Budapest : promenade Liszt

CARNET DE BUDAPEST- Toussaint 2008

Ce matin,la  pluie ne semble pas devoir s’arrêter.

Budapest sépia

Tramway

Le petit tram N°2 nous emmène à Roosevelt ter, longeant le Danube. Je suis vraiment désolée quand je vois arracher les rails des tramways sur la rive opposée, là ou le 19 faisait le trajet symétrique et devant le marché. Les tramways sont rapides, ils ne sont pas pris dans la circulation comme les bus, ils ne polluent pas et sont tellement plus poétiques.

Photos anciennes ?

Sur Roosevelt Ter, nous photographions encore et encore le Palais Gresham avec ses mosaïques,mon immeuble préféré.

Pest sépia

Le Coolpix a  un programme pour faire des photos sépia. Les bâtiments Belle Époque se prêtent particulièrement bien à cet exercice. Si on évite d’avoir au premier plan des voitures modernes l’illusion est parfaite. Un immeuble de style mauresque derrière la Basilique retient notre attention. La Basilique ne mérite même pas la photo !

 

 

 

 

Boulevard Andrassy

Le boulevard Andrassy débute sur la grande place Deák Ter. Nous le remontons sous une pluie battante. Nous nous amusons à entrer sous les porches pour découvrir des plafonds stuqués, des escaliers monumentaux, des entrées souvent délirantes, précédées de colonnes, de statues, d’atlantes. Tant pis pour le bon goût ! Elles sont bien pratiques pour nous abriter de la pluie. Le boulevard est chic, les enseignes internationales : Gucci, Vuitton..

café Callas

Devant l’Opéra, il tombe des cordes. Les garçons du Café Callas nous accueillent très gentiment alors que nous n’avons aucune intention de nous attabler : c’est un établissement prestigieux. La pâtisserie est sophistiquée, les prix inabordables.

 

 

 

L’Opéra est fermé, la billetterie n’ouvre qu’à 11 heures. Liszt, sous sa coquille Saint Jacques, en soutane d’abbé, monte la garde. En face, dans une petite rue, la corniche colorée du petit théâtre Arany János Szinhaz me fait faire le détour : la façade Sécessions, les mosaïques et les céramiques appliquées sur un marbre clair sont du plus bel effet. L’intérieur du théâtre est encore plus intéressant.

 

 

 

Appartement de Liszt

L’Octogone est plus élégant que le boulevard : les façades peintes néo-classiques plus sobres.

Au 35 rue Vörösmarty se trouve l’appartement que Liszt a occupé à la fin de sa vie. On nous fait revêtir des patins pour monter à l’étage : chaussons couvrant attachés avec des lacets. Un opuscule en Français nous décrit les objets  qui ont appartenu au compositeur, les portraits de ses amis, son prie-Dieu, son chapelet, son diplôme d’abbé rapporté de Rome, les photos de ses enfants…

Zeneakademia

Autre lieu dédié à Liszt, cette académie est situé à deux pas de l’Octogone. La place est occupée par un jardin public planté de hauts platanes et bordé par les terrasses de beaux cafés. La statue de Liszt en  bronze de facture moderne représente le pianiste en pleine action la chevelure relevée, ses mains immenses jouant sur un piano imaginaire. La Zeneakademia  abrite une salle de concert et un conservatoire de musique.  Le hall décoré de céramiques de Zolnay est magnifique avec ses fresques et ses mosaïques : un festival Art Nouveau ! Le bâtiment date de 1907 . Liszt, mort en 1886, n’a donc pas pu y jouer même si on lui a donné son nom. La salle de concert abrite un grand orgue.

 

Budapest : bains Kiraly

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

Bains Kiraly   Fö utca 82-84 – entrée 2100ft, Femmes : lundi et mercredi

Batthyány ter (métro rouge) puis prendre la Fö utca parallèle au quai du Danube vers le pont Marguerite.

La façade verte, classique, se remarque de loin.

