Sibiu: les maisons des marchands saxons et leurs cours

Un mois en Roumanie en Logan chez l’habitant

Sibiu : belle maison verte

 

Iitinéraire 15(p.115-117) du guide Evasion.

Après une promenade tranquille le long de la muraille, nous visitons les rues  animées de la Ville Haute bordées par les vieilles demeures des commerçants saxons. Depuis le Moyen Age, d’après le livre sur Dracula que je viens de lire, la banque et le commerce étaient florissants dans les villes saxonnes. Comme à la campagne, les porches s’ouvrent sur des cours. En place des bâtiments de la ferme, des immeubles d’habitation entourent la cour avec, à chaque étage, un balcon.  Nous connaissons cette disposition. Nous habitions dans une telle cour à Budapest.

Sibiu : porche et cour

A Sibiu, le désordre – et, il faut bien le dire, la misère – règnent dans  une grande fantaisie. Ici dort une vieille Dacia. Là, on cultive des tomates et des patates, là on a entreposé des gravats. Sur une porte, on nous invite à entrer « soyez les bienvenus » proclame un carton punaisé sur le bois. Confiante, je pénètre loin dans la verdure et m’enfuis prestement, chassée par un aboiement inquiétant.

Une gitane passe de cour en cour. Elle appelle les occupants et récupère des choses qu’on jette. Elle s’intéresse même à un tas de cailloux. Un homme crie aussi. Qui est-il ? Le rémouleur ? Ou un autre chiffonnier ?

Sibiu : les belles places de la ville haute

Un mois autour de la Roumanie en Logan chez l’habitant

La Place  plata mare de Sibiu

 

De la place Aurarilor, un escalier entre de belles maisons roses nous mène Place Mica (petite) qui est très vaste bordées de belles terrasses de café. Un bâtiment vert amande abrite la Maison des Arts (Casa Artelor) qui était en 1370 la Halle du Marché. Les belles demeures forment une galerie d’arcades colorées. De tours coiffées d’un bulbe se détachent sur le ciel encore bleu.

De la place Mica on passe sur la place Huet où se trouve l’Eglise Evangélique avec son clocher de tuiles colorées, comme à Vienne ou à Budapest. Imposant bâtiment de pierre claire 1321-1520). La visite est payante et l’église, en rénovation,  pleine d’échafaudages. Nous renonçons à payer pour ne voir que des bâches et des planches à la place des fresques et des pierres funéraires.

La Plata Mare (la Grande Place)  est vraiment très vaste elle communique avec la Plata Mica par un passage sous les beffrois. Ces deux places mises ensemble forment un espace impressionnant pour une si petite ville. Les bâtiments de la Plata Mare sont aussi les plus prestigieux. Si la place est belle et pourvue de bancs il n’y a pas d’ombre et il fait bien chaud à midi. Je vais chercher la fraîcheur dans l’église des Jésuite annoncée baroque mais plutôt sobre à part une chaire étonnante où des personnages blancs sont bizarres.

De retour à Paris, au mois de septembre, nous avons vu la peinture flamande de la collection Bruckental au musée Jacquemart André. Collection merveilleuse. Mes préférés sont les Bruegel! A ne pas rater

Sibiu : le Musée de Plein Air de Dubrava

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osier tressé

 

Le Musée de Plein Air se trouve sur la route de Rasinari (s’il faisait beau, nous pourrions rentrer par la montagne). Hélas le tonnerre se fait entendre. Heureusement j’ai ma cape ! Certains voyageurs ont des objets fétiches : un jeu de carte, une flûte, un chapeau à plume… moi, ce serait plutôt ma cape et mon couteau.

Nous avons déjà visité un musée où ont été déplacées des maisons traditionnelles en Hongrie à Szombathely sous un orage impressionnant. Nous courrions de maison en maison en riant. J’en avais gardé un excellent souvenir ainsi que de la visite à Hanoï également sous la pluie.

