Le site de Gortyne est très étendu. Les vestiges de cette ville romaine sont dispersés dans les oliviers. La visite est très différente de celle des palais de Cnossos ou de Phaistos.
De la route, la basilique Saint Tite est bien visible. Il ne reste plus que l’abside et deux chapelles latérales en belle pierre, taillée en blocs énormes. La grandeur du monument impressionne. Nous avons l’habitude de rencontrer des minuscules chapelles byzantines. Ici elle est à la taille des monuments romains.
Gortyne st Tite
Nous cherchons les autres antiquités. Ne voyant rien, nous reprenons la voiture. C’est une erreur. La recherche de la cité détruite est l’occasion d’une belle promenade dans les oliviers. Une via romaine dallée le long de l’aqueduc nous conduit au prétoire. Là, nous découvrons de nombreux murs, des colonnes et une statue derrière des grillages. Une équipe d’archéologues italiens, une cohorte d’étudiants et de terrassiers grecs manient la pelle, la pioche, remplissent cagettes et brouettes. Le site est fermé aux visiteurs. J’interpelle en italien les archéologues. Rien n’y fait : refus ferme. Nous verrons donc Gortyne derrière son grillage. Temple d’Apollon, et temple des dieux égyptiens, toujours enfermés.
Temples romains dans l’olivaie
Nous foulons un tapis de graminées sèches très doux aux pieds. Les oliviers donnent une ombre agréable. De temps en temps, je cueille des figues mûres. La chaleur est accablante dès le matin. Retour au parking, puis visite de l’Odéon, petit théâtre renfermant les fameuses inscriptions en boustrophédon du code de Gortyne.
Boustrophédon : comme la charrue et les boeuf, se lit de droite à gauche puis de gauche à droite…
Au sommet de la colline : l’Acropole, trop chaud et trop tard pour y grimper.
J’ai bien aimé cette visite, au hasard, sans guide ni explications. Apparition poétique d’une ville ancienne dans les oliviers.
9H, les rues de Rethymnon encore vides, s’animent petit à petit.
La mosquée et les deux minarets, lesmaisons vénitiennes, Les balcons de bois fermés, sorte de vérandas, sont caractéristiques de cette ville. Les rues commerçantes ont un parfum oriental de souk. Trop nombreuses boutiques pour touristes peu regardants (T-shirt, céramiques de mauvais goût …) mais aussi des trouvailles : un coiffeur à l’ancienne avec ses cages de canaris et son matériel vétuste, le marchand d’icônes et de bondieuseries, le safran vendu tel qu’il est récolté dans les étamines de crocus.
coiffeur barbier à l’ancienne
Citadelle vénitienne
La citadelle vénitienne occupe une grande superficie. La pierre blonde est belle. Les volumes architecturaux sont surprenants : remparts découpés, guérites et créneaux, mais aussi cubes et coupole de la mosquée, demi-cylindres des magasins ou des arsenaux vénitiens, curieuse construction avec un toit en pyramide.
citadelle vénitienne ou ottomane?
L’heure de l’apéro
Nous cherchons une terrasse sympathique pour rendre un pot en regardant les badauds passer. Dédaignant les cafés en bord de mer avec leurs fauteuils rembourrés, les terrasses chics sous de grands stores, pour nous attabler sur de simples tables en bois avec des chaises de bois paillées. On nous sert l’ouzo avec les mézés : fromage de brebis, tranches de tomate et olives, le tout pour 750 drachmes. Curieusement, il n’y a que des femmes grecques attablées, c’est bien rare. Vers midi et demie, nous sommes heureuses de quitter la ville chaude pour rentrer chez nous.
Spili
les lionsd de la fontaine de Spili
Arrêt gyropita à Spili, bourgade sympathique à mi-chemin. La place est rafraîchie par une curieuse fontaine vénitienne toute en longueur où l’eau est crachée par quinze lions. C’était plutôt un mauvais plan : la circulation dans l’impasse de la fontaine est infernale, une bétonneuse coince l’autobus sur la grande route qui bouche tout le trafic. Tout le village s’en mêle, la tension monte, nous ne savons plus comment sortir de là, on se lance dans des manœuvres en marche arrière risquées …
Baignade à Kokkinos.
