Ballade pour Georg Henig – Viktor Paskov

LE PRINTEMPS DES ARTISTES 2025

Initié par La Boucheaoreille

 

LIRE POUR LA BULGARIE

C’est un très joli roman, très tendre, très délicat sur le thème de la musique, du travail du luthier, de l’amour du travail bien fait et de l’amitié.

Le narrateur, au début du roman, est un garçonnet qui a besoin d’un petit violon – un huitième. Son père, musicien à l’Opérette de Sofia,   le conduit dans l’atelier du vieux luthier tchèque. Le vieil homme et l’enfant sympathisent. Gueorgui, Georg – en Bulgare, fait figure de grand père pour l’enfant. Il insuffle toute sa confiance dans le « roi Viktor » qui deviendra sûrement un virtuose.

L’action se déroule dans Sofia des années 50. La maison des parents de Viktor a connu des jours meilleurs. Elégante villa Sécession, elle est devenue une maison close, elle héberge des familles déclassées où jalousie et alcoolisme entrainent des violences récurrentes. La mère de Viktor, d’origine bourgeoise est particulièrement amère . Elle rêve de meubler son intérieur d’un buffet.

Menuiserie et lutherie nécessitent le travail du bois et les outils du luthier pourront être utilisés. Le bois que le vieil artisan garde pour des violons à venir peut aussi servir. En cachette, Marin, le père vient dans la cave qui sert d’atelier  pour fabriquer le buffet. Marin met tous son cœur pour  son chef d’œuvre. buffet luxueux qui s’avère aussi musical :

 

Des voix cristallines s’écoulaient de la petite pharmacie, douces comme un baume. Les basses grondaient de la penderie, assombries et feutrées. Des thèmes et des motifs pour flûte se déroulaient du placard de gauche, comme des saucisses liées les unes aux autres. Du placard de droite parvenait le tintement triomphant des casseroles et des poêles, semblable à celui des cymbales dans les Danses polovtsiennes de Borodine : boum-ta ta, boum-ta ta ; le petit bar déversait les accords cristallins d’une harpe avec une douceur liquoreuse ; dans le tiroir, cuillères et fourchettes s’entrechoquaient énergiquement, comme des castagnettes dans un capriccio espagnol. Le buffet déversait une orgie musicale, il grondait, rugissait, tonnait, débordait ! Le quartier écoutait, frappé de stupeur, tandis que mes parents valsaient. »

Viktor ne fera pas carrière comme violoniste – plus tard il sera écrivain – mais l’amitié avec le « grand-père » perdure. Depuis longtemps, Gueorgui n’a plus de client.  Ses élèves, Frantisek et Vanda, ont pris sa place. Ils convoitent ses outils précieux. Bojenka, sa femme est décédée. Georg végète dans la cave, terrorisé par ses terribles voisins et leur chien. Seules les ombres viennent lui rendre visite. Quand Marin et Viktor viennent le visiter, Georg est presque mort d’inanition.

Comme s’il était le véritable grand-père, ils le rendent à la vie.

Alors que tous complotent, voisins, élèves et services sociaux, pour l’expulser, Georg se consacrera à son dernier chef-d’œuvre : un violon pour Dieu….

Ce court roman, si poétique, a été primé en Bulgarie et même à Bordeaux. Prix mérité! Une pépite.

Arcachon : front de mer, marché et petits ports ostréicoles des environs

MARS ATLANTIQUE – ARCACHON

la plage d’Arcachon

Nous rejoignons la corniche sur la mer piétonne et cycliste avec ses trois jetées. Les croisières-excursions pour l’Ile aux Oiseaux et la navette pour Le Cap Ferret partent de la jetée Thiers. Les passants sont chargés de cabas et paniers : le marché n’est pas loin : halle couverte, étals plutôt luxe. Sur la grande place les marchands ont installé des portants pour des fringues, attention, c’est de la qualité ! Une dame voilée propose du couscous, un pâtissiers des cannelés et des pasteis de nata, le foodtruck est une rôtisserie. Les cafés ont installé leurs terrasses. A 10 heures, il y a beaucoup de monde pour le café ! En face, discret : Carrefour Market. Les enseignes savent faire preuve de bon goût quand la clientèle et l’environnement l’exigent. La place et le quartier autour des Halles sont piétonniers, de grands parkings souterrains engloutissent les voitures.

Arcachon : jetée

La promenade a été refaite récemment, végétalisée. Deux pistes séparées : piétons et vélos. Des planches ont été installées le long de la plage. De nombreux joggers courent, des promeneurs déambulent. J’arrive au Port de Plaisance : des panneaux racontent qu’autrefois c’était un port sardinier. Plus loin des hangars pour les bateaux de plaisance.

