Le sentier d’Esquibien et les goémoniers

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE

Esquibien base nautique

Dominique m’attendra sur le parking de la base nautique dans le cliquetis des mas. De l’autre côté de la route la chapelle Sainte Evette a été édifiée près d’une stèle gauloise christianisée par gravure d’une croix.

Esquibien, chapelle Ste Evette et stèle gauloise

Je trouve le GR34 au Centre nautique qui longe une petite plage et arrive à l’embarcadère pour l’Ile de Sein; le bateau vient de partir et s’éloigne sous mes yeux. La station SNSM de la Baie d’Audierne est un bâtiment blanc et bleu passé sur pilotis. Sa rampe descend au loin. Je note – amusée – qu’il est âgé de 4 jours de plus que moi. L’entrée du port d’Audierne est très dangereuse ainsi que la Chaussée de Sein. Les canots d’Audierne ont effectué de nombreux sauvetages  depuis 1866.

Le sentier suit tranquillement le rivage, parfois protégé par des arbustes. Les prunelliers sont envahis par le lierre et les ronces. Les prunelles commencent à se friper. J’en croque une et recrache aussitôt. pas encore mangeables. Les fougères sont toutes sèches, les extrémités des branches de genêts sont grillées. Le paysage est presque hivernal.

A l’approche du petit phare de Lervily on a installé des bancs peints en bleu et un décor. Des ardoises avec des inscriptions en breton sont dispersées dans les touffes de graminées. l’une d’elle « Korreg Beuzec, naufrage de l’Estrid 1933″ est la seule compréhensible. L' »Île aux vaches » est une chaussée rocheuse brune sans une seule touffe d’herbe capable de tenter un ruminant. Drôle de nom. Le sentier de terre est très confortable et plat. C’est un plaisir de marcher sans peine. Le vent se lève et quelques crêtes blanches se soulèvent sur la mer. Les vagues se brisent avec beaucoup d’écume.

La campagne est morcelée par des murets de pierre sèche comme en Irlande. Les parcelles étaient ainsi protégées du vent. maintenant il n’y a plus de cultures seulement des fougères, des ronces et des prunelliers.

treuils pour remonter le goémon

L’intérêt de la promenade : la récolte du goémon la cuisson dans les fours à goémon. Plusieurs poteaux de levage et un four à goémon se trouvent au site de Lennac’h. Plusieurs treuils permettent de remonter les laminaires qui s’accumulent après les tempêtes dans la crique sur les rochers à la base de la falaise.

Goémoniers André Jolly Musée de Pont Aven

Un film au Musée breton de Quimper montre hommes et femmes armés de gros râteaux, dans l’eau jusqu’aux mollets qui tirent sur les algues.  Ils les transportent sur l’estran sur des civières. les fours rectangulaires creusés dans le sol permettent le brûlage pour obtenir des « pains de soude ». les algues sont séchées au préalable sur les murets. le feu allumé le matin doit être modéré, alimenté au cours du brûlage et malaxé à l’aide du pifoun. L’iode est séparé de la soude.

Esquibien batterie Pen anemez

Sur une pointe, je découvre la Batterie de Pen An Enez deux canons protègent l’anse de Cabestan. A côté des fortifications des grands ports, Vauban a imaginé une chaîne de postes de garde surveillant le littoral. Seize hommes servaient la batterie. Ce n’étaient pas des soldats de métier mais des cultivateurs, artisans et pêcheurs. Selon le panneaux ils s’appelaient Saouzannet, Pichon, Cudennec… à qui on a imposé le service de garde-côte. L’un d’eux écrit : « Il est cruel pour l’espèce humaine d’être obligé de passer des nuits dans une maison aussi dure sans feu, couché dans le corps de garde sans lumière. Un seul un mauvais sujet pourrait le détruire sans qu’ils puissent opposer la moindre résistance » (1794)

Goémonières au musée de la Faïence de Quimper

 

Tréguennec et la Baie d’Audierne

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE

Mireille, une lectrice du groupe de lectures italiennes de Facebook, m’a donné rendez-vous pour une promenade en Baie d’Audierne. C’est une expérience singulière de rencontrer une lectrice des mêmes livres avec qui j’ai échangé depuis de nombreuses années.

