au-delà de Cherbourg, vers le Cap de la Hague

COTENTIN 2025

Cap de la Hague, vaches

Nous avons combiné deux circuits du Guide Vert Michelin : p.110 à 119 de Landemerà Ormonville-la-Rogue et Cap de la Hague. Nous sommes déjà venues dans le coin en été 2020. 

Nous passons Cherbourg sur une rocade, pas d’embouteillage mais une traversée interminable de zones commerciales hideuses. 

Landemer à la sortie de la ville.

Landemer : les roches de Castel Verdon

Nous avons raté le Manoir de Dur Ecu avec ses tours étonnantes de l’autre côté de la route. Sans regrets puisqu’il est ouvert de Juillet à septembre seulement. Premier arrêt dans les villas dispersées sur la falaise. Difficile d’avoir une échappée sur la mer, les maisons sont bien encloses. Une petite merveille toutefois : un ruisseau cascade à l’ombre. A l’hôtel Landemer on nous chasse sans ménagements : le parking est privé et réservé aux clients. Il y a pourtant une très belle vue. Mes compliments n’adoucissent pas l’hôtelier.

landemer : sur les pas de Jean François Millet

Le Belvédère de Landemer est un peu plus loin après quelques tournants. parking bien aménagé avec toilettes et tables d’orientation. Très fréquenté : il se trouve sur le GR 223 et sert de point de départ aux randonneurs. Sur un panneau : la reproduction d’un tableau de Millet peint sur place. Un parcours permet d’atteindre en 30 minutes  la maison natale du peintre au  Hameau de Gruchy, je suis avec enthousiasme cette proposition. Le GR court à flanc de falaise dans des fougères plus hautes que moi, descend assez bas sous le Rocher du Castel Verdon. De là, un sentier très escarpé monte à la maison de JF Millet, tellement pentu que je renonce à mi- pente parce que c’est beaucoup plus que les 30 minutes annoncées. 

hameau de Gruchy maison de JF Millet

C’est en voiture que nous rejoignons Gruchy après un arrêt devant la jolie église de Gréville, ouverte, j’ai pu voir les statues de bois peint. Sur la place, assis, le peintre en bronze nous attend. En 1942 la sculpture a été fondue sur ordre des Allemands ; le buste, scié a été caché et sauvé. La statue a été remplacée par la suite. 

La maison de Jean François Millet, est un peu plus loin au hameau de Gruchy. Belle maison de pierre, sur  la façade court un rosier grimpant. Le musée n’ouvrira qu’à 14 h (en juin). Comme nous l’avons visité récemment nous renonçons et cherchons un bel emplacement pour la pause apéro. 

Pour voir la mer, nous nous dirigeons vers le Port Racine, port minuscule et charmant, malheureusement envahi de touristes. Le pique-nique sera un peu plus loin. Nous essayons les petites routes qui descendent vers la mer. La deuxième tentative sera la bonne au Havre de Bombec. La marée descend gentiment découvrant des rochers ocre rouge qui se détachent sur l’eau d’un bleu profond. 

Bocage et Cap de la Hague

Je pars explorer le sentier côtier, d’abord vers le Phare de Goury, retour au Sémaphore puis jusqu’au Port Racine.

Pour rentrer, nous faisons un grand détour pour éviter Cherbourg par des routes de campagnes très agréables.

Barfleur et le phare de Gatteville et le Val de Saire

COTENTIN 2025

Le port de Barfleur

Barfleur est à 5 km de Saint Vaast-la Hougue où nous logeons. Le lundi matin à 9h30, le port est presque désert. Deux gros chalutiers sont à quai, quelques camionnettes croisent et attendent le retour de la pêche. 

Dominique trouve facilement une place de parking au pied de l’église Saint Nicolas, église trapue, au clocher carré et à la nef courte. Une plaque apposée au coin de la rue nous informe que Seurat habitait là.

Barleur : église Saint Nicolas

Le  port a gardé son authenticité avec un équilibre entre bateaux de pêche et plaisance sans yachts tapageurs. Au Moyen Âge c’était un port important. La « Blanche nef » qui emportait les enfants du fils de Guillaume le Conquérant pour l’Angleterre fit naufrage non loin de là (1120). La Cour Sainte Catherine rassemble des maisons médiévales en granit très bien conservées. Je retrouve le GR pour un petit tour sur une belle plage blanche. 

Phare de Gatteville

Après le tour de la ville j’emprunte le GR vers le Phare de Gatteville à la Pointe de Barfleur. Il commence derrière l’église et court au bord de l’eau sur une digue-promenade moins impressionnante qu’à la Pointe de la Hougue, moins haute mais toujours bien étroite. Deux piétons se croiseraient difficilement, encore moins avec un gros chien tenu en laisse! A la sortie de Barfleur le sentier continue dans les dunes. le phare me nargue, il semble tout proche mais il me faudra trois quarts d’heure pour l’atteindre par un chemin sablonneux.