Retour par le même chemin, 13 000 pas au podomètre, une dizaine de km A/R. Sur le front de mer parmi les petits immeubles se trouvent de très jolies villas aux boiseries peintes en bleu avec mosaïque ou céramique témoins d’un autre temps. Même les immeubles modernes ont respecté le bon goût qui caractérise Arcachon. Sous els beaux pins fleurissent déjà primevères et renoncules ;

Pique-nique à l’arrière du Port de Plaisance sur la Pointe de l’Aiguillon, fine presqu’île qui ferme le port ; la Capitainerie, à l’extrémité est un bâtiment original en béton brut ondulé. Ces derniers temps je m’intéresse beaucoup au béton !

port de meyran

Les petits ports ostréicoles de la rive sud du Bassin d’Arcachon, sont pittoresques. Nous essayons de coller au rivage en suivant le trajet du train. La route principale D650 est très urbanisée avec des boutiques de franchises moches tandis que le littoral est charmant : marais, cabanes multicolores, petits ports. Négligeant le Port de la Hume, nous aboutissons au petit Port de Meyran pas touristique du tout avec une guinguette bien sympathique. Des tuiles blanches sont empilées pour former des murets à clairevoie. Certaines portent des huitres incrustées comme des lichens. Je tente une promenade entre poches à huitres en plastique noir empilées, ferrailles rouillées, tables pour poser les poches. Ce désordre authentique m’inspirait, il n’en est rien sorti.

port de meyran : tuiles

Le Port de Larros est beaucoup plus pittoresque et touristique. Les cabanes ne sont pas soignées comme celles d’Oléron. Le bois accuse la patine, décoloré par le soleil et le sel des embruns. De nombreux ostréiculteurs organisent des dégustations dans des établissement du plus rudimentaires au gastronomique. A la carte, des huitres dont les prix varient selon la catégorie. Certains ajoutent pain et beurre et même pâté de fabrication locale. Si on est allergique aux huitres, le choix se réduit : crevettes et bulots mais pas partout. Pour les moules ce n’est pas la saison. Une longue digue pavée se termine par un Christ en croix. Les promeneurs sont nombreux, locaux ou bordelais, venus en famille avec poussettes et tricycles. Foule bien sympathique et gaie. Sortie du dimanche avec dégustation. Comme il fait soleil, nous restons longtemps à regarder la mer monter dans le chenal en se promettant de revenir y déjeuner.

Gujan – port de Larros

 

 

l’Expérience de la Nature – les Arts à Prague à la cour de Rodolphe II au Louvre

Exposition temporaire jusqu’au 30 juin 2025

Arcimboldo : Portrait de Rodolphe II en Vertumne

Rodolphe II (1552 -1612) fils de Maximilien II, fut Roi de Hongrie, roi de Bohème et Empereur du Saint Empire Romain Germanique en 1576, le « plus grand mécène du monde » 

Hoffman : Lièvre entouré de plantes (1585) d’après Dürer

1ère partie de l’exposition « Décrire le monde » présente une collection d’aquarelles et dessins ainsi que des livres savants

Hoefnagel : Scarabée éléphant

Ces planches sont de toute beauté et sont digne d’une encyclopédie naturaliste. Le chardonneret s’inspirant aussi de Dürer, taille réelle aquarellé vaut le déplacement.  Il y a aussi le livre savant Gemmarium et Lapidarium

Compendium astronomique

 

En face, c’est la mesure de la Terre et de l’Univers qui réunit les astronomes aussi fameux que Tycho Brahe qui tente de concilier l’héliocentrisme de Copernic avec les théories de l’Eglise, et Johannes Kepler qui met en évidence le mouvement elliptique des planètes.  on peut voir les calculs de ces savants sur de gros livres. Mais surtout les instruments : sextants, compas, sphères armillaires… décorent les rayons, le compendium réunit en une boîte plusieurs instruments de mesure. 

Une salle est appelée Allégorie à l’époque on pensait que la Nature s’exprimait par un langage secret et par la Magie Naturelle qui s’intéressait à l’optique au magnétisme et à l’alchimie.

Castrucci : (1615)Château aux environs de Prague

Trois tableautins en pierres dures décrivent les environs de Prague.