Les premières maisons que je visite ont de très hauts toits de chaume. Les panneaux présentent la « Maison du colporteur », la « Maison du Tonnelier ». Les maisons regroupées par région, forment une sorte de village. Des prés et des bois séparent chacun des ensembles architecturaux. La pluie redouble. On ferme les maisons, sans doute pour éviter que les objets ne soient inondés. La visite perd son intérêt. La cape protège bien le haut mais le bas du pantalon est trempé, l’humidité remonte par capillarité. Au bout d’une heure je fais demi-tour.

Gura Raului : danses folkloriques

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danses forlkloriques

 

De retour au gite, le soleil brille. Ana armée d’un balai et d’une serpillière chasse l’eau de notre perron et met de l’ordre dans les fleurs. Nous nous installons dans la gloriette du jardin.

Ana vient nous chercher :

–  « Il y a un festival à l’église avec des costumes nationaux ! »

On fonce. La télévision tourne un film. Les danseurs sont nombreux, habillés tout nde blanc : collant blanc, chemise brodée ample, une jupette comme les evzones, une grosse ceinture en cuir, un gilet noir brodé et un feutre conique. Les femmes portent un foulard noir sur la tête et un tablier noir.
Après la première danse les danseurs enfilent des chemises   aux broderies jaunes, des chapeaux à ornements multicolores, les femmes des tabliers bariolés. Comme en Hongrie, les hommes saurent, tapent sur leurs cuisses de grandes claques. Les femmes se contentent de tourner sur elles-mêmes et de faire gonfler leurs jupons.

Gura Raului : dans la cour d’Ana

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Pour dîner Anna a refait la chorba rouge avec le lard fumé. La soupe est beaucoup plus légère avec plus de tomate fraîche et des gnocchis de polenta. Elle apporte ensuite une assiette de poivron rouge et des fleurettes de chou-fleur en pickles. Ensuite une délicieuse purée de pommes de terre  et des tranches de porc. Pour terminer : une mille-feuille.

Nous quittons notre petit paradis. Avant le petit déjeuner, son mari s’occupe du cheval, brosse et racloir à la main,. C’est l’occasion de découvrir les trois cochons, très roses, très propres dans un enclos sous le même toit que le cheval. Tout est parfait chez Anna sauf le cheva,l qui n’est pas sorti des trois jours et qui piaffe bruyamment. Pour moi, « piaffer » était un verbe abstrait qui dénotait l’impatience. Maintenant, je penserai au cheval enfermé dans son écurie.

Slimnic citadelle saxonne

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citadelle ruinée de Slimnic

9h : Slimnic (Stolzenburg 14ème siècle)

La forteresse n’est pas visible de la route. Un chemin creux fait le tour de la colline couronnée par une belle ruine – hauts murs de brique et créneaux. C’est fermé. Un garçon d’une douzaine d’année m’accompagne sur un sentier qui fait le tour. . Il ne comprend ni l’anglais ni le français : « nitchevo ». ce mot russe me fait penser à « oulitsa »qu’a prononcé Ana quand elle a vu la photo de la la rue.  On dit que le Roumain est une langue latine. Combien de slave a-t-il intégré ?l’enfant  répète « citate » ce qui désigne une citadelle .
Un panneau explicatif explique qu’il s’agissait d’une citadelle-paysanne. Nous sommes bien loin du stéréotype du château fort et de la féodalité avec le seigneur et son donjon !
En bas de la colline, un monument célèbre Petöfi  Sandor. La Transylvanie était hongroise pendant des siècles. Dans les villages, la présence allemande est visible : sur le mur d’une maison vert foncé se trouvent des cerfs bien germaniques je lis sur une autre « Gebaut in 1923 », « Johann Hahn ».

Citadelles saxonnes : Axente, Valea Vilor

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église fortifiée

Dans le village d’Agarbiciu nous trouvons une autre église fortifiée.

A Axente, nous nous arrêtons pour visiter la citadelle. Une ancienne église du 14ème siècle reconstruite en 1490 a été entourée d’un épais mur d’enceinte. Les corporations ont installé leurs ateliers et boutiques à l’intérieur des fortifications.

Quelles invasions craignaient-ils ? Un coup d’œil aux panneaux chronologiques du petit musée me donne la réponse : d’abord les Tatares puis les Ottomans du 15ème jusqu’en 1690. Les citadelles saxonnes sont nombreuses (300) en Transylvanie.

citadelle d’Axente

Nous nous écartons de la route à Copsa Mica, ville industrielle dans une verte campagne, pour rejoindre Valéa Vilor (Würmloch nom qui m’amuse beaucoup : trou de ver !!!).

