#J’Accuse…! Jean Dytar – Delcourt

AFFAI

RE DREYFUS

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C’est un gros  et lourd coffret contenant une grosse BD, comme un dossier. Noir et Blanc, graphisme hachuré pour les cases de BD où sont dessinés les personnages. Dossier de Presse également. 308 pages qui ne se tournent pas si vite qu’on pourrait l’imaginer tant l’information est riche et dense.

Dans la Fronde Séverine rend compte du procès

L’auteur a imaginé le retentissement médiatique de l‘Affaire Dreyfus selon les médias 2.0, d’où le titre sous forme de mot-dièse. Chaque document est présenté comme sur l’écran d’un ordinateur, boutons, fenêtres, ascenseurs mais aussi parfois, likes, commentaires et icones de réseaux sociaux….Et comme l’illusion n’était pas complète, une appli Delcourt Soleil est permet d' »augmenter la réalité » du livre en scannant certaines pages et en accédant aux éditions de la Presse de l’époque. Présentation originale, peut-être anachronique, quoique. En tout cas très vivante. On ne s’ennuie pas en lisant tous ces articles. Et ma lecture fut très longue parce que j’ai utilisé le smartphone avec l’appli Delcourt, mais aussi Wikipédia et même Encyclopédia Universalis.

J’ai donc rencontré de nombreux personnages, les protagonistes de l’Affaire, Le Capitaine Alfred Dreyfus qui n’apparait qu’à la fin, son frère Mathieu dont on reprend les souvenirs (l’Affaire telle que je l’ai vécue), ses soutiens de la première heure Bernard Lazare, Scheurer-Kestner, puis le camp Dreyfusard s’étoffe avec l’intervention de Zola, Clémenceau, Jean Jaurès le soutien de plusieurs journaux, Le Figaro et l’Aurore, La Fronde avec Séverine..je ne peux pas les citer tous. Et bien sûr la Ligue des Droits de l’Homme

Caran d’Ache
…surtout ne parlez pas de l’Affaire Dreyfus…ils en ont parlé

Le camp des Antidreyfusards est très fourni, très organisé. L’auteur leur donne la parole pour qu’on puisse imaginer la violence de l’Antisémitisme, les coups tordus, la mauvaise foi, la puissance de l’Armée, relents de Boulangisme, coup d’état raté mais tenté par Déroulède qui veut convaincre un général de rentrer à l’Elysée (on pense à Trump) . Fake news, la Presse ne recule devant aucune allégation fallacieuse. Attentat contre Labori. Faux et usages de faux jusqu’au bout. Et la morgue des militaires. Sans oublier les caricatures de Caran d’Ache

Pas question ici de revenir sur les épisodes d’une affaire qui a couru sur 5 ans , du 1er Procès de 1894 au procès de Rennes en 1899, mais dont la conclusion devra attendre 1906 (douze ans!) pour la réhabilitation de Dreyfus, et la réintégration de Picquart.

Moi qui croyais les BD réductrices, je me suis bien trompée! C’est un  ouvrage de fond. A lire, relire, faire lire et conserver

 

 

 

 

 

 

 

 

La Maison d’Emile Zola à Médan

LES ROUGON-MACQUART

La maison de Zola vue des bords de Seine à Médan

26 rue Pasteur – Médan – de Paris environ 30 km par l’autoroute A13

Les visites sont guidées, il convient de réserver les billets sur Internet sur le site de la Maison d’Emile-Zola – Musée Dreyfus

Zola acheta sa maison en 1878 grâce aux gains de l’Assommoir, puis agrandit la maison avec deux tours Nana et Germinal 

Salon de Zola, côté billard avec le vitrail au paon

A la mort de Zola en 1902, Alexandrine Zola a vendu les meubles, les vitraux et a offert la maison à l’Assistance Publique. En 1999, Pierre Bergé avec l’Association de la Maison-Zola a restauré la maison à l’identique sur le souhait de François Mitterrand. De la petite maison initiale, l’écrivain a meublé un château à son goût, collectionnant de nombreux objets parfois hétéroclites. Le conférencier nous fait remarquer que ce républicain avait multiplié les fleurs de lys, cet agnostique, les madones…

Salon côté musique et jardin

L’évocation de la vie sociale, des Soirées de Médan (Maupassant, Huysmans, Céard, Hennique, Paul Alexis) se fera autour de la table de la salle à manger. Chez les Zola, on mange beaucoup, on invite à déjeuner.

