Lire pour le Cambodge et le Laos : Le Mékong – Louis de Carné – Ed. Magellan&Cie – GEO

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heureux qui comme…Louis de Carné

Toujours dans l’excellente collection GEO Magellan&Cie.

Quelques année après le début de la colonisation française en Indochine l’admnisitration fraçaise lance des expéditions pour explorer le Mékong.

« ce grand fleuve sacré pourrait-il devenir une voie commerciale reliant la Cochinchine à la province chinoise du Yunnan.?

L’expédition, partie de Saigon navigue jusqu’à Vientiane et Luang Prabang. Puis l’exploration devient terrestre à travers le Laos. Outre la difficulté de la marche c’est plutôt les difficultés imposées par les autorités locales qui causent des tracas aux Français. Birmans, laossous obédience Thaï ou birmane, peits roitelets indépendants, mandarins qui cherchent à se donner de l’importance; tout est prétexte pour retenir la délégation, l’égarer, la plumer..

On découvre une mosaïque de populations, de paysages insoupçonnés. Les jeux de pouvoir sont subtils, les interprètes pas toujours fiables…Ce récit se leit comme un roman d’aventure.

Parallèlement j’ai commencé la Voie Royale d’André Malraux et cette lecture trouve  un échointeréssant.

lire pour le Cambodge : Phnom Penh -Xavier Brau de Saint-Pol Lias – coll GEO

 

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Connaissez vous l’excellente collection Heureux qui comme…. de MAGELLAN & Cie – GEO ?Jolis petit livres, couverture aux couleurs vives illustrée, beau papier

« …partager les émotions des premiers-écrivains voyageurs et retrouver les racines d’un monde intemporel »

propose l’éditeur. Ce qui me va très bien.

Court texte de 65 pages, un long reportage plutôt de Phnom Pehn insurgée  en  1885.

20 ans après que le Cambodge ne passe sous Protectorat français , le géographe quitte Saigon par bateau chargé d’une mission ethnographique et géographique. il décrit les paysages traversés, la petite capitale, encore un bourgade, l’intérieur du pays et la cour du roi Norodom.

Trouvé à l’aéroport de Siem Reap où se trouve une excellente librairie, je l’ai lu d’un trait dans l’avion. Lecture pittoresque et très agréable.

Lire pour le Cambodge : Séra – L’Eau et la Terre

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Arrivé avec Le Portail, sur le conseil (éléctronique) d’Amazon. J’ai eu une surprise en ouvrant le paquet : une BD, moi qui n’en lis jamais!

Et j’ai été bluffée!

Par le graphisme tout d’abord: de grandes images, 3 vignettes au maximum par page, souvent une seule. Des tableaux plutôt que des vignettes avec des cadrages parfaits , des éclairages dramatiques, des harmonies de sépia, de brun-rouge, de noirs et de gris. Pas besoin de beaucoup de temps pour deviner l’atmosphère sombre des temps des khmers rouges.

Par les textes ensuite, dialogues mais aussi slogans politiques ou poèmes khmers anciens. Un souci du témoignage le plus historique possible. L’histoire est entrecoupée des cartes des déportationns ou des lieux de détentions et des charniers. Comme pour nous rappeler que ce n’est pas un livre de fiction.

Des destins se mêlent, ce couple chassé de Phnom Pehn, la peite fille aux allumettes, l’adolescent-khmer rouge…. et cette phrase qui revient comme un refrain

« ... ET JE NE SUIS TOUJOURS PAS MORT…« 

Détails de la vie quotidienne de cet enfer, de cette misère et de ce désespoir sans  nom.

Il faut également se référer aux remerciements et à l’abondante bibliographie pour comprendre la volonté du témoignage de Séra .

lire aussi

lire pour le Cambodge : Le Portail – François Bizot

Lire pour voyager/Voyager pour Lire

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Ce Portail fermait l’entrée principale de l’Ambassade de France, où la Communauté des expatriés  au Cambodge s’était réfugiée, évacuée  après la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges. Ce livre, Le Portail, est un témoignage racontant la captivité de Bizot dans la jungle en 1971 puis les dernières semaines vécues dans l’ambassade en 1975.

Acheté à la suite de recommandations d’inconnus sur les forums de voyageurs, j’ai longtemps hésité avant de commencer cet ouvrage. Je n’aime pas les films ou la littérature de guerre. Le sang m’effraie, les héros m’agacent…Et puis, je ne l’ai plus lâché. C’est un grand livre, très bien écrit et passionnant.

Quand on raconte un génocide c’est facile. Il y a les victimes et les bourreaux.

On peut aussi voir autrement : les impérialistes américains et leurs valets, laquets, on se souvient de la terminologie en cours, et en face la juste lutte  des peuples, les fronts de libération nationale…les peuples-frères. Adolescente j’ai vibré à ces slogans, soutenu la juste lutte du peuple vietnamien, puis cambodgien…plus tard j’ai été catastrophée quand le Vietnam a fait la guerre au peuple-frère… sans rien comprendre.

Avec Bizot, l’analyse ne vient pas de l’idéologie mais du terrain. En 1971, quand il est fait prisonnier des Khmers rouges, il voit les troupes nord-vietnamiennes qui avancent derrière les Khmers rouges, il décrypte le discours qui vient de Chine, il devine la catastrophe à venir, il en discute ouvertement avec son geolier Douch . Et il a reproché l’aveuglement de Lacouture et des expatriés communistes qui, après la prise de Phnom Penh, croyaient encore assister à la fête de la libération et qui, encore déguisés en Khmers, sont venus se réfugier à l’ambassade.

Ce livre n’est pas un témoignage à charge au tribunal de l’Histoire qui a déjà condamné le massacre, c’est bien plus. Bizot parle khmer et connaît mieux le boudhisme khmer que les « camarades » illettrés qui récitent des formules apprises par coeur. Il peut dialoguer avec Douch dans la jungle, et, plus tard, il est l’interprète des diplomates français auprès de Nehm. Il comprend non seulement leur langue de bois mais aussi leurs mimiques. Il utilise leur psychologie pour négocier avec les adversaires. Il gagne leur estime. Le livre rend compte avec finesse de ces dialogues, sortes de  jeux d’échecs où il convient de flatter, d’exiger, de reculer, au bon moment.

Le Portail ne se résume pas non plus à l’analyse politique. Bizot sait merveilleusement bien raconterla nature Cambodgienne. Il nomme chaque arbre avec son nom latin. Il sait nous faire sentir la touffeur, l’humidité, l’électricité d’une soirée d’orage. Leçon d’humanité quand il raconte le respect pour la nourriture de ceux qui en ont été privés. Mais aussi les mesquineries au sein des centaines de réfugiés. Point de manichéisme, tel chef de guerre fait montre d’une lâcheté insondable et quelque temps plus tard de courage. Les Khmers rouges sont toujours montrés comme des hommes et non pas comme des monstres. Bizot décortique leurs contradictions. Il peut aussi montrer l’affection qu’il porte à son chien, à une poule. Ce livre rend compte de la complexité de l’humain et dépasse largement le témoignage et l e cadre cambodgien.