Les vestiaires sont situés à l’étage : cabines désuètes ripolinée en vert pâle  avec des croisillons blancs. Une dame en sabots blancs et socquettes blanche, habillée comme une infirmière, nous remet à l’entrée un drap blanc et un tablier grège. Je revêts ce dernier par-dessus mon maillot de bain.. Ce n’est pas le tablier blanc et amidonné de la soubrette d’un érotisme de bon marché, c’est plutôt celui de la jardinière. Ridicule ! Cela vaut la photo ! Scandale ! Interdit !

–          « vous êtes dans un monument historique !  Pas de photo ! »

Ce n’est pas le monument que D veut photographier mais moi, de plus, très décente : en maillot de bain.

Après avoir parcouru un dédale de couloirs entre les cabines nous descendons à l’étage des piscines. Une vapeur suffocante s’échappe d’une salle chaude. Traversons un pédiluve carrelé et aboutissons sous une coupole turque surmontant un bassin octogonal. Le sol est dallé de grès rose, un peu granuleux qui ne glisse pas. L’eau déborde de la piscine et noie le dallage. Nous posons tabliers et draps sur un banc de pierre dans une niche sous des arcades brisées turques. Nous plongeons dans le bassin d’eau tiède à 36°C. Il règne un calme reposant dans la pénombre. La lumière arrive par les culs de bouteilles de la coupole. 4 rangées d’ouvertures d’où coulent des trainées noirâtres provenant de l’oxydation des métaux dissous dans ‘eau thermale ou peut être des tuyaux anciens. Une patine rouge orangé imprègne les murs. C’est un très vieil établissement construit par Arslan en 1565. L’eau arrive par une fontaine qui exhale une odeur d’œufs pourris. Après quelques temps on oublie et on ne sent plus rien. Des écriteaux interdisent en Hongrois, en Russe et en Allemand de nager. Je les ignore. C’est fou le nombre d’interdictions ! La piscine est trop petite pour envisager la natation, tout juste quelques brasses pour se déplacer.

odalisque Delacroix

Il y a peu de baigneuses, toutes en maillot de bain. Les tabliers sont inutiles. Toutes trempent tranquillement en bavardant doucement. La pénombre incite à la rêverie. J’imagine le temps des Ottomans, les bains d’un harem dans un Orient imaginaire peuplé de belles odalisques peintes par Ingres ou Delacroix. A côté du hammam, on peut imaginer les thermes romains

Au bout d’un moment, comme je m’ennuie à ne rien faire, je vais explorer les salles de vapeur chaudes (60°-80°), meublée de bancs de bois. On s’y déshabille. C’est ici que le drap est utile pour poser ses fesses nues. La vapeur est parfumée ( ?). Je ne reste que quelques minutes, suffocante. Je me plonge dans un bassin rectangulaire de 3 à 4 m de long qui me paraît glacial (il est à 26° !!!) puis retourne dans le bassin octogonal. Un autre bassin est à 40°C, je découvre une piscine à 32°C, bien rafraîchissante et deux salles de chaleur sèches, la première qui sert de sas est entre 50°C et 60°, meublée de fauteuils et la seconde à 60°C. la chaleur sèche est plus supportable. Les femmes qui se sont dénudées dans la vapeur reviennent nues au bain. L’une d’elle nous fait bien rire : toute nue, elle est affublée d’un bonnet rouge vif. Sortez couvert ! On l’a surnommée « préservatif » (la mise en plis !). Une très vieille entre avec son tablier. Nous paressons deux bonnes heures dans une douce oisiveté.

Jean Leon Gérôme

A la sortie des cabines on dispose de deux sèche- cheveux : un casque de coiffeur antique et un sèche-cheveux soufflant moderne installé près d’un grand miroir. Une dame peu amène pousse mon casque pour se coiffer à l’aise. D réagit en s’installant sous le casque qu’elle monopolise 3 tours rien que pour embêter la dame désagréable qui m’a bousculée. On a le fou-rire.

Budapest : Musée Kiscelli

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

le pont de barques sur le Danube

Pluie du matin n’arrête pas le pèlerin !

Sous un fin crachin, nous prenons le métro bleu à Ferenciek Ter, changeons pour le rouge à Deák ter jusqu’à Batthyány, HEV jusqu’à Margit Hid, enfin le tram 17 qui remonte Fränkel Leo puis Becsi utca où nous habitions.