Il est encore trop tôt, nous déjeunons à l’arrière de la dune qui borde la plage de Tréguennec. La grande plage de sable fin s’étale à perte de vue sur 10 km de Penhors à La Torche. Elle est  protégée par un cordon dunaire. Seuls les blockhaus maintenant à moitié enfouis sous le sable mouillé donnent quelques repères ; certains sont décorés de graffs et d’étranges fleurs qui ressemblent à des moulins d’enfants. 

concasseur

Un monument étrange rappelle la Seconde Guerre mondiale : le Concasseur de galets bâti en 1943 par l’occupant allemand pour construire le mur de l’Atlantique. Un cordon de galets protégeait la dune, gisement paraissant inépuisable pour alimenter le concasseur. Après la guerre, le stock laissé par les Allemands a été utilisé pour la reconstruction du Port de Brest. Cependant l’extraction massive des galets a fragilisé la dune. Après les inondation de février 1948 l’administration a fermé le site.

Nous avons marché 2 heures, environ 8 km, pieds nus dans l’eau sous un soleil radieux. Plaisir de faire connaissance et de bavarder. Personne ne se hasarde dans l’eau, ni baigneurs ni surfeurs malgré le beau temps. La plage est dangereuse avec des courants de baïne. En dehors des zones surveillées en saison, la baignade et les activité nautiques sont interdites.

Beyrouth Paradise – David Hury – Liana Levi

BABELIO MASSE CRITIQUE MAUVAIS GENRE

308 pages, Un polar qui se lit très bien avec embrouilles, rebondissements, et tous les ingrédients d’une lecture mauvais genre : Marwan Khalil est à la recherche d’une prostituée ukrainienne disparue dans les lieux les plus mal famés de la ville. Corruption à tous les étages, violence et même enlèvements. Marwan pourrait être désabusé, son enquête est mal partie, très mal partie même et pourtant il insiste.

Le détective est pathétique, sympathique. Le personnage principal est Beyrouth sur laquelle toutes les catastrophes s’acharnent dans un bazar indescriptible.  Malgré les bombardements israéliens récents, les combattants du Hezbollah aux abois après la mort de Nasrallah et les explosions des bipeurs, les services publics déficients (il n’y a même plus de réseau électrique), les séquelles de l’explosion du port….malgré tout cela, les libanais s’organisent,  vivent. Résilience après tant d’années de guerres.

D’autant plus intéressant que le roman se déroule en décembre 2024 au moment où la Syrie voit se mettre en place un nouveau pouvoir, où la guerre se déroule dans tout le Moyen Orient…

Merci à Babélio et à l’éditeur pour ce voyage en enfer malgré le titre de paradisiaque!

Pont Croix

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE

Roscodon la Collégiale de Pont Croix

Pont Croix était la capital du Cap Sizun avant l’essor d‘Audierne et de ses conserveries de sardines. A l’origine gué sur le Goyen, le pont a donné son nom à la petite cité construite à flanc de colline autour de son château dont il ne reste rien. 

Le Topoguide L’Ouest Cornouaille à pied propose un tour dans Pont Croix, promenade d’une heure, 3 km qui commence dans le grand parking Place du 8 mai, à l’arrière de l’Ancien Séminaire. La rue Jean-Louis Le Goff le long de l’espace culturel Bolloré. je parviens sur une jolie petite place à l’arrière de la Collégiale. Cette église porte le curieux nom de Roscodon colline aux ramiers – Construite au XIIIème siècle d’abord de style roman, elle possède un très haut clocher gothique ouvragé très élégant. Sa flèche est ajourée de roses à 6 feuilles. Le style de Pont Croix articulant roman et gothique a été copié dans les édifices religieux bretons si bien qu’on parle d’une « Ecole de Pont Croix ». A l’intérieur, on remarque les piliers fasciés caractéristiques de ce style. Une Cène de bois sculpté doré a été restaurée récemment. Elle se trouve maintenant à l’arrière de l’autel protégée dans une boîte de verre. 