Le Guide Vert Michelin signale les curiosités du Val de Saire:

Chapelle de Gatteville : la grande place de Gatteville est presque déserte,  au pied de l’église monumentale à deux clochers et au toit moussu. Des maisons grises bordent l’esplanade. La petite chapelle est construite sur des ruines mérovingiennes. Elle est ornée d’ex-votos. Une colonne brisée rappelle le naufrage du luna en 1860. Un grand autel se trouve collé au mur latéral de la nef. Un cartel raconte que les marins y ont caché la statue de la Vierge pendant la Révolution pour la protéger. Ces anecdotes me ravissent. 

L’Eglise de Montfarville est renommée pour son décor intérieur de 19 toiles marouflées peintes par Guillaume Fouace (1879) peintre originaire de Réville. On dit que les gens du village ont servi de modèles. (prévoir 1€ pour illuminer les peintures) . Bien que ce peintre soit renommé et reconnu par de grands musées comme Orsay j’ai été déçue par ces décors. 

Landemer j’ai des envies de plage par cette belle après-midi. La marée est basse, les rochers découverts, la baignade compromise mais il y a une petite  plage de sable . Je retrouve le GR 223 qui me ramène à Barfleur.

 

La Pernelle : perchée sur une colline, on peut admirer la vue. Près de l’église un restaurant « panoramique » est installé près des restes d’une batterie allemande qui dominait toute la région jusqu’à Utah Beach. 

 

Niki de Saint Phalle -Jean Tinguely – Pontus Hulten au Grand Palais

Exposition temporaire jusqu’ au 4 janvier 2026

Affiche de l’Exposition – Hon à Stockholm

Exposition d’une collaboration d’un trio : Jean Tinguely (1925-1991), Niki de Saint Phalle (1930 – 2002) , deux artistes et un conservateur de musée Pontus Hulten qui partageait l’« anarchisme joyeux » des deux plasticiens et qui  s’est impliqué pour faire connaître au public les œuvres novatrices et ouvrir les musées à un art ludique et rebelle. 

Gismo ferraiile, roues diverses..

Mieux qu’un mobile qui oscille au vent Tinguely a construit des machines capables de se déplacer, de rouler sur les innombrables roues, de bringuebaler dans un bruit de ferraille. Sculpture cinétique bruyante.

Gismo parade dans les rues de Paris

 

Méta-matic

Méta-matic est une machine créative, sur le rouleau s’inscrit à l’encre le résultat des tressautements, une vidéo montre que les œuvres dessinées  par la machine sont distribuées aux passants.

Tinguely : Le Bal des pauvres

L’exposition du Grand Palais présente ces machines de Tinguely animées pendant quelques secondes. Il suffit d’attendre . Certaines se mettent en marche à grand fracas comme le Bal des pauvres où casseroles et gamelles s’entrechoquent et où la jambe du mannequin ne déhanche. Au mouvement s’ajoute le bruit qui deviendra carrément infernal sur des machines plus volumineuses pour finir avec cet Enfer

l’Enfer

Pontus Hulten a rencontré Tinguely dès 1954 et a donné toute sa visibilité à cette œuvre cinétique au Musée de Stockholm, le Moderna Museet dont il est conservateur pour l’exposition « Rörelese i konsten«  Le mouvement dans l’art(1961).

Nana de Niki de Saint Phalle.

  C’est là qu’il offre à Niki de Saint Phalle en 1966, l’espace pour « Hon-en kathedral » , la sculpture géante de la Nana enceinte allongée  qui accueille le public entrant dans son vagin dans une exposition d’art moderne (des reproductions). Pour la construction de la statue gigantesque Pontus Hulten a mis la main à la pâte, une vidéo raconte cette aventure et toute une salle est consacrée à Hon, affiches, croquis préparatoires et même un  morceau de la géante qui a été démantelée depuis. 

En 1977 Pontus Hulten vient à Paris pour la conception du Centre Pompidou dont il devient directeur et qui accueillera plusieurs expositions majeures  « Le Cocrodrome de Zig& Puce » (1977) « Exposition Niki de Saint Phalle » (1980) et une rétrospective Tinguely (1988-1989).

Jean jacques Rousseau dans la série des Philosophes

Après le décès de Tinguely en Suisse en 1991, avec Niki de Saint Phalle, il réalise le Musée Tinguely à Bâle. 

Une salle entière est consacrée au Cyclop de Milly-la-Forêt que j’ai vu à plusieurs reprises. Il faut le voir sur place pour mieux se rendre compte. CLIC  Comme la Fontaine Stravinsky(1983) œuvre commune  de Niki de Saint Phalle et Tinguely.

