Autour du parc Montsouris, maisons d’artistes et histoires d’eaux

TOURISTE DANS MA  VILLE

Rue des Artistes Paris XIVème

Le rendez-vous pour la visite d‘Explore Paris intitulée « Sous les pavés les aqueducs : les secrets du 14ème arrondissement » est fixé au coin de la Villa Seurat. Du métro Saint Jacques j’ai emprunté la rue de la Tombe-Issoire, l’avenue René Coty qui est occupée par une végétation luxuriante, comme une coulée verte, un escalier mène à la rue des Artistes et on retrouve la Rue de la Tombe-Issoire un peu plus loin. Ce quartier à l’arrière de Montparnasse fut un quartier d’artistes. 

 

La Villa Seurat est une impasse bordée d’ateliers d’artistes. Le plus connu est la maison de Chana Orloff au 7bis,(visites le week end, réserver à l’avance CLIC Dali  occupa le n°1, au n°4, se trouve la Villa Lurçat (appartient à l’Institut)et peut se visiter)CLIC.> 

Soutine et Henry Miller ont également habité la villa Seurat.

Villa Lurçat 4 villa Seurat

Lurçat est à l’origine de l’intallation des ateliers dans ce quartier modeste du Petit-Montrouge, non loin des fortifs et de la zone. Jean Lurçat fameux pour ses tapisseries avait un frère architecte André Lurçat qui a construit d’élégantes maisons blanches dans le style du Bauhaus. Au N°3 se trouve un autre atelier Bauhaus.

Maison de Chana Orloff, villa Seurat dessinée par Auguste Perret

 

 

 

 

 

 

La Maison de Chana Orloff est l’oeuvre d’Auguste Perret, les structures en béton sont visibles rappelant les maisons à pan de bois. A l’étage un décor en relief un peu comme les décors à la pointe de diamant, pour les pièces d’habitation. Dans l’entrée j’ai aperçu l’accordéoniste 

 

 

 

 

Non loin Rue Marie Rose, nous découvrons la grande église franciscaine en briques rouge. Construite (1934-1938) au coeur de la ville dans l’idée d’évangéliser les quartiers populaires

églisde franciscaine

Poursuivant la rue de la Tombe-Issoire, nous découvrons les très vastes réservoirs protégés par des rouleaux de fils barbelés dissuasifs.  Second Empire, dûs à Alphand, l’ingénieur responsable des travaux hydrauliques de Paris ainsi que des Parcs, comme le Parc Monsouris tout proche. 

Réservoirs Montsouris

D’élégants pavillons de meulière et briques surmontés par une verrière portant des mascarons à tête de lion bleus sont sur les vannes de grands aqueducs le plus souvent souterrains transportant l’eau de rivières : Le Loing et la Voulzie. La qualité de l’eau était vérifiée par un « truitomètre » les poissons faisant office d’appareils. Non loin de là, un aqueduc fait surface à Arcueil

Fontaine Wallace

De l’autre côté de l’avenue Reille, un panneau présente le projet SILVIA d’une Agroforêt urbaine et comestible pour passer d’un espace bétonné à une renaturation. En 2023 furent plantés 120 châtigniers et noisettiers. Le nom « forêt urbaine » me fait sourire, square, parc, bosquet peut-être, mais forêt n’est-ce pas exagéré? 

Square Montsouris

Le Square Montsouris n’est pas un square mais une rue bordée de grosses maisons mitoyennes derrière des jardinets très fleuris. En cette journée de printemps glycines, cornouillers, rosiers sont en pleine floraison. 

square montsouris nichoirs

Ces maisons tranquilles sont maintenant très chics mais elles ont été construites pour une population modeste.

Square Montsouris maison Le Corbusier.

Au coin on remarque encore une maison d’architecte. A l’autre extrémité on découvre le Parc Montsouris avant d’y entrée, détour par la Rue Braque où l’atelier du peintre, oeuvre d’Auguste Perret, est masqué par une jungle de lierre, bambous et autres lianes. Des volets métalliques obstruent les fenêtres Est-il à l’abandon? Mystère!  Une observation plus attentive laisse penser que non, le jardin est propre et la poubelle sortie. 