Salle à manger

On remarque les assiettes dans le buffet : ce sont des « produits dérivés » à l’image des personnages de l’Assommoir, vendues dans les librairies. Alexandrine en parfaite hôtesse surveille la préparation du repas mais y participe. La cuisine communique avec la salle à manger, ce qui ne se faisait pas dans les maisons bourgeoises.

cuisine

la salle de bains était aussi très commode et fonctionnelle, très grande aussi. L’écrivain recevait ses invités quand il était dans son bain. En revanche, pour ne pas être dérangé, il a refusé qu’on lui pose le téléphone.

le bureau de Zola

Zola était un gros travailleur. Sa devise « pas un jour sans une ligne » est inscrite en latin sur la cheminée. Il passait 4 heures chaque matin à son bureau. Derrière la balustrade, sa bibliothèque. Le guide nous montre un fauteuil avec les symboles du Rêve qu’il a écrit dans la lumière colorée de vitraux anciens (provenant d’une chapelle bretonne) Il se trouvait donc dans l’ambiance. Je n’ai pas beaucoup apprécié cet opus. Les vitraux ont été vendus « à un Américain » sans autres précision, et perdus. Le plus amusant est qu’ils ont été retrouvés très récemment. Le magnat de presse Hearst les avait achetés, emporté aux Etats Unis, et  n’avait même pas déballé les caisses. Ils ont été retrouvés sur un compte Instagram très récemment et seront peut-être copié pour retrouver le décor initial. 

La lingerie

La lingerie permet d’animer le souvenir d’Alexandrine, Madame Zola, qui était lingère avant d’épouser Zola. Une personnalité intéressante. Un mariage égalitaire (pour l’époque) et d’évoquer la maîtresse de Zola, lingère aussi,  qui lui donna deux enfants.

Dans la dernière salle une exposition est dédiée au #J’accuse…! de Dytar

Dytar BD #j’accuse!…

que je viens de réserver à la Médiathèque : BD traitant de l’Affaire Dreyfus avec les techniques actuelles .

La visite était passionnante, mais elle s’est terminé à 12h30, heure de fermeture de la Maison Zola. Je n’ai pas pu visiter le Musée Dreyfus. Il nous faudra revenir. 

Médan château

Le village de Médan mérite une visite. Le château(1494) a vu la visite de Ronsard , celle de Cézanne et de Maeterlinck qui en  a été propriétaire. Pour le visiter en groupe, il convient de prendre rendez-vous, les individuels sont accueillis certains jours précisés sur le site du château ICI

Il y a même un accueil spécial ‘randonneurs » avec possibilité de suivre le GR1 et de s’arrêter dans le parc.

Une exposition de photos en face de la Mairie présente des clichés pris par Emile Zola et par Alexandrine. Un panneau montre les photos du chemin de fer. 232 trains par jour passaient à travers la propriété de Zola. Avec ses amis ils s’amusaient à compter les trains, les wagons et la documentation pour la Bête Humaine a pour origine ces passages. Une autre série de photos est consacrées aux habitants célèbres de Médan en plus de Ronsard, Maeterlinck et Zola, Geneviève Tabouis, Bruno Crémer Suzy Solidor et d’autres que je ne connais pas du tout ont habité Médan. 

Nous avons pique-niqué sur les bords de Seine, les deux restaurants Aux Ecrivains et la Crêperie sont fermés. Le sentier de halage m’a conduit enfin à la Guinguette de l’île du Roi qui aurait pu faire l’affaire. Une jolie promenade. 

Les Enquêtes d’Anatole Le Braz -Le sang de Douarnenez – Gérard Lefondeur – Ed Palémon mystère

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

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Excellente pioche de la Masse Critique qui tombe à pic puisque nous retournerons en Bretagne au mois de Juillet et que nous aurons sûrement l’occasion de visiter les lieux du roman. 