Niki de Saint Phalle : King Kong (1962)

Les réalisations de Niki de Saint Phalle sont très variées, violentes et provocatrices comme les Tirs documentés par des vidéos d’époque et deux tableaux résultats de ces tirs. le film de Céline Salette (2024)  Niki CLICdonne des clés pour interpréter cette violence . J’avoue ne pas aimer cette peinture à a carabine.

Accouchement rose

Comme Tinguely, elle assemble des objets de récupération mais sans le mouvement . Ses constructions sont souvent dérangeantes comme cet accouchement rose agglomérant des poupées et jouets, monstres et fibres. King Kong montre la ville de New York menacée par des avions de guerre tandis que les masques des puissants de l’époque Kennedy, Castro, le Général de Gaulle etc…

Inquiétant ce couple ?

Saint Vaast-la-Hougue – l’île Tatihou et le Fort de la Hougue

COTENTIN 2025

Tatihou, l’entrée du lazaret et du jardin exotique

Distante de 1.5 km du port de Saint Vaast, reliée par une route inondable, j’avais pensé rejoindre l‘île Tatihou à pied à marée basse. la route ne serait dégagée qu’après 12h30. J’ai donc préféré le bateau à l’aller et retour à pied.

Le petit bateau amphibie doit être réservé à l’avance soit à l’Office de Tourisme soit sur Internet CLIC

A 9h, Sur le port, j’avise le grand panneau et me connecte avec le téléphone à la billetterie : il reste une dernière place que je réserve. Il  faut me presser, l’embarquement est à 9h45 de l’autre côté du port. Ma réservation a bugué, mon billet n’est pas dans mes mails. Le capitaine me dit qu’il reste des place dans le bateau de 11 h, je recommence, paie ma place 14€. Finalement il veut bien de moi à 10 h. (forcément, il restait une place, la mienne!). Le prix du billet comprend l’aller et le retour et surtout les entrées dans le musée et dans le fort.

La traversée est courte. L’île petite.

Tatihou : lazaret

Un merveilleux jardin entoure l’ancien lazaret. J’adore ces jardins luxuriants où tout semble pousser, aussi bien les plantes exotiques acclimatées palmiers succulentes, Echiums,   que roses, hydrangeas, fougères. Le lazaret, le manoir, est un hôtel. Amusante présence des goélands qui surveillent leurs poussins déjà grands mais couverts de duvet.

Musée maritime:

Histoire de Tatihou

Les premières occupations humaines sont datées 125.000 ans pendant un interglaciaires. Il y a 20.000 ans pendant la période glaciaire, la Manche n’existe plus. 4.500 ans une nouvelle population sédentaire s’installe. Pendant l’Age du Bronze, les champs sont délimités par des talus et fossés formant une sorte de bocage. A l’Âge du Fer,(800 – 600 av JC),une  nouvelle dégradation climatique induit une baisse démographique

On a retrouvé (1er siècle av. JC) une ferme gauloise puis 1er/2ème après JC ferme gallo-romaine. 

L’île est offerte par Guillaume le Conquérant à l’Abbaye aux Dames de Caen.

1689 Fortification de l’île 1692 bataille de la Hougue 1694 : construction des deux tours, le fort de Tatihou et le fort de la Hougue.

L’île Tatihou est devenue une quarantaine pour les navires avec le lazaret  à la suite des épidémies de peste à Marseille en 1720, de fièvre jaune en Espagne en 1804, de choléra en 1831. 

1888 installation d’un laboratoire de Biologie marine

1914-1918 : internement des « indésirables », allemands autrichiens et hongrois. 1939 : Internement de réfugiés espagnols . L’île subit le 10 juin 1944, les bombardements alliés.

L’île aux enfants (1926-1939) un aérium fut installé pour les enfants chétifs ou malades, puis des colonies de vacances. 1948- 1984 ; centre de rééducation pour des jeunes, délinquants ou pupilles placés par la Justice

L’île a connu des destins variés au cours des âges

Toute une partie du musée est dédiée au  temps de Louis XIV, guerre d’escadre ou guerre de Course (piraterie officielle) , rivalité franco-anglaise  et la guerre de Hollande (coalisation anglo-hollandaise1672 – 1678)).  1692,Bataille de Barfleur : 12 navires de Tourville  furent incendiés dans la Baie de la Hougue, illustrée par trois tableaux qui représentent le spectacle des incendies. Mon préféré est celui de Willem Van der Velde le jeune. 

« Sauvez les canons » est le titre d’une section d’archéologie marine qui montre la galiote découverte à Ormonville-la-Rogue. 

Après une belle promenade dans le jardin j’atteins la Tour Vauban et les casernes construites au XIX ème siècle, bâtiment qui hébergea les colonies de l’aérium entre 1918 et 1939. 

