La route vers Matmata et arrivée

CARNET DJERBA ET LE SUD TUNISIEN

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Lever tôt par 3°C. Avant de quitter Douz, nous faisons un crochet par la place des artisans où un petit marché de fripes est installé. On déniche des gants en polaire blanche neuf pour 3dinars. La pâtisserie des cornes de gazelle est encore fermée. J’achète deux petites roses des sables. La vendeuse de cartes postales nous fait cadeau de la carte.

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100km exactement entre Douz et Matmata dans une plaine sableuse où les épineux bas sont clairsemés. Au loin les chaines de montagne violacées se découpent sous les nuages de plus en plus épais. A 80km de Douz, la route s’élève par des virages dans une montagne rocheuse. On retrouve les petites oliveraies et les palmiers à l’abri des barrages retenant l’humidité –configuration que Majdi nous a montrée à Zeraoua. A un col, des flocons de neige volettent. La route tortille jusqu’au village perché de Tamezret. Une petite rue dangereusement effondrée s’insinue entre les maisons et s’élève au sommet ; S’il ne faisait pas si froid on se promènerait volontiers.

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Les abords de Matmata sont ravinés. L’érosion a creusé des fentes. Nous voyons les premières maisons troglodytes creusées dans la masse terreuses. On les devine à peine : un porche arrondi, une façade chaulée, une ouverture arrondie béante. Elles se fondent dans le paysage. On remarque surtout les gros 4×4 noirs des touristes garés devant.

Matmata-Ancienne est au carrefour des routes de Douz, de Médenine et de Gabès. Quelques restaurants et superettes, des constructions anarchiques. Beaucoup de jeunes circulent à mobylettes à l’affût des touristes perdus, proposant leurs services. Nos chambres d’Hôtes Trait d’Union se trouve à Tijma un peu plus loin, sur la route de Gabès. La vue est étendue, je crois deviner la mer (je me leurre sans doute elle est distante de 40km). Le gîte de Patrick est invisible de la route. Suivant les indications, nous arrivons sur un parking et ne voyons rien qu’une porte close. Je téléphone. Pas de réponse. Je grimpe à la butte, trouve une femme habillée de fuchsia, de vert et de bleu turquoise qui parle très mal français. Elle connaît Patrick, bien sûr. Peut être est il parti faire les courses à Matmata Nouvelle ? Un peu alarmées, nous sommes prêtes à repartir quand un grand monsieur aux cheveux longs et à la longue barbe blanche s’approche C’est Patrick. Il ne gère plus les réservations. Nous arrivons trop tôt. Les chambres ne sont pas prêtes.  Check in à 14h. IL  nous reçoit dans la grande salle à manger creusée dans la roche, chaulée de blanc. Le froid piquant dehors est oublié, pourtant il n’y a pas de chauffage. Patrick nous conseille de retourner à Tamezret où nous sommes passées. La visite de Matmata est guidée. Les guides officiels se trouvent à l’Office de Tourisme.

Nous retrouvons à Matmata les Siciliens de Palerme que nous avons rencontrés à Tozeur attablés devant une chorba bien chaude et bien épicée.

Murmure des civilisations

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Murmure des Civilisations
Murmure des Civilisations

Salah rentre, accompagné de sa cousine enveloppée dans une épaisse djellaba de laine blanche, les mains décorées au henné – nouvelle mariée avec son mari en jogging gris ; il leur fait la visite guidée du Murmures des civilisations et me propose de me joindre à eux.

Le grand père de Salah a édifié la maison en 1934 selon un plan en L. Salah a complété les deux autres côtés du patio en construisant les chambres. Sept chambres, le chiffre 7 est sacré, si on voulait occuper chacune des chambres il faudrait rester une semaine.

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Les chambres racontent les civilisations qui se sont succédé. Elles portent un prénom féminin.

Rokaya raconte la fondation de Douz au 17ème siiècle par deux marabouts, symbolisés par les deux couleurs : rouge-marabout et vert-Islam. Une frise de triangles verts et rouges court autour de la pièce ; Cinq traits verticaux représentent les 5 doigts de la main – main de Fatima ou 5 piliers de l’Islam. Le sac de la mariée en fourrure contient le khôl et les accessoires de maquillage. Au mur l’armoire traditionnelle : le Chattar est partagée en deux, un côté pour la femme, l’autre pour le mari. Suspendus, le burnous marron et la cape de laine blanche.

Yeza est le nom de la belle femme berbère. la chambre est décorée à l’inspiration de la Préhistoire. Au cadre autour du lit sont suspendues des peaux de bêtes. Par terre, elles remplacent les tapis. Deux lances entrecroisées sont contre le mur. Des peintures imitant les peintures rupestres mettent en scène des chasseurs. Devant le lit, un très gros et très ancien coffre rouge sang fut teint avec l’écorce de la grenade.

 Tanit
Tanit

 

Tanit est la déesse de la beauté punique. La salle utilise des motifs romains rappelant que les Romains sont aussi passés par Douz.