On assiste au Renouveau du Paysage

Deux paysagiste Pieter Stevens et Roelandt Savery s’inscrivent dans la tradition flamande de Breughel faisant attention au moindre détail. Ils dessinent et gravent des paysages forestiers . Dans al scène avec trois chasseurs, ces derniers sont minuscules, il faut les chercher comme les bucherons dans un autre tableau

Pieter Stevens Paysage avec bucherons

Rodolphe II collectionnait aussi les très belles coupes de jaspe, de cristal de roche, d’ambre ou de corne de rhinocéros. Il tournait aussi ces coupes lui-même en corne.

 

 

 

 

voyage Royan – Lacanau – Arcachon

MARS ATLANTIQUE 

Eglise de Royan

Le bac quitte Royan à 12h15, il faut arriver une demi-heure à l’avance, nous empruntons la route la plus courte. Après Marennes, elle traverse une campagne semée de blé, bien plate. Pas une haie, pas un arbre pour distraire le regard. Et quand il y a des arbres, ce sont des peupliers bien alignés. Campagne ennuyeuse.

Nous retrouvons le Marais et la Seudre à Nielle-sur-Seudre. L’Eguille est bien nommée avec son clocher pointu qui se voit de loin.

Arrivée à Royan, à peine 10 heures . A notre précédent passage en 2021, j’avais parcouru la plage jusqu’à Saint Georges de Didonne, négligeant la ville. Après le film The Brutalist, vu récemment et l’église du Havre, je choisis la visite de l’église de béton des années 50 (1955-1956) de Guillaume Gillet et les vitraux de Henri-Martin Granel et de jean Idoux.

Eglise de Royan choeur

L’église se dresse haut sur une colline, elle se voit de loin avec ses 56 m de béton noirci, un peu comme un voilier ; Cependant, elle ne soutient pas la comparaison avec l’église du Havre, sa contemporaine qui m’avait impressionnée. La comparaison entre les deux villes me vient à l’esprit. Toutes deux ont été détruites en 1945 par les bombardements alliés et reconstruites très rapidement. En commun : les courants d’air. Royan, station balnéaire ne concourt pas dans la même catégorie que le grand port normand.

Traversée Royan-Le Verdon, très agréable sous un ciel voilé. La Gironde est grise et on devine à peine le Phare de Cordouan dans la brume. A la Pointe de Grave nous faisons une pause sous le phare à section carrée. Le petit musée consacré à cordouan n’ouvre qu’à 14 h. Pour déjeuner on se détourne en face de l’estuaire du côté de Neyran. A marée basse, on ne voit que de la vase grise.

La Route des Lacs (D101) traverse la forêt droite et vide. Nous retrouvons avec plaisir cet itinéraire.

Lacanau

A l’Office de Tourisme, très bon accueil, je ressors avec des dépliants et plans pour les balades en forêt. Notre location est située en front de mer : balcon au 2ème étage, ascenseur, parking assuré (hors saison) juste en face. Panique : une grue, des cônes et des barrières interdisent l’entrée du front de mer. Le parking en bas de la maison est aussi condamné. Il y en a un autre accessible mais avec 5 marches, rédhibitoire ! Le propriétaire, venu de Bordeaux, comprends nos difficultés d’accès. Pour ma part, loger dans un chantier avec bruit et poussière, ne me tente guère. Le balcon sur mer aurait été infernal. Le propriétaire, très conciliant téléphone lui-même à AirBnb pour une annulation sans frais et propose de nous aider à trouver un logement de remplacement. Il nous conseille Arcachon. En quelques clics, nous avons réservé une petite maison en Centre-ville, de plain-pied et parking facile.

J’adore les surprises et l’inconnu. La tournure que prennent les vacances m’excite.

88 km entre Lacanau et Arcachon par la Route des Lacs. Nous arrivons sur le Bassin d’Arcachon à la tombée de la nuit. J’ai beaucoup aimé l’arrivée sur la Teste-de-Buch : de chaque côté de la route, de majestueux pins forment une allée couverte ; comme la route est en courbe le tunnel est encore plus impressionnant.

Arcachon : place de Verdun

Nous arrivons directement à la grande Place Verdun. En son centre, un monument aux morts surdimensionné. Les maisons autour de la place sont typiques du style balnéaire d’Arcachon certaines abritent des administrations, commissariat, pompier.