Ce roman policier  se déroule à Douarnenez en mars 1902 L’auteur, Gérard Lefondeur, recourt au procédé littéraire bien connu :  dans une vielle boîte à gâteaux, il retrouve les manuscrits de Carnets secrets d‘Anatole Le Braz . L’écrivain, historien, folkloriste, aurait assisté le commissaire Dantec à résoudre une affaire difficile.L

Les équipages de  deux barques de pêcheurs ont été retrouvés morts dans une macabre mise en scène près du rivage… Cette découverte funèbre suggère un rituel qui justifie l’assistance de Le Braz, expert en culture bretonne. Le Braz est ami de Conan Doyle. Par l’intermédiaire de ce dernier il rencontre Bram Stoker, l’auteur irlandais de Dracula. Nous nageons en plein surnaturel, dans une ambiance celte! Le Sang de Douarnenez est un polar très littéraire où un marin pêcheur cite Shakespeare. Le Braz cite aussi Renan, grand homme de Tréguier alors que Le Braz est de Port Blanc.

C’est aussi un polar très bretonnant avec la légende de la ville d’Ys, les Sirènes qui causent les naufrages, les malédictions…

Polar sociologique, sur un arrière-plan de crise sardinière. Douarnenez est le pays des sardinières, les Penn-Sardin. En 1901, les bancs de sardines qui faisaient la richesse de la ville vont à manquer. Pour approvisionner les conserveries, il faut appâter avec des œufs de poisson venant de Norvège. Les pêcheurs deviennent tributaires des conserveurs qui leur vendent l’appât et fixent les prix. La grand grève des sardinières n’aura lieu qu’en 1905, après le dénouement de l’intrigue mais l’auteur dénonce les conditions de travail des ouvrières. Evoque aussi leurs chansons (à propos plusieurs podcasts de Radio-France, passionnants!).

Polar historique. Déjà, les Romains, travaillaient la sardine pour faire du garum. Un épisode des Guerres de Religion avec un nobliau rebelle.

Ce gros livre de  se dévore d’un seul trait. Instructif, addictif. Très réussi!

Merci à Babélio et à l’éditeur!

Les Forceurs de blocus – Jules Verne

LECTURE COMMUNE : BOOKTRIP EN MER

L’idée de lecture commune Book Trip EN MER me plait bien et à la suite de Claudialucia

Le Douanier Rousseau : Bateau dans la tempête

J’ai téléchargé cette nouvelle de Jules Verne qui est inépuisable, et me déçoit rarement. Lecture facile, une aventure en mer, mais aussi historique et instructive. une des conséquences de la Guerre de Sécession est l’arrêt de l’exportation de coton par les Etats Confédérés

La plus importante matière de l’exportation américaine manquait sur la place de Glasgow. La famine du coton, pour employer l’énergique expression anglaise, devenait de jour en jour plus menaçante

Coïncidence amusante, je viens de terminer les mémoires de Davidoff – le Juif qui voulait sauver le Tsar, et cette demande en coton a été à l’origine de la fortune des ancêtres des Davidoff avec l’essor de la culture du coton en Ouzbékistan. 

Un négociant écossais affrète donc un navire particulièrement rapide qui forcera le blocus de Charleston, livrant des armes aux Confédérés, sans se soucier des causes du conflit et de l‘abolition de l’esclavage. La moralité du commerce apparait en filigrane

« mais enfin il dut reconnaître, entre autres choses, que la question de l’esclavage était une question principale
dans la guerre des États-Unis, qu’il fallait la trancher définitivement et en finir avec ces dernières horreurs des temps barbares.

[…]je ne vous répondrai que par un mot : je suis négociant, et, comme tel, je ne me préoccupe que des intérêts de ma maison. Je cherche le gain partout où il se présente.

[…]
Ainsi, quand vous vendez aux Chinois l’opium qui les abrutit, vous êtes aussi coupable qu’en ce moment où
vous fournissez aux gens du Sud les moyens de continuer une guerre criminelle ! »

Bien sûr, il y a le plaisir de la navigation, une histoire d’amour qui se trame (cousue de fil blanc), presque une bataille navale…. de l’action, des surprises. Un bon, mais court Jules Verne!

Les Pestiférés – Marcel Pagnol

LECTURE COMMUNE

la Partie de Cartes façon Street Art au Panier à Marseille

Avec Si on bouquinait et Nathalie

Il y a tout pile 50 ans, le 18 avril 1974, décédait Marcel Pagnol . Patrice de Si on bouquinait a eu l’idée de célébrer cet anniversaire par une lecture commune. Il a choisi Jean de Florette 

Rejoint par Nathalie qui vient de terminer un livre sur la Peste de 1720 à Marseille et qui a lu Les Pestiférés

J’avais oublié la date de la lecture commune. C’est le matin-même, sur FranceMusique que j’ai reconnu la voix de Pagnol qu’il fallait deviner. Et que je me suis rendue compte que je serai en retard pour la Lecture Commune. 