Sur la plage de Kokkinos, les vagues sont juste assez hautes pour que la baignade soit amusante, et pas assez pour qu’elle soit dangereuse. Selon la plage, le vent, l’heure, l’état de l’eau change et les baignades sont très variées.
Nous avons suivi le circuit proposé par le Guide Nelles .
Apodoulou
A 8h30, le soleil sort à peine de la montagne, nous quittons la route de Réthymnon au-dessus d’Aghia Galini. Première étape à Apodoulou : nous découvrons la petite chapelle byzantine cachée dans les oliviers. Sa façade est ornée de trois arcs brisés, son toit de tuile est plat, tout simple. A l’intérieur, il faut s’habituer à la pénombre pour apercevoir les fresques à demi effacées : Saint Georges, à cheval, est bien reconnaissable. Il faut de l’imagination pour retrouver les scènes de l’Evangile. Les personnages portent de curieuses sandales, les visages sont expressifs, les chevaux très bien dessinés.
Nous trouvons un site minoen, probablement une ville avec ses maisons de petite taille. Plus loin une tholos enterrée sous une colline plus petite que ceux observés en Argolide mais sur le même modèle.
Aghios Yorgos
Oliviers
La route s’élève au flanc de la montagne, bien goudronnée. A l’entrée de Fourfouras, encore une chapelle sous des oliviers magnifiques. Jusqu’ici nous avons surtout vu des oliveraies irriguées avec des arbres jeunes plantés en rangées régulières. Là, les arbres sont vénérables, noueux, creux, tordus. Autour de l’emplacement du plant d’origine ont poussé des rejets qui ont eux –mêmes vieilli, se sont creusés si bien qu’ils forment un cercle de plusieurs mètres de diamètre. J’aime à penser qu’ils sont à la fois très vieux et immortels. Ils donnent toujours des fruits puisqu’ils portent une bâche enroulée pour la récolte. Je vais en quête de l’arbre photogénique qui représentera dans l’album les oliviers crétois.
Dans le village de Fourfouras, le calme est rompu par l’arrivée des marchands ambulants annoncés par de la musique traditionnelle. Nous les retrouverons à chacun de nos arrêts. Ils suivent le même circuit que nous. La camionnette jaune du boulanger, le pick-up vert du marchand de légumes qui annonce au micro « karpouzi, domata.. ». Passe aussi un autre pick-up chargé d’une encombrante pile de chaises et de tables de jardin en plastique .Les maisons habitées sont chaulées décorées avec des pots de basilic, des géraniums mais beaucoup moins de fleurs qu’au Lassithi. Des buissons de jasmin embaument, mais de nombreuses maisons tombent en ruine.
Visari
Nous redescendons à Vizari, une tour (un moulin ?) en ruine pour chercher un autre chantier de fouilles : une basilique en ruine, très grande, mais très en ruines.
A Platania, pas de platanes. A Moni Asomaton, pas de monastère, à la place une école d’agriculture précédée d’une belle allée de palmiers. Nous cherchons un autre site archéologique à Monastirakiau pied d’un village perché. Un enfant nous ouvre l’église, il y encore des fresques. Nous livrons à un véritable gymkhana dans les rues étroites du village. La Nissan Micra réagit drôlement bien à ce parcours acrobatique. La ville minoenne est encore un labyrinthe de pierre peu lisible pour le profane, mais encore en bon état, certains murs ont 1.50 m de haut.
A côté d’Amari, encore une jolie chapelle avec trois arcs comme à Apodoulou.
Apéro à la terrasse de la taverne au carrefour de Moni Asomaton où nous retrouvons les marchands ambulants.
Thronos
Dernier étape du circuit : Thronos, une belle église, fermée et les ruines de la ville ancienne de Sivritos qu’on atteint après une belle grimpette il reste les fondations d’un temple antique mais plus de colonnes, surtout une jolie vue.
Pique-nique dans un vallon
Pour le déjeuner, nous dénichons la plus mignonne chapelle qu’on puisse imaginer, pas ancienne mais située dans un vallon vert près d’un champ de luzerne entourée de très hauts cyprès, à l’ombre d’un noyer et d’un énorme figuier. Nous nous installons sur le parapet dans une ombre très fraîche. Il y a du vent et des figues pour le dessert.