Notre petite maison d’Arcachon

Notre maison au n°7 est particulièrement jolie avec son crépi blanc surhaussé de briques décoratives avec son panneau de céramique Salve maria qui ajoute du cachet. Mais où est donc le 7bis ? je tourne pour trouver une ruelle étroite. Sur la ruelle s’ouvre une baie vitrée qui donne sur un patio couvert meublé comme un salon de jardin : plantes en plastique, barbecue, fauteuils modernes. Le plafond est habillé d’un filet vert façon camouflage. Un petit vasistas sert de puits de lumière. Les fenêtres de la maison sont équipées de jolis volets verts, mais elles s’ouvrent sur le patio fermé. Claustrophobes, s’abstenir. La lumière du jour ne pénètre pas dans la maison. La petite maison est bien agencée pour sur si petit espace : coin salon avec un beau canapé devant un grand écran plat. Sur la table carrée noire, un bouquet de fausses fleurs. La chambre est très confortable. En résumé : une bonbonnière dans un trou à rats. Un faitout comme unique casserole, le micro-onde perché est inaccessible.

Nous partirons tôt et rentrerons tard !

Domino – Chaucre – La Cotinière

MARS ATLANTIQUE – OLERON

domino

Domino est un hameau de la commune de Saint Georges d’Oléron non loin de Chéray où se trouve notre gîte. Nous traversons le vignoble avant d’arriver au petit village blanc. Pas de vue sur mer. La dune se dresse entre l’estran et le parking. Il faut ruser pour trouver un chemin carrossable en hauteur.

Marée basse. L’estran rocheux est dégagé pour les pêcheurs à pied. Dans les bosquets derrière nous, les chiens des chasseurs aboient ; depuis plusieurs jours, des battues au sanglier sont organisées ; les rares bois sont quadrillés de chasseurs habillés d’orange fluo, fusil à l’épaule avec cors et trompettes.

Domino estran rocheux

Je marche sur le sable mouillé avec le Phare de Chassiron pour cap. Trop loin, je fereai demi-tour avant de l’atteindre. J’ai un peu peur d’être prise par la marée. La mer monte jusqu’à la dune protégée par des blocs que j’aurais bien du mal à escalader. L’érosion mange les plages. Pendant le pique-nique, j’observe l’eau qui recouvre les rochers.

Chaucre

 

Chaucre : Sur la recommandation du Guide du Routard, nous faisons un détour. De la route, le village tranquille n’a rien de passionnant. Il en est tout à fait autrement à pied. Les maisons traditionnelles en calcaire sont bâties de moellons plats ressemblant à des briquettes. Je me promène dans les ruelles, courettes, placettes et découvre des puits, des jardins ou des escaliers. La toponymie m’amuse : Pue du Puits (lequel ?) Rue du Four, Venelle des Neux Crottes . petite promenade (20 minutes) bien sympathique.

La Cotinière

Le port de pêche de La Cotinière est le plus important des Charentes maritimes.

5000 t à la Criée  (Le Guilvinec 13.000)

Le port n’est pas une attraction touristique amis un pôle économique avec circulation de gros engins, camions, transpalettes. Un grillage interdit l’entrée aux voitures et aux piétons. De plus, en ce moment, la ville est en chantier. Nous faisons trois fois le tour dans la campagne pour trouver le port, pourtant immense avec ses trois chenaux, sa grande jetée et ses nombreux hangars.

Pour les visiteurs, on a prévu un cheminement piéton qui mène à un escalier puis à une terrasse avec de nombreux panneaux explicatifs. Sur la terrasse, une grande baie vitrée permet d’observer la Vente à la Criée. Un amphithéâtre est équipé de matériel informatique : on ne crie plus les prix. Ils s’affichent sur un tableau électronique. On ne fait plus de mystérieux signes comme dans les ventes aux enchères. On clique avec une souris tandis que la marchandise défile sur un tapis roulant et que les prix s’affichent sur l’écran. Dans des caisses plastique bicolore de magnifiques poissons sont offerts aux enchères : Saint-Pierre de grande taille, bars, lottes…

Nous rentrons assez tôt pour ranger le gite. Demain le départ est fixé à 9 heur

Revoir Cimabue aux origines de la peinture italienne au Louvre

Exposition temporaire jusqu’au 12 mai 2025

La Maesta

A l’occasion de la restauration de la Maestà et de l’acquisition de La Dérision du Christ, le musée du Louvre a organisé dans la salle Rosa, au bout des salles de peinture italienne, une exposition consacré à Cimabue et à la peinture italienne du XIIIème siècle.

J’apprécie beaucoup le principe de ces expositions autour d’un chef d’œuvre en le situant dans son contexte « Revoir le Pierrot de Watteau » ou « Revoir Van-Eyck » m’avaient enthousiasmée. Prendre son temps à étudier un tableau,  comprendre comment il a été peint, dans quelles circonstances, quelle histoire, quels précurseurs, quelles influences. Une leçon d’Histoire de l’Art. Peu de touristes viennent perturber la visite. Ce matin, calme sérénité et échanges polis. Une dame est même venue proposer son bic 4- couleurs parce que mon stylobille faisait des caprices et que je râlais toute seule. 

