Voyage d’un faux derviche en Asie Centrale 1862-1864 Armin Vambery

LA ROUTE DE LA SOIE

arnim vambery

En 1862, les khanats d’Asie Centrale sont fermés aux étrangers. Pour atteindre Khiva, Boukhara ou Samarcande,  il faut se déguiser. Armin Vambery, Hongrois,  linguiste distingué, choisit l’habit du derviche et suit une caravane revenant de la Mecqueen direction de Samarcande. L’entreprise est risquée, deux espions anglais ont été décapités à Boukhara vingt ans avant et les émirs ne tolèrent aucun infidèle sur leur territoire. Le travestissement doit être parfait!
Le Reghistan àBoukhara où les deux anglais ont été exécutés
Le Reghistan àBoukhara où les deux anglais ont été exécutés
Pour rendre son entreprise crédible, Vambery, qui a séjourné plusieurs années à Constantinople se fait passer pour turc. Et pour ne pas être démasqué c’est à Téhéran, comme diplomate, qu’il rencontre la troupe de derviches. En pays chiite, la délégation ottomane aide les pèlerins sunnites d’Asie centrale.
Le début de la relation de voyage est un peu emberlificotée, comme l’entreprise, elle même. A mesure qu’on fait la connaissance de ses compagnons de voyage, on se laisse entraîner dans leurs aventures.
Traverser la Caspienne, les terribles déserts turkmènes n’est pas une simple promenade. Il faut chameaux et ânes. La chaleur, la soif tenaille les caravaniers. Il faut aussi ruser pour ne pas rencontrer les terribles brigands qui sévissent , détroussent les voyageurs et les réduisent en esclavage.
Arrivé à Khiva, le faux derviche doit se comporter comme un vrai, vivre d’aumônes ou démêler des querelles théologiqes, et toujours avec le risque d’être démasqué!
Audience chez l'émir de Khiva, par quelle porte entrera Vambéry?
Audience chez l’émir de Khiva, par quelle porte entrera Vambéry?
Quel plaisir de retrouver Khiva, Boukhara ou Samarcande, non pas comme des destinations touristiques mais peuplée de ses émirs sanguinaires, de ses dévots, de ses marchands! Et puis, découverte de l’Afghanistan, Herat….
Une relation de voyage, mais aussi un roman d’aventure!

 

En lisant le Grand Jeu de Hopkirk, j’ai retrouvé plusieurs de ces espions déguisés, en marchands de chevaux, médecins, derviches…..lu aussi la relation de la fin Charles Stoddart et Conolly en 1842, émissaires britanniques pour tenter de forger une alliance avec l’émir de Boukhara contre les Russes. J’ai aussi retrouvé Vambery, lui-même, acteur dans cette rivalité Anglo-Russe et russophobe actif. J’ai aussi mieux compris pourquoi les Afghans qui avaient été occupés par les troupes britanniques  ont été moins crédules.

Le Samarcande de la jolie collection Géo d‘Alcée Durrieux et René Fauvelle présente aussi ces derviches, leurs costumes, leurs coutumes pittoresques.

 

ULUGH BEG – L’ASTRONOME DE SAMARCANDE – Jean Pierre Luminet

LA ROUTE DE LA SOIE

madrasa d'Ouloug Beg à Boukhara
madrasa d’Ouloug Beg à Boukhara

 » Les religions se dissipent comme la brume du matin. les empires se démantèlent comme la dune sous le vent. mais les travaux des savants demeurent pour l’éternité »

Ulugh Beg (1394-1449)

« la recherche de la Science est le devoir de tout Musulman, homme et femme. »

inscription sur le portail de la madrasa Ulugh Beg à Boukhara

Ainsi commence le roman historique retraçant la vie d’Ulugh Beg – Prince Astronome – petit fils de Tamerlan. Généralement je préfère l’Histoire des historiens aux romans historiques. Dans le cas de Tamerlan, j’avais peiné en lisant l’excellente biographie de Lucien Kehren, égarée dans trop de lieux inconnus, trop de dynasties mongoles, de Moutons noirs, Moutons blancs et de Hordes de toutes les couleurs….Un roman historique est donc le bienvenu pour intégrer en douceur la géographie et l’histoire de l’Asie Centrale au temps des Timourides. 