Tour Vauban

Tatihou : fort Vauban et chapelle

Construite de 1692-1694 par l’ingénieur Benjamin Decombes autour d’un pilier rond impressionnant. Dans les fondations, une citerne, au rez de chaussée, la poudrière sur les deux étages le logement pour 80 hommes et sur la plateforme dix pièces de canons.

Une promenade nous conduit à la chapelle (maquettes) et dans les bunkers allemands.

maquette de la Tour Vauban

La mer est descendue, je peux rentrer à pied. Une route caillouteuse a été aménagée pour le bateau amphibie qui y roule à marée basse. Il reste encore des flaques mais on passe bien entre les parcs à huitres.

Saint Vaast à marée basse huitres et algues

Le Fort de la Hougue

Distant de 2.750 m du Fort Vauban, les deux tours protègent la baie avec leurs tirs croisés. 

C’est une très belle promenade le long de la digue côté mer et de la Baie du Cul du Loup de l’autre côté de la presqu’île. On peut faire le tour des remparts sur un sentier en respectant bien le sens indiqué : au retour on marche sur le mur et il est impossible de se croiser. J’ai déjà fait ce parcours et ce tronçon au dessus de l’eau pimente la balade. L’après-midi on peut entrer dans le terrain militaire et monter à la tour.

 

 

Bientôt un téléphérique entre Créteil et Villeneuve-Saint Georges : le Câble C1!

TOURISTE DANS MA VILLE

Oublions la voiture à Créteil!

Créteil est très bien reliée à Paris par le métro Ligne 8. En une demi-heure j’arrive à République, en 3/4 d’heures à la Concorde.

RER D à Créteil Pompadour, RER A à Saint Maur Créteil.

Deux lignes d’autobus en site propre TVM et 393. Et nombreuses lignes d’autobus sur le réseau urbain. 

Et voici la nouveauté : un téléphérique !

Le Câble C1  long de 4.5 km qui reliera Créteil aux  communes enclavées Valenton, Limeil-Brévannes et les quartiers hauts de Villeneuve Saint Georges. beaucoup plus rapidement que les autobus. 18 minutes, cinq stations au lieu de 45 minutes (et plus).

Le Câble est une idée judicieuse pour enjamber la voie rapide 406 (Carrefour  Pompadour – Bonneuil),  les voies ferrées, et les différentes zones industrielles et commerciales, et la ligne à haute tension que la circulation automobile doit contourner en longs détours. Les 30 pylônes, certains dépassant 30 m de haut survolent les installations  se jouant des obstacles. une centaine de cabines de 10 passagers vont se succéder toutes les 30 secondes. On a estimé 11.000 voyageurs/jour.

Depuis 2019, je suis le chantier avec grand intérêt. Tout ce qui permet d’éviter la voiture dans les transports du quotidien ma passionne. Tous les jours je surveille la construction de la station Pointe du Lac. Dernièrement on a même accroché le nom de la station à l’auvent pour décorer l’entrée.

Ile de France Mobilité/C1 organise pour le public des promenades guidées. je me suis donc inscrite avec enthousiasme sur leur page Facebook

la Végétale, La Fontaine Saint Martin

Le rendez-vous était à Limeil-Brévannes, 10 avenue Descartes. Au milieu de nulle part. Accès en bus de Créteil, 55 minutes selon l’appli IDF Mobilités(bus 430 et 429), et même 56 mn selon l’Appli Bonjour RATP avec le bus O2 . Remarquez que les deux applis ne recommandent pas les mêmes autobus, tout à fait pratique! Le Câble va donc remédier à cette incohérence. 

Deux animateurs attendent les visiteurs curieux : Saïd pour le Câble et Roselyne pour La Végétale. 

La Végétale est un projet de mobilité douce – piste cyclable et piétonnière – 20 km entre Créteil et Santeny avec possibilité d’aller beaucoup plus loin jusqu’à Yèbles en Seine-et-Marne sur le Chemin des Roses. La Végétale est la nouvelle appellation de la Tégéval compensation de l’emprise du TGV -qui a été tracée depuis déjà 12 ans mais qui n’est pas encore terminée. Mobilités douces, marche et vélo. Téléphérique électrique et presque silencieux. Ces deux projets empruntent un tracé commun et se complètent admirablement. Le Câble survole des espaces verts, soit anciens, soit aménagés récemment, au dessus de la canopée de grands marronniers centenaires et de tilleuls. Des arbres fruitiers ont aussi été plantés sur des terrasses paysagées à flanc de coteau. Le cheminement est revêtu d’un enrobé doux pour les vélos et les virages étudiés pour une circulation PMR. Le mobilier : bancs, transats, luminaires et même abri est en bois. Des boulodromes, terrain de basket équipent également le parcours.