Nakhla est dédiée au palmier – arbre du Paradis – en remerciement au palmier qui a permis aux nomades de se sédentariser. Tous les murs et accessoires sont en bois de palmier. La voûte est lambrissée de tronc scié. Deux petits palmiers décoratifs trônent sur l’étagère.

Mabrouka
Mabrouka

Mabrouka est le nom de la mère de Salah. A l’origine Salah voulait représenter le passage des Ottomans et la nacre aurait été la matière les symbolisant. Mais la nacre est introuvable à Douz. Il a chois un autre thème : le Tissage avec la pyramide à degré pour symbole, les couleurs, orange et jaune.

Chirazed
Chirazed

Chirazad est la chambre arabo-musulmane au décor noir et blanc soulignant l’arc outrepassé avec un magnifique miroir et un baldaquin de princesse des mille et une nuits.

La cuisine est carrelée de carreaux colorée et possède un plan de travail en pierre. Des plats de toutes tailles ornent un mur. Guirlandes de poivrons et épices complètent le décor.

Le mieux est l’ennemi du bien. La lessive sur la terrasse au vent et au soleil n’a pas séché comme je l’imaginais. On a eu la malencontreuse idée de compléter le séchage sur le radiateur. Tout a brûlé. Il nous en coûtera 100dinars pour le remplacer, et encore ! au magasin il n’y avait pas. Ils vendent plus de climatiseurs pour la chaleur. Salah l’avait fait venir de France.

La Maman de Salah a fait un chorba bien épicée et un ragoût de fenouil excellent. Nous restons la soirée à bavarder. Salah développe un humanisme généreux, un peu confus peut être, basé sur le respect des traditions et l’ouverture culturelle ainsi que le respect de l’environnement.

Dans le froid, on se blottit sous trois grosses couvertures ; Douz bruit des rumeurs de mariages. Les Tunisiens sont en vacances, saison des mariages. Feux d’artifice, tambours, musique traditionnelle mais aussi électronique.

Un thé au Sahara – circuit des oasis de Douz

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Thé au Sahara
Thé au Sahara

 

 

Trouvé dans Géo p231

La route de Zaafrane quitte Douz et traverse une belle palmeraie. Les dattiers sont florissants. Les petits jardins sont des rectangles bien verts. Partout on travaille. Les tas de fumier attendent d’être épandus. La pluie tombée hier a lavé la poussière. Le ciel bleu se reflète dans les flaques.

Zaafrane est un grand bourg en ciment sans intérêt particulier. D’après le guide Géo, l’ancien village a été ensablé et on en retrouverait des vestiges en faisant une promenade à dromadaire. A droite, la palmeraie à gauche les premières dunes du Sahara contenues par des palissades en feuilles de palmier.

Thé au Sahara

enclos de canisse
enclos de canisse

Des maisons basses dispersées nous fait quitter la route. Les animaux sont parqués dans  de curieux enclos carrés de canisses, planches et branchages. Moutons, chèvres s’y entassent. Un cheval est symboliquement enfermé dans un carré de quatre planches. Une chèvre e liberté allaite deux chevreaux nouveau-nés ; le blanc est debout sur ses pattes et tête, le petit noir est à peine capable de se lever.

Les maisons basses en ciment, parfois en briques rouges non revêtue. Partout, des tas de briques. Il semble que chacun agrandit à sa guise sa cour.

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Juste à l’orée des dunes, nous arrêtons la voiture pour grimper sur le  sable. Des enfants jouent. Des animaux sont parqués. Tandis que je photographie les chèvres deux femmes arrivent, main tendue. On se présente avec mon maigre arabe. Le mari parle français. Fatma et l’autre dame nous invitent au thé. Elles arrivent portant deux verres. Nous les suivons dans la cour. Près de la natte se trouve déjà un brasero avec une bouilloire. Un plateau est posé sur un guéridon métallique, au dessous, une coupelle en verre avec l’eau pour rincer les verres. Au  milieu de la cour, un palmier, autour du palmier dans le rond pour l’arrosage, quelques haricots, fèves, persil et coriandre. Jardin minuscule de moins d’1m2.

Fatma apporte des cadeaux
Fatma apporte des cadeaux

Fatma déroule son tapis bleu nuit. Je me déchausse et m’agenouille avec eux. On apporte un fauteuil en plastique blanc pour Dominique qui ne peut s’asseoir par terre. Les enfants s’approchent. Une dame disparaît pour cuire du pain. Le mari propose une ballade à âne ou dromadaire dans les dunes .Fatma revient avec une bouteille d’1.5L d’eau pleine de dattes, puis un lourd collier odorant. Les cadeaux s’accumulent. Ils n’acceptent d’argent ni pour les dattes ni pour le thé. Ce sont des cadeaux ! Que leur offrir ? Je n’ai que ma petite boite de crayons de couleur, les échantillons de produits de beauté et des caramels.

Le chantier

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Le goudron cède la place à un chantier. Nous roulons sur une large piste de sable où travaillent les engins. On construit une route en hauteur au milieu d’un lac salé, prolongement du Chott el Jerid. Avec la pluie il y a pas mal d’eau, des roseaux et de l’herbe verte. Sous le soleil l’aspect est très différent de ce que nous avons vu hier.