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Al khwarizmi devant les remparts de Khiva

C’est aussi – et surtout –  un roman s’inscrivant dans l’histoire des sciences. L’auteur, Luminet est astrophysicien ; il a écrit toute une série d’ouvrages racontant la vie de Copernic, Kepler, Galilée….Il replace les travaux d’Oulough Begh dans le contexte : d‘Al Khwarizmi « fondateur des mathématiques et de l’astronomie arabes » à Oulough Beg et à Al-Kashi, c’est toute la science de Bagdad à Khiva puis à Samarcande qu’il évoque, faisant même le détour par les Baléares et les fameux portulans du cartographe Abraham Cresque. Je croise ces grands savants avec grand plaisir, certains ne me sont pas tout à fait in connus comme Al-Biruni cité à Khiva qui osa l’hypothèse héliocentrique dès l’an mille. Qadi – Zadeh , le professeur d’Oulough Beg . Un mystérieux Bâton d’Euclide est transmis – c’est aussi le titre d’un ouvrage de Luminet que j’ai téléchargé et que je me fais un plaisir de lire bientôt.

Ciel étoilé
Ciel étoilé

Astronomie, astrologie, interprétation des zodiaques, Islam et même zoroastrisme. Ce livre est d’une grande richesse, d’une grande modernité aussi quand il oppose les courants soufis aux intégristes, citant les Quatrains d’Omar Khayyiam fort à propos.

Cette célèbre Roue à  nos yeux suspendue

Et lanterne magique étonnant notre vue 

Du milieu, le soleil éclaire la lanterne,

Et nous tournons autour, images éperdues

Ce roman – pourtant très savant – est d’une lecture facile, très vivante . Il raconte Tamerlan, le conquérant, mais aussi le politique qui sut utiliser le prétexte de la naissance de son petit fils (Oulough Beg) pour abandonner le siège d’une place forte sans avoir l’air de céder, qui sut modifier sa date de naissance pour obtenir un horoscope favorable…Il raconte aussi son successeur Chah Rukh,  quatrième fils de Tamerlan, diplomate établi à Herat, tandis que les autres timourides se déchiraient.

Oulough Beg devant son observatoire
Oulough Beg devant son observatoire

Il raconte aussi l’urbanisme de Samarcande, avec un plan imaginé par l’astronome comme un reflet des astres, la construction de Gour Emir  le mausolée de Tamerlan et l’immense esplanade du Reghistan avec un architecte de Delhi.

« Ce n’était pas une coïncidence si le mausolée de Tamerlan était à la place de Saturne, la mosquée de Bibi-Khanoum à celle de Jupiter, bains publics, hammam et hospice à celle de Venus, la caserne principale à celle de Mars, le grand Bazar à celle de Mercure. L’ensemble du Reghistan au centre de la ville, ne sauarait être autre que la Terre et la Lune. « 

 Le chantier de l’observatoire et de l’immense sextant (que nous avons vu récemment) est un grand moment de lecture  et de science aussi!

Et pour le plaisir encore un quatrain :

« Hier est passé, n’y pensons plus

Demain n’est pas là, n’y pensons plus

Pensons aux doux moments de la vie

Ce qui n’est plus, n’y pensons plus »

Omar Khayyiam

Merci à tous pour ce voyage des 1001 nuits!

CARNET OUZBEK

Les dames aux coquelicots : un moment de partage inoubliable!
Les dames aux coquelicots : un moment de partage inoubliable!

Deux mois ont passé depuis notre retour et je n’arrive pas à me départir de mon émerveillement. Un  autre voyage se profile. Je ne voudrais pas refermer ce carnet sans remercier tous ceux qui ont contribué à la réussite du voyage.

Samarcande
Samarcande

Merci à Jahonghir, de KARAVAN Travel de Samarcande, agence francophone spécialisée dans les voyages à la carte qui a été très réactif, présent sur Skype, à notre écoute et qui a retouché le canevas pour nous organiser un planning à notre rythme, qui a choisi des hébergements vraiment top! 

Merci à Evaneos qui nous a mis en contact avec cette excellente agence locale! Ce n’est pas notre premier voyage avec Evaneos et nous avons toujours trouvé de très bons correspondants.

Nassim, chauffeur prudent et infatigable!
Nassim, chauffeur prudent et infatigable!

Merci  à Nassim, notre guide, toujours souriant, parlant un français parfait, cultivé, un vrai conteur, qui a su toujours éveiller  notre curiosité, toujours très pro même quand on était fatiguées ou grognonnes.

Merci aux  hôteliers!

Vu de la terrasse de l'hôtel sur les coupoles et les creneaux
Vu de la terrasse de l’hôtel sur les coupoles et les creneaux

à  Mansour de Khiva à qui nous souhaitons plein de clients pour son hôtel tout neuf avec sa belle terrasse et sa cour accueillante, nous nous sentions plus invité que clientes.

Hovli Poyon, le palais de l'émir!
Hovli Poyon, le palais de l’émir!

A Boukhara nous étions logées  comme des princesses dans un véritable palais. nous avons passé des heures sur les coussins dorés sirotant les innombrables thés, offerts par Akbar toujours attentif.