REr B dans le parc sous les rail une exposition de panneaux racontant l’histoire du parc et Alphand

Le Parc Montsouris a été créé en 1860, ouvert en 1878, à proximité des fortifications. Curiosité soulignée par notre guide : « parc de gares » parcouru par deux lignes de chemin de fer le RER B et la Petite Ceinture qui courrait dans un creux. Un lac (bac en ciment) rafraîchit le parc. De l’autre côté on peut deviner la maison de Coluche. Higelin habitait aussi dans le coin mais sa maison a disparu, on a nommé une allée à son nom. Il y a énormément de monde sur les pelouses comme en plein été .

Notre guide nous a ménagé une surprise : la ZAC Alésia Montsouris a été aménagée dans les année 1990 sur des friches ferrovaires(RATP). Le chantier a mis au jour deux aqueducs : l’Aqueduc Médicis qui amenait l’eau aux jardins du Luxembourg et un aqueduc romain desservant Lutèce. les constructions ont endommagé les conduits mais on a préservé quelques vestiges qui sont encore visibles : on peut voir le vériatble béton romain dont l’usage s’est perdu. La toponymie garde le souvenir de deux empereurs Julien l’apostat (331-363) et Valentinien. 

Fontaine sur les boulvards des Maréchaux

La promenade se termine le long de la Cité Universitaire et nous retrouvons un troisième aqueduc (Second Empire) et les vestiges des fortifications de Thiers.

Ce fut une après midi très agréable et le conférencier l’a rendue très vivante avec de nombreuse anecdotes et explications historiques.

 

Felix Holt, le radical – George Eliot

CHALLENGE LES DEUX GEORGE AVEC CLAUDIALUCIA

Après la lecture de La Ville Noire de George Sand, roman social écrit en 1860 nous continuons le Challenge avec Felix Holt, paru en 1866. Deux oeuvres tout à fait contemporaines, se situant dans des villes de province (Thiers pour la Ville Noire et la ville fictive de Treby Magna dans les Middlands. Ici, s’arrête la correspondance entre les deux livres. 

Felix Holt est un très gros pavé de plus de 800 pages dont la lecture a été laborieuse.

Mon ignorance  de l’histoire anglaise, de ses rois et leaders politiques  m’a génée. Heureusement le traducteur nous fournit des notes en fin de volume, et cela ralentit la lecture. Whigs et Tories, c’est encore à ma portée mais que sont ces « radicals« ? D’autant plus qu’il semble y avoir deux acceptations pour ce concept, celle de Harold Transome,politicien un peu plus à gauche que les whigs et ceux qui sont vraiment radicaux comme Felix Holt. Autre lacune :   la religion, les différents courants, entre Anglicans, Non-conformistes (?) et catholiques, je manque de références. Toujours au chapitre religion, les citations bibliques s’incrustent dans les arguments du pasteur et des femmes pieuses. Là encore, les notes vont bien m’aider, et me retarder. Comme tout sujet de Victoria est censé connaître Shakespeare, les allusions sont nombreuses et me laissent perplexe. Et je parle pas de la mythologie! Tout cela est bien intéressant mais cela ne fait pas avancer l’intrigue!

L’action est assez ramassée dans le temps, en 1832, juste avant et après une campagne électorale.

Trois volumes :

Le  volume I  présente les personnages, plante le décor.  Les propriétaires terriens, les Transome,  en leur manoir, l’avocat  Jermyn qui a géré les domaines et les démélés judiciaires. Comme dans le Moulin sur la Floss,  les affaires embrouillées et les procès semblent peser sur les finances.   D’un autre côté : la petite congrégation non-conformiste autour du Pasteur Lyon, sa fille, Esther, et Felix Holt, idéaliste qui a abandonné les études de médecine pour s’établir horloger et qui veut éduquer les ouvriers. 

Le volume II se déroule pendant la campagne électorale. Une réforme récente a créé de nouvelles circonscriptions, de nouvelles candidatures se déclarent. Etrangement, Harold Transome, de bonne famille de tradition tory se présente comme Radical . Il va faire appel à Jermyn comme agent électoral, qui lui-même délègue ses pouvoirs à un personnage trouble, Johnson. En 1832, le suffrage universel n’existe pas. Etrangement, un même électeur peut avoir plusieurs voix, qu’il peut même offrir à deux concurrents. Les votes s’achètent par des faveurs quelconques. Les ouvriers, évidemment, ne votent pas mais ils peuvent influencer la campagne, acclamant ou conspuant tel ou tel candidat. On peut gagner leur faveur en payant des tournées de bière dans les pubs. Evidemment, les ouvriers alcoolisés peuvent causer des troubles…. Felix Holt se trouve mêlé à ces agissements .