Promenade dans le sable

les dunes
les dunes

La dune est retenue par des feuilles de palmier formant une barrière. A l’arrière poussent des buissons épineux gris bleuté.  Des tamaris  parsèment la dune. Je franchis une autre haie sèche, les buissons ont disparu. Il ne reste que quelques arbustes. Après, plus rien que le sable que la pluie de la nuit a cimenté en une couche ferme d’un bon centimètre et demi d’épaisseur qui s’écrase à peine sous mes pas. Un arbre isolé au loin me sert de cap. Peu après l’arbre, il me faut rentrer. Je suis mes traces. Combien de temps le sable garde-t-il l’empreinte de mes pas ? C’est variable. A un moment, je ne vois plus rien. Je ne me suis pas fixé de repère. Sans boussole je risque de dévier. Au loin la ligne verte de la palmeraie, le bruit des voitures sur la route me guident. Presque arrivée à la route, je me souviens d’un bouquet d’eucalyptus perché sur une butte. J’y retrouve les empreintes de mes semelles et celles, plus grandes de Dominique. La voiture se trouve juste derrière.

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Chott el Jerid sous le soleil

Es Sabria est « la porte du désert », dernier point d’eau avant le Sahara selon le guide vert Géo, doit être bien petit parce que nous le dépassons sans nous en apercevoir et arrivons à El Faouan où il y a encore une palmeraie. La route oblique plein Ouest vers l’Algérie contournant le Chott el Jerid , étendue plate à perte de vue. La fine couche de sel fait penser à de la gelée blanche (il fait un temps glacial, j’ai deux épaisseurs sous le pull irlandais et la parka et j’ai encore froid). Avec le  soleil, nous guettons les mirages. Est-ce un mirage, ce reflet qui imite ? C’est peut être de l’eau, il a plu toute la nuit. Et ces immeubles qui ressemblent à des îles des mirages ou des dunes ? Un mirage ou notre imagination ?

Sur la carte, une piste raccourcit la route par Zarzine et Touiba. Ce n’est pas une piste mais une route goudronnée qui traverse les villages sans qu’on ne s’y arrête.

14h30, nous sommes de retour à Douz . Salah n’est pas là. Je dessine dans la cour. Une promenade à dromadaire était prévue mais je préfère profiter du cadre plutôt que de retourner dans les quads et les ULM. Notre cour est si agréable qu’elle mérite qu’on s’y arrête. Nous avons besoin aussi de mettre de l’ordre dans nos affaires. Les coquillages de Gabès ont pourri dans le sac de toilette qui exhale une odeur de poisson pourri pestilentielle. Nous avons de la lessive à faire. Justement il y a une corde à linge sur la terrasse. J’ai jeté à regret les porcelaines.

Douz – Arrivée et promenade dans la dune

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Nous arrivons à Douz vers midi. par hasard, nous arrivons sur une belle place carrée bordée d’arcades blanches, magasins des artisans, magasins de souvenirs, beaux tapis coloriés, roses des sables, burnous blancs ou brune, sarouels, sandales et babouches berbères au bouts ronds et épaisses semelles. Les vendeurs sont habillés en hommes bleus pour séduire le touriste avec chèche et turban, ou en noir (même costume). Un café a installé une terrasse avec des chaises et tables en plastique multicolore. Un coin est occupé par un établissement crépi de neuf proposant une connexion Internet et des boissons diverses.

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Une pâtisserie vend des gâteaux orientaux. Le vendeur nous fait goûter des cornes de gazelles toutes fraîches que le pâtissier confectionne sous nos yeux ;  il étale la pâte avec le rouleau à pâtisserie découpe avec une roulette des ovvales qu’il fourre avec des noix, des amandes et des dattes pilées. Il fait frire ensuite les petites navettes dans l’huile et les trempe dans un chaudron de miel qui dégouline.

Pique-nique dans la voiture à la sortie de la ville. Nous téléphonons à Salah. Pas de réseau. On retourne sur la place. Orange ne passe pas à Douz, ni à Kebili, ni dans le sud. La vendeuse de carte postale me prête son portable et Salah vient nous chercher ; L’absence de réseau est politique : les Trabelsi avaient voulu implanter le réseau Orange à Kebili et la révolution a mis fin à cette entreprise ;

Depuis la Révolution, la politique prend des tournures quotidiennes. Les ordures à Djerba, politique Les queues au ferry, politique encore. Fringale de politique après la dictature.

