CHALLENGE ROMANTISME

1816, Villa Diodati, sur les bords du Léman, quelques amis se proposèrent une gageure: écrire en une journée une histoire de fantômes. Parmi eux, Mary Shelley qui écrivit Frankenstein et Lord Byron qui ébaucha une nouvelle : Le Vampire.
Polidori, le secrétaire particulier de Byron termina la nouvelle que ce dernier avait abandonnée.
Ce court texte d’une trentaine de pages est, à double titre, une curiosité. Le fantastique n’est pas un genre que j’apprécie particulièrement mais cette lecture a excité mon imagination. Quelle est la part de Byron? quelle est celle de Polidori?
Mais surtout la ressemblance entre Lord Ruthven et Lord Byron est étonnante. Polidori détestait son maître. Comme l’écrivain, Lord Ruthven est reçu dans la meilleure société, il voyage, il s’arrête en Italie et poursuit vers la Grèce. C’est d’ailleurs en Grèce que le vampirisme se déclare.En prologue, l’odieux Ruthven se contente de séduire des femmes vertueuses qu’il entraine dans le vice. Son regard est étrange mais rien ne permet de supposer que le séducteur serait autre chose qu’un Don Juan et un pique-assiette.C’est donc dans un décor de ruines antiques qu’Aubrey découvre Ianthe, la jeune vierge grecque dont il est amoureux, le « ...cou et le sein couverts de sang et sa gorge présentait des marques de dents qui avaient ouvert sa veine… »

C’est dans le Giaour (1813) que j’ai trouvé les prémisses du Vampire. Ce poème d’après un Conte Turc contient les ingrédients du Vampire. Grèce ou Turquie? en 1813, c’était toujours l’Empire Ottoman sauf dans les 7 Iles qui furent vénitiennes jusqu’à ce que Napoléon les fasse françaises et révolutionnaires. Dans le Giaour on trouve encore une jeune fille pure au destin tragique, un jeune homme amoureux malheureux et des allusions au vampirisme.
Frémis! Nouveau vampire envoyé sur Terre
En vain, lorsque la mort fermera la paupière
A pourrir dans la tombe, on t’aura condamné
tu quittera la nuit cet asile étonné
Alors pour ranimer ton cadavre livide
C’est du sang des vivants que ta bouche est avide.
Souvent d’un pas furtif, à l’heure de minuit
Vers ton ancien manoir tu retournes sans bruit
Du logis à la main déjà cède la grille
Et tu viens t’abreuver du sang de ta famille
L’enfer m^me, à goûter de cet horrible mets
Malgré la répugnance oblige ton palais
Tes victimes sauront à leur heure dernière
Qu’elles ont pour bourreau leur époux et leur père
Et pleurant une vie éteinte avant le temps
Maudiront à jamais l’auteur de leurs tourments
mais non, l’une plus douce, et plus jeune et plus belle
De l’apour filial, le plus parfait modèle
Celle de tes enfants que tu chéris le mieux
quand tu t’abreuveras de son sang précieux
reconnaîtra son père au sein de l’agonie…..
Le Giaour est un précurseur du vampire, c’est pour cela que j’ai choisi cet extrait. J’y ai trouvé d’autres analogies, le poignard, le décor…Mais pas seulement! C’est aussi un joli conte oriental .
(A Fragment

