Nous avons aussi beaucoup apprécié les petits déjeuners dans le patio de l’Hôtel Dilshoda admirablement situé à proximité de Gour Emir à Samarcande .

patio de Dilshoda
patio de Dilshoda

Chez Narzullo, au village nous avons adoré partager le quotidien de nos hôtes et de leurs enfants.

Rouslam petit guide anglophone de 11ans!
Rouslam petit guide anglophone de 11ans!

Mention spéciale à  Nélufar et son mari qui nous ont invitées sur la terrasse de leur Hôtel Bibi Khanim, la plus belle terrasse de Samarcande, juste en face de la mosquée d’où on découvre toutes les coupoles et les minarets. Nous y avons  passé une merveilleuse après midi.

Nous conserverons longtemps le souvenir de leur hospitalité chaleureuse.

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les dames de Ferghana qui nous ont gentiment accueillies à Tashkent

 

Merci aux inconnus – heureux d’entendre un peu de français – qui nous ont abordées au restaurant. Je garderai un souvenir très ému  des dames aux coquelicots. Et toute mon admiration à Fairouz, le miniaturiste, dont les œuvres décorent maintenant le salon!

conte des 1001 nuits!
conte des 1001 nuits!

 

Samarcande Registan et Mosquée de Bibi Khanim

CARNET OUZBEK

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Le Registan est un ensemble monumental 15ème siècle mais il a été remanié au 17ème et est est bordé de madrasas alors qu’à l’origine il y avait aussi un caravansérail et un khanaka. La madrasa d’Oulough Beg était un centre culturel réputé Ouloug Beg dispensait lui-même des cours d’astronomie. En plus des sciences religieuses, on y enseignait l’Arabe, le Persan, l’Histoire et la philosophie. Les savants les plus connus et les poètes comme Navoï Alisher passèrent par cette université. Au fronton, on reconnait les décors géométriques de briques vernissées reproduisant le nom d’Allah ou de Mohamed en écriture coufique, les mêmes torsades qu’à Boukhara bordent l’arche. Le fronton de l’Iwan porte le décor étoilé rappelant qu’Oulough Beg était astronome.

le ciel étoilé en l'honneur du Prince -Astronome
le ciel étoilé en l’honneur du Prince -Astronome

L’intérieur de la madrasa est entièrement carrelé de mosaïques merveilleuses mais les cellules des étudiants sont occupées par les marchands qui vendent de jolies marchandises à prix d’or. Ils sont aussi très insistants ce qui gâche la visite.

Au 17ème le Caravansérail et le khanaka furent remplacés par la madrasa Cher d’Or et une mosquée : la mosquée d’hiver est décorée d’une coupole décorée d’or. En 1920, la place fut bombardée : on a exposé les photos des ruines dans la mosquée. La rénovation fut entreprise dans les années 1970. A l’origine la coupole était à la même hauteur que le minaret, on l’a reconstruite plus petite. En 1994 pour l’anniversaire d’Ouloug Beg les façades furent restaurées, les minarets qui penchaient, redressés.

Tigre, gazelle et soleil de la connaissance
Tigre, gazelle et soleil de la connaissance

La façades de la madrasa Cher d’or est ornée de tigres  du soleil et de gazelles. Une interprétation veut que les tigres figureraient les étudiants poursuivant la connaissance (les gazelles) sous le soleil qui dispenserait la science. Une autre légende raconte qu’aux temps anciens de la fondation de Samarcande, les tigres seraient descendus du Pamir et les valeureux habitants les auraient apprivoisés.

coupole d'or
coupole d’or

Dans la madrasa qui a une mosquée décorée d’or, la cour a été moins rénovée ; les dalles sont disjointes, les arbres confèrent un charme supplémentaire. Cette mosquée est vraiment magnifique avec sa coupoles aux stalactites dorées. Sous les arcades de chaque côté du dôme les marchands vendent de très beaux tapis (on est déchaussé) et des suzanis. Au bout de la galerie, un petit musée est consacré à Oulough Beg avec les mêmes reproductions qu’à l‘observatoire. En plus on montre les cratères de la lune nommé d’après le prince astronome.

suzani grenades
suzani grenades

Dans la madrasa décorée de tigres, les marchands vendent des souvenirs destinés aux touristes locaux, très clinquants, velours brodés d’or,  des vêtements folkloriques sont mis à disposition pour se faire photographier. Un marchand a sorti de très beaux tapis. C’est là que je vais acheter l’écharpe en soie dont je rêve depuis Tachkent. Premier prix 12€ (en face c’était 25€, la même) comme je refuse, on me la fait à 10€ ca qui me convient.