Nous reconnaissons les bains Lukacs que nous aimions bien, la maison et son jardin, le centre commercial beaucoup mieux achalandé que ceux du centre de Pest, les maisons colorées d’Obuda.

Le Musée Kiscelli occupe un ancien Couvent de la Trinité en haut d’une colline plantée de marronniers et de frênes.  On se croirait à la campagne ! les bâtiment jaunes aux portes magnifiques donnent dans une cour fermée par des constructions basses aux grandes portes arrondies (des écuries ?)

Deux expositions :

–  The Antiquity of the Capital (1780-1873)

– Public Places – Private Spaces ( fin 19ème début 20ème)  racontent l’histoire de Budapest. Non pas la grande histoire des souverains, des gouvernants, des révolutions ! Celle des boutiquiers avec leurs enseignes, des banquiers avec leurs coffres et leurs titres dans la première, de la construction des ponts sur le Danube… et des architectes et des maisons dans la deuxième partie Art Déco aussi bien dans la construction que dans l’ameublement.

Tiffany?

Des plans de Budapest, des tableaux montrant les rives du Danube sans ses ponts, le château sans sa coupole, le « pont » de barques fut une surprise.

poêle en faïence

Les plus beaux objets sont sans doute les hauts poêles cde faïence bleus, blancs, brunes, l’un d’eux me plait particulièrement les carreaux caramel portent des

détail : lézards et grenouilles sur le poêle

animaux blancs en relief : des lézards qui mangent des raisins, des oiseaux dans un nid. Dans la section  Art Déco il y a des vitraux de Tiffany et une belle  collection de théières. Il est intéressant de s’arrêter sur les dessins d’architectes, les plans, les coupes des maisons. Il semble qu’on s’imprègne mieux de la ville en voyant les bâtiments tels qu’ils ont été rêvés par leurs concepteurs.

Les collections permanentes montrent toute une série de tableaux du 20ème siècle à nos jours. Nous retrouvons les peintres que nous avons découverts à la Galerie : Rippi Ronay ou Ferenczi Károlyi. Ils sont moins brillants (ou peut être simplement moins bien mis en valeur)

La visite se termine par le hall baroque où sont exposées des statues religieuses. Comme nous revenons au vestiaires chercher nos affaires un gardien nous accompagne spécialement au « templom »: une église d’un volume extraordinaire, dépouillée de son stuc et de tous ses ornements : arcades vides ou écroulées. Cette salle dans la pénombre est utilisée come salle de spectacle. Cette découverte st un véritable choc.

 

Retour le long du Danube

La pluie a cessé, le ciel se dégage. Vers midi, je rentre à pied en longeant le Danube du Pont de l’île Marguerite à la maison. Le soleil chauffe comme en été, il fait un temps magnifique. La promenade, toutefois, s’avère décevante :  le trottoir commun aux piétons et aux cyclistes  contourne le Parlement et se poursuit sur la voie sur berge envahie par un trafic infernal. C’est un peu comme se promener en semaine sur la voie Pompidou à Paris et c’est désagréable !

Budapest : danses à la salle Duna

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

Danses folkloriques hongroises

Ce soir nous sortons ! Notre propriétaire a réservé pour nous des places à un spectacle de danses folkloriques dans le petit théâtre Duna sur Zrinyi utca. De l’extérieur la salle ne se devine que par la grande marquise de verre surmontant la porte d’entrée.

Menuhin pour le plaisir

 

Nous allons faire un  tour à la monumentale Basilique Saint Etienne Néo-Renaissance, conçue par Joseph Hild, l’architecte d’Eger et d’Esztergom – encore des basiliques colossales ! –Il a fallu 50 ans pour la terminer. Bien éclairée la nuit, elle a de l’allure ! Mais de jour ?

La salle Duna est jolie, jaune bouton d’or décorée de stucs blancs rehaussés de dorures, elle est à moitié vide. On y parle beaucoup français. Les places sont chères. Cela sent l’attrape-touriste. Sur scène 5 couples de danseurs, 10 violonistes, un hautbois un cymbalum. Les danses sont entraînantes, les costumes colorés et variés, les danseuses parfaites. Les danseurs tapent de grands claques sur leurs bottes. C’est joli mais convenu. Plus intéressants : les violonistes. Liszt et Brahms ont écrit des rhapsodies hongroises. Interprétation tsigane, imitation fantaisiste des oiseaux au violon, prouesse applaudie. Une soirée agréable.