Cimabue (1240 à Florence – 1302 à Pise) de son nom Cenni di Pepo

L’exposition s’ouvre sur les lignes de Dante et un manuscrit sur parchemin, puis sur la biographie que Vasari lui a consacré en 1568. La Vierge et l’Enfant de Botticelli entra au Louvre en 1802 sous le nom de Cimabue, pourtant on reconnait le style de Botticelli! 

Vierge à l’enfant – vierge Kahn

Au XIIIème siècle, l’Italie était fascinée par l’art byzantin. Les peintres italiens copiaient les icones. Sur une Maesta ancienne,  le peintre a ajouté du relief pour imiter les icones byzantines. La Vierge Kahn ci-dessus aurait été peinte à Constantinople pour être exporté et offerte par l’empereur Michel VIII Paléologue.

Sainte Catherine d’Alexandrie – Maitre de Calci – Pise

Sainte Catherine d’Alexandrie, de l’Italien Maître de Calci (1225-1260)  est représentée comme les icones.

Une carte montre L’Italie et la Méditerranée avec les échanges de biens et culturels : De Constantinople, provenaient les icones, la soie, les épices, de même d‘Alep et d’Antioche, royaumes croisés latins jusqu’en 1268. 

Des pays arabes, Damas, la Tunisie, des céramiques islamiques (façade de l’église de Grado)et l’Andalousie on importait céramiques et soieries, comme la Dalmatique tissée d’or et de soie. On retrouve les motifs d’écriture arabe sur le cadre de la Maesta.

Atelier Nicola de Pisano (1267) Tombeau de St Dominique – Les 3 acolytes (marbre)

Cette écriture arabe décore la bouteille de forme orientale sur la sculpture des trois acolytes. Un échantillon de Lapis-lazuli, en provenance d’Orient est présenté, il donne les bleus de la Maestà.

les Années 1280 période d’effervescence artistique

Cimabue invente une peinture plus vivante, moins figée que celle des icones byzantines mais il n’est pas seul à la fin du XIIIème, le Siennois Duccio di Buoninsegna et les autres peintres de son atelier font aussi preuve d’inventivité. Je remarque les gestes (gesticulations) de l’Enfant qui appuie sa main sur la joue de sa mère, joue à tirer son voile, tend ses bras vers l’autre main

J’ai du mal à distinguer  la peinture du Duccio de celle de Cimabue dans les panneaux de bois de la Flagellation et de la Dérision du Christ, dernière acquisition du Louvre

Cimabue : Dérision du Christ

Une vidéo zoome sur la Maesta restaurée dont on peut admirer tous les détails, les picots sur les nimbes, les plumes de anges, et les bizarres crochets des diadèmes 

Détail des anges de la Maestà

Pour avoir des dorés plus dorés, il vous faudra aller voir l’exposition.

Et pour finir le merveilleux Giotto qui était le voisin de la Maestà sur le jubé de l’église des Franciscains de Pise

Giotto

Saint Trojan, jolie station balnéaire

MARS ATLANTIQUE (OLERON)

Saint Trojan : corniche et thuya

Saint Trojan est une charmante station balnéaire face à La Tremblade et Marennes. Elle est à l’écart du tumulte et des horribles zones commerciales de la route principale. Dans un écrin de mimosas en fleur en ce moment. Saint Trojan a su garder son caractère un peu désuet avec ses villas Belle Epoque au style éclectique. C’est un plaisir de suivre le sentier du Patrimoine dans les petites rues entre mer et dune plantée d’une forêt de pins dense. Comme le circuit du Château d’Oléron, nous ne découvrons pas de bâtiments sensationnels, juste un ensemble cohérent sans faute de goût : belles villas, un Casino Art Déco, une belle promenade sur la digue avec un mobilier urbain moderne et réussi, deux très beaux thuyas. Le chemin piétonnier passe entre marais et océan. A marée basse l’estran est complètement dégagé.

SAint Trojan : cabanes ostréicoles

Fin du circuit dans la zone ostréicole entre des chalets peints de couleurs vives. Certaines cabanes sont des ateliers pour des artistes ou des artisans. Le plus souvent fermés hors saison sauf celui de la céramiste .Malifrance expose des porcelaines très fines, blanc cassé avec des pores ressemblant à des test d’oursins ou à des coraux à l’extérieur, avec un émail très délicat vert d’eau ou céladon à l’intérieur.