Du Registan à la Mosquée de Bibi Khanim on marche sur une promenade aménagée, dallée, engazonnée contemporaine bordée de boutiques aux grandes vitrines vitrées. Architecture mondialisée, propre, aseptisée sans aucun charme. Maisons russes et tonnelles ont laissé place à cette promenade où de jeunes marronniers commencent à fleurir, trop neufs, trop jeunes. Je préfère la crasse de notre quartier à cette modernité impersonnelle.

Mosquée de Bibi Khanim
Mosquée de Bibi Khanim

La mosquée Bibi Khanim est une mosquée gigantesque, la plus grande d’Asie Centrale, pouvant contenir 15000 personnes. 180mx160m et une hauteur de 36m. La mosquée d’hiver était décorée de papier mâché, ses murs sont en triste état les oiseaux y font leurs nids. La mosquée d’été dans la cour était riche de 400 colonnes. Le  minaret est octogonal, style correspondant à la campagne d’Inde de Tamerlan.

Bibi Khanim était l’épouse préférée de Tamerlan, la plus cultivée à qui il avait confié l’éducation de ses enfants. Tamerlan lui offrit cette mosquée et construisit le mausolée à proximité.

On raconte aussi que Bibi Khanim fit construire la mosquée pendant l’absence de Tamerlan pour lui en faire la surprise à son retour. L’architecte serait tombé amoureux d’elle et lui auraitdemandé un baiser. Bibi essaya d’abord de le raisonner « tu es marié, nous sommes toutes les mêmes » faisant apporter un œuf coloré et un autre non, faisant comparer le goût. L’architecte fit apporter un verre d’eau et un verre de vodka, ils se ressemblaient mais leur goût était différent ; Bibi Khanim finit par céder car l’architecte menaçait d’arrêter les travaux, à condition qu’il y eût un coussin les séparant. Le coussin, sous le baiser brûlant s’enflamma, laissant une trace sur la joue de Bibi Khanim. Cette dernière ayant avoué sa faute à Tamerlan, le roi fit précipiter l’architecte du haut du minaret. Mais il lui poussa des ailes….puisque c’est un conte des Mille et unes nuits ! J’ai hésité à retranscrire ce conte destiné aux touristes crédules que nous sommes. C’est la lecture d’Ella Maillart qui m’a convaincu : on lui avait raconté presque le même.

Le lutrin du Coran d'Osman
Le lutrin du Coran d’Osman

Au milieu de la cour se trouve le lutrin monumental destiné à recevoir le Coran d’Osman, que nous avons vu à Tachkent le premier jour du voyage. Tamerlan avait rapporté ce Coran précieux de Bagdad. Il fut conservé jusqu’à la prise de Samarcande par le Général russe Kaufmann qui l’emporta à Saint Petersbourg, où l’on le copia 50 fois. En 1923, le Coran original fut rendu à Tachkent. Le lutrin est considéré comme saint et les femmes en mal d’enfant se glissaient en dessous. Cette pratique ressemblant à de l’idolâtrie est maintenant interdite.

le restaurant et la promenade trop moderne
le restaurant et la promenade trop moderne

Des cafés et des restaurants ont installé d’agréables terrasses avec banquettes de bois, tentures imitant les suzanis, des auvents sur des colonnes de bois. Destiné aux touristes le restaurant présente de menus plastifiés avec des prix fixes. Nous jetons notre dévolu sur des raviolis (manty) accompagnés de thé noir. Surprise au moment de l’addition le thé est facturé 3000 soums (1€) et une cuillère de sucre 2000 !

la coupole de Bib Khanim vue de la cour de l'hôtel Bibi Khanim
la coupole de Bib Khanim vue de la cour de l’hôtel Bibi Khanim

Les propriétaires de l’hôtel Hovli Poyon de Boukhara nous ont  conviées à boire le thé sur la terrasse de leur hôtel Bibi Khanim – la plus belle de Samarcande ! Ils ne se sont pas vantés : de leur terrasse nous dominons la cour de la mosquée Bibi Khanim, avec une vue très dégagée sur la nécropole Chah i Zinda, les toits et les jardins de la ville. Les minarets et coupoles sont innombrables…L’accueil est très chaleureux et la conversation passionnante. Neluphar et son mari organisent des treks et viennent souvent en France. Ils ont des amis parmi les guides savoyards et leur base française est Albertville. Ils ont donc une très grande ouverture d’esprit. Mais aujourd’hui la tristesse est palpable : le séisme meurtrier du Népal les touche personnellement. Ils pensent aux guides. Peut être ont-ils perdu des amis ?

l'hôttel Bibi Khanim, vraiment à recommander
l’hôttel Bibi Khanim, vraiment à recommander

Nous visitons l’hôtel, tout neuf, confortable avec des chambres modernes,  et très bien décorées réparties sur la galerie qui fait le tour du patio. Un très bel établissement à recommander !