La journée des ânes
Âne et ânier
Retour par la route de l’aller mais le soleil de l’après midi écrase la montagne qui a perdu ses couleurs.
C’était vraiment une journée différente des précédentes, rien de spectaculaire, mais de jolies surprises : journée des chapelles. C’est aussi la journée des oliviers et des ânes. Toute la journée nous les avons vus attachés dans leur pré souvent au soleil, ou rentrant des champs chargés avec leurs maîtres, un groupe de paysans ont même posé, les femmes, des œufs dans les mains. Vers midi, ils étaient chargés d’herbes ou de paquets. J’ai demandé la permission à un vieil ânier de photographier son âne mais il n’a pas compris et s’est installé en gros plan devant mon objectif.
La route se faufile entre deux falaises calcaires impressionnantes avant d’atteindre le monastère de Moni Prévéli.
Paysage sur la route
Le paysage est minéral. Très peu de végétation, pourtant des chèvres paissent en liberté. L’une d’elles dévale la pente et appelle les autres avec insistance, elles sont petites avec une jolie robe, une longue barbichette, des cornes recourbées. Il reste très peu d’eau dans le torrent. Les lauriers-roses sont très verts. Vers l’amont il y a également des platanes. Malgré l’aspect aride des sommets, il semble que cette région regorge d’eau : les saules pleureurs et les roseaux prospèrent dans chaque creux. Pourtant il n’a pas plu depuis avril. Les sommets culminent à 2400m et sont couverts de neige en hiver. L’eau de fonte est elle stockée dans des réservoirs naturels comme dans le Dévoluy ? Le pays n’est pas uniquement calcaire. Une variété étonnante de roches affleure : schistes marnes et argiles vertes, un conglomérat fluviatile, des sables et des grès.
Moni Preveli
Liturgies
Nous dépassons le vieux monastère abandonné et nous garons sur le parking. Pour une fois nous ne sommes pas les premières arrivées : un car stationne. Des grecs sont venus entendre la messe puisque c’est dimanche. Malgré les mises en garde de nos guides, nous entrons pendant l’office. Il y règne un joyeux désordre. Les gens entrent et sortent, se déplacent, s’embrassent pendant qu’un pope habillé de blanc officie. Devant les icônes maints signes de croix. La ferveur religieuse s’accompagne ici de toute une vie sociale qui surprend. Ils vont communier dans cette même cohue bon enfant : chacun reçoit une grosse bouchée de pain et sort son gobelet, mais c’est de l’eau qu’on verse, une vieille sort même une fiole de sirop.
Ensuite tout le monde va boire un café à la buvette installée sous une tonnelle chez les moines. Dans la crypte : un musée avec des icônes qui nous semblent moins belles que celles de l’église. Les fidèles se signent devant chacune d’entre elles.
Plage de Moni Preveli
Pour rejoindre la plage de Moni Preveli, deux solutions : soit un parking payant et des escaliers, soit une piste de 5 km qu’on trouve à la rivière. De curieux ponts en dos d’âne enjambent l’eau abondante en cette saison. La piste est très mauvaise mais très fréquentée par des 4×4 qui soulèvent des nuages de poussière et qui circulent en convoi. Ils sont occupés par des touristes blonds qui n’ont pas l’air de craindre les insolations. Nous arrivons sur une plage occupée par un parking d’où part un petit sentier qui nous conduit à la « palm beach ». C’est est un triangle de sable entièrement occupé par des parasols de paille, situé entre la mer et un petit lac d’eau douce glacée alimenté par le torrent. Une oasis de palmiers et roseaux peut se visiter en barques j’essaie de remonter la rivière à la nage mais le froid me décourage vite, nous nous baignerons plus tard sur la plage près du parking bien au calme et loin des touristes qui continuent à affluer en caravanes vers le « Palm beach ».
Moni Preveli : le vieux monastère abandonné
Plakias
Le propriétaire des appartements Flamingo m’avait vivement recommandé Plakias. Nous sommes bien déçues. Le tourisme de masse a urbanisé la baie : supermarchés, parkings, immeubles récents avec pelouses vertes incongrues ont envahi les abords de la plage suréquipée en parasols verts bleus ou jaunes. Nous cherchons un endroit plus sauvage dans les hôtels et les lotissements. Toujours des parasols payants. Après une heure nous aboutissons à la plage nudiste. Plus de parasols mais toujours beaucoup de monde. Enfin nous trouvons un endroit vierge de toute installation et nous posons sur le sable en plein soleil.