Rue des courtils

Le circuit pédestre descend par la rue des Partisans puis remonte rue des Courtils. Ces courtils sont des jardins cachés par de vieux murs colonisés par des fleurettes. En cherchant on peut voir des gloriettes XVIIIème siècle. j’ai entendu le mot « courtil » à Guernesey, je pensais ce mot normand, en me documentant il est plus répandu que je ne le croyais, il désigne un jardin dans un usage ancien. Au bout de cette rue bordée de hauts murs, j’arrive à une placette très fleurie avec des potées, des anémones du Japon. La petite rue des Chères pavée descend brusquement. Chère vient du verbe choir!

Petite rue Chère

Elle aboutit au pont sur le Goyen, petit fleuve de 32 km qui se jette dans l’Océan à Audierne. A Pont Croix les marées sont encore assez puissantes pour actionner un moulin à marée. De l’autre côté du pont le quartier de Keridreuff était très ancien. Quelques maison, la venelle des Pommiers (bien nommée, les pommiers sont couverts de pommes). Je remonte la Grande rue chère, plus large que la petite mais bien escarpée. 

Toute essoufflée, j’arrive sur la grande place de la République qui était autrefois le Champ de Foire, vaste place carrée où se trouvaient les halles. Une maison attire mon attention, une très belle maison blanche avec une banderole : POURQUOI LAISSONS-NOUS LES ENFANTS MOURIR A GAZA. A chacune des fenêtres des gros nounours et une affiche bleue avec la colombe de la paix. Sur un mur une exposition de photos d’une photographe palestinienne. Un enfant de Gaza fait face à l’enfant du ghetto de Varsovie. Belle exposition pour un village de 1600 habitants.

Par la Rue de la Prison j’arrive au Marquisat d’après le titre nobiliaire de la famille de Rosmadec dont la maison fut la résidence du XVème siècle jusqu’en 1814. Déception! le Musée de Pont Croix qui y est logé n’ouvrira que l’après midi. je ne verrai donc pas l’exposition Peindre Pont Croix. Rue aux Œufs puis rue de Rosmadec me  ramènent à la Collégiale puis à la chapelle Saint Vincent du Séminaire. 

En ce moment, les routes du Finistère font l’objet de gros chantiers : assainissement, fibre optique…des tranchées barrent les routes. La déviation qui évite le pont nous fait faire un détour par Audierne!

les mondes de Colette à la BnF

Exposition temporaire jusqu’au 18 janvier 2026

le Monde de Colette(1873 – 1954) est vaste et varié. On entre dans l’intimité de la famille à Saint- Sauveur- en -Puisaye, on feuillette l’album photos de Willy, et on découvre les maisons de Colette, Rozven , en Bretagne offerte par Missy, découverte de sa collaboration avec le peintre breton Mathurin Méheut

Plus tard, à Saint Tropez à la Treille Muscate avec les gravures de Dunoyer de Segonzac ou la peinture de Camoin

La Treille muscate Dunoyer de Segonzac

Flânerie dans les paysages de Colette entre photographies, manuscrits, lettres et cartes postales ainsi que beaux livres. On n’est pas à la BnF pour rien.

Série de dessins à la craie de Louise Hervieu

Colette a été très attentive à la nature, aux plantes du jardin,  aux chats et même aux plus petits animaux dessinés ici par Louise Hervieu (1878-1954) contemporaine de l’auteur du Dialogue de Bêtes présenté ici. Un herbier (1949) a été illustré par Raoul Dufy

Un mur est consacré à l‘Enfant et les Sortilèges de Ravel dont Colette a composé le livret en 1925, aquarelle des costumes, photographies de scène de cette féérie-ballet et même quelques moments du spectacle dans une mise en scène récente. 

Colette ne fut pas seulement écrivaine à succès des Claudine promue par Willy. Quand elle se sépare de son mari elle doit gagner sa vie sur scène dans le Music Hall dans le monde et le demi-monde. L’exposition scénarise l‘Envers du Music Hall toujours avec des photographies d’époque, des affiches de spectacles, des portraits de Polaire, Missy, de la Belle Oterocostume de scène du Faune et un portrait de Matisse, de très beaux dessins et même une lettre.

Portrait de Colette par Matisse

« Etes-vous pour ou contre le second métier de l’écrivain? »interroge Colette à propos de l’ouverture de son institut de beauté.