Vers 17h, Nassim vient avec ses enfants nous conduire à la gare. Le train Afrosiab – talgo espagnol –   doit nous conduire à Tachkent. Il nous laisse à l’extérieur : seuls les voyageurs peuvent entrer et les contrôles tatillons sont encore plus poussés qu’à l’aéroport. En moins de 2h nous rentrons à la tombée de la nuit à Tachkent. Le train passe par Djizzak nous reconnaissons les montagnes de Nurata, puis la nuit tombe.

Il était prévu que Mouhiaddin nous conduise  à la même tchaikanna qu’à l’arrivée pour dîner. Mais le lever est prévu à 2h du matin. Nous renonçons au dîner. Le room service nous apporte du velouté de champignons et nous nous couchons dès 22h.

 

Chakhrisabz, ville natale de Tamerlan

CARNET OUZBEK

Le Palais de Tamerlan
Le Palais de Tamerlan

Avant Chakhrisabz nous traversons la grosse agglomération de Kitab, très animée avec de nombreuses voitures. Chakhrisabz est la ville natale de Tamerlan. La palais se trouve dans un vaste chantier. On a abattu tout un quartier pour aménager un parc de dimension ouzbèke (c’est-à-dire très vaste). Des centaines d’ouvriers, hommes et femmes s’affairent, dallent les allées ou ratissent les plates-bandes, nivellent, cimentent, balaient….Hommes et femmes manient indifféremment pelle et râteau. Sauf que les carreleurs sont tous des hommes et que celles qui charrient le sable ou la terre avec les brouettes et gâchent le ciment sont les femmes vêtues de velours pailleté. Il semble que les bleus de travail n’existent pas. Les femmes travaillent avec leurs plus belles robes. Tamerlan de 18m est debout sur son socle (à Tachkent il est à cheval, Samarcande assis sur son trône). Nous traversons donc le chantier pour atteindre deux très hauts bâtiments : le palais, terminé en 1403 était haut de 70m et ce que l’on voit aujourd’hui n’est que l’arche d’entrée. Il faut imaginer les salles situées à l’arrière : salle de réception des invités, salle des banquets toutes carrelées, la salle de repos était dallée de marbre. Sous des bâches plastiques on protège les carreaux turquoise. Pour les 600 ans (1996) de  Tamerlan, on a remonté un pan de remparts. La description de Clavijo (ambassadeur d’Espagne auprès de Tamerlan) permet d’imaginer les fastes du palais.

femmes ouzbèkes  au travail
femmes ouzbèkes au travail

Les ruines ont un aspect étrange. Les monuments sont souvent si restaurés qu’ils semblent neufs si bien qu’on ne distingue pas un bâtiment construit au 19ème siècle d’un du 15ème. Ici l’usure du temps est perceptible, les restes de mosaïques originelles ont des couleurs magnifiques. Les inscriptions ne sont pas tirées du Coran, ce sont les maximes préférées du souverain : « La force est dans la Justice » . Un architecte voulait écrire « Le Roi est l’ombre d’Allah » mais il avait mal calculé. Ayant écrit « le Roi est l’ombre », il fut précipité du haut du minaret.

En 2020 un petit train électrique  conduira les visiteurs du palais aux mausolées timourides. En attendant, nous contournons les habitations encore sur pied en  voiture. Façades roses, bleues, beiges, pastels éventrées sur les vestiges des jardins. Ces démolitions m’attristent comme m’avaient horrifiée celles de Louxor ou de Gournah en Egypte pour faire place nette pour les touristes.

Dorut Tilavat

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C’ est un ensemble de mausolées. Le père de Tamerlan, Mohamed Taragai, y repose aux pieds de son maître spirituel Cheikh Chamseddine Koulal, ainsi que le fils ainé de Tamerlan, Jahonghir. Il y a aussi un cénotaphe de Tamerlan qui souhaitait y être inhumé. Sa dépouille après sa mort en route vers la Chine fut rapportée à Samarcande et il est enterré à Gour Emir.

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Oulough Beg a fait ajouter une Mosquée du Vendredi dont on au restauré la façade en 1994 (600 anniversaire d’Oulough Beg) rappelant le ciel étoilé avec des étoiles de nacre. L’intérieu est en stuc peint aux motifs de verdure mais dégradé par le temps. On retrouve les motifs végétaux très gracierux dans le mausolée qui lui fait face et qui est ouvert.

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A l’arrière du « faux tombeau de Tamerlan » la vue est très belle sur l’ensemble des coupoles.

En chemin,  nous déjeunons dans un très agréable restaurant sous de grands pins et des noyers. Les brochettes sont la spécialité. J’en commande à l’agneau, tendre et excellent(qui a dit qu’en Ouzbekistan l’agneau était gras ?)