Le volume III commence après les élections. Harold Transome a été battu par le tory Debarry. Felix Holt accusé d’être le meneur d’une émeute est emprisonné. Harold Transome veut se débarrasser de Jermyn dont il n’a plus besoin. Ce dernier, détenteur de secrets de famille, va le faire chanter. Et se trame une histoire d’amour entre Esther dont le secret de la  naissance a été révélé, et Harold Transome. Quel amoureux Esther va-t-elle choisir : l’intègre Felix Holt, emprisonné injustement ou Harold, le gentleman qui lui procurera une vie agréable au manoir? Esther joue le rôle principal dans ce volume. Le roman s’éloigne de la politique pour prendre la tournure d’un roman d’amour, presque une série télévisée. 

Ce  roman très dense, très riche, très varié m’a beaucoup intéressée malgré   les écueils   qui ont retardé ma lecture. Les personnages très variés et très nombreux sont complexes et évoluent au cours de l’histoire. Si les hommes sont les protagonistes de la campagne électorale, les femmes jouent un rôle important et leur personnalité n’est pas négligée. Elles ne votent pas (les ouvriers non plus) mais elles ont des opinions souvent tranchées et n’hésitent pas à agir quand elles en ont l’occasion. Les citations (que je n’ai pas beaucoup appréciées  à cause de mon manque de culture) sont parfois des éléments humoristiques puissants. Il faut être britannique pour en goûter pleinement la saveur.

Me voilà donc un peu moins ignorante en ce qui concerne l’Angleterre du XIXème siècle! Et prête à de nouvelles aventures de la George anglaise!

Matisse (1941 – 1954) au Grand Palais

Exposition temporaire jusqu’au 26 juillet 2026

La Gerbe

Cette exposition est très fréquentée, il convient (même avec une gratuité) de réserver à l’avance un créneau et d’éviter les horaires de pointe. Elle présente énormément de chefs d’oeuvres, les plus surprenants (les papiers découpés) sont à la fin, prévoir une belle plage de tempset des chaussures confortables. 

Autoportrait

1941, Matisse a 72 ans, il sort très affaibli d’une opération. Nice est relativement préservée de la guerre. Trop fragile pour peindre, il dessine beaucoup. Il dessine par séries, d’un sujet au fusain, il décline des infinies variations d’un trait élégant très sûr.

Aragon (1942) de profil

De profil, de face, il portraiture Aragon.

L’exposition nous montre les étapes de la réalisation d’un chef d’oeuvre : la Blouse Roumaine avec le portrait de Marguerite, sa fille. 

1943, tout le Midi de la France est occupé, Matisse quitte Nice pour Vence où il peint une série d’intérieurs :

Intérieur barres au soleil
Fond jaune deux jeunes filles

Matisse innove avec une série de papiers découpés qu’il réunit dans l’album Jazz présentée dans une cellule ronde et noire dans des vitrines éclairées. Deux thèmes sont privilégiés : des lagons marins avec des formes aquatiques

lagoon

ou des figures du cirque avec l’enterrement de Pierrot 

Jazz l’enterrement de Pierrot

mo  préféré esdt la chute d’Icare

La chute d’Icare

Matisse utilise cette technique pour illustrer de magnifiques livres de poèmes.

nature morte aux mimosas

Sa production ne se limite pas aux petits formats, il continue à nous émerveiller avec ses natures mortes et ses intérieurs, toujours ensoleillés, colorés : fenêtres, bouquets et citrons…

Polynésie : la mer (1946)

De la Polynésie il rapporte des motifs marins, algues, coraux poissons et oiseaux qu’il découpe sur de très grands panneaux dont certains sont rapportés sur des tissus.

L’exposition montre encore d’autres aspects du travail de Matisse : la Chapelle de Vence avec vitraux, panneaux, chasubles… (voir le beau documentaire d’Arte) 

Grand intérieur rouge (1948)

Nous ne sommes pas au bout des surprises : d’immenses panneaux de gouaches découpées vont retenir notre attention. La Gerbe répond à une commande pour une décoration en céramique d’une villa de Los Angeles. 