 

abri et boulodrome

La ballastière remblayée dans les années 80 ancienne décharge contenant des déchets polluant a été renaturée. 

Au cours de la promenade, nos conférenciers nous expliquent le montage de ces pylônes géants mais très élancés surmontés de deux ailes suggérant celles d’un oiseau, ou le V de Val de Marne. Pour ma part, associant téléphérique à montagne, j’avais vu des spatules de skis. Ces pylônes sont l’œuvre de Doppel France et sont différents de ceux qui équipent les stations de ski.

Cinq stations sont presque terminées, il reste encore des aménagements, des rampes pour que l’accessibilité soit de plain-pied, des vitres….mais on peut admirer ces élégantes boîtes métalliques qui s’insèrent dans la végétation. Nous observons les galets en mouvement, une cabine glisse, très discrètement, l’autobus passant sur le le ralentisseur semble faire un fracas incomparable. Test du bruit : passé brillamment.

 

D’ici quelques temps je pourrai rejoindre la Plage Bleue à partir de la Pointe du Lac et compléter la Végétale sur le tronçon qui me manquait !

Arrivée à Saint Vaast-La-Hougue

COTENTIN 2025

Saint Vaast la Hougue

Saint Vaast-la-Hougue sera notre port d’attache pour une petite semaine. 

Nous arrivons par la RN13 qui se rétrécit après Avranches , passe par Mère-Eglise. Je fais quelques emplettes dans une jolie épicerie à Montebourg encombrée de bombonnes de verre contenant un liquide doré. On y débite le whisky en vrac. Il doit y avoir une clientèle pour cela dans cette région des Plages du Débarquement.

Notre pique-nique se fera sur la plage de Ravenoville au nord d‘Utah Beach. Belle plage de sable qui semble infinie. Malgré la chaleur, pas de baignade, l’eau s’est retirée trop loin.

Notre gîte est une maison de ville sur le bord de la route principale. Décorée avec goût. Une véranda qui donne sur le jardin des logeurs.

C’est la Fête de la Musique,  j’avais imaginé des animations dans les bars du port. Le spectacle se déroule sur la place du village voisin,  Quettehou, sur une estrade. Il faudrait reprendre la voiture…

Nous avons passé quelques heures à Saint-Vaast au cours de notre dernier voyage dans la Manche CLIC 

Nous connaissons donc le petit port, la chapelle des Marins et le Fort de la Hougue . La journée de demain sera consacrée à l‘Île Tatihou!

 

Etape à Dol-de-Bretagne

EN ROUTE VERS LE COTENTIN EN JUIN

la cathédrale de Dol et devant le bateau de Granite qui a transporté Saint Samson

Pour arriver  Saint Vaast-la-Hougue, à partir de Saint Malo nous disposons de tout notre temps pour flâner.  Arrêt petit-déjeuner à Dol-de-Bretagne. 

La silhouette de la cathédrale de Dol nous est familière. Elle voit de très loin du Mont Saint Michel et pourtant nous n’avions jamais fait le détour. De l’extérieur, c’est une forteresse de granite. Quand on entre je suis étonnée par la clarté et la légèreté de la nef gothique. Charmée aussi  par les vitraux (XIIIème)

Vitrail du choeur : arrivée de Saint Samson sur son auge de pierre

J’ai observé ceux qui racontent l’histoire de Saint Samson à qui est dédié la cathédrale. Samson, évêque de Cardiff, est arrivé du Pays de Galles navigant sur une auge de pierre. J’ai déja lu à plusieurs reprises cette légende des auges de pierre flottantes (en réalité des curraghs, barques irlandaises très légères pas du tout en granite) qui ont traversé la Manche. Ce voyage est aussi raconté par le vaisseau de granite sculpté par Jean Yves Menez  (voir photo ci-dessus). Selon Wikipédia cette barque de pierre aurait vraiment navigué. 

Dol de Bretagne : puits

Une autre curiosité de l’église : le Double Puits. on voit ci-dessus le puits extérieur où la population pouvait puiser de l’eau. Un second puits a été découvert dans la « Chapelle du puits ». Ces deux puits auraient la même source et l’un des deux serait même gallo-romain. 

A l’Office de Tourisme on peut acquérir un plan avec une visite de la ville.

A l’arrière de l’église, la Place de la Trésorerie rappelle le rôle du chapelain trésorier. Le Chapître était un élément de stabilité dans l’histoire de l’église., alors que els évêques se succédaient. 

Rue Ceinte

La promenade aurait dû me conduire aux remparts de Dol mais je l’ai écourtée en empruntant la Rue Ceinte : jolie rue pavée dont les maisons de granite semblent intouchée par la modernité. 

le marché du samedi à Dol de Bretagne

La grande rue principale formé par la Rue Lejamptel et la Grande rue des Stuarts est occupée aujourd’hui samedi par le marché. Elle est très encombrée par les étals variés aussi bien maraîchers que textiles. Tout est de très belle qualité. j’ai bien du mal à photographier les maisons à pan de bois derrière les auvents des marchands.