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Notre gîte Murmure des civilisations  est situé dans une ruelle à l’écart de la circulation automobile et de la vie moderne. Les chambres s’ouvrent sur un  patio sableux planté de plantes grasses, portes bleues et murs couleur terre. Pour choisir notre chambre Salah fait la visite guidée, comme dans un musée. Il a donné à chacune d’entre elles un prénom féminin et chacune raconte un aspect des civilisations passées par le sud tunisien. La première ornée de triangles rouge et verts parle de l’Islam, la seconde raconte la Préhistoire, les chasseurs, lances effilées, dépouilles de peaux de bête. Dans un coin, la trousse en peau de gazelle contient le nécessaire à maquillage.

notre chambre Tanit
notre chambre Tanit

Nous avons choisi Tanit, déesse punique. Les murs y sont peints en orange à l’éponge. Une frise court à mi-hauteur, figurines puniques, ribambelles de danseuses ou d’orantes, levant les bras ou les écartant. Motifs  partant du triangle surmonté d’un petit cercle, orange vif, brun foncé, ocre, jaune. Répétant ce motif, le miroir triangulaire et le porte-manteau rouge. Le lit à baldaquin porte des festons de velours grenant et des dentelles blanches. Rappel à l’Antiquité, deux chapiteaux antiques servent de table de nuit portant des lampes en terre cuite rappelant les lampes à huiles anciennes. Pour réchauffer, un tableau en broderies (peut être indiennes) porte des éléphants lin d’œil à Hannibal ?

La chambre voisine est à la gloire du palmier, voûte lambrissée de bois de palmier, la teinte dominante est le vert, les petits palmiers verts ornent une étagère.

Promenade dans les dunes de Douz

La découverte des dunes est bien décevante sous la pluie. La zone touristique bâtie de grands hôtels de béton vides borde les « installations » : parking, quads, dromadaires et chevaux attendant le client. Il y a même un ULM qui bourdonne au dessus de nos têtes. Les prix sont fixes et rédhibitoires : 5mn le baptême de l’air, 50 dinars, la photo sur le cheval 2 dinars, 1h de cheval 40DT. Pas de prix annoncé pour le dromadaire. Je pars donc à pied par la piste balisée de pneus (pour les quads) . Trop de tourisme tue le tourisme. Comme il n’y a personne je fais une jolie promenade sur le sable doux sans m’aventurer seule trop loin. Les « installations » sont toujours visibles. S’il avait fait meilleur je me serais déchaussée comme à la plage. Aujourd’hui, c’est gros pull et parka et même deux écharpes.

Orange Tunisie, ne passe pas mais Orange France, si. Cela nous évitera une séance au taxiphone à pièces.

Salah nous apporte un radiateur, l’atmosphère de Tanit se réchauffe. Des Italiennes et leur guide jouent au rami avec Salah au salon sur des banquettes rouges.

Au dîner, chorba, brick et salade verte, poulet et pommes de terre. La chorba est épicée, cela réchauffe, j’y presse un quart de citron. Salah ajoute une poignée de persil frais sur els pommes de terre.

Pour la première fois,  nos interlocuteurs, Salah et le guide,  ne sont pas satisfaits du résultat des élections, très sceptiques même. Selon eux, un dictateur va remplacer un autre. Essebsi a servi sous Bourguiba et Ben Ali. La Révolution faite par les jeunes porte au  pouvoir un octogénaire. Du rôle des islamistes, il n’est pas question. Pourtant ils sont ouverts. Peut être Salah et Ali n’ont pas les mêmes préoccupations que nos hôtesses.4

Chott el Jerid

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Le Chott el Jerid, lac salé, le plus souvent à sec est un lieu mystérieux qui a mordu notre curiosité à Créteil avant le départ. J’ai cherché sur Internet quelles légendes lui avaient donné  cette réputation de mystère. Les premières réponses : Star wars. Encore ! Jules Verne a écrit son dernier roman, l’Invasion de la Mer, dans la liseuse, mais pas encore ouvert. Peut être, plus prosaïquement,  les mirages, sur cette étendue vide et plate sous le soleil ?

Je me souvient aussi de ma thèse dans le laboratoire qui étudiait les évaporites.

Nous avons aussi lu qu’il fallait parcourir la route qui le traverse, au lever ou au coucher du soleil.

Réveil 6h pour être sur le Chott avant 7h30

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On quitte Tozeur  par  Deguèche et une belle palmeraie. Les premières plaques de sel, des roseaux et des joncs bas avec des tamaris se voient à la sortie du village. Les buissons disparaissent. Nous découvrons l’étendue du sol brun et plat sous un ciel nuageux. Pas de lever de soleil aujourd’hui,  mais un camaïeu de bruns, d’or et de gris. Des traces mystérieuses, oiseaux ou quadrupèdes ? la route est surélevée sur une digue, bordée par un canal à  sec glaçuré de sel. Les ruisseaux se ramifient en dendrites. On croirait que le canal est gelé. Une carcasse de voiture rouille, comme les ossements d’une moderne caravane. A gauche c’est plus humide, boueux. La couche de sel est rosée, découpée de fentes de dessiccation, on dirait la surface agitée par une tempête fossilisée

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. Au km 63:  de l’eau stagne. Des paquets sont pris dans l’eau comme un bateau dans la banquise. Au loin, est-ce un mirage ? Une ville fantôme ? Ce sont les installations d’une saline industrielle : bassins rectangulaires et cônes de sel gemme. L’horizon est plat comme l’océan. On ne sait plus ce qui est le sel, ce qui est l’eau… Des cafés sont installés devant des buttes qui ont servi de décor à Star Wars, une hutte, pas joli, joli. Des bateaux sont échoués avec des drapeaux tunisiens, trop de couleurs jurent avec l’aspect austère du chott sous les nuages.