Après le pique-nique sur le quai du port, nous migrons vers le Centre Héliomarin au bout du boulevard Gatseau. Le sentier littoral suit la digue Pacaud longeant le marais des Bris . il s’insinue entre plage et forêt. J’entrevois le Petit Train d’Oléron. La promenade s’enfonce alors dans la forêt pour contourner un vaste chantier. Il est temps de faire demi-tour.

l’Abbaye de Saint Maur-des-Fossés

TOURISTE DANS MA VILLE

Tour Rabelais

La Société d’Histoire et d’Archéologie de Saint Maur des Fossés organise des visites guidées tous les 2èmes samedi du mois. Je me suis inscrite grâce à Explore Paris. Bravo à notre conférencier qui a fait revivre les vestiges dans le square et le parc de Saint Maur!

En dehors de la Tour Rabelais qui se dresse dans le square de Saint Maur, les vestiges dispersés sont assez peu lisibles pour le promeneur ignorant. Des panneaux avec QR code sont prévus pour une visite individuelle libre. Cependant, rien ne vaut le commentaire pour accrocher l’attention.

L‘Histoire de l’Abbaye de Saint Maur est très ancienne. l’Abbaye bénédictine fut prestigieuse en son temps et le pèlerinage très fréquenté. S’il reste peu de vestiges sur place, les archives à Paris sont très importantes et les manuscrits du scriptorium sont conservés  à la BNF. L’histoire est aussi documentée par des miniatures, gravures jusqu’au 18ème siècle qui donnent une image très précise de l’Abbaye et du Château de Saint Maur détruit à la Révolution. La toponymie a gardé le souvenir : La rue Saint Maur à Paris qui reliait l’Abbaye à Saint Denis est l’une des plus longues rues de la capitale. 

Chronologie

occupation gauloise du site

639, sous les Mérovingiens, fondation du Monastère des Fossés

Il fut victime des invasions vikings

868 sous les Carolingiens le monastère reçu les reliques de Saint Maur. Reliques miraculeuses guérissant de la goutte, auxquelles un pélerinage important est consacré.

1281 : il prend le nom de Saint Maur des Fossés. Au XIIIème : développement du scriptorium où de précieux manuscrits religieux mais aussi profanes sont copiés. 

1350-1360 fortification de l’Abbaye par le dauphin (Charles V) pour préparer la Guerre de Cent Ans.

1530 les chanoines remplacent les moines, les maisons des chanoines remplacent les bâtiments monastiques qui vont se dégrader au fil du temps

1750 : démolition de l’Abbaye.

promenade guidée :

La Tour médiévale ronde (1350-1360) est intacte. Il faut juste imaginer la toiture conique qui la coiffait. Archères et canonnières et mur de fortification. Actuellement elle paraît isolée mais deux maisons des chanoines étaient accolée à la tour, elle-même abritant aussi des chanoines. Rabelais, secrétaire de Jean du Bellay, y séjourna, d’où le nom de Tour Rabelais. 

A l’intérieur de la Tour, on découvre des petits bas-reliefs comme cette procession des pèlerins, une scène de chasse au cerf …

bas relief de la procession des pèlerins

La Tour fut aussi utilisée comme prison.

Square (1920-1930) l’aspect hygiéniste de l’époque aménagea un jardin à la française en respectant l' »allée royale » qui menait autrefois au Château de Saint Maur , bâti par Catherine de Médicis qui appartint aux Condé dont  il reste des représentations à Chantilly.

par de belles grilles on pénètre dans le Parc ouvert au public en 1982, « parc historique » , évocation végétale de la vaste Abbatiale maintenant disparue dont il ne reste qu’un pilier (XIIIème s.). Cette grande église avait une nef de 86 m. Des archéologues  a retrouvé des fondations et des carreaux du pavage. Il faut imaginer les procession des nombreux pèlerins, 2000 personnes, riches marchands du nord (la goutte ne touchait que les riches); les processions tournaient autour des reliques et les guérisons miraculeuses avaient lieu la nuit. 

jardin des simples, cloître roman, N.D. des Miracles

Au fond du jardin des simples bien reconstitué et fleuri dès aujourd’hui en avril on voit la Galerie du cloitre qui relie le Cellier roman à la Chapelle  Notre Dame des Miracles (XIIème s.) . Ce cloître roman date de 1908, il a été élevé par le propriétaire de l’époque Maujan, (1853-1914) sénateur, homme de théâtre qui en fit un décor de théâtre. 

Auparavant, le pharmacien Bourrières fit construire une villa et collectionna les restes de l’abbaye. 