Chateaubriand tout jeune élève

A une extrémité, devant les halles (XIXème siècle) je reconnais le jeune Chateaubriand qui fut élève à Dol. Combourg est tout près. Plus loin, dans l’Hôtel Grand Maison une plaque explique que Victor Hugo et Juliette Drouet séjournèrent là en 1836. Cette coïncidence m’amuse, me rappelant que Victor Hugo a déclaré à 14 ans qu’il voulait être Chateaubriand sinon rien. Et ce n’est pas fini  : c’est dans ce même hôtel que la dépouille de Chateaubriand fut veillée en 1848 avant de rejoindre son tombeau à Saint Malo sur l’ilot du Grand Bé. 

Quittant la Bretagne par  l’autoroute de Caen, nous frôlons Villedieu-les-Poêles que nous devions visiter. 31°C nous dissuade. Toujours aussi chaud devant Saint Lô. Nous sommes pressées de voir la mer et un peu de fraîcheur. 

 

Un autre ailleurs – Agnès Riva

TOURISTE DANS MA VILLE : CRETEIL

Agnès Riva raconte la naissance d’une Ville Nouvelle : Créteil dans les débuts des années 70 quand grues et pelleteuses étaient au travail. Ces débuts m’amusent beaucoup puisque je me suis installée à Créteil en 1980. Presque tout était en place, tout beau, tout neuf avec l’optimisme de construire une nouvelle vie. 

« C’est du jamais-vu », pensa Gilles ébahi en découvrant face à lui le quartier de la Haye-aux-Moines, un ensemble de résidences, de tailles et de volumes différents, agencées comme une casbah, dotées de terrasses créées çà et là dans les angles par d’habiles décrochés cubiques, et bâties avec des matériaux modernes laissant présager des appartements dernier cri. »

Le héros de l’histoire, Gilles,  est un jeune étudiant qui s’installe dans le Quartier de la Haye-aux-Moines. Il est embauché par le Maire comme animateur pour la promotion de la ville nouvelle avec la mission de sonder les habitants et d’animer une vie de quartier. Gilles tombe amoureux d’une secrétaire à la Mairie. Il imagine un projet avec l’école primaire du quartier : retaper un bateau qui naviguera sur le Lac de Créteil à peine aménagé…

Disons le tout de suite. L’histoire d’amour entre Gilles, godiche, et Aline, la brunette pétillante n’est pas passionnante.

En revanche, je me suis bien amusée de trouver l’ancien magasin Carrefour avant la construction de Créteil-Soleil, d’apprendre que

« C’est le premier McDonald’s qui a ouvert en France, et il a choisi de s’installer à Créteil, »

et que le Cinéma de Créteil Village était le Gémini. Tous ce qui n’existe plus et ce qui existe encore éveille mon intérêt de Cristolienne. L’opposition entre les pavillons de Bord de Marne et les constructions moderne est bien vue. L’ambiance antillaise aussi avec l’attraction de l’Hôpital Henri Mondor. Dans ma tour (construite en 1946) elle était très sensible aussi avec les Postiers. En revanche, le Mont-Mesly barres et tours des années 60, pour accueillir rapatriés d’Algérie et travailleurs maghrébins, n’est pas du tout évoquée.

Intéressante anecdote sur un avortement au Planning Familial (ou était-ce le MLAC) . Aline qui y a accompagné une amie se fait journaliste pour témoigner.

Je me suis amusée mais je ne suis pas sûre que les lecteurs qui ne connaissent pas ma ville prennent autant de plaisir à cette lecture. A moins que la découverte de la banlieue ne devienne un sujet exotique… j’ai remarqué d’autres parutions dans ce genre.

Jamais d’autre que toi – Rupert Thomson

“Masculin, féminin, tout ça je peux faire. Mais neutre – c’est là que je me sens à l’aise. Je ne me laisserai pas enfermer dans un rôle ni mettre en boîte. Jamais. J’aurai toujours le choix.”

J’ai « rencontré » Claude Cahun la première fois à l’Exposition Pionnières CLICau musée du Luxembourg. Une deuxième fois sur un podcast de RadioFrance qui raconte la Résistance surréaliste de Claude Cahun et de Suzanne Malherbe, sa compagne sur l’île de Jersey CLIC contre l’occupant nazi. Dernièrement, un documentaire sur Arte leur est consacré.

Avant notre départ pour Guernesey j’ai cherché un livre pour nous accompagner. Certes, l’action se déroule à Paris et à Jersey, île voisine. Mais l’occupation allemande sur Jersey et Guernesey ont marqué l’histoire de ces deux îles jusqu’aujourd’hui encore. 