Ceci implique baignade, pique-nique, re-baignades en série. Il fait beaucoup trop chaud pour un arrêt prolongé. L’eau est agitée mais assez claire pour pouvoir observer les poissons avec le masque.
Le retour est précipité. Il fait très chaud. Le sel tire la peau. Nous sommes furieuses d’avoir roulé si loin sans avoir trouvé une plage à notre goût. Nous sommes sur une île. La mer est partout. Mais les plages accessibles en voitures sont peu nombreuses. Et le dimanche elles sont bondées. C’est idiot quand on loge dans un appartement situé à 100m de la mer ! En bateau c’est sûrement très différent.
7h45, Phaistos, le site est pour nous seules, avec une petite chienne marron comme guide. Le paysage est magnifique, au pied de la colline, la plaine deMessara – patchwork de vergers d’agrumes, d’oliveraies, de champs moissonnés. Au fond se détache bleutée, la silhouette du Mont Ida (Psiloritis). Dans ce cadre, sous la belle lumière du matin, dans le parfum des pins, nous découvrons le Palais sous son meilleur jour. Les ruines sont bien lisibles.
Théâtre de Phaistos
Le théâtre antique formé de deux séries de gradins perpendiculaires de part et d’autre d’un escalier bordant une vaste cour pavée où aboutit l’allée sacrée des processions. Les appartements royaux sont revêtus d’albâtre aussi bien au sol que sur les murs, les banquettes ou les marches. C’est étrange qu’une roche si tendre et de plus, soluble, ait si bien tenu au fil des ans (près de 4000 ans). Le mégaron du roi était limité par des murs percés de vastes baies, entouré d’un péristyle et éclairé par un puits de lumière. Nous reconnaissons les magasins, les maisons privées.
Le plaisir de se promener au calme, d’imaginer le palais, est entier. A 10 h les visiteurs arrivent, nous quittons les lieux.
Phaistos
Agios Pavlos
Nous retournons à Agios Pavlos, comme jeudi et nous reprenons notre parasol et les lits. La journée est délicieuse, l’eau est presque froide, je continue mes investigations chez les poissons. J’ai la surprise de retrouver les mêmes exactement aux endroits où je les avais laissés il y a deux jours. J’ai maintenant une bonne représentation de la topographie des lieux : les rochers couverts d’algues un bassin abrité très poissonneux, les touffes de posidonies. J’ai aussi d’autres repères moins plaisants : une boite de sardines orange et un journal encore lisible sous l’eau. Je localise les oursins. J’observe les patelles, et sur le sable, d’énormes gastéropodes. Une holoturie grise rampe avec des sortes de protubérances. Un crustacé transparent de grande taille.
Vendredi, jour de marché à Timbaki, la ville voisine. Quelques fermiers apportent leurs produits. Le seul poissonnier vend seulement 4 sortes de poissons, un marchand de fromages. Tout le reste du marché, des vêtements de mémères. Nous rencontrons nos amis de Stella Paris.
Visite au musée ethnographique de Vori où d’anciens outils (très beaux) des poteries, de la vannerie du tissage sont très bien présentés.
Nous cherchons la mer à Kamilari-Kamilaki. De jolies tavernes sont posées sur une plage rectiligne avec autant de vagues qu’à Kokkinos. Nous ne trouvons pas la route de la plage de Kosmoet aboutissons à Matala, plage très connue avec des tombes creusées dans la falaises occupées autrefois par les hippies , envahie par la foule, parkings immenses restaurants-usines à touristes.
la plage de Kali Limenes
Une piste interminable en très mauvais état mène à Kali Limenes. La plage est tranquille mais avec la vue sur d’énormes réservoirs de carburants. Expédition loupée !
Kokkinos
De retour à la maison, nous avons l’impression d’avoir perdu la journée. Pour couronner le tout nous faisons une promenade désabusée dans Kokkinos. Le délabrement des carcasses d’immeubles commencés pas terminés, les boutiques à l’abandon, les tavernes vides ne remontent pas le moral. La campagne ornée de serres plastiques n’est pas plus pittoresque !
