoré.

Dimanche, à l’escale de Villeneuve Saint Georges, Danielle Mitterrand s’est déplacée our présenter la Campagne des  Porteurs d’Eau

dont je recopie

la Charte des Porteurs d’Eau

1. l’eau n’est pas une marchandise, l’eau est un bien commun non seulement pour l’Humanité mais aussi pour le Vivant
2.Afin de garantir la ressource pour les générations futures, nous avons le devoir d restituer l’eau à la nature dans sa pureté d’origine.
3.L’accès à l’eau est un droit humain fondamental qui ne peut être garanti que par la gestion publique, démocratique et transparente, inscrite dans la loi.

 Pour devenir Porteur d’Eau il suffit de signer la Charte des Porteurs d’Eau sur http://www.france-libertes.fr et vous procurer votre feuille d’eau : la feuille d’eau est une sorte de jolie gourde transparente à remplir avec l’eau du robinet et surtout à ne pas jeter!

Hirbat-Hiza – S.Yizhar

En ces jours où l’on parle de boycott de films israeliens, où le dialogue paraît difficile, lisons plutôt ce qu’a écrit Yizhar au sujet de la déportation des villageois palestiniens en 1948. Au lieu de les baillonner, laissons exprimer ce que j’appellerais  la conscience des intellectuels israëliens. Leurs écrits, leurs films, leur parole ramènera peut-être un peu de raison dans la déraison des extrémismes.

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Écrit en 1949, édité en français par Galaade Edition
(traduction Laurent Schuman)- postface David Shulman

Ce court récit(98p)est d’une beauté fulgurante et d’une actualité criante.

Dans la postface, D Shulman  analyse le texte en hébreu. Il me fait regretter de ne pas avoir abordé ce texte en VO,  classique de la littérature hébraïque qui, à ma grande surprise, figure au programme de littérature des lycées.

Le narrateur,  un beau matin d’hiver 1949, part en mission afin de « regrouper les habitants de la zone située en deçà des points X et Y…en vue du transfert des populations autochtone hors des frontières; détruire à l’explosif les bâtiments de pierre…. » c’est à dire « brûler-dynamiter-capturer-embarquer-expulser » dans les règles de l’art… »

Dès les premières lignes, l’auteur est clair.

Et pourtant, malgré cette mission sinistre, le texte adopte d’abord un ton élégiaque. C’est le plus beau chant à la terre palestinienne, cultivée dans l’harmonie et la beauté, qui puisse être écrit. Les jeunes soldats y sont tous sensibles, comme à la beauté sauvage d’un jeune poulain.

Dans l’attente de l’action – comme l’attente est commune chez les militaires! – ils admirent la beauté de cette campagne.

– « le diable les emporte! s’écria Gabby. C’est trop beau pour eux! »

Yizhar, fait un compte-rendu, d’abord neutre, de l’action. Ne pas oublier que ce récit se déroule pendant la guerre d’indépendance. Il était alors officier de renseignements.

Lorsque la conquête facile du village déserté par les combattants est achevée, commence la mission d’expulsion. Expulsion de pauvres diables, de vieillards d’enfants de femmes. Devant l’humiliation des villageois, les doutes font surface. la plupart des soldats les font taire par des bravades ou des brutalités, des vantardises. Le narrateur soulève la question :

– « Est-ce bien raisonnable d’expulser ces gens?…
– on ne discute pas les ordres!
– Mais c’est injuste…
 »

La mission devient encore plus glauque. Une mare inonde la chaussée là où l’on devait embarquer les déportés dans des camions. La boue.

Ce texte m’a poursuivie. Sur Internet j’ai trouvé un texte se référant à cette boue, et à la boue de Kippour, le film d’Amos Gitaï.

L’actualité de ce récit est évidente.

Hier, coïncidence? la Gauche israélienne manifestait contre les colonies tandis que les Palestiniens commémoraient la Naqbah, cette déportation que raconte Hirbat-Hiza.

Et toujours je rumine :

comment les lycéens israéliens qui ont étudié ce texte peuvent ils continuer ainsi sans se poser plus de questions?

Comment ai-je pu passer à côté d’un tel texte pendant tant d’années?