Jamais d’autre que toi raconte l’histoire d’amour de Lucie Schwob et Suzanne Malherbe qui commença à l’adolescence, à Nantes pour durer toute leur vie. La narratrice est Suzanne. 

« Je ne nous considère pas comme des lesbiennes, dit-elle. Nous sommes simplement deux personnes – deux personnes dont il se trouve qu’elles s’aiment. — Nous sommes des femmes dont il se trouve qu’ elles s’aiment, dis-je. — Le genre n’a rien à voir. Je t’aimerais quoi que tu sois. Homme, femme, hermaphrodite…” 

Au tout début du XXème siècle, l’homosexualité féminine était complètement ignorée et non pas réprouvée comme l’homosexualité masculine. C’est donc en toute bonne foi que le père de Lucie Schwob confie Lucie, anorexique et dépressive, à la garde de Suzanne Malherbe de deux ans plus âgée. Les deux jeunes filles partent ensemble en vacances et partagent leur quotidien sans problème. Elle seront encore plus proches, demi-soeurs quand la mère de Suzanne épouse le père de Lucie. 

Artistes toutes les deux, Lucie est poète, Suzanne plasticienne. Elles inventent leur vie, se créent des identités, changent de nom Lucie devient Claude, Suzanne, Marcel. Elles jouent avec les apparences physiques

. Claude se rase le crâne, adore être prise pour un homme. Toutes deux se photographient dans des mises en scène androgynes ou carrément surréalistes.

Signé Moore

Elles fréquentent les surréalistes :

« André Breton, Robert Desnos, Philippe Soupault… C’est plus tard seulement que j’ai pris conscience de ce que signifiait ce dont j’avais été témoin ce soir-là – non de la naissance du surréalisme, sans doute, mais d’un aperçu du mouvement dans sa petite enfance. »

Nous ne fîmes néanmoins aucune tentative pour nous joindre à eux. […] il nous semblait que le mouvement était dominé par des hommes apparemment peu disposés à prendre les femmes au sérieux, ou incapables de le faire, et qui considéraient l’homosexualité avec méfiance, voire dégoût. En outre, nous n’étions pas réellement intéressées par l’affiliation.

Jamais d’autre que toi est un roman historique racontant la vie artistique et littéraire à Paris , on croise aussi Michaux, Gertrud Stein, Marguerite Moreno et des acteurs de théâtre un peu oubliés, Foujita, Dali…

A l’approche de la Seconde Guerre mondiale, Lucie qui a déjà souffert de l’antisémitisme pendant son enfance pressent le drame qui se noue et les deux femmes vont chercher un refuge à Jersey. 

. Nous allions partir à Jersey, avec ses plages idylliques, ses vallons et ravins verdoyants, son délicieux isolement. Des amis viendraient de temps en temps nous rendre visite, mais nous aurions l’intimité et la paix. Notre vie serait tranquille, nous ferions des photographies. Nous nous aimerions

La paix? c’était sans compter l’invasion des îles anglo-normandes par les nazis qui les fortifièrent en les transformant en véritable bastion. Et les deux femmes deviennent un réseau de Résistance à elles toutes seules.

Plus tard, j’appris que les Allemands avaient un nom pour les gens comme nous, qui refusaient de reconnaître leur présence. Ils nous appelaient les “fantômes”. Comme il était curieux, me disais-je, qu’ils aient pensé à inverser ainsi les choses. Nous les traitions comme s’ils n’existaient pas et pourtant, d’une certaine façon, c’étaient nous qui étions devenus invisibles.

Elles agissent avec leurs talents : les mots et les dessins, rédigeant des tracts illustrés très impertinents dans un allemand parfait que possède Suzanne. Elle font croire que des séditieux sont infiltrés dans les troupes allemandes. Elles collent leurs tracts dans les endroits judicieux jusque dans les poches et les chaussures des officiers allemands. Elles vont même jusqu’à afficher une banderole dans le cimetière autour de l’église comparant la grandeur de Jésus à celle de Hitler. Provocations dans le plus pur surréalisme!

Dénoncées, elles sont incarcérées en 1944 et condamnées à mort. Un suicide raté leur sauvera la vie, leur épargnant la déportation.

Claude Cahun photographiée  par Suzanne avec l’aigle nazi dans la bouche.

Des personnalités remarquables, une histoire passionnante.

A lire, même si vous ne vous embarquez pas pour Jersey!