Sans l’aide de notre guide, je serais vraiment perdue entre vestiges antiques, décors de fantaisie (une échauguette) des décors sur Notre Dame des Miracles.

Mur du cellier XIIème)

A côté du cellier se trouve l’entrée des galeries souterraines qui servaient de cave à vin. Dans chacune des alvéoles on peut imaginer un gros tonneau de vin. Le vin était essentiel dans la vie monastique. Les moines cultivaient leurs vignobles à proximité sur le coteau de Saint Maur. Le galeries étaient aussi des carrières de calcaire lutécien jusqu’au XVIIIème siècle. La descente dans les carrières très fraiches et humides donnent un caractère aventureux à notre visite.

Une histoire que je ne soupçonnais nullement!

 

 

 

Brouage et la Réserve Naturelle de Moëze-Oléron

MARS ATLANTIQUE – OLERON

Brouage – guérite sur els remparts

 

Perdue dans le marais, la cité de Brouage est fantomatique par ce jour gris et brumeux. Place forte enclose dans ses remparts intacts (on restaure actuellement la courtine ouest avec des pierres blanches encore trop blanches). Entrée par la Place d’Armes. La Rue de Québec traverse la cité d’une porte à l’autre. Cette visite nous transporte dans l’Histoire, c’est aussi un voyage transatlantique.

La richesse de Brouage était le sel des Marais Salants autour de la ville. Brouage était un port. Le sel était embarqué à Terre-Neuve pour conservée la morue. Brouage est la ville natale de Samuel Champlain (1567-1635), fondateur de la ville de Québec (1608).

Eglise de Brouage : vitrail canadien offert par Montréal

Les liens entre le Canada et Brouage sont illustrés par une exposition très détaillée dans l’église de Brouage « Il était une Foi » commençant par  « Conquérir et convertir », puis « l’ère des missions ».

1535 : Jacques Cartier arrive à Hochalaga où il est très bien accueilli par les Indiens Iroquois. Avant 1534, des marins bretons, basques ou normands avaient installé des séchoirs à morue. Les pêcheurs terre-neuvas troquaient des peaux contre du sel. Les guerres de religion monopolisèrent le pouvoir et les projets coloniaux ne s’affirmèrent qu’après l’Edit de Nantes (1598) : Ile des sables (1598 – 1603) Tadoussac (1600). La Nouvelle France s’étendait du Golfe du Mexique à la Baie d’Hudson comprenant la Louisiane, la Région des Grands Lacs ; l’Acadie et le Québec. En 1524, l’Acadie se situait autour de Washington et ne fut française que pendant 71 ans. Jacques Cartier prit possession de l’Acadie en 1534. La Déportation des Acadiens en 1755.

église de Brouage – vitrail canadien offert par le Nouveau Brunswick

Missionnaires et jésuites s’installèrent dans la foulée. Certains se firent traducteurs et ethnographes. L’exposition montre les dessins de Champlain illustrant les rituels de guérison et funéraires des autochtones. Le vocable « Sauvages » serait une déformation d’ »homme sylvestre » – hommes des bois. Rien à voir avec une prétendue sauvagerie.

Avec les églises, se construisent les hôpitaux et les séminaires ; Ces œuvres charitables sont peintes sur les tableaux des peintres locaux mais aussi sur les vitraux de l’église de Brouage.

Une fondation de Montréal, l’Evêché de Québec, le Nouveau Brunswick ont offert les vitraux colorés historiés à Brouage. A l’entrée de l’église, on remarque aussi les photographies du débarquement des Canadiens à Dieppe le 19 Aout 1942.

Après le voyage dans le Nouveau Monde qu’offre l’église, je me dirige vers la Halle aux Vivres qui raconte l’Histoire de la Cité de Brouage dans une exposition interactive. Exposition destinée aux jeunes et aux adolescents avec vidéos, animations que j’ai diversement appréciées. Une Bande Dessinée remplace les cartels historiques. Bien pire, sur un canapé rouge en forme de lèvres, on s’installe pour visionner une animation numérique : les portraits de Louis XIV et de Marie Mancini s’animent, se font des déclarations d’amour tandis que des émoticônes et des cœurs montent à l’assaut des cadres. Mauvais goût assuré ! Pour éloigner la belle, nièce de Mazarin, on l’exile à Brouage.

1047, les moines s’installent à l’Abbaye aux Dames à Broue, près de Saint Sornin, il ne reste qu’une tour.

1555, après l’abandon de Broue, Jacques de Pons crée Jacopolis, port du sel.