Le petit tram N°2 nous ramène peu après 10h.

 

Budapest : les petites rues de Buda

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

 

les petites rues de Buda

On zappe le Musée Historique pour rejoindre les jolies rues colorées de la colline de Buda sous le soleil. Nous les avions photographiées autrefois un dimanche matin de juillet, tôt. Nous recommençons l’exercice avec moins de bonheur : les voitures encombrent, les façades sont dans l’ombre.

le corbeau de Matthias Corvin

Pique-nique dans un petit jardin au pied de l’église Matthyas, au même endroit qu’il y a cinq ans. L’église est en ravalement : nous ne pouvons voir qu’une partie du toit en tuiles colorées vernissées. Sur un clocheton, le corbeau de Matthyas Corvin (volatile plus sympathique que l’aigle Touroul).

La première fois, nous avions patienté des heures avant de pouvoir visiter l’église. Les touristes n’étaient pas les bienvenus pendant la messe et interdits jusqu’à 13heures. J’avais été déçue par le néogothique, trop neuf, trop 19ème siècle. Aujourd’hui je découvre les peintures qui décorent entièrement l’intérieur avec un œil plus indulgent. Au lieu de voir un ersatz de Moyen Age, j’imagine une composition préfigurant les Symbolistes ou même l’Art nouveau. Considérant l’ensemble, imaginant le Couronnement de François Joseph et d’Elisabeth, Liszt dirigeant lui-même la Messe du Couronnement que nous avons entendue dimanche, je deviens moins critique. Les motifs géométriques aux teintes brunes réchauffent la pierre. On dirait presque du velours ! Ce n’est pas Chartres ni Reims ! D’ailleurs, Vézelay que j’aime beaucoup doit son aspect actuel à Viollet-le-Duc qui agissait dans la même période !

Le Dnube et le Parlement vus du Bastion des Pêcheurs

Les guides insistent pour qu’on entre à l’Hôtel Hilton pour voir le cloître : attraction surfaite, d’ailleurs la bâtisse est monstrueuse et défigure la colline !

Nous avions découvert la vue du Danube du Bastion des Pêcheurs à notre première visite : le Parlement, les clochers de Budapest. Nous avions bien aimé. Nous y retournons.

palais Gresham

Je rentre à pied descendant les escaliers, par le Pont des Chaînes. Le Palais Gresham Zsigmond Quittner 1907 (four Seasons Hotel) brille de toutes ses mosaïques dorées face au soleil couchant. Notre hôtesse dans son tour de la ville la nuit nous avait montré les sculptures ornant la façade bien éclairées. De jour, elles ont moins de relief et l’ensemble est presque sobre – tout au moins très harmonieux. Les bandes de mosaïque scintillent mais sans excès, les courbes caractérisent l’Art Nouveau. C’est sans doute mon bâtiment préféré à Pest !

Pour profiter des derniers rayons du soleil, je prends le Corso, le  Sofitel et le Maryott aux façades lisses de verre défigurent l’ensemble. La Redoute de Pest a été restaurée. Malheureusement la bâtisse et vide et cela manque de vie.

 

Budapest : Colline du Château et Galerie Nationale Hongroise

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

Château des Habsbourg

Bus 16 sur Deák Ter.

Ouverture de la Galerie : 10 heures.

De la terrasse surplombant le Pont des Chaînes, vue magnifique sur Pest, dans l’axe du pont, la grande coupole de la Basilique Saint Etienne,  à gauche le Parlement. La brume du matin adoucit les couleurs. Les arbres roux ajoutent leurs oranges et leurs ors.


La Galerie située dans le Château des Habsbourg a été rénovée récemment.Les sols  brillent, les ascenseurs sont modernes.

Au 3ème étage une rotonde présente des sculptures contemporaines.