La Tristesse du Roi (1952)

Mon préféré est sans doute La Tristesse du Roi peut être un autoportrait en compagnie d’un guitariste et d’une danseuse que je n’ai pas identifié tout de suite. Il faut explorer toute la richesse de ce tableau. 

La sa&uteuse de corde

Et bien sûr terminer par les nus bleus mais lequel choisir? Je les aime tous

 

La ville noire – George Sand

CHALLENGE LES DEUX GEORGE AVEC CLAUDIALUCIA

« C’est ce qui te prouve, dit Sept-Épées, qu’il y a deux partis à prendre : ou rester pauvre avec le cœur content,
ou se rendre malheureux pour devenir riche. »

La Ville Noire est une ville imaginaire partagée en deux parties : la ville haute bourgeoise et la ville basse industrieuse avec de nombreux ateliers métallurgiques. Pourquoi ville noire? George Sand ne l’explique pas, l’industrie utilise surtout la force de l’eau, des cascades et de la rivière. Peut être inspirée par Thiers à cause de la coutellerie.

La Ville Noire est un roman social. Le héros du roman, Sept-Epées, est un jeune ouvrier, doué, intelligent, beau -ce qui ne gâche rien. Ambitieux, il songe à s’élever dans l’échelle sociale, travailler dur, épargner, devenir patron et peut-être atteindre la ville haute. Il est amoureux de Tonine mais hésite à la demander en mariage par peur de s’engager. 

Tonine a une forte personnalité, elle aussi , aime Sept-Epées, mais le trouve trop tiède. Elle n’épousera qu’un prétendant qui l’aimera vraiment. 

« courage de nous mettre en ménage, n’est-ce pas ? reprit Tonine, qui se vit forcée d’achever la phrase. Eh bien ! non, mon cher camarade, je n’aurai jamais le courage de me marier par courage. J’ai la fantaisie de me marier joyeusement, par amitié et avec toute confiance dans mon sort. Voilà pourquoi, ne voyant pas en vous cette confiance-là, je n’ai pas eu de dépit contre vous. »

C’est un roman d’amour qui glorifie plutôt l’amitié et la camaraderie que la passion romantique. C’est aussi un roman qui donne le beau rôle à des femmes indépendantes et généreuses. 

Les personnages secondaires sont intéressants, Gaucher, l’ami fidèle, qui a choisi une vie simple d’ouvrier, trouvant son bonheur dans sa famille avec Lise et leurs enfants. Ce foyer chaleureux pratique la solidarité, toujours prêts à rendre service. Audebert  s’est rêvé en bienfaiteur de l’humanité, il a essayé, échoué, brouillon, mais poète. Anthime et son fils le médecin, tous des gens de bonne volonté. Le seul salaud se rachète. Décidement chez George Sand, il y a bien de braves gens! 

George Sand se penche sur la condition ouvrière alors que la Révolution Industrielle est à peine en marche :  la limite entre artisan et ouvrier est floue. L’ouvrier peut encore s’établir patron. Les idéaux saint-simoniens ne sont pas loin des délires d‘Audebert. On est loin du pessimisme de Zola. La  fin du roman fait penser à un conte comme La Petite Fadette. 

 

IDISS – BD d’après le livre de Robert Badinter -Richard Malka /Fred Bernard

Depuis très longtemps, je projette de lire Idiss de Robert Badinter, livre de souvenirs consacrés à sa grand-mère. Une série de lectures de Richard Malka : Après Dieu,ICI, Passion antisémite ICI et l’écoute d’un podcast ICI  m’ont entrainée à réserver la bande dessinée de Malka à la médiathèque. J’étais curieuse de découvrir l’autre versant de Malka, le bédéiste à côté d l’avocat. 

Dans une BD, il y a le plus souvent deux auteurs, le scénariste Malka et l’illustrateur, Fred Bernard qui s’accordent si bien qu’il est difficile de faire la part de l’un ou de l’autre dans le mérite du livre. Les deux m’ont charmée. Jolies couleurs aquarellées et décors pittoresques (surtout en Bessarabie) . Quant au scénario, il prend son temps pour cerner les ambiances et les personnages. C’est donc un très agréable moment de lecture. mais il faudra quand même que je lise le roman de Badinter!