Seul point positif : la dorade cuite sur un lit de citrons et d’oignons avec tomates et courgettes est un délice.
A peine installée, le propriétaire m’appelle. Il m’invite au café. Pour 10 000 drachmes, la nuitée, le petit déjeuner est compris (cela doit être pour rattraper les 2000 drachmes de la clim).
Il m’explique qu’il aurait préféré rester à Paris. Sa femme est crétoise, lui Athénien. Il ne tient pas en grande estime les Crétois :
– « ils sont tous fous, construisent sans permis puis paient l’amende au tribunal. Il n’y a pas de loi. Les gendarmes se font casser la gueule … en France au moins il y a des lois ! »
Sa femme nous racontait la veille des jalousies entre cousins. Elle avait l’air bien jalouse de « Stella appartements ».
Baignade
Après le déjeuner nous retournons à la plage. Il n’y a pas de vent. J’espérais une mer calme, mais les rouleaux sont encore là. Nous jouons à sauter dans les vagues. Passée la barre, on peut nager.
Notre studio
Nous emménageons dans notre studio. Comme le ménage n’est pas fait, on nous offre un café frappé. Puis, au passage, un beau melon jaune. Notre appartement est très agréable. Un grand balcon dans la verdure, un coin cuisine. Seule, la vaisselle laisse à désirer, les Grecs et les touristes vont plutôt à la taverne.
Nous partons à la découverte des environs. Le village de Kokkinos n’est pas engageant : des immeubles sans charme pas soignés, en construction, à l’abandon même pas finis.
Aghia Galini
Aghia Galini, la station voisine, au contraire, est très coquette, construite en gradins au flanc de la montagne, autour d’un petit port. Sa plage, abritée des vagues, est couverte de parasols. Les hôtels chaulés, très fleuris, prospères. Par manque de place, les restaurants sont installés sur les terrasses sous de grands stores. Les boutiques sont bien achalandées. Plusieurs agences de voyages proposent des excursions en car, en bateau. Après la désolation, nous sommes contentes de voir une station bien vivante. Nous pouvons ainsi confier au photographe nos pellicules-photos, trouver le Monde, et acheter des sandalettes transparentes en plastique pour remplacer les chaussons engloutis.
Agios Pavlos
Sur des cartes postales nous remarquons Agios Pavlos, avec de beaux plissements géologiques. Pour s’y rendre on enjambe une montagne très aride par une petite route vertigineuse. La plage est une crique encaissée dans de très beaux rochers. L’eau est transparente, sous l’eau les rochers laissent espérer une faune abondante, l’un d’eux est planté de posidonies, j’ai l’impression de nager au dessus d’un jardin japonais.
Nous louons des lits de plage et un parasol, c’est notre journée de luxe !
Après une dernière baignade, un curieux attroupement surveille une démonstration de natation : cela pourrait être une séquence des bronzés. Un vieil Anglais nage comme un dauphin et enseigne une curieuse nage où, pieds joints, le nageur bat des fesses. Quand les bronzés l’imitent, ils sont franchement ridicules et provoquent la curiosité amusée de tous les Grecs. Ils portent de petites lunettes de nageurs et essaie de mimer la nouvelle nage Cela nous fait bien rire !
/* Style Definitions */
table.MsoNormalTable
{mso-style-name: »Tableau Normal »;
mso-tstyle-rowband-size:0;
mso-tstyle-colband-size:0;
mso-style-noshow:yes;
mso-style-priority:99;
mso-style-qformat:yes;
mso-style-parent: » »;
mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;
mso-para-margin:0cm;
mso-para-margin-bottom:.0001pt;
mso-pagination:widow-orphan;
font-size:11.0pt;
font-family: »Calibri », »sans-serif »;
mso-ascii-font-family:Calibri;
mso-ascii-theme-font:minor-latin;
mso-fareast-font-family: »Times New Roman »;
mso-fareast-theme-font:minor-fareast;
mso-hansi-font-family:Calibri;
mso-hansi-theme-font:minor-latin;
mso-bidi-font-family: »Times New Roman »;
mso-bidi-theme-font:minor-bidi;}
les côtes de la mer Lybienne
Kokkinos
Sur le voucher d’Atsaro, l’adresse est énigmatique : « appartement Stella, classe A ».
