Banlieues Chéries – Musée de l’histoire de l’Immigration -Porte Dorée

AU-DELA DU PERIPHERIQUE

Nanterre : Laurent Kronental « les yeux es Tours »

Banlieues chéries tente de donner une image positive de la « Banlieue« 

pour commencer, définissons ce concept de banlieue : historiquement  « à une lieue du ban » , un espace mis sous la protection de la ville »

Chronologiquement, Banlieues douces-amères, commence du temps de Zola qui décrit la Banlieue comme une campagne où les Parisiens viennent  s’amuser dans les guinguettes, canoter sur la Seine. Ces banlieues douces sont illustrées par deux tableaux de Monet et un de Jongkind à Argenteuil. En vis-à-vis un film Le Croissant de Feu (2021) de Rayane Mcirdi ICIfilmé à Asnières dans le quartier des Mourinoux à l’occasion de la destruction de la barre d’immeuble Les Gentianes.

Atget

Entre la campagne et les rénovations urbaines, un siècle et demi d’histoire : La Zone : bande inconstructible, zone de tir à canon, devant les fortifications, est occupée par des « zoniards » ou des « zoniers » vivant dans la précarité aux portes de Paris. Cette Zone fut immortalisé par les photographies d’Atget (1913 1927), de Chifflot. Puis l’habitat précaire s’est étendu en immenses bidonvilles comme celui de Nanterre dans les années 1960 clichés de Pottier et Monique Hervo

Bidonville de Nanterre

De nombreuses photographies en Noir et Blanc présentent aussi les habitants  dans une salle s’intitulant De l’intime à l’Esprit de Quartier

Des familles posent :devant l’objectif de Patrick Zachmann camerounais, russes ou ukrainiens, grecs ou vietnamiens. En face de cette exposition de photos de famille, des intérieurs souvent coquets sont reconstitués avec des meubles vernis, de douillettes chambres à coucher…

Banlieues engagées

les banlieues rouges des les années 20, des pavillons se construisent sans conforts, et les communistes prirent la défense des « mal lotis ». De ces années 1924 -1925 , l’exposition présente les croquis de Le Corbusier, de quartiers de maisons individuelles toutes identiques modulaires . 

maquette de Nanterre

Les maquettes m’ont beaucoup intéressée, j’aurais même aimé en voir plus! La Cité de la Soie à Vaulx-en-Velin et surtout les maquettes de Nanterre. Ces tours-nuages ou Tours Aillaud ont également inspiré Laurent Kronental 

Jurg Kreienbühl : Cimetière de Nanterre

Au chapitre, Les luttes en héritage une chronologie des luttes sociales est illustrée par des affiches

Police personne ne bouge

1979, grève au foyer Sonacotra de Garges les Gonesse

année 80 : âge d’or du rock

1983 marche contre le racisme

1990 : le rap rythme les émeutes urbaines

2000 émeutes de Clichy Montfermeil (Zyed et Bouna)

Les plasticiens de banlieue colorent leurs images. Ils s’approprient la ville et se représentent . Je retrouve des artistes que j’ai rencontré par ailleurs Mohamed Bourouissa (photos) et les broderies de Cindy Bannani qui ont pour thème la Marche de l’égalité de 1983 également présentées au Palais de Tokyo, ici elle sont installée sur la trame de keffieh .

Cindy Bannani

l’Exposition part aussi dans l’analyse des déplacements (RER B) et de la rénovation urbaine.

Beaucoup de thèmes  sont abordés. Beaucoup d’œuvres intéressantes, surtout les photos. Cependant la scénographie est plutôt confuse, je peine dans l’accumulation. J’aurais préféré moins d’informations mais plus d’œuvres marquantes. Peut être la plage de temps aurait dû être réduite, ou peut être aurait-on plutôt du choisir un thème moins vaste?

l’Abbaye de Saint Maur-des-Fossés

TOURISTE DANS MA VILLE

Tour Rabelais

La Société d’Histoire et d’Archéologie de Saint Maur des Fossés organise des visites guidées tous les 2èmes samedi du mois. Je me suis inscrite grâce à Explore Paris. Bravo à notre conférencier qui a fait revivre les vestiges dans le square et le parc de Saint Maur!

En dehors de la Tour Rabelais qui se dresse dans le square de Saint Maur, les vestiges dispersés sont assez peu lisibles pour le promeneur ignorant. Des panneaux avec QR code sont prévus pour une visite individuelle libre. Cependant, rien ne vaut le commentaire pour accrocher l’attention.

L‘Histoire de l’Abbaye de Saint Maur est très ancienne. l’Abbaye bénédictine fut prestigieuse en son temps et le pèlerinage très fréquenté. S’il reste peu de vestiges sur place, les archives à Paris sont très importantes et les manuscrits du scriptorium sont conservés  à la BNF. L’histoire est aussi documentée par des miniatures, gravures jusqu’au 18ème siècle qui donnent une image très précise de l’Abbaye et du Château de Saint Maur détruit à la Révolution. La toponymie a gardé le souvenir : La rue Saint Maur à Paris qui reliait l’Abbaye à Saint Denis est l’une des plus longues rues de la capitale. 

Chronologie

occupation gauloise du site

639, sous les Mérovingiens, fondation du Monastère des Fossés

Il fut victime des invasions vikings

868 sous les Carolingiens le monastère reçu les reliques de Saint Maur. Reliques miraculeuses guérissant de la goutte, auxquelles un pélerinage important est consacré.

1281 : il prend le nom de Saint Maur des Fossés. Au XIIIème : développement du scriptorium où de précieux manuscrits religieux mais aussi profanes sont copiés. 

1350-1360 fortification de l’Abbaye par le dauphin (Charles V) pour préparer la Guerre de Cent Ans.