Colette a pratiqué bien plus que deux métiers: saltimbanque, écrivaine, journaliste. Une section entière de l’exposition montre la journaliste qui écrivit dans le Temps et d’autres journaux plus de 1200 articles. Envoyée spéciale au Maroc, à New York… chroniqueuse judiciaire racontant les procès monstres comme Landru ou Violette Nozière, chroniqueuse sportive (c’est plutôt inattendu!).

la vagabonde

S’écrire , Colette se met en scène et en même temps brouille les pistes. Est-elle Claudine(1900)? ou Renée dans la Vagabonde (1910), Léa dans Chéri (1920) Proust qui se racontait aussi l’admirait. 

Une conversation avec Jean Cocteau quand Colette était alitée dans son lit-radeau la montre plaisantant, vantant l’oisiveté…

J’aime toujours ces expositions à la BnF où littérature, édition, arts plastique, photographie sont toujours très bien présentées. Expositions dans le calme sans la foule.

 

Sentier côtier de Tréboul vers les Roches Blanches et les Pointes

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE

Pointe de Milliez

Topoguide N°6

La piste qui mène au sentier après les Roches Blanches est à peine carrossable, Dominique n’ose pas la prendre seule; A pied, j’explore pour éviter les roches coupantes ou les nids de poules traitres. Après le pique-nique je trouve le GR34 très escarpé équipé de marches très hautes(bâton obligatoire) et parfois de passages rocheux. Je fais un aller-retour dépassant la Pointe de Leydé  (après le sentier passe sur la route). 

Et en face Crozon. Zut j’ai raté le Belem

La vue sur Crozon est magnifique. Il y a beaucoup d’animation : les petits bateaux de pêche rentrant au port, le bourdonnement d’hélicoptères qui survolent un navire bizarre (je brode un film sur un bateau-espion, la réalité dépasse la fiction  mais le pétrolier russe est à Saint Nazaire). Le Belem croise juste en face, majestueux. Deux cormorans pêchent à grand bruit et secouent leurs plumes. 

Nous rejoignons en voiture la Pointe de Millier où il y a un parking avec vue (circuit des korrigans N°9 du topoguide). Le phare de Millier est une maison-phare. Au lieu de me diriger vers le Moulin de Kériolet comme le suggère le circuit du topoguide, je m’engage sur le sentier des douaniers vers l’ouest. Parcours confortable. Le sentier en terre court parmi les fougères en balcon avec peu de dénivelée. Le soleil est radieux. C’est une promenade facile avec le Cap de la Chèvre à Crozon en face. 

Allée couverte de Lesconil

En route, des flèches indiquent l’allée couverte de Lesconil. Sous de très beaux chênes, en face d’une exploitation maraîchère qui vend des légumes, l’allée couverte est formée de dalles plates (18 orthostates selon Wikipédia) elle est aussi appelée allée des korrigans. 

Confort Meilars église

La route du retour traverse Confort-Meilars « petite cité de caractère » que nous avons déjà passé en remarquant un calvaire imposant devant une belle église méritant un arrêt. Le village doit son nom à son église Notre Dame du Confort (Réconfort) . Bâtie sous François 1er à l’initiative de Alain de Rosmadec (que nous retrouverons à Pont Croix). Sa façade est gravée de caravelles et de poissons montrant ainsi qu’elle a été également financée par des armateurs. Son originalité : la Roue à Carillon ; c’est une roue équipée de 12 clochettes que l’on peut faire tourner en tirant la chaîne après avoir fait don d’une offrande. Cette roue miraculeuse aurait donné la parole à un enfant muet. La notice prévient: « ne vous attendez pas à un miracle ». 

Roue à carillon

Les statues du calvaire ont été décapitées à la Révolution. Un sculpteur local leur a redonné leurs têtes en 1870. Même si on connait cette anecdote, le calvaire reste très spectaculaire!

 

Douarnenez : suivez les sardines!

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE

Cette très belle journée commence dans la brume lors de la traversée du Cap Sizun. Les bancs de brouillard noient les vallées et les creux tandis que le soleil de face nous éblouit. Heureusement, les arbres magnifique, châtaigniers ou chênes offrent un certain répit à nos yeux éblouis.