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km 43, retour de la végétation, des buissons verts retiennent le sable.  A nouveau des sacs en plastique, au lieu de nommer pompeusement la route principale Boulevard de l’Environnement, on ferait mieux de les ramasser ou de les rendre payants.

Km20 : palmiers, et en même temps que les palmiers une première dune blanche avec des clôtures pour empêcher l’avancée du sable.

Petit détour par le village de Fatnassa par une route bordée de mimosas presque fleuris. Il y a de grosses maisons de ciments. Une 404Peugeot est encore en circulation. Le vieux portent sous les burnous traditionnels ; les jeunes sont encapuchonnés ou enturbannés. Hommes et femmes emmitouflés ressemblent à des tentes dont on ne divine même pas où est l’avant ou l’arrière. Femmes tentes blanches, hommes tentes marron.

A la sortie de Souk Ahad il y a une palmeraie, puis les villages se succèdent. Pas une feuille de palmier pour chasser les nuages gris.

Il  pleut quand nous traversons Kebili , ville moderne. J’entre dans une papeterie-librairie pour acheter un bic cristal, avec 20 Dinar. La marchand n’a pas de monnaie, il me tend le stylo « bienvenue en Tunisie ! »

ancienne Kebili
ancienne Kebili

L’ancienne Kebili se trouve dans l’oasis à la sortie de la ville moderne. Un plan émaillé, un parcours touristique est fléché dans les ruines, 3 coupoles, un minaret, un petit musée, des couloirs qui ont parfois encore les plafonds de tronc de palmier et de roseaux. Evidemment dans ces ruines vides, je ne découvre rien de spécial. Un guide aurait été nécessaire pour raconter son histoire, pour montrer le réemploi de colonnes antiques dont parle le guide Geo. Je fais une promenade tranquille dans le village abandonné sous la pluie et trouve une classe d’enfants sages à l’abri dans un couloir mangeant des sandwiches.

Le soleil fait enfin son apparition. Le ciel bleu se dégage pendant l’averse. J’en suis heureuse pour les palmiers et les jardins.

Nefta : Corbeille et Ong el Jmel

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Nefta

Nefta est situé à 22km de Tozeur sur la route principale très droite. Nous passons devant le campus universitaire, une centrale électrique et traversons une zone désertique. Au loin, on devine le Chott el  Jerid et finalement la palmeraie de Nefta. Selon nos guides on peut visiter la médina qi a un petit musée et des souvenirs historiques liés au soufisme. On rapporte également qu’Isabelle Eberhart faillit y être assassinée. La palmeraie est aussi un but de promenade. La curiosité de Nefta est sa Corbeille palmeraie incluse dans la ville dans une sorte d’amphithéâtre naturel.

Mais comment s’orienter dans Nefta ?

Nous arrivons dans la palmeraie, après la promenade du matin, c’est redite. Nous passons devant la médina sans nous y attarder.

Mais où est donc la Corbeille ? Chaque fois que nous demandons aux passants,, soit il ne comprend pas soit il propose ses services comme guide au tarif exorbitant de 40 dinars. Heureusement le Guide Geo possède un plan de Nefta : il faut trouver la zone hôtelière qui devrait contourner la Corbeille. Après le dernier  hôtel une flèche peinte nous conduit à un petit café qui la surplombe.

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Quatre tables de plastique coloré le long d’un parapet. L’endroit idéal pour dessiner ; une vue presque à 360° sur la piscine naturelle et les jardins, les coupoles des marabouts, les minarets qui coiffent la colline. Le creux est curieusement divisé en sorte d’enclos par des haies de feuilles de palmier qui font comme des loges. Des escaliers descendent vers la piscine. Plus lion, des jardins avec des promeneurs, des cafés, des restaurants de verdure. Un endroit paradisiaque !

Ong el Jmel

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C’est une dune très connue surtout pour avoir été le site de tournage de Star Wars (il y en aura d’autres que nous visiterons. Je ne suis pas fan de la guerre des Etoiles, les décors avec  des robots de pacotille ne me branchent pas. Encore moins les malheureux fennecs que les enfants tiennent serrés par une courte corde pour la photo.  La dune serait belle si les 4×4 étaient raisonnablement sur le parking et si les touristes se déplaçaient à pied ou à dos de dromadaire. Je monte en espérant faire de belles photos dans les lueurs du soleil couchant ; hélas. A peine ai-je dégainé l’appareil photo qu’un 4×4 s’incruste dans le champ de la photo pour s’y immobiliser. Peine perdu pour photographier les rides de sable, des traces de pneu le labourent. Et voilà encore un site magnifique gâché par un tourisme imbécile.

Ong el Jmel au couchr du soleil
Ong el Jmel au couchr du soleil

La piste est bien roulante pour les 4×4, mais notre petite Hyundai est basse, nous voulons trouver le goudron avant la nuit. Nous partons dare-dare.

Fanfare à Nefta

Le long de la route, il y a un attroupement. Une troupe avec musiciens, costumes, sabres, défile. Nous nous arrêtons avec les badauds.

musiciens à Nefta
musiciens à Nefta

Tozeur : Balade en calèche et visite de la Briqueterie

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la calèche, Sabrina la jument et les touristes!
la calèche, Sabrina la jument et les touristes!