1530 les chanoines remplacent les moines, les maisons des chanoines remplacent les bâtiments monastiques qui vont se dégrader au fil du temps

1750 : démolition de l’Abbaye.

promenade guidée :

La Tour médiévale ronde (1350-1360) est intacte. Il faut juste imaginer la toiture conique qui la coiffait. Archères et canonnières et mur de fortification. Actuellement elle paraît isolée mais deux maisons des chanoines étaient accolée à la tour, elle-même abritant aussi des chanoines. Rabelais, secrétaire de Jean du Bellay, y séjourna, d’où le nom de Tour Rabelais. 

A l’intérieur de la Tour, on découvre des petits bas-reliefs comme cette procession des pèlerins, une scène de chasse au cerf …

bas relief de la procession des pèlerins

La Tour fut aussi utilisée comme prison.

Square (1920-1930) l’aspect hygiéniste de l’époque aménagea un jardin à la française en respectant l' »allée royale » qui menait autrefois au Château de Saint Maur , bâti par Catherine de Médicis qui appartint aux Condé dont  il reste des représentations à Chantilly.

par de belles grilles on pénètre dans le Parc ouvert au public en 1982, « parc historique » , évocation végétale de la vaste Abbatiale maintenant disparue dont il ne reste qu’un pilier (XIIIème s.). Cette grande église avait une nef de 86 m. Des archéologues  a retrouvé des fondations et des carreaux du pavage. Il faut imaginer les procession des nombreux pèlerins, 2000 personnes, riches marchands du nord (la goutte ne touchait que les riches); les processions tournaient autour des reliques et les guérisons miraculeuses avaient lieu la nuit. 

jardin des simples, cloître roman, N.D. des Miracles

Au fond du jardin des simples bien reconstitué et fleuri dès aujourd’hui en avril on voit la Galerie du cloitre qui relie le Cellier roman à la Chapelle  Notre Dame des Miracles (XIIème s.) . Ce cloître roman date de 1908, il a été élevé par le propriétaire de l’époque Maujan, (1853-1914) sénateur, homme de théâtre qui en fit un décor de théâtre. 

Auparavant, le pharmacien Bourrières fit construire une villa et collectionna les restes de l’abbaye. 

Sans l’aide de notre guide, je serais vraiment perdue entre vestiges antiques, décors de fantaisie (une échauguette) des décors sur Notre Dame des Miracles.

Mur du cellier XIIème)

A côté du cellier se trouve l’entrée des galeries souterraines qui servaient de cave à vin. Dans chacune des alvéoles on peut imaginer un gros tonneau de vin. Le vin était essentiel dans la vie monastique. Les moines cultivaient leurs vignobles à proximité sur le coteau de Saint Maur. Le galeries étaient aussi des carrières de calcaire lutécien jusqu’au XVIIIème siècle. La descente dans les carrières très fraiches et humides donnent un caractère aventureux à notre visite.

Une histoire que je ne soupçonnais nullement!

 

 

 

Musée Historique du Gaz de Ville –

TOURISTE DANS MA VILLE

Lustre à gaz

Sur les bords de Seine, 25 quai de la Révolution, à Alfortville, sur l’emplacement de l’ancienne usine à gaz, se trouve un Musée du Gaz de Ville géré par l’association AFEGAZ-COPAGAZ. La visite est accompagnée, le site est sensible, il faut donc réserver. 

Le Gaz de Ville ou gaz manufacturé provient de la distillation de la Houille. Son inventeur est Philippe Lebon (1767-1804) qui déposa en 1799 le brevet de « thermolampe« ., ouvrant ainsi la voie à l’éclairage à gaz. Parallèlement cette technologie se développa en Angleterre. 

maquette d’une petite usine à gaz – à côté maquette des fours- morceau de coke obtenu après chauffage.

Les premières usine à gaz d’éclairage se trouvaient à Paris en centre ville. Ces petites usines en ville donnèrent le nom de ce gaz manufacturé de Gaz de Ville. Et Paris qui fut équipée en éclairage urbain gagna celui de Ville-lumière.

 Le gaz était obtenu dans des fours où était chauffée la houille. Le gaz obtenu était un mélange d’hydrogène, de gaz, de monoxyde de carbone (5 à 8%). Le résidu solide était le coke, d’autres produits résiduels, goudrons, brai et divers produits chimiques utilisés par les industries chimiques, premiers début d’une industrie pharmaceutique. 

La houille arrivait de Lorraine et le coke y retournait pour les aciéries. Ces usines à gaz étaient donc également des cokeries. La toponymie garde le souvenir de la Cokerie, l’arrêt de l’autobus 103 s’appelle justement « Cokerie ». L’usine d’Alfortville était de très grande dimension; elle ne fut active qu’entre 1950 et 1970. La houille arrivait par le rail et par voie fluviale, un port avait été aménagé à proximité dans une darse sur la Seine.  L’arrivée du Gaz Naturel ou Gaz de Lacq ayant provoqué sa fermeture. A noter que la composition du Gaz naturel est tout à fait différente de celle du gaz de ville. 

Au cours du XIXème siècle le réseau du gaz s’est étendu dans la ville de Paris. Tout d’abord les tuyaux étaient en bois, puis utilisa la fonte, la tôle bitumée et même le carton bitumé. Actuellement, ils sont en polyéthylène. Les usines à gaz quittent progressivement le centre de Paris pour la Banlieue, principalement Saint Denis, Gennevilliers et Alfortville. Quand les usines s’agrandissent les canalisations se compliquent et s’enchevêtrent : ce qui a donné l’expression bien connue d »usine à gaz » désignant une organisation très complexe.