Sur les remparts une inscription indique 702 ans. Le village a été fondé en 1253. C’était un village de vignerons. Je cherche les vignes dans le paysage : il ne subsiste que les terrasses envahies par l’herbe verte. Les vignes ont été arrachées à la période communiste raconte en allemand un visiteur de passage. Les Allemands sont très nombreux. Tout est écrit en Allemand. Deux grosses tours carrées dominent l’enceinte ovale bordée à l’intérieur d’arcades surmontées d’une galerie de bois. L’église est monumentale : très haute et austère. Seul ornement : l’autel baroque. Les bancs de bois les stalles fermées ont la même disposition que dans les églises écossaises. Les fons baptismaux recèlent une fontaine qui permettait aux assiégés réfugiés dans l’église de ne pas manquer d’eau.

Brateiu : Tsiganes

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marteler une bassine

 

 

Sur le bord de la route de Brasov à  Brateiu, toute une belle quincaillerie en cuivre est présentée sur des portoirs de bois, casseroles mais aussi services à café d’un beau cuivre rouge super brillant. Dès que nous nous arrêtons un homme me demande si  je suis Roumaine.

Non, française ! »
– « Notre Dame, très beau ! »

Il est d’accord pour les photos. Il pose même en martelant un grand plat rond. Par terre est posé un alambic. L’homme me montre un pot avec un couvercle « pour tuica ». Survient un  autre homme avec une magnifique veste rouge et un chapeau à grand rebord, puis un troupeau d’oies, enfin une femme et un enfant. La femme veut que je la photographie.  Elle demande après « chocolade » pour l’enfant. Je vais chercher des chewing-gums pour le gamin. Ce n’est pas suffisant. Ils veulent de l’argent. Je me dis que nous avons été bien imprudentes de laisser la voiture toutes vitres baissées avec les sacs dedans. On se débine en vitesse. Pas très fières. Je regretterai ensuite le findjan dont je n’ai même pas demandé le prix. Je m’en veux de mes préjugés contre les Roms

vaisselle de cuivre à vendre!

Biertan, citadelle saxonne

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citadelle de Biertan

Biertan, 8 km à l’écart de la route.

Le village est plus touristique que les précédents.

La forteresse,  perchée sur la colline, a très belle allure avec ses tourelles au dernier étage de bois, leurs toits pointus couverts de tuiles rouges, certains à 4 pans, d’autres à 6, légèrement incurvés.

On accède par un escalier de bois, couvert,  assez mystérieux.

Biertan : serrure

 

L’église a été siège épiscopal de 1572 à 1867, ce qui explique son importance. Elle possède un retable magnifique dans le chœur. Les boiseries des stalles et des fauteuils du chœur sont ciselées très finement. Une porte marquetée attire mon attention. C’est la porte de la sacristie où se trouvait le Trésor gardé par une serrure spectaculaire au mécanisme photogénique qui m’a semblé ancienne. Erreur !elle a été primée à l(Exposition Universelle de 1900.

Faisant le tour de l’église, je découvre une peinture d’un jeune homme torse nu au dessus d’une liste de noms – c’est le monument aux morts  de 1914-1918-« ils sont morts pour leur Roi «  François Joseph – peut être roi de Hongrie ! Peut être ?
La Roumanie d’abord neutre s’est rangée à côté des alliés mais la Transylvanie était encore hongroise.
Je saisis la complexité des minorités en Europe Centrale. Vu de France, on imagine les états plus ou moins homogènes. La question des Sudètes, par exemple, m’avait toujours paru être un prétexte pour Hitler (cela l’était sûrement) mais sur place on devait penser autrement.

Biertan

Nous nous promenons  dans les fortifications.
Dans une pièce à la base d’une tour sont exposées les pierres tombales des ecclésiastiques en grande tenue.
Une autre est  meublée : c’est la tour où on enfermait les couples qui voulaient divorcer pour qu’ils se réconcilient. La légende raconte que cela marchait !