Pendant les Guerres de Religion, Jacques de Pons embrasse la Foi Réformée puis quelques années plus tard, les Catholiques reprennent la ville.

1627, Richelieu fait de Brouage sa base pour attaquer la Rochelle, protestante . 1628, capitulation de La Rochelle. Une maquette de la courtine et de la ville (1627-1640) est visible.

A partir de 1666, le port s’ensable et périclite.

Pendant la Révolution, la citadelle devient une prison.

Des remparts, on a une très belle vue sur la petite cité et sur le Marais. Une curieuse glacière a été restaurée. Dans l’enceinte de la place forte les deux poudrières étaient situées le plus loin possible des habitations dans des bastions; La Poudrière Saint Luc est très jolie. Brouage exportait la poudre, comme le sel dans des tonneaux. La Tonnellerie était importante.

Brouage : poudrière

J’ai cherché (et pas trouvé) les ports souterrains. Difficile d’imaginer la proximité de la mer ou le chenal permettant aux navires de charger poudre et sel. Les sédiments de la Charente et de la Seudre ont comblé le Golfe de Saintonge. Un canal reliait Rochefort et la Charente.

Par cette journée pluvieuse nous déjeunons à la crêperie (seul établissement ouvert en mars). Cadre assez quelconque, serveuse peu amène mais galettes délicieuses (chèvre, noix, pommes). Addition raisonnable.

Réserve ornitho Moëze Oléron avant la pluie

La Réserve Naturelle Moëze-Oléron s’étend sur la Baie de Marennes-Oléron, aussi bien sur l’île que dans le Marais de Brouage, et en mer. Elle est gérée par la LPO et le Syndicat des Marais. La Maison d’accueil se trouve dans la Grange à Nouveau, Route de Plaisance, Saint Froult. De la Grange, 4 sentiers pédestres sont aménagés. Je choisis le Sentier des Polders facile d’accès et bien tracé (bien refermer les barrières de bois). Le ciel est lourd de nuages noirs très menaçants. Le paysage est tellement fascinant que je fais photo sur photo des aigrettes, des reflets, sans prêter attention aux premières gouttes. Chemin de planches et petits ponts, au loin le mur d’un affut. Rapidement il tombe un déluge.

L’affut est une vaste cabane avec des fentes étroites ouvertes sur le plan d’eau. Deux longues vues sont à disposition. Des planches, des photos permettent de déterminer les oiseaux. Les gouttes tambourinent. Je suis ravie d’avoir trouvé un abri. Un vol d’avocettes se pose – facile à reconnaître avec leur bec courbé. Des bécasseaux – maubèche ? roux ou variable ? Difficile de décider avec la buée ? L’averse finit par se calmer mais je suis complètement trempée quand je rentre à la voiture. Nous rentrons directement au gîte sans même un arrêt au supermarché.

Marguerite Matisse – Le regard d’un père – au MAM

CHALLENGE PRINTEMPS DES ARTISTES 2025

Initié par La boucheaoreille 

Exposition temporaire jusqu’au 24 aout 2025

marguerite au chat noir (1910)

Je ne me lasse jamais de Matisse qu’il me semble chaque fois redécouvrir. Ses couleurs, son dessin très pur. Je ne sais pas si je préfère dessin ou tableau

L’exposition du MAM a pris pour thème le regard de Matisse sur sa fille. La présentation est chronologique. Nous allons voir grandir la fillette

1905-1906 Fillette lisant

Née en 1894, en 1905 elle a 11 ans. En 1901, à la suite de la diphtérie, elle subit une trachéotomie qui lui cause une vilaine cicatrice. Elle portera jusqu’en 1920 un ruban noir au cou.

Nous allons aussi suivre la famille dans ses déplacements, à Collioure, Issy-les-Moulineaux, Etretat et Nice. Les tableaux peints à Nice sont particulièrement colorés et séduisants

Le paravent mauresque 1921

Après son mariage, Marguerite prend son indépendance, elle n’est plus le modèle privilégié. Elle gère les affaires de son père, le représente à l’étranger. Elle peint elle-même, réalise des modèles de couture.

Claude 1945

Pendant la guerre, elle éloigne son fils Claude et entre en Résistance. Arrêté, elle est emprisonnée et échappe miraculeusement à la déportation. De retour Matisse réalise encore son portrait.

J’ai beaucoup aimé cette exposition : les tableaux de Matisse mais aussi la découverte d’une personnalité intéressante.

Je n’ai mis que quelques clichés, il y a 110 tableaux et dessins…A vous de choisir vos préférés.