Nos conférenciers sont d’anciens gaziers qui donnent leur expertise et leur sincérité à leur discours passionnant. A l’aide de photographies d’époque, ils décrivent la pénibilité des travaux et de la manutention.

L’utilisation du gaz d’éclairage changea complètement la vie quotidienne et permit avec l’éclairage des ateliers et par là la Révolution Industrielle. Le musée présente une magnifique collection d’objets usuels. Une curiosité : une sorte de bouteille de grès avec un purgeur pour recueillir l »eau dans le gaz » en effet, ce gaz de ville était très humide et la condensation de la vapeur en liquide pouvait obstruer le conduit. Encore une expression que l’on emploie sans en connaître l’origine!

Rééverbère

l‘éclairage urbain avec ses réverbères (et ses allumeurs de réverbères) est bien représenté. Une démonstration d’allumage avec une haute canne montre le procédé.

lampe de salon

Une recherche de meilleur éclairage, en orientant les becs, en ajoutant des manchons, des réflecteurs, est couplée avec une recherche esthétique . les lampes à gaz sont de véritables œuvres d’art déco. Grande technicité aussi pour les lampes destinées aux dentistes et aux ophtalmologistes.

gazinières émaillées en couleur

Gaz pour l’éclairage mais aussi pour le chauffage et la cuisine. Le gaz apporte le confort dans les maisons et les ateliers (terrifiant casque de coiffeur).

Publicité!

le musée montre aussi une collection de publicités d’époque souvent croquignolesques

Publicité pour un chauffage tout à fait sophistiqué (mais les gaz de combustion se dispersaient dans la pièce)

Dans la salle de bain aussi :

Chauffe eau!

Une visite surprenante! J’attendais un site industriel et je vois une collection de beaux objets! Deux siècles de modernité?

Le Jardin d’Agronomie Tropicale du Bois de Vincennes

TOURISTE DANS MA VILLE

La porte chinoise

La Porte Chinoise accueille le promeneur dans un jardin paradoxal.

Jardin René Dumont (1904-2001), agronome, pionnier de l’écologie.

En 1899, un jardin d’essai colonial est créé, abrite en 1907 l’Exposition coloniale . Un hôpital militaire, des monuments aux morts des soldats originaire des colonies . Des serres historiques, des pavillons abritent des laboratoires, une bibliothèque. le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement)occupe des bâtiments divers.

les ruines de l’empire colonial français, le coq perché sur le globe terrestre

Entre colonies et écologie, entre urbex et recherche universitaire, c’est une promenade étrange. Durassienne peut-être?

la Serre du Dahomey et ses fétiches devant le Pavillon de l’Indochine

Promenade mystérieuse, la Chrysalide de Guillerm, sculpture contemporaine orne une mare. 

Chrysalide de Guillerm
Pavillon de la Réunion

le pavillon de la Réunion est caché par les bambous.

un mont cambodgien conduit à une stupa
Maison cochinchinoise

La maison cochinchinoise disparaît sous le lierre. En face une pagode rouge confirme : nous sommes bien en Indochine!

pagode rouge

Ces pavillons ont été construits pour les Expositions coloniales, certains sur place d’autres au Trocadéro et même à Marseille. La Belle Gabrielle est un restaurant installé dans le pavillon de la Tunisie. Ouvert en semaine seulement, aujourd’hui samedi, fermé. La carte est alléchante et les prix très modestes. Le pavillon du Maroc est en ruine, celui du Congo a disparu

la Belle Gabrielle

Et je ne vous montre pas les monuments aux africains ou indochinois morts pour la France au cours de la Première Guerre mondiale!

J’ai bien envie de revenir pour une visite organisée pour répondre à toute les questions que je me pose!

 

 

Balade hivernale au Lac de Créteil

TOURISTE DANS MA VILLE

Grèbes et roseaux

Chaque année, fin janvier, le Collectif du Lac de Créteil organise une promenade autour du Lac de Créteil toujours très instructive grâce aux nombreux intervenants dans des domaines très variés et parfois très pointus. Nous avions rencontré des spécialistes des araignées, des lichens, un garde-pêche, un responsable des parcs et jardins….Cette année, un responsable de l’assainissement, une dame spécialisée dans les cyanobactéries, une jeune responsable de l’étiquetage des arbres et de leur cartographie en vue de leur recensement et de leur suivi…

Deux excellentes nouvelles pour commencer : le Projet de vague de surf est tombé à l’eau. Le Lac de Créteil et ses environs immédiats sont classés en ZNIEFF 1 (zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique). Le Lac de Créteil va donc être surveillé, protégé pour la biodiversité et notre plus grand plaisir. 

Dans les contraintes de la ZNIEFF, l’aménagement devra favoriser la plantation de végétaux endémiques de préférence à des variétés horticoles peut être plus jolies à l’œil mais moins adaptées aux insectes et oiseaux : la trompe des papillons ne peut pas atteindre le nectar dans le cas de fleurs à pétales doubles, plus colorées et esthétiques. Un spécialiste des insectes nous fait un court exposé sur la taille de la langue des bourdons correspondant à une fleur donnée. Il conviendra aussi d’adapter le calendrier des tailles et des élagages au calendrier de nidification des oiseaux. On a évoqué le rôle des ronces, végétal peu aimé des jardiniers mais idéal pour abriter la faune et pour fournir des mures …

Gallinule

Autre végétal dont le rôle est capital : les roseaux. La roselière est un milieu très riche en biodiversité : oiseaux Bruants des roseaux (je n’en ai pas vu cette fois-ci)mais aussi Gallinules (petites poules d’eau) qui les hantent, sans parler des Cygnes qui trouvent abri pour leur nid et matériau de construction. Un Grèbe huppé passe et repasse et se laisse photographier. Les poissons du lac peuvent y trouver abri et s’y reproduire. 