Au 2ème, dans de belles salles neuves sont exposés les peintres hongrois du 20ème siècle. Nous sommes séduites par les tableaux très colorés de Ferenczy Károlyi : Beechwood 1906, Octobre 1903. Un peu plus loin Beguy Joszeph et Szöny Istvan Cszontvary 1902 et Rippi Ronay 1889. Je recopie les noms et les dates dans l’espoir de glaner sur Internet un peu plus d’explications.

Il n’est pas étonnant que la peinture ait fleuri à Budapest à la Belle Époque alors que la ville se couvrait d’immeubles délirants et que la grande Hongrie s’étendait de l’Adriatique à la Transylvanie.

 

Les peintures antérieures du 19ème siècle sont moins bien mises en valeur dans une aile peu éclairée sur des cimaises anciennes . En écho à l’Exposition Hodler d’ hier, quelques tableaux symbolistes valent autant pour leur cadre que pour la peinture étalée sur le canevas. Des peintures historiques ne me plaisent guère. Si je connaissais mieux  l’histoire de la Hongrie, ces scènes m’auraient amusée. Les représentations de la vie rurale – sans préjuger de la qualité esthétique – m’intéressent. Une curieuse caravane de dromadaire à Sarajevo rappelle que l’Orient commençait aux portes de Vienne !

Les salles « gothiques » réveillent notre intérêt : surtout des retables et de bois sculptés. 1520 ! C’est bien tardif pour du gothique ! Surtout que le  roi Matthias (1458-1490) est représenté comme un prince de la Renaissance ! La facture est parfois maladroite, moins raffinée que ce que l’on connaît en Occident.

 

Dernière  visite : l’Exposition d’Art Brut d’ Autriche et de Hongrie, œuvres de patients d’hôpitaux psychiatriques, collectées par des psychiatres persuadés de leurs vertus thérapeutiques, ou d’amateurs d’art éclairés. De nombreux artistes se sont intéressés à l’Art Brut notamment Dubuffet. Les œuvres sont variées souvent inégales. L’exposition se termine par les passionnants carnets du comte Ernö Teleki.

 

La fontaine du roi Matthyas

A la sortie de la Galerie, la brume s’est levée, il fait un temps magnifique sur la terrasse.  Du château des origines de Béla IV (1236-1270) ou de celui de Matthias Corvin (1458-1490) il ne reste rien de visible. L’imposant château est habsbourgeois élevé d’abord par Marie Thérèse et agrandi par François-Joseph. Néo-baroque, ou néo-classique, ces énormes ailes symétriques et leurs colonnades, tout est écrasant de solennité et d’ennui.

La statue équestre du Prince Eugène de Savoie retient notre attention. Non parce qu’elle est belle mais parce que le personnage est singulier : vainqueur des Turcs en 1697 .

La fontaine du roi Matthias, au coin de la vaste esplanade, :est une composition aux lourdes statues de bronze représentant une scène de chasse.  Le roi a abattu un cerf, ses chiens occupent le devant de la scène. La jeune fille Ilona caresse une biche. Symétriquement un homme cagoulé porte un faucon. Cette scène est inspirée d’un poème de Vörösmarty. Je n’ai guère de goût pour la chasse ou pour les scènes grandiloquentes mais j’en reconnais l’utilité pédagogique : le roi Matthias prend ainsi figure comme homme de la Renaissance, l’homme cagoulé est un poète italien et Vörösmarty cesse d’être uniquement le nom de la place où se trouve la pâtisserie Gerbaud !

Au milieu de l’esplanade, à la place d’honneur, non pas un souverain ou un général mais un palefrenier en tenue des cavaliers de la puszta. Étrange, un simple serviteur au pied  de l’étalon. J’aurais plutôt pensé à la statue équestre d’un roi de Hongrie !

Une autre statue intéressante: l’Aigle Touroul saisissant un glaive : énorme. On le voit de l’autre côté du Danube ! Symbole des magyars ? Toutes les grandes dynasties ou nations (même les USA) on choisi des aigles pour emblèmes Une vaste cour carrée néo-baroque ( ?) encore une fois, l’historicisme Habsbourg ou Napoléon III m’assomme.

Budapest : Bains Gellert

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

Lion Arrt Déco

Nous empruntons d’abord le Corso sur la rive  du Danube, bordé de jolis de cafés et restaurants grecs ou italiens. La promenade serait très agréable sans le chantier du métro 4 .