Le soir-même j’ai téléchargé Les Pestiférés qui est une longue nouvelle (67 pages, le chapitre 9 Du Temps des Amours) que j’ai lu dans la foulée, d’une traite et avec grand plaisir. 

« Il y a tant de maladies qui nous viennent par les navires ! dit le capitaine. Je connais cent sortes de fièvres, et c’esttoujours la même chose : une grande chaleur de la peau, des plaques rouges, des plaques noires, du pus, des vomissements, et on n’y comprend rien… Quand il en meurt beaucoup, on dit que c’est la peste, et ceux qui restent meurent de peur. – Surtout à Marseille ! »

Une placette, à flanc de coteau, bordée de maisons bourgeoises et de quelques boutiques. Maître Pancrace, médecin très estimé va organiser la petite communauté composée de notables pour survivre à l’épidémie de Peste qui a ravagé Marseille en 1720. Le Capitaine, Marius Véran, armateur enrichi par la Traite Atlantique, Maître Passacaille, le notaire, Maître Combaroux drapier fort riche, mais aussi fort dévot. En plus des notables, les commerçants, Romuald, le boucher, Arsène, mercier-regrattier, Félicien le boulanger. Et bien sûr, des femmes, des enfants, des vieillards.

Pancrace, dès le début de l’épidémie, alerte ses voisins. il revient du port où 3 portefaix sont morts dans les infirmeries. Dès qu’il est sûr que c’est bien la peste, il rassemble les hommes, ses voisins, leur fait part de la nouvelle.

Les premières mesures sont plutôt simples : brûler tous les effets qui auraient pu être en contact avec la maladie, et se laver soigneusement au vinaigre. Il organise le confinement:

« Enfin, tous ceux qui auront été obligés de quitter notre placette pour aller à leurs affaires devront dès leur retour prendre un bain d’eau vinaigrée et se savonner du haut en bas, très consciencieusement. Ce sont des précautions peu obligeantes, mais qui suffiront à nous préserver, du moins pour le moment. »

Pour survivre, il faut aussi mettre en commun les provisions, fabriquer des lotions avec des herbes médicinales : rue, menthe, romarin et absinthe macérées dans le vinaigre donnent le Vinaigre des Quatre voleurs détruisant les insectes qui propagent la contagion.

« J’allais justement dire, s’écria Pancrace, que dans toutes les épidémies les ordres religieux cloîtrés n’ont même jamais entendu parler du fléau qui faisait rage autour de leurs couvents. Eh bien, mes amis, nous allons suivre leur exemple, qui est fort peu honorable pour des moines qui devraient tout sacrifier à la charité chrétienne, mais qui convient parfaitement à des citoyens chargés de famille. »

Toute la communauté va vivre cloitrée à l’image des religieux.

Seul le drapier dévot va désobéir pour suivre la messe comme chaque jour malgré les injonctions de Pancrace

« je vous déclare, dit le docteur, qu’il faut renoncer à la messe pour quelques temps. Le Bon Dieu qui nous voit saura bien que ce n’est pas par manque de zèle : il n’ignore pas, en effet, qu’une église, comme d’ailleurs tous les lieux de réunion, est un très dangereux foyer de contagion. »

Il reviendra avec la Peste mais n’entrera pas.

Désinfections, confinements, surveillance, utilisation d’eau non contaminée. Cela nous rappelle quelques souvenirs.

Quand la ville sera tellement ravagée que seul le feu peut lutter contre la contagion, il leur faudra fuir le quartier.
Mais je ne vous racontera pas comment, il faut bien ménager un peu de surprises!

Cette Peste de 1720 est très célèbre, au Château d’If une plaque rappelle que le capitaine du navire responsable de l’épidémie, y fut enfermé.