Un autre avantage des roselières est la protection des berges, même là où des quais ont été construit. En l’absence de roseaux la berge se creuse dangereusement et on constate des trous inquiétants au bord du quai, entourés de  barrières et de rubalise pour éviter que les joggers et les étourdis ne tombent dans ces pièges.

Un autre sujet : la qualité de l’eau . 

Un  responsable de l’Assainissement explique qu’une partie des eaux pluviales, en cas de gros orages, est susceptible de se déverser dans le lac par le déversoir. Il convient donc d’être vigilant pour les pollutions (mégots de cigarette et autres) . Le sel de déneigement est aussi un problème. En projet, un nouveau système de filtrage et de phytoremédiation est à l’étude, quoique la filtration par les plantes qui oxygènent également l’eau nécessite une très grande surface.

Les insectes benthiques sont des témoins de la qualité de l’eau. Justement un des invités du Collectif du Lac, est justement présent avec son épuisette, son troubleau et un bac. Michel est un des spécialistes des éphémères dont les larves sont exigeantes en oxygène. Autre larve présente : les larves de chironomes (vers de vase). elles sont moins exigeantes, creusant des galeries elles font des courants d’eau qui renouvellent l’oxygène dissous au fond du lac. 

Les cyanobactéries ont été observées en période de chaleur et de sécheresse ces dernières années. On repère  les blooms (proliférations massives)  de  la coloration verte des eaux du lac. Très toxiques, elles entrainent l’interdiction des activités nautiques. Il convient de tenir les chiens en laisse et de ne pas les laisser s’approcher de l’eau. 

Dernière observation : les panneaux interdisant le nourrissage des animaux surtout avec du pain. D’expérience, je sais qu’il est très difficile d’intervenir. les gens pensent bien faire et ne comprennent pas qu’on viennent leur faire la leçon. Le pain pourrit dans l’eau et favorise les contaminations bactériennes. Il est aussi très mauvais pour les canards qui s’en gavent et ne se nourrissent plus des aliments qui leur conviennent.

A côté des interventions prévues, la promenade nous réserve des surprise comme ces nids faits de baguettes plastiques portant des piques anti-pigeon. Le premier nous a interpelé ; nous avons vite incriminé les humains assez pervers pour installer des dispositifs anti-oiseaux dans les branches. Nous sommes bien malveillants! Un nid de pie, perché très haut inaccessible aux humains comporte ces plastiques piquants : les pies ont volé les baguettes portant les piques et ont apprécié ce matériau de construction original.

Le repas de la perruche

Autre surprise : une perruche nous a offert le spectacle de son repas. S’agrippant d’une patte à son perchoir, elle utilise ses griffes pour tenir un gros fruit et donne de gros coups de bec. En ombres chinoises, on aurait cru un écureuil tenant une noix dans ses mains.

 

 

Villages du Gâtinais : Amponville – Puiseaux

BALADE A LA LIMITE DE L’ILE DE FRANCE

L’église d’Amponville

Quittons l’autoroute à Ury par une route bordée de champs de betteraves et d’autres champs labourés (début octobre), de tournesols noircis. Les villages sont pittoresques. Amponville a une église  charmante. Les 3 palmiers alignés nous rappellent le changement climatique. Palmiers en Beauce? 

Les fresques d’Amponville

L’église est ouverte très simple mais décorée à fresques .

les 3 cavaliers

Le Dict « les trois morts et les trois vifs »

On connaît la légende : trois morts se dressent soudain devant trois vivants qui reculent d’horreur ; les morts parlent et les vivants font sur eux-mêmes un salutaire retour

les trois vivants sont trois jeunes gentilhommes du plus haut rang, l’une st duc, l’autre comte, le troisième fils de roi. Voici qu’à l’extrémité d’un champ ils se trouvent tout d’un coup dans un vieux cimetière où trois morts sont debout et semblent les attendre. Leur linceul laisse voir leurs os décharnés. 

A cette vue les trois jeunes hommes frémissent comme feuille qui tremble et les morts se mettent à parler. Dans leurs bouches où il ne reste plus de dents sortent de graves paroles « J’ai été Pape » dit le premier, « J’ai été cardinal » dit le second « J’ai été notaire du Pape » dit le troisième. Et ils reprennent « vous serez comme nous sommes . D’avance mirez vous en nous : puissance, honneur et richesse ne sont rien à l’heure de la mort il n’y a que les bonnes œuvres qui comptent.
Les trois jeunes hommes, profondément émus, écoutent ces paroles qui viennent d’un autre monde et croient entendre la voix de Dieu.

Cette légende et les fresques se retrouvent dans l’église Saint Martin du village voisin de Fromont. Il semble que le même artiste, revenant d’Italie a réalisé ces décors dans plusieurs églises de la région.

Etrange trouvaille!

Nous quittons l’Île-de-France et la Seine-et-Marne pour arriver dans le Loiret et passons par le bourg de Puiseaux qui possède des Halles du XIIIème siècle avec une merveilleuse charpente en bois.

Halles de Puiseaux

L’église (XIIIème)  est vaste et possède un très curieux clocher tors. Cette forme originale est fortuite, à la suite d’un incendie au XVIIIème siècle on reconstruisit le clocher avec du bois qui n’était pas assez sec et il en résulta une torsion accidentelle.

Le clocher tors de Puiseaux

Comme nous ne voulions pas arriver les mains vides, nous avons acheté le dessert chez le pâtissier derrière la Halle. La spécialité du pays est le Pithiviers (nous sommes à moins de 15 km de la ville de Pithiviers) pâtisserie à la poudre d’amande recouverte de sucre glacé.

