Budapest : Bains Széchenyi

CARNET DE BUDAPEST Toussaint 2008

 

Bains Szechenyi - collage


Le petit lac du Bois de Ville ressemble à celui du bois de Boulogne. Aujourd’hui, dimanche, il est très fréquenté par des familles qui vont au Zoo juste derrière.

Des baraques de chantier gâchent un peu l’entrée des Bains Széchenyi. Les beaux escaliers, les stucs blancs se détachant sur la peinture ne ne feront pas de belles photos cette année(on les a déjà faites autrefois !). En revanche, à l’intérieur peu de changements sauf de belles cabines neuves en pin. On se débrouille bien. Ce n’est pas plus compliqué qu’à la piscine de Maisons Alfort !

Les gens se promènent dehors en tenue de bain malgré la température automnale environ 12°C. je me donne comme objectif 20 longueurs du beau bassin de 50m mais ne remplirai pas mon contrat . C’est vraiment très agréable de nager cette distance et il y a très peu de gens dans l’eau.

Bains Szechenyi - carrousel et bouillons

Nous passons ensuite dans le bassin à 32°C qui a en son centre un bassin à bouillons et autour un fort courant qui entraine les baigneurs à la grande joie des enfants qui s’agrippent aux parois, se cognent et crient. C’est le seul endroit animé des thermes. Ailleurs règne le calme. Des bouillonnements jaillissent de temps en temps en surface. Chacun se précipite pour se trouver au bon endroit.

Nous terminons la baignade extérieure dans le bassin à 35°C où se disputent des parties d’échecs. Dans l’eau chaude personne ne bouge. Il n’est pas conseillé non plus d’y rester trop longtemps.

A l'intérieur : porphyres!

A l’intérieur nous essayons des piscines carrelées à l’eau verdâtre, thermale ou encadrée de balustres de « porphyre ». Nous plongeons dans une demi-lune à 38°C. la dernière étape aurait dû être le bain de vapeur (60°-80°C), bondé, les gens s’y pressent debout.

Trois heures plus tard, nous rentrons en métro jaune et sortons devant la pâtisserie Gerbaud. La rue Vaci  nous conduit directement à la maison.

Place des Héros et Musée des Beaux Arts

BUDAPEST – Toussaint 2008

Ferdinand Hodler

Le ciel est dégagé.  Pourquoi ne pas aller piqueniquer au Bois de Ville? Nous irons ensuite aux Bains Széchenyi et auparavant voir l’exposition Klimt au Musée des Beaux Arts. Klimt  va bien avec Budapest !

 

la place des héros, on a préféré la nuit!

Métro jaune

Le Métro jaune est le plus ancien métro d’Europe. Il a gardé son décor d’époque, ses carreaux blancs (les mêmes que les vieilles stations parisiennes) ses portes en bois vernis. Les rames modernes sont plus petites que dans les autres lignes.

 

¨Place des Héros

Nous descendons à Hösök Ter, la Place des Héros, une immense esplanade  avec le Monument du Millénaire (mille ans après  l’installation des Magyars en 996) grandiloquent. Arpad et ses guerriers de bronze entourent la colonne tandis que d’autres Hongrois fameux se tiennent debout entre les colonnes d’un portique arrondi.

Deux musées de peinture se font face,  bâtiments néo-classiques imitant des temples grecs avec fronton peint et doré.

 

peinture

Pas d’exposition Klimt,repoussée à 2010, je suis bien déçue!

Hodler - vérité

A la place, Ferdinand Hodler, un peintre symboliste suisse (1853-1918). Les paysages sont très intéressants et plaisants, séries d’arbres, montagnes suisses et lac de Genève.  Il a peint également d’énormes compositions symbolistes ou religieuses où les personnages hiératiques sont assez sinistres. Ces tableaux ont été exposés avec ceux des peintres du Mouvement Sécession. Il me semble en avoir vu au Pavillon Sécession de Vienne. Les figures féminines sont relativement légères tandis que les personnages masculins sont carrément sinistres, statiques, inhumains.

A l’étage, nous parcourons les collections permanentes. D’abord les peintres espagnols puis les flamands.

Je m’exclame un peu trop vite :

–          « j’ai horreur de cela ! »

Je regarde les étiquettes : ce sont des Gréco et Zurbaran. Grands maîtres, peut être, mais tableaux grandiloquents, visages révulsés et religiosité trop espagnole (je ne suis pas d’humeur, deux messes ont suffi !). Les Flamands me plaisent bien. Je pourrais rester des heures à détailler certaines scènes truculentes. Comme toujours je sature au bout d’un certain  temps. Je reste concentrée le temps d’une exposition à lire les explications, à comparer des tableaux. Ensuite il faut passer à une autre activité !

Lisztiades du dimanche matin

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

Liszt

Une affiche annonce les Lisztiades, une série de concerts, justement aujourd’hui dans l’ église toute proche  sur Marcius 15, la place en contrebas du pont Erzebet à cinq minutes de chez nous.