Et pour revenir à la Célébration des 50 ans de la mort de Pagnolj’ai écouté sur l’appli Radio-France un excellent podcast où Fernandel raconte Pagnol cinéaste. LES NUITS DE FRANCE CULTURE : Marcel Pagnol raconté par Fernandel – dimanche 14 avril 2024 CLIC

Anatomie de l’Affiche Rouge – Annette Wieviorka – SeuilLibelle

ENTRE HISTOIRE ET MYTHE

incipit 

« Le  février Missak Manouchian entre au Panthéon, avec son épouse Mélinée. L’histoire mérite d’être connue et reconnue. Missak, le militant, le résistant est une figure digne d’être honorée. Mais je suis saisie par un double sentiment, celui d’une injustice à l’égard des  autres résistants étrangers fusillés en même temps que lui par les nazis et d’Olga Bancic guillotinée ; celui d’un malaise devant un récit historique qui distord les faits pour construire une légende »

Ce court essai (46 pages) est une leçon d’histoire, rigoureuse.

La légende de l’Affiche Rouge a été construite à plusieurs reprises.

Par les nazis d’abord, qui ne firent pas figurer tous les résistants mais surtout les juifs, ce qui correspondait à la propagande de l’époque. Choisir parmi les résistants du FTP-MOI ceux qui étaient juifs quitte à qualifier Celestino Alfonso de « juif espagnol »de « ne pas mettre sur l’affiche » le français Rouxel. Attribuer un nombre fantaisiste d’attentat à chacun. Les mettre en scène….Sur les 23 condamnés seuls dix figurent sur l’affiche, 7 juifs sur les dix présents alors qu’ils étaient douze sur les vingt trois fusillés…

Tous étaient FTP-MOI . Missak Manouchian ne remplaça Boris Holban qu’en aout 1943. Officiellement, le « groupe Manouchian » n’a jamais existé sous ce nom, affirme l’auteur….

Annette Wieviorka étudie dans le détail les personnalités de ces combattants du FTP-MOI, loin de la légende ou de la propagande sans éluder la trahison .

Légende de l’Affiche Rouge entretenue par le poème d’Aragon publié dans l’Humanité en 1955 dont elle livre une première version. . En 1959 Léo Ferré le met en musique, reprise par de nombreux artistes jusqu’aux rappeurs  et Feu Chatterton.

Légende portée au cinéma  ici encore des libertés sont prises par rapport à l’histoire.

La panthéonisation a privilégié la légende à la vérité historique, privilégié deux héros à la reconnaissance du collectif

« Le « groupe » est donc devenu un couple, plutôt glamour, les « étrangers » les seuls Arméniens ; les Italiens, Espagnols, Juifs de toutes nationalités et les Français, compagnons de ce combat solidaire, passent au mieux au second plan, deviennent invisibles ou noyés dans la vaste catégorie des « étrangers » privés de noms. »

Saine lecture en temps de « réécritures de l’histoire » et de « vérités alternatives »

Cap Canaille – Christophe Gavat- Fayard

LIRE POUR MARSEILLE

Une falaise impressionnante 390 m !

Vertigineuse !

Un roman policier avec Cap Canaille pour titre m’a tout de suite attirée.

« Drôle d’endroit pour mourir. La beauté des lieux l’avait saisi. Il ne pouvait s’empêcher de s’émerveiller. Malgré
les quatre hommes qui l’entouraient, le flingue qui le menaçait et la peur qui lui trouait le bide. La lune était de sortie pour éclairer les dernières heures de sa courte vie. Elle lui permettait de voir comme en plein jour les
falaises qui le dominaient et la mer qui l’aspirait. Qui l’espérait. 390 mètres plus bas. Magnifique endroit pour
mourir. »

Policier classique qui commence avec un « barbecue marseillais » : cadavre calciné retrouvé dans une voiture brûlée. C’est le corps de la Carlton une truande de haut vol, braquages Place Vendôme, habituée des Palaces comme l’Intercontinental  de Marseille (anciennement Hôtel-Dieu), se déplaçant sur une moto de rêve….

Enquête classique, sans grande originalité à part peut être l’excès d’acronymes spécifiques à la police, peu gracieux et indigestes pour le lecteur. Des traits d’humour assez lourds, utilisation systématiques de citations archiconnues, un peu agaçantes

L’humour potache de la PJ prend souvent le dessus dans ce genre de débats. Larrivée tape du poing sur la table
pour rétablir le silence. Les flics ont l’humour léger, mais le sens de la hiérarchie.

Des enquêteurs sympathiques, avec ce qu’il faut de faiblesses pour les rendre humains. Une histoire d’amour qui tombe bien. Des courses poursuites dans Marseille. Un match de l’OM. Des trafiquants plutôt minables. Des légionnaires virils. Classique.