 

 

Créteil, Bientôt un téléphérique! Promenade estivale au Lac

TOURISTE DANS MA VILLE

Pointe du Lac : Le métro et la gare du Câble

Une liaison par téléphérique est prévue entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges s’arrêtant à Valenton pour 2025. Le câble va enjamber les voies de chemin de fer, la 4 voies N406, nous verrons la station d’épuration avec les gros yeux de JR…Depuis quelques mois nous avons guetté l’installation des pylônes. Cette semaine les câbles ont été tirés. 

Pointe du Lac : câble

J’attends impatience la mise en route !

Passerelle Tégéval

Depuis ma visite à Saint Denis mon intérêt pour les passerelles :s’est renouvelé.  Celle qui relie la Base de Loisir du Lac de Créteil en portant la Végétale (piste cyclable et piétonne de 20 km) appelée auparavant Tégéval au dessus le la N406 est particulièrement élégante. 

Au lieu de faire mon Tour de Lac près de l’eau, je pars sur les buttes de remblai explorer les nouveaux quartiers vers la Pointe du Lac avec la Faculté des Sports, la Maison du Handball

les cyclistes de ferraille

Les cyclistes de ferraille, souvenir d’un passage ancien du Tour de France suivent la piste cyclable près d’un rond-point planté d’oliviers. Changement climatique oblige, des oliviers à Créteil! Au fond se profile un bâtiment que je ne connais pas.

Centre Martin Luther King

Centre Martin Luther King

Une hôtesse m’interpelle quand je rentre : elle m’explique que cet espace est dédié à l’évènementiel. On peut y louer des salles pour une fête, un mariage, mais tous les dimanche une communauté protestante y célèbre le culte. pourtant l’hôtesse insiste : ce n’est pas un temple. Au dernier étage, il y a un restaurant et un beau roof-top. 

A la Pointe du Lac, près du Stade Duvauchelle, on prépare le passage de la Flamme Olympique dimanche prochain, et une fan-zone pour ceux qui n’auront pas la chance d’avoir des billets pour les jeux…

Le Canal

Il fait maintenant très chaud, 30°C, je rentre au bord de l’eau par la Promenade François Mitterrand et le canal.

lac de Créteil

Pour terminer le long du Lac de Créteil . La Croisette est à l’ombre, la Préfecture (bâtiment doré), les Choux, se reflètent dans le miroir de l’eau. On devine le Palais de Justice trapézoïdal plus loin à gauche. 

Saint Denis (J.O. – 12j) – ce qui se construit, ce qui restera – Franchissement urbain Pleyel

EXPLORE -PARIS – PROMENADE GUIDEE AU- DELA DU PERIF

Pour prendre la mesure du chantier titanesque il faudrait prendre de la hauteur, j’ai donc emprunté la photo aérienne sur Internet

La promenade guidée s’intitulait :

 » Le franchissement urbain Pleyel, métamorphose des quartiers Pleyel et Stade de France « 

Une visite d’actualité !

En ce 14 juillet 2024, 12 jours avant l’ouverture des Jeux Olympiques, cette visite tombe fort à propos au cœur de l’évènement. 

la Passerelle Pleyel fut inaugurée le 16 mai 2024

la Station du Métro14 Saint Denis Pleyel, le 24 juin 2024.

Les Jeux se préparent, les navettes qui véhiculeront les athlètes, sont déjà parquées sur l’immense parking près du Village Olympique, les ouvriers peaufinent les derniers agencements, les gendarmes et CRS sont déjà en place aux alentours du Village Olympique que nous ne verrons que de très loin. 

Le Stade de France

 Rejoindre Saint Denis est déjà toute une aventure pour moi : que choisir? Le RER B, comme indiqué sur le billet plus le bus 353, ou le RER D beaucoup plus direct de Créteil, ou le métro? En attendant les super-métros du Grand Paris, aller de banlieue Sud-Est en banlieue Nord est un casse-tête. 

Le rendez-vous est donné au 13 Rue Jesse Owens, parallèle au Stade de France. Tristan, le guide conférencier nous rappelle qui était Jesse Owen, le champion afro-américain des Jeux de 1936 à Berlin et raconte l’émouvante amitié entre Owens et Luz Long, l’athlète allemand que tout séparait a-priori. 

Cette randonnée sera Sous le signe de la Passerelle. Deux passerelles enjambent le Canal Saint Denis. La plus ancienne (à droite) la Passerelle Des Francs-Moisins a été construite en 1998 – Coupe du Monde de Foot – légère élégante qui saute sans appui sur le canal tandis que la nouvelle, Passerelle  Lucie Bréard, beaucoup plus large, aux couleurs des Jeux Olympique se déroule et s’enroule pour faciliter la montée aux cyclistes, poussettes et PMR. Entre-temps un pont tournant fut mis en place dans les années 2000, mais sujet à nombreuses pannes il a été démantelé. Il en reste une partie du tablier incorporé dans la nouvelle passerelle. 

Passerelle 2024

Ces constructions, à l’occasion d’évènements sportifs, sont prétextes pour le conférencier de battre en brèche le « JO-bashing » qui a cours actuellement. Pour ma part, j’y adhère activement, après les soucis causés aux bouquinistes, les restrictions de circulation dans Paris, l’invisibilité de tous les évènements hors-JO, le matraquage sportif à la télévision, sans parler des musées où l’accès est limité (même les Amis du Louvre). Il va falloir beaucoup de persuasion pour me faire changer d’avis.