9h40, messe en Hongrois. Pourquoi attendre dehors au froid sous le ciel gris ? Nous prenons place dans l’église. Un groupe d’une dizaine d’hommes très bruns à la mine sombre ressemblant à des Turcs, dans les bas côtés, se dirige vers le chœur. Sur le mur est peint un mihrab. L’église du XIIème siècle a disparu. A sa place, une église à moitié gothique (vers le chœur) mi classique. La paroi est entièrement peinte, sommairement dans le fond gothique, imitant le marbre dans la partie classique. Pendant l’occupation turque, elle a servi de mosquée, le mihrab est resté.

La messe s’éternise. Il est pourtant 10heures. Nous sortons et guettons les éventuels mélomanes. Il n’y en a pas. Finalement un monsieur nous explique en anglais que le concert est prévu à 10 heures et qu’il n’est que 9h. Nous avions oublié le changement d’heure !

Une heure plus tard, l’église se remplit à nouveau. On distribue des cartons plastifiés en latin. Prise de doutes je cherche quelqu’un qui parlerait une langue compréhensible. Une vieille dame parle allemand :

–          « ein Konzert ! Nein ! » dit elle d’un air indigné.

Un homme plus jeune, en anglais :

–          « c’est la messe mais c’est aussi le concert, vous pouvez vous asseoir avec nous ! »

Deuxième messe de la matinée ! Nous retournant, nous découvrons un  très bel orgue. Les chœurs sont installés au dessus de nous. La musique de la messe est très belle. Après le Kyrie Eleison, le prêtre continue la messe, en Latin, puis un monsieur en civil fait un  sermon en Hongrois, interminable qui nous fait fuir, un peu déçues.

 

Promenade dans le quartier et tour de ville en tramway

CARNET DE BUDAPEST Toussaint 2008


 églises du quartier et Halles Centrales

A proximité de la rue Veres Palnél’Egyetemi Templom – église de l’Université – (1725-1742), est très, très baroque,  entièrement peinte à fresques qui s’écaillent un peu.L’église serbe orthodoxe sur Veres Palné, peinte de jaune d’or. Malheureusement fermée.

 

souvenirs 1

Le Marché central est fermé, passé 3 heures.

A ses abords la chaussée du Petit Boulevard est défoncée par les travaux de la construction de la Ligne 4 du métro.  Le pont est également en chantier. Cela enlève du charme à la promenade !

souvenirs 2 au marché

 

Promenade en tramway

 

Il y a 5 ans, nous avions parcouru Budapest en tramway. Ne disposant pas du plan  des trams,  nous nous remettons  au hasard. Le long du Danube   le tramway n°2 remonte les quais, contourne le Parlement, et s’arrête à proximité du Pont Marguerite. Nous voyons défiler les monuments de la colline de Buda sous le soleil. Les tramways 4 et 6  passent sur le pont par Margit Korüt jusqu’à la place Moskva Ter, correspondance de nombreuses lignes de tramway, d’autobus et du métro. Cette place  est laide, occupée en son centre par un vilain édifice en béton. L’escalier nous conduit à l’arrêt du petit bus n°16 qui monte à la colline du château. Au lieu de descendre au château où il y avait foule nous avons préféré nous laisser brouetter. Le bus a parcouru toute la colline du Bastion des Pêcheurs au Château puis traverser le Danube sur le Pont Széchenyi pour finir sa course au terminus à Deák Ter.

Les boutiques de fringue

La grande place Vörosmarty est  bordée de petits palmiers dans des caisses de bois. La Pâtisserie Gerbaud occupe un côté du rectangle, les deux autres sont bâtis de grands magasins de construction neuve, immeubles de verre jurant avec l’ensemble Belle Epoque du quartier. En face de Gerbaud, la rue Vaci est bordée des magasins  de toutes les enseignes de « marques » Zara, Puma, Adidas, H&M… tandis que Lacoste, Armani, et Gucci se trouvent autour de l’hôtel Méridien de Deák Ter . Cette culture des « marques », globale et homogène, m’ennuie. Que les maisons de grand luxe aient une succursale dans chaque capitale ne me choque pas, mais que la rue Vaci ressemble à Créteil Soleil, manque singulièrement de poésie. D, rentrée en métro, a acheté un joli bouquet de dahlias et chrysanthèmes à une vieille dame à la station du métro.

Aquincum

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

 

Romains à Aquincum

Aquincum , ville  d’Hadrien et de Trajan, peuplée alors de 60 000 habitants, fut la capitale de la Pannonie inférieure, près du mur d’Hadrien, aux confins de l’Empire. Détruite par les Goths en 270 puis en 376.

La ville antique s’étendait le long du Danube sur l’emplacement d’Obuda et le nord de l’île Marguerite. Les fouilles ont révélé une ville civile avec son forum deux thermes publics, des quartiers d’artisans, des villas. Plus au sud se trouvait le camp militaire. D’autres fouilles à Pest sur la place Marcius 15, montrent les vestiges de Contraquincum.