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Vers 15h, nous sommes de retour sous un faible soleil et nous installons au kiosque du Reghistan où je commande des glaces et recommence l’étude des motifs. A peine sommes nous arrivées à l’hôtel qu’éclate un orage avec une pluie violente. Nous avons bien fait de commander le dîner dans la cour de l’hôtel Dilshoda. A 19h30, la pluie s’est interrompue, la table est mise, couverte de salades. On apporte un bol de soupe aux pois chiches et à la viande bouillie. Ce n’est pas tout : des assiettes de pot au feu avec des carottes, pommes de terre, chou complètent ce repas beaucoup trop copieux. Nous aurions aimé y faire plus honneur. C’est excellent et la dame est si gentille ! par là-dessus il y a de la salade de fruit pour dessert. Nous dînons en compagnie d’une guide qui parle un excellent français et qui nous fait un vrai cours !

En montagne vers Chakhrisabz

CARNET OUZBEK

Petit déjeuner dans la cour de l'hôtel Dilshoda
Petit déjeuner dans la cour de l’hôtel Dilshoda

Petit- déjeuner dans le patio.

Malheureusement le ciel est nuageux : les photos des montagnes enneigées seront ratées.

La route de Chakhisabz est une route très fréquentée,vers le sud et l’Afghanistan. Le printemps est bien avancé : les coquelicots forment des nappes rouges dans les blés verts, les pommiers fleurissent. Même sous les nuages ces fleurs nous réjouissent. La route s’avance vers la montagne. Au loin, des névés blanchissent les creux.

La statue d Alisher Navoï (1441-1501) regarde vers la montagne. Ce poète est considéré comme le fondateur de la langue ouzbek. C’est un héros national,  il a donné son nom à la ville de Navoï. La route est bordée d’arbres immenses, peupliers, acacias, mûriers et noyers. Nous passons près de chaos granitiques. Sur les bas-côtés, on vend de la rhubarbe sur de petits étals. Les marchands abrités sous une toile, parfois brodée,  portent une balance.

vendeuses de rhubarbe
vendeuses de rhubarbe

A la limite de la province de Samarcande,  nous passons sous un auvent de béton comme un  péage d’autoroute, ou un poste frontière. Nous sommes déjà passé par de telles installations que j’avais prises pour une barrière de péage. On ne paie rien mais un ou plusieurs policiers examinent le conducteur et les passagers. Très aimables avec les touristes, ils ont l’œil. Nassim ne semble pas gêné par ces contrôles. Il les justifie : « Nous avons des voisins difficiles, Afghanistan Tadjikistan, il faut contrôler ! » .

au col
au col

Au col à 1788m, une arche de béton  se détache. A ses pieds,est installé un petit marché de fruits secs. Les marchands nous font goûter des jujubes, se moquent gentiment de nous en nous faisant croire que ce sont des melons puis prennent la pose pour la photo. Ils vendent des raisins jaunes, des raisins bleus, des amandes dans leur coque, des noyaux d’abricots salés, des abricots secs, des pépites…et de petites boules blanches qui ressemblent aux bonbons fondants de Boukhara.

billes de fromage
billes de fromage
  • « Qu’est-ce ? « 

Le vendeur détache un morceau pour me faire goûter : c’est du fromage, salé très goûteux. Les boules sont taille et de formes diverses. Certaines sont aromatisées au paprika ou au piment.

  • « excellents zakouskis pour l’apéritif» commente Nassim »salés, ils donnent envie de boire »
Fruits secs
Fruits secs

La route descend vers une vallée plate encadrée par les neiges éternelles du Pamir et du Tadjikistan  hauts de plus de 5000 m. Nous traversons un chaos granitique, les gros blocs arrondis sont fendus. Alors que chez nous, ces équilibres sont très stables, ici ils paraissent menaçants avec la séismicité. La géologie des ces montagnes du Zarafshan est complexe. Autour du granite, des auréoles métamorphiques, schistes et marbre. Le métamorphisme m’a toujours paru difficile.

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Des oiseaux ont creusé des nids – tanières dans le sable du bord de la route (arène granitique ou dépôt alluvial ?). La botanique apporte aussi des surprises. Parmi les rochers poussent des amandiers ;  les fruits verts veloutés sont déjà gros. Des arbres roses, des fleurs jaunes, de grands feuillages découpés comme des acanthes. Des jeunes gens vendent sur le bord de la route de très belles tulipes rouges qu’ils ont cueillies dans la montagne

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Samarcande – plov, Reghistan, Gour Emir