Tristan balaye les arguments économiques les plus souvent avancés en mettant en avant les réalisations pérennes qui vont métamorphoser le département le plus pauvre de métropole : le 93,  en un pôle dynamique. Les ponts relient des quartiers isolés les uns les autres. Saint Denis  est une ville fracturée par deux autoroutes A1, A86, des voies ferrées les plus denses au monde (après Tokyo et Chicago), le canal et la Seine . Des photographies anciennes témoignent l’emprise gigantesque de l’ancienne usine à gaz  occupant la Plaine, qui a pollué les sols. Ces pollutions aux hydrocarbures sont encore préoccupantes ; elles doivent être prises en charge sous les installations sportives. Par la même occasion, un réseau intéressant de pistes cyclable a étsé tracé. Des quartiers nouveaux ont poussé dans la lancée des constructions du village olympique et on espère, à Saint Denis qu’une nouvelle prospérité remplacera pauvreté et chômage que le départ des industries ont laissé. 

Ce ntre Aquatique Olympique

Le Stade de France n’est plus à présenter. Le Centre Aquatique Olympique a une silhouette étonnante avec son toit concave. Le creux a pour but de diminuer le volume intérieur et ainsi d’économiser du chauffage puisque la consommation en gaz des piscines est un véritable problème. Tristan nous rappelle le déficit en équipement sportifs et surtout en piscines dans le département de Seine-Saint-Denis où la proportion d’enfants qui ne savent pas nager en entrant au collège est préoccupante. La silhouette est  aérienne  avec sa  structure de bois retenue par des piliers. Sur le toit, des panneaux solaires. Le Centre ne sera pas uniquement une piscine, d’autres activités sont prévues : mur d’escalade, padel….

Nous passons dans un étroit souterrain piétonnier sous l’autoroute A1, accessible par des marches. Occasion de se souvenir des attentats qui auraient pu être encore plus meurtriers si l’évacuation du Stade l’avait emprunté. Nous traversons le Landy, quartier neuf de bureaux,  technicentre SNCF, assurances, Studios de Cinéma. Ce Saint Denis du XXIème siècle paraît  tertiaire et prospère. Comme c’est dimanche, la circulation automobile est absente. Le guide précise qu’en semaine il en est de même, les employés se déplaçant volontiers avec les transports en commun. la Gare du RER D m’impressionne par ses dimensions.

Franchissement Pleyel Exosquelette

Nous arrivons à la Passerelle Pleyel  au-dessus de 48 voies ferrées. Sa construction a été une prouesse d’organisation.  Impossible d’arrêter le trafic ferroviaire (Eurostar, Thalys, RER, transiliens, et trains vers le Nord). une interruption se prévoit 3 ans à l’avance. Seulement 3 piliers soutiennent l’ouvrage d’art . L’architecte Marc Mimram, pour stabiliser l’édifice, a eu recours à trois exosquelettes qui confèrent une silhouette étonnante à cette passerelle en Y. Seul le côté piétonnier est terminé. On lui adjoindra plus tard une chaussée pour les automobiles, autobus….Pour l’instant on ne devine rien derrière la palissade couverte de panneaux explicatifs et d’exposition-photos. La passerelle relie le Landy au Quartier Pleyel isolé par ces chemins de fer. Les Dyonisiens se sont déjà emparés de l’espace convivial pour y faire de la gymnastique en musique. 

Gym en musique devant les Tours Pleyel

La Tour Pleyel

A l’origine, 4 tours étaient prévues. A la suite de la Crise pétrolières de 1973, une seule a été construite. Le choc pétrolier de 73 a été une catastrophe pour la Seine Saint Denis. Cette tour de bureaux est restée à l’abandon jusqu’à ce qu’un homme d’affaire décide de la réhabiliter pour en faire un hôtel de luxe. Ce n’est pas une idée si saugrenue qu’il y parait. Avec la Gare de RER D, et celle du RER B reliant Roissy-CDG, et de l’autre côté de la passerelle le Métro14 qui va à Orly cet hôtel est situé dans un noyau de communications. D’autant plus que les lignes du Grand Paris Express auront un arrêt à côté de Saint-Denis- Pleyel. La vue du rooftop est époustouflante sur Paris et plus loin, la Défense.

La Gare du Métro Saint Denis Pleyel

La Gare du Métro 14 St Denis Pleyel

Terminus de la ligne automatique 14 qui conduit à l’aéroport d’Orly, la conception a été confiée à l’architecte japonais Kengo Kuma . 56 escalators descendent dans le creux à 28 m de profondeur. Par sa profondeur, le pôle multimodal est analogue à la Station des Halles. L’idée de génie de l’architecte est de recouvrir le puits d’une verrière apportant à l’atrium la lumière naturelle. La charpente de bois clair contribue aussi à l’ambiance chaleureuse alors que les Halles sont angoissantes. On compare aussi le plan à une sorte de pliage comme un origami. Malheureusement nous ne verrons pas l’installation des 108 Vénus suspendues au mur vertical. Il faudra revenir d’ici quelques mois. 

La balade se poursuit dans le Quartier Pleyel, maintenant désenclavé. Des souvenirs de sa vocation industrielle, squelettes des anciennes usines Hotchkiss, construction automobile et militaire, sont encore debout. Plus loin, le village olympique est déjà gardé par la maréchaussée. Pas question de s’approcher de trop près. Il suffit de croire sur parole le guide qui vante l' »écoquartier », les constructions utilisant largement de bois (cela ne se voit pas sous une peau de béton). Rien que de très cubique, peu d’originalité. Construction très dense contrebalancée par le projet d’un parc dont on ne devine rien. Les parkings des navettes Toyota aux couleurs des JO sont impressionnants. 