Les archéologues ont mis en évidence un système d’adduction des eaux particulièrement sophistiqué. Nous connaissons depuis longtemps le chauffage des thermes et les hypocaustes. Nous avons pu observer les égouts et le collecteur des eaux pluviales ruisselant au marché pour éviter les contaminations des eaux des thermes voisins.

 

La promenade est agréable sous un pâle soleil d’automne dans un site planté de beaux arbres aux feuillages roussis.

Des expositions temporaires très bien présentées : l’une sur le thème de la beauté et des soins est dédié à Vénus et à Hygiéa. Dans le musée, on peut suivre le travail des archéologues sur les différents sites de Budapest.

maquette de l'orgue hydraulique

Le Musée, très moderne, abrite les trésors d’Aquincum:verrerie et poterie, mais surtout un orgue hydraulique remonté autour de 1930, jolie maquette en bois. Les tubes métalliques ont été retrouvés dans la maison des pompiers voisine. L’orgue a été retrouvé parmi des outils de pompiers. Un diaporama raconte la découverte. Les charpentiers jouaient le rôle de soldats du feu. La salle voisine reconstitue la Maison du Proconsul  ou du Gouverneur décorée de mosaïques et de fresques colorées avec des statues de marbre. Ma préférée est la statue de Némésis.

Le retour par le HEV jusqu’à Batthyány puis par le Métro rouge jusqu’à Deák Ter et le bleu pour Ferenciek ter a pris une petite demi-heure.

Arrivée à Budapest, notre gîte rue Veres Palné

BUDAPEST: Toussaint 200

la verrière du passage Parisi

La rue Veres Palné est étroite et tranquille. Le 9 fait l’angle avec une petite rue qui rejoint la Rue Vaci juste en face d’une église baroque, Szent Mihaly Templom. A droite,  une curieuse construction de briques rouges surmontée d’un bizarre panthéon jaune- un gymnasium. La rue Vaci, parallèle au Danube est une rue piétonnière bordée de restaurants, de belles librairies, de magasins de souvenirs d’un goût inégal – T-shirt affreux, matriochkas, écharpes à 6€, mais aussi belles broderies – magasins d’antiquités et bureaux de change.  Des restaurants  » typiques » proposent du goulasch et d’autres spécialités hongroises, on peut aussi trouver des pizzérias, des kebabs, du houmous et de la cuisine orientale.

Grande animation devant l’église: un concert baroque. Dommage que nous nous soyons levées ce matin à 4 heures. Un concert baroque dans une église baroque était précisément ce dont je rêvais! Le prix des places de concert (10 à12€) a augmenté depuis notre passage , elles étaient à 1.5€

La carte hebdomadaire de transports

Notre logeuse, Madame Has, nous a déconseillé d’acheter la Budapest Card adaptée aux touristes pressés. Nous achetons donc au métro  Deak Ter une carte de transport hebdomadaire (4000 ft/14.81€).

Kitsch

Au bout de la rue Veres Palné, une statue de pierre. La dame assise est Veres Palné.Cela me plait bien que cette rue soit au nom d’ une féministe. La grande rue qui fait suite au pont Erzebet est bordée d’immeubles extravagants. De la façade de l’un d’eux sortent le torse de personnages vernissés alignés tout au long de la façade. La Passage Parisi est tout aussi extraordinaire : immense verrière, boiseries gothiques et en même temps mauresques, singes et personnages grimaçants. Chaque immeuble est décoré de statues. A chaque coin de rue, une surprise. Il faut marcher les yeux attentifs. Tout n’est pas forcément beau (et l’est rarement). Certains décors sont lourds et ridicules. La fantaisie qui règne ici contraste avec l’ennui des immeubles actuels lisses et pauvres.

Au bout de la rue, le pont Erzebet. Il est quatre heures, la lumière du soir est belle. La colline de Buda est noyée dans une légère brume. Premières photos. Les grands immeubles du boulevard sont spectaculaires : coupoles, statues, pâtisseries stuquées ; céramiques vernissées. Toute l’imagination de la Belle Époque se déploie ici.

L’immeuble

notre immeuble rue veres Palné

Notre studio s’ouvre sur une belle cour rectangulaire bordée d’arcades sur deux côtés. Chaque occupant a orné son coin avec des plantes en pots. Nos propriétaires ont installé des impatiences et de minuscules aucubas dans des auges de bois. Deux vélos sont posés le long du mur. L’immeuble semble vide. Dans un coin, la couturière a mis un écriteau et apposé une affiche recommandant aux habitants de ne pas fermer à clé la porte de la cour pour que ses clientes puissent venir chez elle. En face de hautes fenêtres vitrée donnent sur des bureaux vides autrefois occupés par Kadar. Notre studio fait  face au porche monumental. Le plafond de l’entrée est décoré de stuc . Sur la façade, dans trois niches superposées  se tiennent des géants de pierre,  Magyars célèbres.