CARNET OUZBEK

plov
plov

Pour déguster un Plov, Nassim nous conduit dans une « académie du Plov », grand restaurant ne servant que cette spécialité. Il convient d’arriver tôt, après midi et demie, la marmite est finie et le service aussi. Difficile de trouver une table libre dans la cour. J’ai découvert plus tard que les petites salades proposées sur un plateau alourdissent sérieusement l’addition, hier nous les avions juste goûtées. On se limite donc aux tomates/concombre et fromage blanc accompagné de radis rose, d’oignon vert et de gousses d’ail (que je laisserai par égard pour la compagnie). Le plov arrive dans un grand plat fleuri où les ouzbeks piochent à la cuiller. Je n’ose pas manger directement dans le plat et me sers des petites assiettes des hors d’œuvre. Thé vert, bien entendu. Le plov est excellent, les carottes fondantes, les raisins secs sucrés et la viande fondante. Nassim a commandé une petite portion parce que nous mangeons peu mais il est si délicieux qu’on se serait bien resservi.

Reghistan
Reghistan

Au lieu de rentrer directement à l’hôtel, nous demandons à Nassim de nous déposer au Reghistan. C’est ensemble monumental colossal bien plus imposant et plus beau que les Reghistan de Boukhara ou de Khiva. Un parc arboré borde la place d’honneur. On s’attable dans un kiosque et on commande des glaces. Je sors le carnet Moleskine pour dessiner. Plus qu’aux volumes, je prête attention aux motifs géométriques et essaie de reproduire symétries et pavages ainsi que les motifs qui sont en fait de l’écriture coufique.

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Nous retournons enfin au Mausolée Gour Emir dans la salle bleue. Recueillement et sérénité. Impression de calme et de beauté. Comme je ne sais pas méditative longtemps j’étudie les symétries du décor. J’aurais dû apporter compas et rapporteur.

 

Samarcande : Nécropole Chah i Zinda

CARNET OUZBEK

nécropole shah i zinda
nécropole shah i zinda

On raconte que Hussan Ibn Abbas (7ème -8ème) arriva à Samarcande, il descendit dans une crypte 40 jours pour y prier et on ne l’a jamais revu ni mort, ni vivant, il est donc connu comme le « roi vivant ». Autour du saint vénéré qui a donné son nom à la nécropole sont enterrées des femmes timourides ainsi que des compagnons d’arme de Timour, des artistes… Sur les 40 mausolées, 30 sont encore visibles.

une "rue" de mausolées
une « rue » de mausolées

40 très hautes marches que les pèlerins comptent à la montée comme à la descente, conduisent à une « rue » étroite où les mausolées se font face, alignés, plus magnifiques les uns que les autres, plus fleuris, plus décorés avec profusion de bleu et de turquoise. Mosaïques : les carreaux découpés sont ajustés, majolique, ils sont peints, tapis de prière fleuris, colonnes torsadées, stalactites. Tous les motifs et techniques se déclinent. Je ne sais plus que photographier : peu de recul pour obtenir une photo d’ensemble d’une façade, je choisis des détails, je filme…

pavages et mozaïques
pavages et mosaïques

.la foule se presse, bardés d’appareils photos, ouzbeks endimanchés, hommes en costume la tête coiffée de la toque à 4 coins, femmes en foulard ensemble robe-leggings, velours et strass, fillettes en tutus de gaze orange, jaune ou rose….même une petite mariée avec une toque avec une plume d’autruche teinte en rose comme dans un film de Bollywood, ses sourcils épais charbonnés. Son mari, costume bleu marine, chemise blanche, très jeune aussi, n’est pas d’accord pour la photo. Il se sent un droit de propriété sur la jeune épousée. Autre hypothèse : la mariée est enceinte, très enceinte….la photo serait-elle compromettante ? Non, d’après Nina, la guide avec qui nous dînerons le soir. Pendant la première grossesse, justement c’est la coutume de continuer à porter la robe de mariée dans les fêtes et les grandes occasions.

Samarcande : Musée Afrosiab

CARNET OUZBEK

 

Fresque d'Afrosiab
Fresque d’Afrosiab

Samarcande a 2750 ans. La cite sogdienne était situé un peu à l’écart de la ville actuelle jusqu’à l’arrivée des Arabes. Après les ravages de Gengis Khan, Tamerlan décida de la reconstruire un peu plus loin. Plusieurs équipes d’archéologues ont fouillé la cité ancienne. Le français François Grenet s’intéresse plus spécialement aux ruines hellénistiques.

10 niveaux, 10 civilisations différentes se superposent.