Fin de la promenade à la Seine, à Saint Ouen en face de l‘Île-Saint-Denis occupée en partie par le Village Olympique. Ce qui a permis de construire un nouveau pont sur le fleuve. A l’Ouest se profile la Skyline de la Défense. Au dessus des arbres on devine le toit du bâtiment de la Grande Nef de l’île des Vannes, nef Belloni construite en 1968 où se sont déroulés les concerts mémorables des Pink Floyd, Led Zeppelin et des rassemblements politique. Les Jeux Olympiques ont apporté les financements nécessaires pour la rénovation de la nef. A nos pieds des rangs de vigne rappellent un passé de guinguettes aujourd’hui disparu. 

Arrivée au Métro Mairie de Saint Ouen (ligne 14 et 13) après avoir traversé un joli parc mi-paysagé, mi-jardins partagés et être passés devant le « château de Louis XVIII ».

 

Milly-la-Forêt – Maison de Jean Cocteau – Chapelle Saint Blaise – Cyclop

BALLADE EN ILE DE FRANCE

 

Le jardin de la Maison Cocteau et le château de la Bonde

Cocteau, en 1947, à la recherche d’un refuge, s’installa dans la Maison du Bailli, ancienne dépendance du Château de la Bonde, entouré de ses douves alimentées par l’Ecole

« C’est la maison qui m’attendait…Elle me donne l’exemple de l’absurde entêtement des végétaux…L’eau des douves et le soleil peignent sur les parois de ma chambre leurs faux marbres mobiles »

L’entrée de la Maison Cocteau

Au fond d’une impasse, l’entrée encadrée par deux tourelles arrondies, était l’entrée du Château.

le jardin de la Maison Cocteau

Arrivée en avance pour la visite de 11h30, j’ai flâné dans le jardin délicieux, très fleuri: iris et pivoines sont en fleurs. L’eau est très présente. Un verger de poiriers en espalier occupe un rectangle.

La visite dans la maison donne une idée de la personnalité de Jean Cocteau. 

Deux photographies bord à bord  donnent l’étendue des domaines : un montage surréaliste et un portrait de Cocteau en habit d’académicien, un monde les séparent…. Poète, cinéaste, homme de théâtre, écrivain. Impossible de le définir. Génial touche-à-tout, il a  fréquenté des artistes si variés.  Les musiciens du Groupe des Six (Honegger, Darius Milhaud, Poulenc, Germaine Taillefer, Auric, Durey) , des danseurs et ballets russes (il a collaboré avec Picasso pour la pièce Parade), ami des poètes et écrivains. 

Ses amants aussi célèbres que lui : Radiguet, Jean Marais sont des figures du milieu gay, alors que l’homosexualité était pénalisée.

Salon

Le salon inspiré  par la décoratrice Madeleine Castaing témoigne de l’originalité et de l’étendue des collections de Cocteau: de la grue qui fume, à la patte de rhinocéros, des gazelles d’Herculanum (copies) aux sièges originaux, il faudrait des heures pour énumérer toutes ces curiosités.

Sans parler des moulages de ses propres mains, et de celles de Chopin (il parait que ces dernières étaient à la mode et très courantes à l’époque)

à l’étage bureau et chambre

A l’étage bureau et chambre sont aussi chargés d’objets de collection, objets plus personnels comme ce tableau en relief d’une marine et ballon rappelant le tour du monde en 80 jours qu’a réellement effectué Cocteau, au cours duquel il a rencontré Chaplin (quoique Cocteau parlait mal l’anglais). Buste de Radiguet, matériel pour fumer l’opium auquel Cocteau était addict. La guide raconte des  anecdotes qui dévoilent les nombreuses facettes de la vie du poète.

Deux expositions avec photos, vidéos illustrent le rapport de Cocteau avec la musique : classique avec le Groupe des Six, Jazz, et chansons avec Piaf. L’autre exposition est consacrée à l’autre Jean : Jean Marais.

Dans la boutique-billetterie on pourrait acheter de nombreux livres, poèmes, théâtre, deux titres m’ont fait envie Antigone (parce que Antigone) et Maalesh carnets de bord d’une tournée théâtrale au Caire, Istanbul, Beyrouth…

(il est préférable de réserver sur Internet la visite, notons que le Pass Navigo donne droit à une réduction)

Chapelle Saint Blaise et bourraches en fleur

la Chapelle Saint Blaise des Simples (XIIème siècle) se trouve à la sortie de la ville sur la route de Nemours. Les lépreux de la maladrerie venaient y prier et invoquaient Saint Blaise le guérisseur qui soignaient avec les plantes médicinales. 

La maladrerie a disparu mais la chapelle est entourée par un jardin de simples plantes médicinales, dont l’emblématique Menthe de Milly. On cultive toujours à Milly les plantes médicinales et il existe un Conservatoire des Plantes médicinales aromatiques qui peut se visiter. Au mois de mai, c’est un plaisir de se promener dans ce jardin et de voir s’épanouir pavots, bouraches ou sauge bleue. 

Gentiane fresque de Cocteau

Cocteau a peint à fresque l’intérieur de la chapelle utilisant comme motif ces plantes aromatiques, gentiane, aconit, menthe de Milly….Un commentaire sonore très précis détaille les fresques et raconte l’histoire de la chapelle.

Tombeau de Cocteau et de Dermit

Cocteau repose dans la chapelle . La fresque représente la Résurrection le christ sort du tombeau sous le regard des Romains . Deux anges veillent. Dans le triangle Crucifixion et couronne d’épines. 

tarif réduit à la  chapelle sur présentation du billet de la Maison de Cocteau

Cyclop

Les imprévoyants peuvent trouver tout le nécessaire pour le pique-nique sur la place de la Halle et nous sommes allées déjeuner dans le Bois des Pauvres à proximité du Cyclop. Le Cyclop est la  sculpture géante de 22.5 m de haut en béton recouvert d’une mosaïque métallique commencée en 1969 par Tinguely œuvre sculpturale collective avec la collaboration de Niki de Saint Phalle et des compressions de César avec des références et hommages à Yves Klein, Marcel !Duchamp entre autres. La visite est très amusante mais il faut s’inscrire par Internet. la prochaine visite disponible étant ) 15h30, je n’ai pas attendu, je reviendrai. Milly est atteignable par la gare de Maisse avec le Pass Navigo.