L’entrée dans Douarnenez avec ses maisons mitoyennes ouvrières alignées le long de la rue en pente me rappelle l’entrée de Fécamp. Des immeubles très moches percent de temps en temps les quartiers ouvriers. Douarnenez n’est pas une ville chic, c’est une cité ouvrière de pêcheurs et d’ouvriers des conserveries qui s’est construite autour de la richesse locale : la sardine. 

Port Rosmeur

le Topoguide propose une promenade N°5 « Le Chemin de la Sardine » . Il est balisé dans le goudron par des clous ovales en forme de sardines qui guideront mes pas. Impossible de rejoindre en voiture le départ du circuit sur le Quai du Petit Port du Rosmeur : le trafic est réservé aux riverains et le quartier piétonnier. En plus des sardines métalliques, la visite est commentée par des panneaux très bien faits illustrés de photographies anciennes, racontant l’histoire de la ville. 

Dès l’époque gallo-romaine, la sardine était travaillée dans les cuves à garum de Plomarc’h (que je n’ai pas trouvées). Ensuite on a pressé les sardines, pressées et essorées, entassées dans des tonneaux pour être expédiées au loin. Nourriture bon marché qui accompagnait pain ou pommes de terre. Au XIXème siècle avec l’appertisation (découverte en 1795 par Nicolas Appert), les conserveries remplacent le pressage. La ville grandit. Les hommes vont à la pêche, les femmes travaillent aux conserveries. Au début du XXème siècle, avec la grande grève des Penn Sardin(1924), les sardinières entrent dans l’Histoire. Un siècle plus tard, on se souvient encore de leurs luttes et de leurs chants. Grève très politique avec le soutient du Parti Communiste et de Charles Tillon. Grève féministe puisque dès 1925 le PC inscrit une femme sur les listes au conseil municipal alors qu’elle n’avaient pas le droit de voter. Un podcast de RadioFrance raconte la grève CLIC

Et un roman policier Du sang sur Douarnenez enquêtes d’Anatole Lebras CLIC

par les venelles du circuit des sardines

Douarnenez, ville communiste, a perdu nombreuses de ses conserveries mais garde le souvenir dans la toponymie : je grimpe la Rue Barbusse, la rue Charles Tillon, la rue Louise Michel. L’esprit de la gauche flotte encore avec  des affiches soutenant Gaza, des graffitis subversifs, « BLOQUONS TOUT3 (10 septembre 2025), « LE RN EST COMME TON EX IL DIT QU’IL A CHANGE MAIS IL MENT » (sûrement des féministes), plus mystérieux sur le mur en face de l’église « QUE LE PAPE BENISSE LES SUBVENTIONS » (quel pape? quelles subventions?).

En suivant les sardines, je déambule sur les quais du Petit Port pittoresques mais vides en début de matinée ; les restaurants n’ont pas encore sorti les tables en terrasse. Jolies façades, bacs de fleurs. A l’arrière, des galeries d’art. Des vieilles photos sur une fenêtre. propositions de stages d’aquarelle. Artistes et bobos prennent la place des ouvriers ou pécheurs dans les venelles et rues piétonnes abondamment garnies de potées de plantes fleuries ou vertes.

La Chapelle Sainte Hélène est ouverte au public. Façade sculptée aux statues et gravures pas très lisibles. Je cherche els filets de pêche sans les trouver. le visiteur est accueilli en musique. Une souscription est ouverte pour restaurer le plafond étoilé. 

Suivant les sardines je continue la promenade très agréable dans les venelles puis je grimpe la Rue Barbusse et la Rue des Baigneurs pour arriver à la grand église du Sacré Coeur, église XIXème siècle (ces églises XIXème ne m’émeuvent guère). Descente sur l’autre versant pour arriver au Port Rhu, étroit chenal où est installé le Port Musée. 

Port Rhu

Non loin, face à l’Ile Tristan, les petites plages se sont peuplées. Malgré la fraîcheur se baignent une quinzaine de nageurs en maillot.