Dimanche sans fin – Maurizio Cattelan et la collection du Centre Pompidou – Metz

ESCAPADE A METZ

Exposition temporaire jusqu’au 02.02.2027

Henry Moore et Henri Laurens – sculpture sur la terrasse

Un dimanche sans fin convoque l’idée d’un temps étiré, d’un allongement tantôt joyeux tel une flânerie, tantôt plus sombre à l’image d’une errance. Un dimanche sans fin c’est aussi le travail sans relâche, l’emprisonnement de la pensée, ou, au contraire l’oisiveté. un  dimanche sans fin c’est une journée au musée….

Le nom de Maurizio Cattelan et sa banane provocatrice sur l’affiche, est, pour moi, un repoussoir, symbole, de l’art contemporain snob et chic, pompe à fric du marché de l’art. Je suis venue à Metz pour Louise Nevelson, en prime j’ai trouvé Morellet, je n’avais même pas envie de rentrer dans la section au nom de Cattelan. 

portraits

Et j’aurais eu bien tort parce que de très belles oeuvres de la collection sont données à voir. Maurizio Cattelan, en commissaire d’exposition, met en scène des chefs d’oeuvres sur la trame d’un abécédaire dont il a rédigé des cartels, des invitations à penser, rêver. Et c’est très bien fait. Il confronte ses oeuvres à celles de tous les artistes du XXème siècle. 

Kasimir Malevitch Sensation de danger

Surprenant Malevitch figuratif. Toute une salle Delaunay avec le Bal Bullier.

Est-ce un dinosaure?

De Cattelan, on peut sauver le guitariste dans la bouteille, comme les voiliers en bouteille. mais on ne peut pas le comparer à la petite fille de Picasso

Picasso – fillette sautant à la corde

Dans la série des sculptures que j’aime, Victor Brauner que j’imaginais comme peintre. Pour les peintres, arbitrairement j’ai choisi Arp

Arp

Et ce jeu d’échec de Viera da Silva

Viera da Silva

Cette exposition est un véritable plaisir des yeux, les oeuvres éclectiques, l’ordre surprenant. J’aurais eu bien tort d’éliminer la banane, si insignifiante! Et pour terminer ce bois de rêve!

Bois de rêve

Louise Nevelson.mrs N’s Palace au Centre Pompidou Metz

ESCAPADE A METZ

The Royal Tides : An american Tribute to the British Peaple (1960-1964)

Exposition temporaire jusqu’au 31/08/26

Louise Nevelson (1899, Ukraine -1988),

« l’exposition rend hommage à une artise d’avant-garde de l’installation ainsi qu’à sa pratique de la sculpture monumentale quasiment théatrale. Son rapport avec la danse sont mis à jour dans l’exposition. « 

Shadow and reflexion Silent music II hommage à John Cage

La visite de l’exposition est une promenade dans des univers étranges où des sculptures de très grande envergure dialoguent avec des statures ou des gravures. Chaque salle a pour nom Moon Garden ou Magic Garden, Bagage de lune, Tropical Rain Forest… Malgré ces noms évocateurs de verdure, les objets sont souvent noirs ou gris très foncé. Seule une installation est blanche Dawn’s Wedding Feast

Dawn’s wedding Feast

Le plus souvent la matière est le bois : récupération, recyclage de vieux meubles ou pièces taillées, tournées exprès pour l’oeuvre. L’installation est accompagnée de projection de danse contemporaine ou eurythmics. Fluidité des danseurs contrastant avec les sculptures dansantes

Dancing figures

Certaines sculptures sont présentées comme « habitables » évocation de la puissance de l’imagination…

Promenade très dépaysante. Ne pas chercher à comprendre. Se laisser emmener très loin. Et peut-être emporter un casque et John Cage dans la playlist.