Nous préférons une balade en calèche dans la palmeraie trop vaste pour être parcourue à pied. Méfiantes, nous fixons le tarif avec le cocher : 30 DT pour nous deux, pour 2 heures : palmeraie et briqueterie. Notre calèche n°42 est peinte en vert vif, avec trois banquettes, des fleurs artificielles. Elle est tirée par une jument du nom de Sabrina. Le cocher est chenu, il parle très bien Français et il est très doux avec sa jument.

La visite est commentée.

Trois étages de végétation de la palmeraie

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: en haut les dattiers, puis les arbres fruitiers, au sol les légumes. En périphérie de la ville nous passons devant une porte monumentale en brique avec des vantaux de bois cloutés de motifs berbères. Les riches maisons se cachent dans les jardins. Certaines appartiennent à des Européens. A un carrefour se dresse la statue d’Ibn Shabat (1221-1285) qui a planifié le système d’irrigation de la palmeraie : répartition horaire de eau. Mohamed nous montre ls arbres fruitiers : poiriers, figuiers, abricotiers, grenadiers dont les feuilles ont jauni. Un pêcher a gardé ses feuilles vertes ainsi que le jujubier.

Pollinisation des dattiers

La culture prédominante est bien sûr celle des dattes Deglet nour. Mohamed cherche un palmier mâle (peu nombreux il y en a 1 pour 40 femelles). La pollinisation est faite à la main. Un homme grimpe pour cueillir les fleurs mâles. Il répartit ensuite les rameaux portant les fleurs sur les inflorescences qui donneront les fleurs femelles. Il fixe un rameau à l’intérieur du régime qui se fécondera progressivement. Les fleurs qui s’épanouissent tardivement ne donnent pas de fruit et des dattes jaunes non comestibles murissent plus tard.

A la base de certains palmiers fleurissent les buissons de jasmin. Mohamed nous en offre quelques fleurs.

briqueterie

moulage
moulage

A la sortie des jardins Sabrina adopte un trot rapide et même galope : nous arrivons à la périphérie de la ville. La briqueterie est située en bordure du désert : cahutes, fours cylindriques qui ressemblent à des tours en ruine. Le potier raconte son travail. La briqueterie est une entreprise familiale. Les carrières d’argile blanche sont autour de la briqueterie, celles d’argile rouge sont un peu plus loin. Le potier mélange les deux qualités à main nue dans une sorte d’auge, il pétrit et malaxe. Il obtient ainsi une pâte beige, dont il remplit des moules de bois permettant de mouler deux briques à la fois.  20 familles fabriquent 50.000 briques.

séchage
séchage

Il saupoudre ensuite de la cendre et laisse sécher deux à trois jours, puis gratte la cendre et laisse encore une semaine avant la cuisson dans le four chauffé avec les feuilles de palmier à 800°C pendant toute une nuit où le potier restera éveillé pour alimenter le feu.  6000 briques cuiront ensemble tous les 15 jours. Une famille possède 4 à 5 fours.

cuisson
cuisson

En plus de l’activité des briques, il fabrique aussi des poteries ; Devant nous, il travaille au tour. En quelques minutes on voit apparaitre un bougeoir, un petit vase et une coupe.

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gargoulette pour faire cuire la viande

 

Après un tour en ville, nous déjeunons sur la terrasse dehors.

Tozeur : musée Dar Chraït

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Le Musée Dar Chraït  (10DT)est installé dans un palais très richement meublé. J’ai beaucoup aimé les coffres de nacre, les aiguières de cuivre. Comme dans les autres musées tunisiens que nous avons vus il y a des reconstitutions de scènes de mariage avec des mannequins richement habillés, la scène du henné, les contrats de mariage, les musiciens (sonorisés). Dans des vitrines on présente des costumes. Les appartements que le Bey occupait en 1881 sont reconstitués avec la vaisselle et les armes d’apparat. La visite se termine par une exposition de peintures contemporaines assez peu convaincante.

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Dans cette même maison, pour 10DT supplémentaires on pourrait voir les scènes des Contes des 1001nuits. Nous renonçons à cette attraction.

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Tozeur est touristique et offre divers parcs d’attraction en plus du musée et du Belvédère, un zoo  etc.. qui ne nous branchent pas vraiment. Il en faut pour tous les goûts et tous les âges !

Tozeur : 3 oasis Chebika, Tamerza, Midès

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La route dans le désert
La route dans le désert

Pour rejoindre les oasis, la route  traverse une plaine, très plate, encroûtée de sel. Un ruisseau court parmi les roseaux.Le sable est retenu par des clôtures de feuilles de palmiers, parsemé de buissons poussiéreux. La route est toute droite. Vers Chebika, la première oasis, blottie au pied la chaîne de montagne aux niveaux de grès rose, aux ombres violettes dans le petit matin. Un petit banc relevé à la verticale est entaillé faisant des pointes triangulaires comme les épines  de la crête du dos d’un stégosaure.