Mauvaise chance pour ce livre, je viens de terminer trois polars remarquables de Jean Claude Izzo, la classe!  Cap Canaille se trouve relégué au niveau des séries policières régionales de Fr3 qui se regardent et s’oublient. 

Une grande dame nous a quittés : Maryse Condé, et si on la relisait?

LECTURE COMMUNE :

Son portrait présidait en majesté sur le Centre des Arts de Pointe-à-Pitre en ruine, squatté par des artistes, des graffeurs, des musiciens. 

Sa Traversée de la Mangrove et Moi, Tituba, sorcière m’avaient servi d’introduction à notre voyage en Guadeloupe. Nul besoin de projet de voyage aux Antilles pour apprécier ces deux œuvres qui se défendent toutes seules. 

Avant un voyage en Afrique j’avais également lu et apprécié Segou. 

Pour lui rendre hommage, je vous propose une lecture commune

l’un de ces trois titres bien connus, et disponibles dans les bonnes bibliothèque (quoique parfois en réserve) ou d’autres parce qu’elle a beaucoup écrit.

Qui est partant.e?

Le Soleil des mourants – jean-claude Izzo

MARSEILLE

« Condamné, c’était peut-être ça la seule réponse. La réponse à tout. Ne plus vouloir revenir dans cette société, ce n’était pas de l’impuissance. Seulement une grande fatigue à vivre après tant d’heures et d’heures de misère. La mort de Titi. Les colères de Dédé. Les silences de Félix. Pourquoi tenter de remonter à la surface des choses ? »

Le Soleil des mourants paru en 1999 est le dernier livre de J.C. Izzo décédé en 2000. Ce n’est pas un roman policier comme la Trilogie de Fabio Montale. 

Ce roman s’attache à des hommes et ces femmes SDF : Titi, trouvé mort de froid dans le métro parisien, Rico, son copain, veut fuir le froid et retrouver le soleil et ses souvenirs heureux à Marseille, Marjana, la bosniaque  a vu sa famille massacrée par un ami de la famille et  vit sous la menace de son passeur/mac et, enfin, Abdou, jeune mineur algérien orphelin des violences du FIS, déjà toxico. 

Roman empathique. On suit les galères de Rico qui veut rejoindre Marseille et le soleil. Rico a été un cadre commercial à Rennes, il a vécu une existence bourgeoise, est père de famille et tout s’est écroulé à son divorce. A Avignon, il partage quelques temps un abri avec Marjana, la bosniaque, survivante d’un massacre, déjà fantôme….

Je te l’ai expliqué, Rico, je suis comme si j’étais morte. Toi, je ne sais pas où tu es mort. Ni quand. Mais tu es
comme moi, ça, je le sais. On se trimballe avec nos vieilles peaux. Nous ne sommes plus que des emballages
vides.

A l’arrivée à Marseille, Izzo promène son héros dans le décor familier du port, du Vieux Port et du Panier.

Place des Moulins, dans le Panier – le vieux quartier, proche du port –, Rico découvrit que Marseille était une ville de collines. Léa lui avait fait grimper les marches de la montée des Accoules. – C’est seulement en marchant, en flânant, que l’on peut prendre conscience qu’ici on n’arrête pas de monter, de descendre, de remonter.

Ces ruelles aux noms chantants, et qui l’émerveillaient : rue du Refuge, rue de Lorette, rue des Pistoles, rue du
Petit-Puits… Place de Lenche, un orage violent les surprit, et ils se replièrent chez Léa.

Est-ce que la misère serait moins dure au soleil?

Challenge A la Recherche du temps perdu …et plus de Proust si vous le voulez bien

LECTURES COMMUNES

logo de la lecture commune

Il est toujours temps de lire Proust !

Miriam : « J’ai lu Proust étant adolescente et il est temps de faire une lecture adulte? J’aime bien me lancer dans l’aventure d’une lecture intégrale »

Claudialucia : « Personnellement  je m’étais initiée à Proust quand j’étais au lycée; je n’avais pas aimé et j’en étais restée là ! Enfin pas vraiment ! J’ai essayé d’entrer par la petite porte, en lisant beaucoup autour de Proust et de larges extraits.