François Morellet : 100 pour Cent – Centre Pompidou-Metz

ESCAPADE A METZ 

Exposition temporaire du 03/04 au 28/09/26

Pour le Centenaire de la naissance de François Morellet (1926 -2016) le Centre Pompidou-Metz présente une rétrospective de sa carrière en 100 oeuvres 

 

Morellet est le principal représentant français de l’abstraction géométrique à la suite de Malevitch,  Piet Mondrian, et de Max Bill qu’il rencontra au Brésil en 1950

A l’entrée de l’exposition Morellet est présenté comme héritier de Mondrian et de Picabia et deux parcours sont proposés au visiteur Raison (avec Mondrian et les mathématiques) ou Déraison (avec Picabia sans doute quand quelque chose commence à dérailler) .

L’abstraction géométrique ne représente rien, le tableau existe par lui-même indépendament de la réalité extérieure. Il est conçu selon une grille (Mondrian) ou un code . Dans la série ci-dessous blanc est pair, noir impair et les combinaisons des nombres font apparaitre les figures noires ou blnaches. De même il a joué avec les décimales du nombre pi, paires, impaires. à l’infini.

Un tableau m’a fait penser à un QR-code rouge et vert composé de centaines de cubes soit rouge soit vert. l’artiste est parti du bottin du téléphone et a chosi la couleur selon que le nombre était pair ou impair.

Parfois, du tableau, il ne reste que la toile blanche qui existe en-soi. Ou une seule ligne traversant la toile, ou plusieurs toiles

les trois toiles décalées exigent du spectateur qu’il cherche l’alignement de la ligne. Le spectateur  doit être actif. L’oeuvre est fabriquée pour être interprétée.

Un champ metallique autour d’un tableau blanc est arraché, recourbé pour faire un crochet : il rappelle le boeuf écorché de Rembrandt ce qui nécessite de la part du regardeur une bonne culture!

« Les oeuvres d’art sont des coins à pique-nique, des auberges espagnoles ou l’on consomme ce qu’on apporte soi-même » Morellet, 2009

geometree

Parfois c’est la grille qui déraille, une brindille d’arbre prenant le relai de la grille. Et nous voici arrivées dans le parcours « déraison ».

néon

L’expérimentation continue avec le néon. L’installation ci dessus m’a beaucoup plu parce que le clocher apparait entre les deux cadres dans la fente.

Cette visite m’a intéressée mais ces constructions intellectuelles me laisse assez indifférente, sauf quand cela débloque.

un jour à Metz, Centre Pompidou et promenades dans la ville

ESCAPADE A METZ (2)

la Gare de Metz

L’exposition de Louise Nevelson m’attirée pour une nouvelle expédition à Metz. La première fois c’était Chagall ICI et c’était un excellent souvenir. Se rendre à Metz de la Gare de l’Est est très facile :  1h20 en TGV .

La visite de la Gare fait partie du circuit touristique. Commandée en 1901 par le Kaiser Guillaume II, symbole de la puissance allemande et permettant l’arrivée de 25.000 soldats par jour. De style néoroman germanique, décorée de nombreuses frises et sculpture, elle mérite qu’on s’y arrête. Surprise : un goupe de statues honorant la mémoire de Jean Moulin est suspendu 

jean Moulin à la gare de Metz

Le 8 juillet 1943, en gare de Metz, le corps de Jean Moulin a été retrouvé sans vie. Le sculpteur : Stephan Balkenhol.

les enfants ukrainiens et la guerre

Sur des panneaux, une exposition LES ENFANTS DE LA GUERRE  dans le cadre du voyage en Ukraine : la saison de l’Ukraine en France.

Après avoir passé un long souterrain nous arrivons sur une grande esplanade  : le parvis des Droits de l’Homme avec le Metz Congrès Robert Schumann palais accueuillant des congrès ou des expositions, signé Wilmotte inauguré en septembre 2018. En face, le Centre Pompidou-Metz 

Contre Pompidou-Metz

Coiffé d’un toit alvéolé inspiré d’un chapeau chinois en bambou, c’est l’oeuvre de Shigeru Ban et de Jean de Gastine. léger, aérien presqueavec les lamelles  de bois collées reposant sur des piliers aérés. 

Trois expositions majeures : Dimanche sans fin mis en scène par Maurizio Cattelan occupe deux niveaux,François Morellet – 100 pour 100, et Louise Nevelson. nous commençons par Cattelan  puis Morelletpuisqu’il y a une visite guidée à 11 heures. 