Cézembre – Hélène Gestern

UN ROMAN DE SAINT MALO

Cézembre vu du ferry

Ce gros roman (650 p en Poche) m’a accompagnée pendant ces vacances en bord de Manche. Il a guidé mes rêveries en passant devant les rochers, les îlots et les îles, flux et reflux des marées…

Cézembre est une île en face de Saint Malo. Une île chauve, un caillou, une île martyr dont l’histoire est tragique. Fortifiée par les Allemands, elle a subi un pilonnage monstrueux de la part des Alliés. Elle exerce une fascination pour le héros du roman

« J’ai toujours aimé la beauté des ruines ; mais celles-ci, sous leur vêtement de graminées, de mousses et de
lichens, ne s’étaient pas tout à fait départies de leur violence originelle. À Cézembre, la nature n’avait pas
éteint le souvenir de la bataille sans merci qui s’y était livrée : elle en avait simplement apaisé l’horreur. »

Yann de Kérambrun, le narrateur, est historien. Il enseigne à la Sorbonne et rédige une thèse sur les pirates de la Méditerranée du temps de l’Empire Romain. En instance de divorce, il vient de perdre son père. Son fils part en Allemagne. Il demande un congé sans solde et s’installe dans la maison familiale Les Couërons sur le Sillon à Saint Malo. Il y trouve un véritable trésor : les archives de la Société de propulsion nautique malouine créée en 1905 par son aïeul Octave. Cette société les « vedettes bleues » assuraient les traversées entre les Îles anglo-normandes et Saint Malo. Octave avait pour associés un homme d’affaire de Jersey et un avocat Sainte Croix, très actif dans la politique locale. 

Parmi les divers dossiers, il retrouve plusieurs dizaines de carnets des « livres de raison » comptes journaliers, mais pas que. L’historien qui sait déchiffrer de telles archives se lance dans une entreprise au long cours : reconstituer la saga familiale de cette famille d’armateurs malouins. A première vue, l’entreprise s’est transmise de père en fils et a prospéré, Octave a fait construire une belle maison de maître qui est restée dans la famille. Mais des secrets de famille le troublent. Entre temps, on retrouve un squelette à Cézembre, l’entreprise familiale est elle mêlée ? Yann se livre à une  enquête minutieuse qui va mobiliser les cousins éloignés qu’il avait perdu de vue. je retrouve les mêmes ressorts qui m’avaient tenue en haleine dans 555, le manuscrit de Scarlatti. 

Entrelacées avec l’histoire familiale, les tragédies qui se sont déroulées sur l’île : avant d’être occupée par l’armée allemande, Cézembre fut une colonie pénitentiaire. C’est aussi un site idéal pour la contrebande. Pouvait-on s’échapper de Cézembre à la nage?

Yann se lance le défi de faire la traversée à la nage.

Mais je rêve de plus en plus souvent à cette traversée, que je voudrais réussir en solitaire. Comme si
atteindre l’île par mes seuls moyens pouvait me permettre de replonger dans ces époques lointaines
dont nous parlait Étienne, lorsque la géométrie des terres et des sables était si différente que les îles
Anglo-Normandes n’étaient qu’une péninsule. Je m’imagine, marcheur gagnant le couvent des Récollets,
traversant une forêt de chênes baignée par le vent maritime. Ceux que la marée avait saisis, couchés,
minéralisés, chassant au fil des siècles la sève et la fibre du bois pour y loger son sel, son fer, sa silice.

Le livre est aussi traversé par l’histoire de la joggeuse mystérieuse, la femme au K-Way turquoise, Rebecca,  dont Yann va tomber amoureux. Pas la partie que j’ai préférée.

Et toujours la présence de la mer, de sa puissance, de naufrages comme d’entrainements à la nage. Saint Malo et ses légendes. J’ai adoré la légende de la forêt de Scissy, forêt enfouie sous le rivage depuis des millénaires, fossilisée

On a retrouvé des arbres fossilisés, enfouis dans le sol inondé, qui datent du néolithique. On appelle ça des
couërons. — C’est de là que vient le nom de la maison ? — Sans aucun doute. On les reconnaît parce qu’ils
sont couchés à l’horizontale, avec des racines qui forment un angle à quarante-cinq degrés avec le tronc.
Ce qui veut dire que ces arbres ont commencé à pousser avant la submersion,
[…]
À l’emplacement du Sillon, il n’y avait pas une forêt qui allait jusqu’à Cézembre ? Étienne a souri. — Ah,
la fameuse forêt de Scissy ! Ou Querckelonde selon d’autres sources. Hugo l’appelait la « forêt druidique »
… Elle aussi, elle fait partie de la légende.

Roman de la mer, saga des armateurs malouin, histoire du XXème siècle, de la guerre…Aussi relation père-fils. Les thèmes abordés sont nombreux et ce roman  est décidément très riche.

J’ai eu  le plaisir de rencontrer Hélène Gestern à la manifestation littéraire, Créteil en poche. Je lui ai dit tout le bien que je pensais de son livre. Mais comme je n’ai pas l’esprit d’à-propos, je ne lui ai pas demandé de photo. Quand je suis revenue, elle avait disparu!