L’hôtel Gellert est en ravalement. La  fontaine de céramique turquoise est surmontée d’une coupole ajourée en béton, sobre,  qui jure un peu avec les décors tarabiscotés de la façade chargée des balcons contournés des ferronnerie- nouille du bâtiment .

Un peu intimidées, nous poussons la porte à tambour . Le hall d’entrée circulaire est assez convenu, pour un 4étoiles, nous avons vu des lobbies plus extravagants ! L’entrée des bains se situe sur le côté dans une rue en pente raide. Tout concourt à une expérience aussi esthétique que délicieuse. Seule la tenue des curistes dépare. On les imaginerait vêtus de peignoirs élégants. Le hall est peuplé de Hongrois et d’Allemands très âgés et très décrépis ainsi que de touristes en goguette. Évidemment tout est écrit en hongrois (sauf le tableau des prix, liste interminable et sibylline). Nous choisissons une entrée avec cabine. La dernière fois nous avions pris seulement la consigne (locker) qui nous avait contraintes à nous déshabiller devant les autres. (3400ft=12€).

Comme tout est écrit en Hongrois, nous dépassons la porte d’entrée et nous engageons dans un long couloir souterrain. Une dame tout de blanc vêtue nous demande notre ticket. Nous ne sommes pas à la bonne adresse. Il faut retourner dans le hall et prendre la première porte juste après les comptoirs. Les cabines sont très spacieuses avec une  banquette. L’armoire, en bois.

la piscine et ses péristyles

La piscine est une merveille Art Déco. Les colonnes à motifs compliqués sont toutes différentes. Griffons et  lions crachent des jets d’eau. La lumière naturelle traverse la verrière. Le carrelage blanc à motif bleu est élégant. L’eau est assez fraîche par rapport à l’air surchauffé, température est parfaite pour nager. Je me fixe le contrat de 10 tours. Ici, le sens giratoire est respecté sauf par les enfants qui se font siffler par des surveillantes en tenue d’infirmières. Les murs carrelés de bleu marine sont surmontés de mosaïque bleue et décorés de poteries. Mais on a disposé des chaises en plastique rouge du plus mauvais effet. Le solarium se trouve à l’étage avec des chaises longues plus confortables. On le devine derrière des balcons de ferronnerie blanche. Il est complet. Au fond de la salle, derrière une fontaine décorée par une statue,des baigneurs s’entassent dans un bassin en demi-lune d’eau chaude avec des remous.

colonnes

Beaucoup plus calme que la piscine fraîche et mixte, derrière une porte secrète se trouvent les « bains thermaux réservés aux femmes » (symétriques, ceux des hommes) où  règne une ambiance moite, amortie, intime. Les femmes se promènent  enroulées dans un drap blanc ou dans leurs serviettes et se douchent nues. Deux bassins demi-circulaires sont installés dans une belle salle toute tapissée de mosaïques colorées. Le plafond en berceau est éclairé par des pavés de verre épais qui éclairent comme dans un hammam turc (en plus moderne) Nous trempons dans une eau à 36° dans la pénombre. Nous aurions pu choisir le bassin à 38° mais il n’est pas conseillé de rester trop longtemps dans l’eau chaude. La première fois que j’étais venue, s’ébattaient des jeunes japonaises nues et joyeuses. Aujourd’hui, pratiquement toutes les femmes portent un maillot. On peut rester longtemps à conditions de ne rien faire, assises sur le banc carrelé à se laisser masser par les remous. Le jour décline, nous attendons la tombée de la nuit : resterons nous dans le noir ou la lumière va-t-elle tout éclairer. Seule zone colorée et éclairée : les douches, ravissantes. Heureusement j’ai apporté mon flacon de savon liquide.

 

Budapest : les Halles Centrales

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 20008

ail et paprika

Les Halles Centrales sont au bout de notre rue.

C’est un beau bâtiment à la structure métallique, aux claires verrières et au toit vernissé de majolique de Zsolnay.

A l’étage on peut acheter des broderies, du cuir, des babioles pour touristes.

