CARNET BULGARE
La route de Gabrovo est facile à trouver. A l’entrée de la ville un panneau touristique marron flèche Bojentsi. Rapidement? nous nous retrouvons dans des hameaux inconnus de la carte. Je n’ai pas programmé Bojentsi sur le GPS : la transcription du cyrillique est hasardeuse Bozhensite, Bojensite, Bojentzi, je ne sais quelle orthographe il va accepter ! Avec l’aide de vieilles dames nous trouvons le village non sans avoir fait un beau détour dans la campagne.
Bojentsi

Précédé par des hôtels – spa luxueux et énormes. La région est très touristique. Le village est classé « village-musée » depuis 1984. Seuls 20 résidents habitent ici à demeure. L’activité est exclusivement touristique : marchands de souvenirs, céramiques, bois et confitures. Cafés, auberges occupent tout l’espace. Point de potager ni d’animaux. Les fleurs sont plantées pour le plaisir des yeux. Des magnifiques noyers, on apprécie sans doute plus l’ombre que les noix. Un panneau à l’entrée de Bojentsi nous apprend que le village a été fondé il y a 600ans par une femme nommée Bojana et qu’une voie romaine passe là.

Dans une maison, des gens s’activent à installer le décor du pressoir de cire d’abeilles qui est une curiosité : au fond de la pièce, le foyer entretenu par un soufflet comme dans une forge pour faire fondre les gâteaux, la lourde presse et à la place de paillassons, tout simplement de la paille.
La jeune fille de l’accueil se déplace pour faire visiter deux maisons du village.

Maison de Baba Reina 18ème siècle
Le rez de chaussée était dédié aux animaux : moutons mais surtout chevaux. Les habitants de Bojentsi étaient surtout des commerçants qui se déplaçaient à cheval. Sur le balcon, une pierre servait d’évier mais seulement pour se laver les mains. Les rainures d’évacuation de l’eau sont encore visibles. Vaisselle et lessive se faisaient ailleurs. Les femmes se tenaient le jour à la cuisine. Une petite fenêtre dans la cloison permettait d’éclairer la cuisine et la chambre avec la même lampe. De même le feu dans le foyer ouvert de la cuisine communiquait avec le poêle de la chambre.
Maison de Doncho Popov 19ème
Au bout du village, sur trois niveaux. Sur la rue s’ouvraient les volets de l’étalage de la boutique, à l’arrière la remise avec les marchandises entreposées dans de grands paniers et les traineaux pour l’hiver. Doncho Popov utilisait deux balances, l’une pour acheter l’autre pour vendre. Etaient-elles étalonnées pareil ? Doncho Popov, véritable personnage est aussi un héros comique légendaire pour son avarice. Une planche pour battre le blé est sur le même modèle que celle que nous avons découvert à la roseraie ; dans les rainures sont glissés de petits éclats de silex, la planche était tirée par un cheval qui tournait sur l’aire.
Les habitants de la maison entraient par le second niveau dans la maison d’hiver aux petites pièces. Les portes étaient disposées en coin pour gagner de la place et surtout pour réduire le volume à chauffer.

Au troisième étage, les pièces sont beaucoup plus vastes, plus luxueuses toutes lambrissées. Au centre du plafond la décoration est sculptée très délicatement. Popov voyageait beaucoup et loin pour son négoce : en témoignent le samovar russe, la lampe viennoise et le service d’argenterie turc. Les volets coulissaient t à l’intérieur le long des vitres calfeutrant hermétiquement la pièce ; Une petite fenêtre verticale à l’aplomb de la boutique permettait de la surveiller jour et nuit. Les cloisons intérieures sont doublées de placards. L’un d’eux était aménagé en cachette permettant de gagner le grenier et éventuellement d’épier discrètement les invités qui dormaient dans cette pièce de réception. Le coffre-fort de Doncho Popov était également à secret : dans une double cloison, un petit meuble à tiroir recelait les pièces d’or. Après l’Indépendance de la Bulgarie, Popov s’est installé à Gabrovo où il construisit la première usine et fit don d’argent pour construire le théâtre.
Galerie
La galerie de peinture expose des aquarelles de Spartak Genev colorées et originales avec un procédé de « dégoulinades » tout à fait au point.
Après la visite guidée nous préférons rester flâner à Bojentsi plutôt que de rallonger la route en visitant Triavna, proche à pied (par un sentier de randonnée 2heures) mais dans une autre vallée imposant un grand détour d’autant plus que le GPS est récalcitrant. J’ai doonc tout mon temps pour dessiner les maisons aux toits de lauzes, aux façades blanches et aux balcons de bois.
Exceptionnellement, nous déjeunons tôt à midi. Le petit déjeuner a été sommaire ainsi que le dîner. Nous choisissons la plus belle Mexana qui a installé ses tables sur une placette sous de grands tilleuls, à l’ombre et bien aérée. Nous commandons des kebabs (appelés meat- balls sur les menus en anglais mais qui sont aplatis comme des steaks hachés) avec une garniture de légumes sautés, mélange de petits pois frais, de maïs frais, de brocolis et mini-carottes. Le pain arrive tout chaud sur une planche, cuit au bois, compromis entre pizza et pain arabe servi avec du beurre chaud et la croûte croustillante. L’addition est de 17levas pour deux et c’est un restaurant de luxe dans une ville touristique !





