Chebika
Chebika

Pour Tamerza la route s’élève  en virages à épingle à cheveux . Au col, un marchand de minéraux et fossiles expose de belles roses des sables, des troncs d’arbres fossilisés, des géodes de quartz et de calcite, des fossiles d’huitres….Le vendeur me propose aussi deux petits plans de palmier, un mâle et un femelle. Selon lui, ils résisteraient à -15°C. Dans le creux, se trouve la bifurcation vers la Grande Cascade  puis la route remonte vers le village de Tamerza ou nous suivons une flèche « Petite Cascade ».

Tamerza la Petite Cascade
Tamerza la Petite Cascade

Au parking, un jeune  nous emboîte le pas. La cascade coule abondamment, pas très haute, rebondissant dans une vasque naturelle. A droite, s’ouvre le canyon. Abdul, ne s’engage pas dans le grand canyon mais me conduit dans un étroit passage, passe un gué (je glisse et trempe ma sandale). On progresse sur la roche, heureusement hérissée de silex,31 qui procurent de bons appuis.

le canyon étroit
le canyon étroit

La promenade tourne à l’escalade. Le jeune guide présume-t-il de mes forces ? Il m’indique prises de main et prises de pieds. Finalement je grimpe encore bien. En chemin,  il ramasse des minéraux transparents qui se clivent bien et qu’il nomme « mica » alors que cela ressemble à du gypse. Au sommet il me montre la route de Midès puis nous descendons en traversant ds jardins enclos dans des murs de feuilles de palmiers : fèves, fleurs (zinnias) grenades et petits piments rouges ;

Tamerza petit jardin
Tamerza petit jardin

La promenade a duré une bonne demi-heure, je laisse à Abdul 5DT. A sa tête je comprends qu’il attendait plus. Cela ne l’empêche pas de nous faire un signe amical quand nous le croisons à nouveau dans le village.

Tamerza-Nouvelle est un village de ciment bâti de part et d’autre de la route. Boutiques, gargotes, échoppedes de téléphonie, vivant mais pas pittoresque. La vieille Tamerza fut détruite par des inondations catastrophiques en 1969. Perchée sur un promontoire au dessus de la palmeraie. Un homme en mobylette nous indique le chemin « passez par là, c’est dur, plus loin c’est du sable ». il remarque la couverture  verte du guide Geo « je suis dans Geo, je suis Farouk Azzedine » il propose de nous guider dans le village détruit et de nous montrer la Route Rommel.

Ancienne Tamerza
Ancienne Tamerza

Le village est vraiment très détruit, on marche dans un champ de ruines. Ici et là, on fait une découverte, un petit portique à arcades, une grosse jarre enterrée dans une maison. Elle fut tournée sur place d’après le guide (cuisson ???) Nous terminons la visite par celle de la petite mosquée encore entretenue dont les arches reposent sur des colonnes en fut de palmier. L’intérieur est soigneusement chaulé.  En descendant Farouk insiste. « Vous ne pouvez pas aller seules sur la route de Rommel, c’est mal indiqué, c’est sur la frontière de l’Algérie, c’est dangereux »Pour la visite qui a duré 20 minutes, il réclame 20€ « même pas en rêve ! » il descend à 20dinars, on lui en laisse à regrets 10DT. Il est furieux, nous aussi.

Midès
Midès

La route passe un petit col avant Midès . Au sommet, le poste frontière ressemble à un château fort avec 4 tourelles à chaque angle. Dominant le canyon, sur un promontoire, le vieux village de Midès a été, lui aussi abandonné en 1969. Je trouve très étrange que les inondations aient endommagé ce village perché et construit avec de belles pierres.

Rose des sables
Rose des sables

Au point  de vue, des marchands ont installé leurs roses des sables, arbres fossiles,  géodes. Belle marchandise très tentante. Heureusement que l’idée d’excédent de bagages dans l’avion me dissuade. Un petit ruisseau a entaillé la falaise calcaire, il prend sa source en Algérie. Nous pique-niquons de chips, Vache- qui- rit et mandarines.

dattes
dattes

La palmeraie de Midès est très soignée. On y récolte les dattes, les branches sur lesquelles les fruits sont fixés sont orange vif qui tranche sur le vert et le jaune du tapis d’oxalis. Un homme m’offre une grenade. Je refuse mais je les photographie. La palmeraie a toujours une atmosphère spéciale, miracle de l’eau, calme et sérénité en même temps que vie et animation.

la grenade et le monsieur
la grenade et le monsieur

Le spectacle de la Grand Cascade est gâché par un parking bondé, de nombreux étalages vendant des marchandises diverses et moches. Les chèches multicolores se déployant au vent évoquent un peu un monastère bouddhique. Les panneaux en polonais sont inattendus. La cascade n’est pas aussi grande que cela .

