Voyage d’un faux derviche en Asie Centrale 1862-1864 Armin Vambery

LA ROUTE DE LA SOIE

arnim vambery

En 1862, les khanats d’Asie Centrale sont fermés aux étrangers. Pour atteindre Khiva, Boukhara ou Samarcande,  il faut se déguiser. Armin Vambery, Hongrois,  linguiste distingué, choisit l’habit du derviche et suit une caravane revenant de la Mecqueen direction de Samarcande. L’entreprise est risquée, deux espions anglais ont été décapités à Boukhara vingt ans avant et les émirs ne tolèrent aucun infidèle sur leur territoire. Le travestissement doit être parfait!
Le Reghistan àBoukhara où les deux anglais ont été exécutés
Le Reghistan àBoukhara où les deux anglais ont été exécutés
Pour rendre son entreprise crédible, Vambery, qui a séjourné plusieurs années à Constantinople se fait passer pour turc. Et pour ne pas être démasqué c’est à Téhéran, comme diplomate, qu’il rencontre la troupe de derviches. En pays chiite, la délégation ottomane aide les pèlerins sunnites d’Asie centrale.
Le début de la relation de voyage est un peu emberlificotée, comme l’entreprise, elle même. A mesure qu’on fait la connaissance de ses compagnons de voyage, on se laisse entraîner dans leurs aventures.
Traverser la Caspienne, les terribles déserts turkmènes n’est pas une simple promenade. Il faut chameaux et ânes. La chaleur, la soif tenaille les caravaniers. Il faut aussi ruser pour ne pas rencontrer les terribles brigands qui sévissent , détroussent les voyageurs et les réduisent en esclavage.
Arrivé à Khiva, le faux derviche doit se comporter comme un vrai, vivre d’aumônes ou démêler des querelles théologiqes, et toujours avec le risque d’être démasqué!
Audience chez l'émir de Khiva, par quelle porte entrera Vambéry?
Audience chez l’émir de Khiva, par quelle porte entrera Vambéry?
Quel plaisir de retrouver Khiva, Boukhara ou Samarcande, non pas comme des destinations touristiques mais peuplée de ses émirs sanguinaires, de ses dévots, de ses marchands! Et puis, découverte de l’Afghanistan, Herat….
Une relation de voyage, mais aussi un roman d’aventure!

 

En lisant le Grand Jeu de Hopkirk, j’ai retrouvé plusieurs de ces espions déguisés, en marchands de chevaux, médecins, derviches…..lu aussi la relation de la fin Charles Stoddart et Conolly en 1842, émissaires britanniques pour tenter de forger une alliance avec l’émir de Boukhara contre les Russes. J’ai aussi retrouvé Vambery, lui-même, acteur dans cette rivalité Anglo-Russe et russophobe actif. J’ai aussi mieux compris pourquoi les Afghans qui avaient été occupés par les troupes britanniques  ont été moins crédules.

Le Samarcande de la jolie collection Géo d‘Alcée Durrieux et René Fauvelle présente aussi ces derviches, leurs costumes, leurs coutumes pittoresques.

 

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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