Au rez de chaussée se trouvent les étals de légumes et de fruits très bien présentés. Des guirlandes de piments, des tresses d’ail relevées de paprika décorent les boutiques des marchands d’épices. Nous achetons des tranches de mortadelle et de jambon. Nous accompagnerons les carottes râpées de paprika. Le raisin est très bon marché ainsi que les pommes. Je me laisse tenter par une pâtisserie roulée aux graines de pavot et un strudel aux pommes et au noix. Le gâteau au fromage était lui aussi bien appétissant.

Budapest : le Parc des Statues

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

le Soldat soviétique venu délivrer la Hongrie du nazisme qui est un peu trop resté

Itinéraire :

Ferenciek Ter : autobus 7-913 rouge double à soufflet jusqu’au terminus Etele Ter

Bus Volan (400ftA/R) quai 7-8

Nous sortons de Budapest dans la campagne.

Les statues

Sous les bottes de Staline

Les statues de l’ère communiste déboulonnées ont été réunies ici et mises en scène. On remarque tout d’abord, isolées sur une esplanade, dominant tout de leur hauteur : les bottes de Staline. Ces bottes appartenaient à une statue gigantesque démolie par la foule en 1956 dont il ne reste qu’une photographie que nous verrons dans l’exposition. Elles ont une signification particulière : ne dit on pas : « sous la botte de Staline… ». Ces bottes écrasaient aussi bien les opposants que les nations satellites.

Un portique de brique au fronton classique, mais barré par un mur rouillé, accueille le visiteur. Volonté de mettre en scène cette façade creuse, décor de théâtre vide. Deux niches abritent Lénine et de l’autre côté Marx et Engels.

briquets, étoile, faucille et marteau

A  l’entrée, d’une vieille radio s’échappent des chants révolutionnaires. Une « boutique » présente divers objets portant l’étoile rouge. Une Trabant est garée là.

Le premier colosse est le soldat soviétique qui tenait compagnie à la Statue de la Liberté brandissant sa palme sur la colline Gellert. Soldat de l’Armée rouge, il a libéré Budapest mais, d’après notre propriétaire, son tort est d’être resté.

la foule manifestant

Vis-à-vis des autres monuments, je suis plus indécise. Toute ma sympathie va aux volontaires hongrois de la Guerre d’Espagne, punis ici. L’énorme prolétaire à casquette et aux chaussettes russes, qui semble s’élancer par-dessus les arcades de brique, n’éveille chez moi aucune répulsion. Ni le globe terrestre entre deux mains symbole d’une Internationale prolétarienne révolue maintenant, que la Globalisation est celle des compagnies capitalistes. Que penser de cette composition : une manifestation réprimée par la troupe. Un révolutionnaire,  Béla Kun, harangue la foule. Ce groupe me plait bien. Où était-il ? A Budapest ? D’autres statues sont tristes. Un martyre géant crie sa souffrance.

Un document vidéo : « la vie d’un espion » montre comment le régime recrutait ses informateurs – souvent par chantage – Découvrant une faute professionnelle, une fraude, une erreur, on enrôlait un agent pour espionner ses concitoyens. Espionnage minutieux, souvent minable.

 

Budapest by night

CARNET DE BUDAPEST Toussaint 2008

Pont des chaînes et château


Après dîner, Madame Haas, notre logeuse,  vient nous chercher pour un tour « Budapest by night » à bord de sa voiture. Il y a très peu de circulation le dimanche soir. C’est une virée très agréable. Les monuments sont très éclairés. Nous les mitraillons avec nos appareils photos, pire que des Japonaises !

Je suis très fière d’avoir réussi la Colline du Château et le Pont des Chaînes que madame Haas préfère appeler pont Széchenyi pour honorer la mémoire de ce grand Hongrois.

Buda illuminée

Certains bâtiments sont à leur avantage la nuit : les statues de la Place des Héros, l’ange Gabriel du haut de sa colonne, nous les avions snobés ce matin dans la foule encombrés de touristes et de cars. Notre hôtesse nous raconte le pacte de sang conclu entre les premiers Magyars, cavaliers de bronze. Elle raconte très bien l’histoire de son pays et nous avons une véritable visite guidée historique

La Gare de Budapest