Les ruines les plus spectaculaires sont celles du Palais Sogdien dont on peut observer les fresques qui ont été redéposées dans une salle du musée reproduisant la salle de réception palatiale. Avant d’entrer nous visionnons un document vidéo expliquant les fresques – introduction bien utile : comme nous ne connaissons rien aux Sogdiens et que certaines parties sont abimées, nous n’aurions rien compris.

procession des ambassadeurs
procession des ambassadeurs

Trois scènes occupent trois murs. L’une d’elle peut être interprétée comme la visite des Ambassadeurs, Chinois, Coréens sont reconnaissables à leurs coiffures. Sur la jupe blanche plissée on a retrouvé un texte en sogdien. Les nombreux ambassadeurs montrent le rayonnement diplomatique de Samarcande. Un autre mur représente une procession (le guide Olizane dit qu’il s’agit du mariage d’une princesse juchée sur un éléphant. Se suivent un éléphant blanc, des dromadaires et des cavaliers. Un personnage plus grand que les autres figurerait le roi. De gracieux oiseaux, oies ou cygnes se détachent sur un fond bleu.

Princesses chinoises à bord d'une barque
Princesses chinoises à bord d’une barque

La troisième fresque se déroule en Chine. Dans une barque, des princesses chinoises voguent tandis qu’à l’autre extrémité se déroule une chasse au léopard.

La finesse du tracé, la fraîcheur des couleurs sont un enchantement.

Les autres salles du Musée sont moins spectaculaires. Des poteries grecques, on ne voit que des coupes avec des traces de décor peint mais rien en bon état. Le nombre de coupes cassées et les noms inscrits sur les débris s’expliquerait par une hypothèse amusante : au cours d’un banquet on aurait cassé la vaisselle en « buvant à la russe ». Les Grecs modernes adorent casser les assiettes ; nous en avons été témoins à Santorin l’an dernier le jour de Pâques. Pas de sculptures  ni de monnaie. Les armées d’Alexandre n’auraient elle fait que festoyer ? Non ! Ils tissaient aussi : les métiers à tisser grecs étaient très appréciés dans la région.

ossuaire zoroastrien
ossuaire zoroastrien

Les vestiges zoroastriens m’intéressent plus – je ne connais rien aux zoroastriens. On a reconstitué un autel. Nassim appelle mirhab l’autel du feu : une niche ronde, un foyer rond (comme le soleil ) où brûlaient des charbons. Les ossuaires sont décorés ; ils étaient destinés à recevoir les os une fois que les vautours et les charognards les avaient nettoyés.

Quelques figurines et pièces des Turcs Kouchan sont exposées dans les vitrines.

Samarcande : Observatoire d’Oulough Beg

CARNET OUZBEK

Oulough Beg le Prince-astronome
Oulough Beg le Prince-astronome

Non loin de là, dominant la route principale, on a reconstruit au sommet d’une colline l’Observatoire d’Oulough Beg . Prince savant, mathématicien et astronome, Oulough Beg est le Petit-fils de Tamerlan et a régné 40 ans sur Samarcande (1384 -1449). Il a voulu développer la science et a construit de nombreuses madrasas dans toute l’Asie Centrale. Nous avons vu celle de Boukhara.  L’observatoire dominait de 22 m la ville. Il était haut de trois étages de forme cylindrique. Détruit au 17ème siècle par des fanatiques, il ne fut retrouvé qu’au début du 20ème siècle par l’archéologue russe Viatkin d’après un document daté de 1665, trouvé par hasard, dans la bibliothèque.

le sextant
le sextant

Les fouilles permirent de découvrir le sextant enterré (13m – 36 m en tout en comptant la partie à l’air libre). Ce sextant ressemble à celui qui existe encore à Jaipur. Construit sur le méridien NS, il comportait un rail sur lequel roulait un chariot. Les briques étaient revêtues de marbre. Par deux ouvertures on observait les étoiles dont on notait les coordonnées. 1018 étoiles furent répertoriées. Les calculs d’Oulough Begh ne différent  pratiquement pas des données actuelles : la durée de l’année qu’il a calculée était de 365j 6h 10mn 9sec. Toutefois son catalogue des étoiles ne fut traduit en occident qu’au 16ème siècle.

Pégase
Pégase

Un petit musée rappelle l’observatoire disparu de forme cylindrique au  décor de briques vernissées comme la madrasa de Boukhara. Il contient évidemment des instruments d’époque mais aussi une exposition à la gloire de Tamerlan, des livres publiés dans diverses langues dont la relation de la visite de Clavijo (ambassadeur d’Espagne)La Route de Samarcande édité par la Bibliothèque Nationale  et Ulugh Beg, le Prince Astronome de Frédérique Beaupertuis.

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Un fac-similé d’une lettre de Charles VI à Tamerlan a été offert par Jacques Chirac à l’occasion de l’anniversaire des 600 ans d’Oulough Beg. L’original se trouve à Paris à la BN ainsi que des illustrations du catalogue des étoiles : magnifique Pégase. J’aurais aimé passer plus de temps en compagnie de ces documents pour admirer les miniatures mais les visiteurs sont nombreux et une autre visite nous attend.

ouzbekistan dt 2015 300 - Copie