Vers midi, nous sommes saturées de peinture et partons nous aérer dans le Jardin Jean-Marie Pelt le long de  La Seille. Pour honorer le célèbre botaniste  écologue, le jardin est nature avec 20 ha de prairie, des arbres fruitiers, une rosellière le long de la rivière. C’est un parc paysager très agréable mais rien n’est prévu pour déjeuner (sauf un foodtruck).

Après avoir longé l’eau nous nous dirigeons vers le Centre-ville en passant sous les lignes ferroviaires, puis dans la circulation par la grande rue Haute-Seille, jusqu’à la vaste place Coslin, un parking peu accueillant sous une tour sans grâce d’habitations (style années 70). A l’approche du Coeur de Ville historique, les rues se rétrécissent, la circulation automobile s’apaise et nous nous installons sur la première terrasse au soleilau coin de la rue Lassale et de la rue de la Fontaine : celle du Restaurant L’Hédoniste  . CLIC / Ardoise à 25€ Entrée+plat et amuse-bouche offerts. Feuilleté aérien au chèvre chaud,côte de veau rose avec une sauce aux champignons délicieuse. Une adresse à retenir.

J’aime beaucoup découvrir une ville à pied, avec la carte du livret Un Grand Week-end à Metz Hachette qui propose une dizaine de promenades avec des plans. La toponymie est pittoresque : certaines rues sont notées « En » Nicolairue, avec le rue à la fin, comme En Fournirue (rue des Fournils) ou En Chaplerue (chapeliers?), en Chandellrue(chandelles?), En Nexierue (????). 

Place Saint Louis

Nous trouvons des repères à notre déambulation : la Place Saint Louis bordée d’arcades a un caractère d’Italie, elles datent du XIIIème siècle, les changeurs lombards y étaient installés au XVème siècle. Une plaque rappelle une République Messine entre 1470 et 1490. Les contreforts penchés nous étonnent. 

et Colonne de Merten

Autre repère : la Rue Serpenoise , en son mitan une longue statue métallique ondulante évoque un serpent. Elle débouche sur une grande place avec la colonne de Merten qui rappelle l’origine gallo-roamine de la via Scarponensis. 

Nous rejoignons la Gare et le Centre Pompidou-Metz en suivant le flèchage touristique. Il nous reste encore deux expositions qui occupent une bonne partie de l’après-midi. 

Après deux bonnes heures de peinture et sculpture modernes, nous retournons nous aérer dans les jardins et montons sur une butte pour apercevoir la construction de Philippe Starck au sommet du Hilton. Une sorte de maison traditionnelle à toit à double pente et tourelle est perchée sur un immeuble : c’est la Maison Heler. Des maisons perchées sur le toit des bâtiments, c’est tendance en ce moment, il y en a même à Limeil-Brevannes, cela ne m’impressionne pas plus que cela.

Porte des Allemands

Il nous reste trois bonnes heures avant le retour en train. Nous tâchons de rejoindre la Porte des Allemands en longeant la Seille. La promenade est contrariée par la voie ferrée perchée et par des routes à grande circulation.  heureusement les arbres sont en fleurs. 

la Porte des Allemands est un petit château-fort médiéval (1230-1480). les deux tours rondes en poivrière sont XIIIème, les carrées XVème . Assiége en 1552 par Charles Quint, elle résista vaillamment. Metz était une ville fortifiée ocmptant jusqu’à 18 portes et 72 tours (selon le guide Hachette)

Cathédrale de Metz

En prenant pour cap, la Cathédrale nous passons par la Place d’Armes avec ses deux trophées (monumentaux) et arrivons au coeur de ville. La Cathédrale est fermée depuis quelques minutes. Ce n’est pas grave, nous avons vu les vitraux de Chagall à notre précédente visite en 2021. Nous nous attablons à une terrasse plein soleil en face du marché couvert (fermé également le soir) : construction très élégante en U commencé en 1785 pour être le Palais épicsopal transformé en marché en 1831. 

Retour par les Quartiers Impériaux, la Poste et les très belles constructions allemandes. 

Nous n’avons rien vu de ce que j’avais prévu avec le guide, ni la maison de Verlaine, ni l’itinéraire de Rabelais, ni le musée de la Cour d’Or. Il nous faudra donc revenir. A l’occasion d’une nouvelle exposition?