A la place j’ai fait une très belle promenade dans la foret en suivant le PR bien balisé .

 

Musée de la Toile de Jouy – l’Histoire de la Manufacture d’Oberkampf

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Chinoiseries à la mode du 18ème siècle;

Nous avons déjà visité le Musée de la Toile de Jouy il y a quelques années et j’avais tant apprécié cette visite que nous avons emmené une amie pour son anniversaire. Je me me souvenais de l’aspect historique et de l’illustration de l’Histoire de France sur les motifs dessinés. Ces dernier ne se bornent pas à être de fades pastorales pour chambres d’enfant roses ou bleus mais sont beaucoup plus élaborés, colorés et variés que cette version populaire.

Oberkampf par Boilly

Depuis cette dernière visite les collections ont été réorganisées en privilégiant l’Histoire de la Manufacture CLIC(1760 -1843) par Christophe Philippe Oberkampf. héritier de teinturiers germanique, il a appris à travailler en Suisse et trouve à Jouy le lieu idéal avec les eaux de la Bièvre, du foncier disponible et la proximité de Versailles. En 1686 un édit interdit l’importation des indiennes, toiles colorées  venant d’Orient par les caravanes d’abord, puis par voie maritime. la prohibition n’empêche pas la mode et les indiennes arrivent en contrebande d’Allemagne et d’Angleterre. 

En 1759 la liberté d’imprimer les tissus est rétablie.

Manufacture de Jouy peinte par la fille d’Oberkampf

Les tissus furent imprimés d’abord à l’aide de plaques de cuivres gravées puis dès 1793 avec des cylindres.

En 1793 , on enlève l’adjectif « royale » à la manufacture

Fête de la Fédération

En 1803 la Manufacture de Jouy était la 3ème entreprise française après les Charbons d’Anzin et Saint Gobain.

En 1805, 1318 employés y travaillaient, 3 dessinateurs, 5 graveurs sur cuivre, 2740 graveurs sur bois. 47% du personnel étaient des femmes. 72 gamins épingleurs étaient embauchés à 8 ans.

Empire : décor des monuments d’Egypte

En 1806, Oberkampf reçu la Légion d’Honneur des mains de Napoléon 1er.

Pastorale : offrande à l’amour

Les dessins de Jean-Baptiste Hueétaient très sophistiquées. On parlait de meubles à personnages 

Oberkampf meut en 1815, lègue l’entreprise à son fils mais la manufacture ferme en 1843 et elle démantelée. En 1870, l’Ecole des Beaux Arts organise une véritable Renaissance, Oberkampf est panthéonisé par la III République symbolisant les valeurs du Travail.

Les étapes de la Fabrication sont détaillées dans le couloir :

1 Blanchissage : La toile brute est d’abord blanchie au chlore

2. Battage : les toiles sont trempées dans la Bièvre puis frappées avec des fléaux.

3. Le séchage : les bandes de tissus séchaient étalées dans les prés, ou sont accrochées au rebord des toitures

4. Grillageafin de brûler le duvet et d’obtenir un tissu lisse

5. Lavage

6. Engallage : bain de noix de galles

7. Sèchage à l’étuve et rinçage

8. Calandrage les bandes de tissu passaient entre des rouleaux pour être bien lisses

8; Mordançage : impression des traits de contour

9. Garançage ou Gaudage : la toile est passée dans un bain de garance ou de gaude qui agissent comme révélateur sur les mordants pour faire apparaître les couleurs

10 bousage : la toile est passé dans un bain de bouses de vache pour éliminer l’excès d’épaississants. puis dans un second bain de bouse pour aviver les couleurs

11 pinceautage: les retouches sont ajoutées à la main par les pinceauteuses qui fabriquent leur pinceau avec des mèches de leurs cheveux..

Ces termes techniques précis me ravissent.

L’appartement Oberkampf

On peut visiter l’appartement des Oberkampf utilisant bien sûr les tissus imprimés!

La Toile de Jouy fut utilisée au XXème siècle. Christian Dior en fit la promotion dans la décoration de son magasin de New York . La toile de Jouy symbolisant la France pour les Américains, donnant une touche exotique remarquable. 

timorous Beasties : Toile des Alpes

Enfin, l’Exposition Toiles Tales de Timourous Beasties  (Exposition temporaire du 9 février jusqu’au 19 mai 2024) donne un regard très contemporain dans l’impression de papiers peints ou de tissus, rideaux, tentures, objets dérivés. Timourous Beasties est un studio de design écossais fondé à Glasgow en 1990 par Paul Simmons et Alistair Mc Auley.

Timourous Beasties Toile de New York

 

la toile de New York est subversive avec le mur vertical qui sépare (avec le symbole du Dollar le deux populations avec la poubelle des repus.

j’ai aussi aimé la Toiles de Londres, curieuse celle de Nike, motifs de golf, motifs fantastiques. De la Toile de Jouy bien loin des pastorales roses!

En plus de visite du Musée de la Toile de Jouy on peut visiter la Maison de Léon Blum. Un sentier de randonnée d’environ 2 km relie les deux musées dans la forêt (mais c’est très escarpé) . On peut aussi longer la Bièvres.

Et pour déjeuner, je vous recommande Le Robin des Bois juste en face de la Gare, service très sympathique, cuisine simple mais bien servie.