Chibika, l’oasis la plus proche de Tozeur

Impossible de se garer sur le parking occupé par les gros 4×4. Nous n’essayons même pas sûres de retrouver la foule de la cascade. Ce sont les vacances en Tunisie. Tout les gens du nord sont venus chercher le soleil attirés par le Festival de Tozeur et celui de Douz.

poème
poème de Chebbi

Fatima nous recommande d’aller voir le coucher de soleil au Belvédère, Ras el Aïn,  chanté par le poète Abou el Kacem Chebbi. Cela devrait être un endroit très romantique pour terminer cette belle journée. Toute une foule converge vers un rocher sculpté avec une énorme tête et un autre servant de socle à un aigle. Une sorte de parc d’attraction occupe l’espace : ânes coiffés de chapeaux et harnachés de pompons, dromadaires, trampoline géant…A défaut de romantisme c’est l’exotisme d’un lieu d’amusement populaire avec familles, poussettes, selfies. Deux stèles portent les poèmes, l’une en arabe, l’autre en français calligraphie émaillée.

Chez Taieb, il y a de nouveaux arrivants : une dame japonaise solitaire et empruntée (elle s’est enfermée inexplicablement puisque la porte est ouverte), trois « macédoniens ».J’ai hâte de rencontrer des Macédoniens, c’est original. L’un d’eux habite à Skopje mais les autres, Timisoara, et les trois parlent Roumain. Sandra, la motarde italienne, est originaire de Herzegovine et se trouve très à l’aise avec ses « cousins balkaniques ». A table la conversation est polyglotte, français, anglais, italien et roumain chacun comprenant à peu près l’idiome des autres  (sauf le roumain). Taieb a débouché du vin rouge tunisien (d’après lui le blanc ne vaut rien) . En entrée salade mélangée avec du fenouil, des radis, tomates et salade verte. Chorba et tagine aux épinards et ricotta.. Le plat de résistance est du riz mélangé aux légumes et à la viande. Pour finir : oranges, dattes et Limoncello « made in Tozeur ». Tout le monde est très gai. Sandra annonce qu’avec le vin elle est capable de faire parler et chanter en serbe même les Croates et les Bosniaques

Arrivée à Tozeur

CARNET DE DJERBA AU SUD TUNISIEN

minaret de briques à Tozeur
minaret de briques à Tozeur

Sur le bord de la route de Tozeur, on vend des poulets rôtis dans des gargotes. 5DT, un demi-poulet accompagné de salades et de frites qu’on mangera à la sortie de la ville sur une piste.

Environ 50km, 1h de route pour Tozeur. Des panneaux annoncent des passages de dromadaires. Yosr est au restaurant avec sa troupe de théâtre, ils viennent de terminer le déjeuner. Les acteurs nous invitent à assister à la pièce. Beckett en arabe…. « Mais le théâtre, ce ne sont pas que des mots. Ce sont aussi des images » insiste l’un d’eux. Ils repartent pour Tunis juste après la représentation mais nous recommandent un concert à 22h  ce soir.

La maison de Taieb

Deglet Nour les dattes de Tozeur
Deglet Nour les dattes de Tozeur

La maison de Taieb est à l’entrée de la zone touristique. Une énorme porte de briques barre la route qui mène à un quartier d’hôtels clinquants, de loueurs de quads…Les énormes  cruches de briques, les bars ne m’inspirent pas. Pour la première fois en Tunisie, nous rencontrons le « tourisme de masse ». Dans les chambres d’hôtes nous sommes préservées de la standardisation et de l’industrialisation du tourisme, mais pas tout à fait. Taieb est très accueillant mais il loge en même temps que nous des Italiens et des Espagnols et il possède une « résidence » en ville d’une douzaine de chambres. Nous sommes des hôtes choyées mais pas de la famille. Nous avons pris des habitudes de luxe et la salle de bain à partager nous apparait une punition. Nous avons une jolie chambre décorée avec  goût, tapis chaleureux et sol en marbre, une belle couverture berbère au mur. La literie est excellente et le radiateur électrique chauffe bien. Nous avons bien sûr accès aux canapés des salons.

La Médina de Tozeur

Briques de Tozeur
Briques de Tozeur

Il nous reste deux heurs avant la nuit pour visiter la médina de Tozeur : curieuse ville de briques beiges. Les briques sont utilisées avec fantaisie comme élément de décor avec des motifs géométriques autour des fenêtres et des portes. Certaines ruelles sont résidentielles et roites et tranquilles. Un cortège bruyant suit un dromadaire. Je tente de les suivre pour apercevoir la mariée (on ne voit qu’une sorte de tente rouge). Au centre de la place principale une énorme cruche de brique mesure deux étages de haut. Des la cruche partent des guirlandes lumineuses. La ville est en fête : clôture ce soir du Festival de Tozeur ! Autour de la cruche, sous des arcades ou directement sur la chaussée, on vend des dattes – spécialité de Tozeur – des paniers, des tapis. Les paniers et les poteries sont de facture grossières. En revanche les tapis me plaisent beaucoup. Les marchands sont collants, l’un d’eux est même grossier parce que nous refusons d’entrer dans son magasin. Taieb nous avait prévenues : « avec la crise, ils vendent peu, donc ils sont un peu casse-pieds »

rue dans la médina de Tozeur
rue dans la médina de Tozeur

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Au dîner, nous n’avons pas voulu nous mêler à la table cosmopolite. Nous dînons devant TV5 : trève des confiseurs !

Le brick est excellent fourré de plein d’herbes, la chorba délicieuse .