Lire également le récit de nathalie ICI

Illustration musicale dans le blog d’Aifelle ICI

Pointe du Van et Baie des Trépassés- Plogoff

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE

Pointe du Van et vue sur la Pointe du Raz

J’ai acheté le topoguide L’ouest Cornouaille à pied. j’avais hésité entre le guide et la carte au 1/25.000ème.

balade n°13 Tour de la Pointe du Van, commencée au point 2 aux Moulins de Trouguer. 

Moulin de Trouguer

Les moulins ont fière allure avec leurs ailes de bois où flotte encore un peu de toile. En saison, la maison d’interprétation fermée en septembre n’ouvrira qu’à la fin juin. Une piste mène à un four à pain de Kériolet au toit arrondi couvert de mousse.  Des haies limitent de vertes prairies, la piste devient sentier. Je découvre la côte déchiquetée de la Pointe du Van. 

Chapelle Saint They

la chapelle Saint They paraît bien austère dans son enclos. De près je découvre son calvaire avec une statue perchée sur une colonne, ce n’est pas un personnage mais deux: une femme regarde la terre tandis qu’un homme se dirige vers l’océan

deux personnages !

Une petite fontaine est encastrée dans un petit enclos. Des roses séchées ont été déposées. Le topoguide signale deux fontaines, je n’en ai trouvé qu’une. Le GR34 est délimité par des fils métalliques pour empêcher le piétinement. Le couvert végétal s’est bien reformé après les travaux de restauration.  Après la fontaine, le GR34 devient plus escarpé, plus difficile autour du « Port Vorlen« Les bâtons de marche s’imposent. Je croise un couple qui marche avec deux bâtons « à nos âges » commente le monsieur.

J’arrive pour l’heure du déjeuner à la Baie des Trépassés où Dominique m’attendait. Elle a gardé un souvenir ébloui d’un séjour à l’hôtel. Du sentier j’ai découvert la belle plage de sable fin qu’un cordon de galets ceinture. Les vagues déferlent, les surfeurs se déchaînent.

La Baie des Trépassés vue du GR34

Le nom sinistre de Trépassés est vite oublié sous le soleil. Le topoguide m’apprend que dans cette vallée centrale du Cap Sizun, se trouve un petit bassin houiller exploité depuis 1759 mais vite abandonné. J’avais prévu de monter par le sentier à la Pointe du Raz et qu’on se retrouve sur le parking. mais nous avons un rendez-vous médical en téléconsultation et nous avons peur qu’Internet ne soit pas assez fiable.

En passant par Plogoff, le fumoir à poisson semble ouvert mais personne ne paraît quand je sonne la cloche. la marchandise exposée dans des vitrines réfrigérées est pourtant très appétissante : truites de mer fumée, thon en tranche et en bloc et surtout sardines entières que je regretterai tout le séjour.  Pause à la Plage du Loc’h. Ici, le GR34 s’est éboulé, il faut contourner les maisons sur la route, ce qui me dissuade de continuer. Je préfère marcher aller et retour les pieds dans l’eau. Certains se baignent. Ils sont bien aguerris! Je remarque les mouettes qui piétinent, pédalent dans le sable mouillé d’une pellicule d’eau pour faire remonter des minuscules proies. 

Arrivée à Audierne, notre gîte à Esquibien

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE

Pique-nique à ‘entrée de la presqu’ile de Quiberon à marée basse. Deux heures de route sur la 4 voies bretonne gratuite qui contourne Lorient. Nous arrivons sous le soleil à Audierne. Après avoir longé les quais nous posons la voiture sur un grand parking à l’entrée du port? Promenade sur une longue digue empierrée jusqu’à un petit phare blanc et rouge : la Jetée de Raoulic. La marée monte; Des surfeurs s’élancent sur la vague qui déferle sur le port longuement comme un mascaret.

Le port d’Audierne

Des panneaux émaillés racontent l’histoire d’Audierne. 

Port marchand dès le XVème siècle exportant au loin sel et marchandises. Puis vint le temps de la pêche. Du XVIIIème au début du XXème siècle, la sardine fit la richesse dAudierne. Dès le début du XXème siècle les bancs de sardines se sont raréfiés. Les pêcheurs ont alors pêché la langouste dont les effectifs ont aussi décliné, remplacés par le thon. Ces reconversions m’ont rappelé les analyses d’Anita Conti sur la prédation de la ressource.