Mais peut-on rester en dehors toute sa vie de ce monument de la littérature
française quand on aime comme nous l’aimons tous la lecture, amis blogueurs ? Certes, Proust intimide mais les incursions que j’ai faites dans ses œuvres m’ont bien persuadée qu’il n’est pas rébarbatif et même qu’il a beaucoup d’humour. »

Donc si vous ne faites pas partie de CQLD : de Ceux Qui Le Détestent : Anatole France : « la vie est trop courte et Proust, trop long », rejoignez-nous : Miriam dans son blog Carnet de voyage et notes de lecture et Claudialucia dans Ma Librairie.

La recherche du temps perdu

Il est toujours temps de lire Proust ! C’est en partant de cette affirmation que nous vous proposons un défi : lire A la recherche du temps perdu du premier au dernier volume.

A partir du mois d’Avril 2024, lançons-nous dans la lecture des sept volumes de Marcel Proust dans l’ordre : 1) Du côté de chez Swann 2) A l’ombre des jeunes filles en fleurs 3)Le côté de Guermantes 4)Sodome et Gomorrhe 5) La prisonnière 6) Albertine disparue 7) Le Temps retrouvé

Si j’en crois Keisha, La Proustolâtre, il faut se donner une décennie pour les lire et recommencer ! Bon, on va y arriver un peu plus vite, j’espère ! Mais sans pression! Du coup nous ne mettons pas de date pour clore notre défi. L’important est donc de participer au moment où l’on a envie et d’arriver au bout.

On peut s’inscrire pour cette Lecture commune ou préférer la faire en solitaire car il n’est pas question que cela devienne un marathon et chacun pourra choisir de rejoindre la LC ou de lire à son rythme.

Du côté de chez Swann pour le 15 Mai

Les livres autour de Marcel Proust

Pour ceux et celles qui ont déjà lu La Recherche et qui veulent nous
accompagner, pour tous ceux qui veulent approfondir leur lecture, nous
présentons aussi une liste non exhaustive de livres à lire autour de Marcel Proust et il y en a pour tous les goûts. On les lit quand on a a envie, au rythme que l’on préfère. Et là aussi vous mettez un lien et le logo en direction de vos blogs. Nous proposerons de temps en temps une récapitulation de vos participations.

Proust roman familial – Laure Murat

L’herbier de Marcel Proust de Dane Mc Dowell (Editions Flammarion) Claudialucia ICI

Le manteau de Proust Lorenza Foscini(Quai Voltaire)Claudialucia ICI

Les enquêtes de Marcel Proust : Pierre-Yves Le Prince –  Editions Gallimard Claudialucia ICI
La madeleine et le savant Balade proustienne du côté de la psychologie cognitive André Didierjan  Keisha ICI Claudialucia ICI

Un humour de Proust avec Denis Podalydès et Jean-Philippe Collard Concert-Lecture Claudialucia ICI

La petite cloche au son grêle  Paul Vacca : ( à propos de Marcel Proust)

A la recherche de Robert Proust Diane Margerie – Flammarion Claudialucia ICI

 Le musée imaginaire de Marcel Proust  Tous les tableaux de A la recherche du temps perdu Eric Karpeles keisha ICI

Proust et les autres Christian Péchenard –  Proust à Cabourg, Proust et son père –  Proust et Céleste (Edition La petite vermillon) Keisha ICI

 Proust contre La déchéance de Jospeh Czapski ( Les éditions Noir sur
blanc ) Keisha ICI

Dictionnaire amoureux de Proust Jean-Paul et Raphaël Enthoven (Plon Grasset) Keisha ICI

Chercher Proust Michaël Uras (livre de poche ) Keisha ICI

Une saison  avec Marcel Proust de René Peter  (Editions Gallimard)

Une jeunesse de Marcel Proust Evelyne Bloch-Dani (Editions Stock)

Un été avec Marcel Proust  Antoine Compagnon...(Editions des Equateurs)

Le Proustographe Proust à la recherche du temps perdu en infographie de Nicolas Ragonneau (Editions Denoël)

Le grand monde de Proust Dictionnaire des personnages de la Recherche du temps perdu de Mathilde Brézet  (Editions Grasset)

Monsieur Proust souvenirs de Céleste Albaret (Editions Laffont)

L’important c’est de nous dire quand vous publiez votre billet en mettant un
lien dans le blog de Miriam et de Claudialucia. vous trouverez d’autres logos chez Claudialucia.