Plus loin j’ai découvert la ville, ses commerces, la Mairie et les halles.

Notre gîte est à Esquibien, sur la route de la Pointe du Raz. En 1960 j’avais fait un camp de Petites ailes dans l’école d’Esquibien qui avait laissé le souvenir d’un petit village. Avec Leclerc, Biocoop et Liddl , je découvre plutôt une banlieue d’Audierne. Nous logeons dans une maison moderne dans un lotissement, le Cabestan, allée Surcouf. maison modeste, moderne mais bien typique crépie de blanc avec des volets bleus. A l’intérieur, pas de chichis, c’est clair, fonctionnel. A l’arrière un carré de jardin, tables et des fauteuils en plastique et de très confortables chaises longues. C’est parfait.

Mégalithes :Alignements de Carnac

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE 

Depuis le 12 juillet 2025, les Alignements de Carnac sont inscrits au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, . La précédente visite, en 2010, sous la pluie, CLIC n’avait pas laissé un souvenir impérissable, les menhirs se voyaient de la route dans une végétation assez dense, mal mis en valeur.

10h, à l’ouverture du Musée de la Préhistoire au centre du bourg, j’espère trouver une visite accompagnée. Elle est à 15 h hors saison, et il faut s’inscrire en ligne. Musée de la Préhistoire et Maison des Mégalithes sont deux entités séparées.

Comme tous les grands sites, les alignements sont encadrés de grands parkings arborés, d’un petit train touristique, bus à impériale. En saison, il doit y avoir la foule mais fin septembre, même le dimanche, l’affluence est raisonnable.

La Maison des Mégalithes se trouve sur place hors de Carnac. Une vidéo prépare la visite individuelle balayant les mythes et les idées fausses comme celle des pierres tombées du ciel, les théories astronomiques sont aussi mises de côté. Une nouvelle hypothèse : les stèles formeraient une barrière stratégique ceinturant un territoire. Il faut aussi tenir compte des variations du zéro marin au Néolithique (4800 – 2500 av. JC), de nombreuses stèles se trouveraient immergées. La vidéo montre aussi les fouilles du tumulus Saint Michel une seule tombe contenant du mobilier de prestige. Le sel était déjà une contrepartie d’échange mais on ne peut pas parler de commerce, plutôt des cadeaux diplomatiques. Une belle exposition de photographies des années 50 et 60 montrant une grande familiarité des habitants de Carnac qui se sont tiré le portrait en famille assis sur les stèles, les enfants grimpés sur les menhirs. Certains sont en costume local. 

Alignements de Ménec

Un sentier piétonnier longe le grillage. le circuit est d’une dizaine de km (8 + un détour pour voir le Géant et le Quadrilatère de Manio en forêt). Il part de la Maison des Mégalithes, passe par le village de Menec où les blocs se dressent presque dans les maisons. Les plus grands sont mis en valeur par l’herbe rase. Plus loin, ajoncs et genets gagnent. 

Des cartels racontent l’histoire des aménagements du site. Les habitants n’ont pas toujours vu d’un bon œil ces installations : les expropriations et les grillages. Une association Menhirs libres a contesté ces grillages ainsi que la construction de belvédères d’observation. Il s’en est suivi une gabegie financière : enlèvement des grillages, destruction des belvédères, un véritable feuilleton local. Sans parler de l’histoire ancienne quand on réemployait les blocs pour la construction. D’autres avertissements décrivent la fragilité du site : le déchaussement des stèles justifie leur protection. En revanche, rien sur l’archéologie. Il aurait fallu aller au Musée de la Préhistoire. Carnac mérite plus qu’une matinée ! Sans parler des sites voisins à Locmariaquer (Table des Marchands etc…)

Le géant

Promenade très agréable sur un chemin sablé, parfois des planches avec une partie en sous-bois pour le Géant et le Quadrilatère de Manio. Les champignons colonisent les souches.

Le soleil a dispersé les nuages, le retour sous une lumière vive offre de nouvelles perspectives. Je pense aux autres sites mégalithiques en Corse, en Sardaigne, à Malte ou au Musée de Rodez…Plus j’en visite et plus le mystère s’épaissit et plus je suis ravie d’en découvrir de nouveaux