A l’entrée du village nous voyons une pancarte « Stella Paris ». La propriétaire sort dès l’arrêt de la voiture. Elle parle très bien Français. Elle connaît l’agence Atsaro et Monsieur Labbro. Mais elle n’a aucune réservation à mon nom. En revanche, elle a des chambres disponibles. On visite. Cela ne ressemble en rien à ce qu’on nous avait montré à Paris : pas de balcon fleuri, à la place un couloir commun à 5 chambres donnant sur un mur aveugle, la mer est à 500 m et pas du tout de l’autre côté de la rue.
Nous sommes très déçues, fatiguées et sonnées par l’absence de réservation.
J’essaie de téléphoner à La Chanée au correspondant d’Atsaro de la taverne sur la plage sans y parvenir. Tout le monde est très coopératif à la taverne, chez Stella Paris, mais notre moral est au plus bas. Lueur d’espoir, il y aurait plusieurs Stella à Kokkinos, nous faisons trois fois le tour du village sans les trouver, en maudissant Labbro. La dame de Stella Paris s’associe à nos malédictions parce qu’elle connaît bien Labbro qui est d’Héraklion mais qui ne lui envoie jamais de clients. Finalement son mari nous montre l’autre « Stella »qui n’avait pas de pancarte visible. C’est bien là ! Je on reconnais les balcons. Mais notre studio n’est pas disponible ce soir.
Retour à Stella Paris où nous sommes très bien accueillies. La dame nous apporte une assiette de figues mais le prix de la chambre est monté de 8000 drachmes à 10 000. Comme je leur fais comprendre que j’entends le Grec, le prix redescend à 8000 drachmes, mais sans la clim. D’ailleurs le passe temps favori de cette dame est de jouer avec les prix. Elle nous démontre, calculette en main, qu’on s’est fait rouler pour la voiture. Pour 15 jours, nous aurions dû marchander. Ils nous invitent au café et à boire du raki. Ils ont passé 20 ans en France à Meudon, lui était chez Renault à Billancourt.
Baignade
Nous préférons aller nous baigner d’abord.
La plage est rectiligne, sable et galets, battue par de grosses vagues. Nous choisissons un endroit où de vieilles grecques sont assises dans l’eau. Le reflux fait rouler les galets sous mes pieds et me fouette les jambes. Mes pieds sont aspirés et mes chaussons de plastique sont happés. Je cherche à les récupérer et réussis seulement à me faire renverser, à boire la tasse et à me retrouver toute dépoitraillée. Je rentre pieds nus et amuse tout le monde à Stella Paris.
Notre voisine est une vieille avec une natte noire qui nous tient des discours incompréhensibles. Elle lit à voix haute en ânonnant, des prières (?). Impossible de dormir la fenêtre ouverte avec un tel voisinage, encore moins de dormir à poil. On sort avec 10 000 drachmes et réclame la télécommande du climatiseur.
Pour traverser la Crète et rejoindre la mer libyenne, nous repassons par Sitia. On se perd. Pour couper, on s’engage dans un petit village. Dans les ruelles, tous les vieux bigleux, les idiots, les impotents, sont de sortie, impossible de trouver quelqu’un pour nous indiquer la route… La carte est pratiquement illisible et plutôt fantaisiste. Personne ne reconnaît les noms grecs écrits en lettres latines. Donc retour à Sitia.
Géologie
La route de Sitia à Ierapétra traverse des montagnes assez hautes. Les crêtes sont équipées de très nombreuses éoliennes modernes. La roche est tendre et façonnée par les hommes en terrasses. Rien de très touristique. Je m’amuse à reconnaître la nature géologique du sous-sol. C’est plutôt un beau casse tête de chercher des structures explicables tant les roches varient : tous les échantillons imaginables se rencontrent sur une très courte distance, calcaires gris et durs voisinent avec des roches rouges et vertes, on passe à des marnes et des sables gris. Vers la côte sud des blocs de grès ont dévalé les pentes et sont en équilibre instable. Après 60 km nous retrouvons la mer et je me baigne dans de l’eau transparente.
Iérapétra
Arrêt au supermarché. Nous trouvons la mosquée et son minaret – en mauvais état – occupée par un forgeron et un kafénéion. Sur le port, la forteresse vénitienne est bien conservée, c’est un bâtiment peu élevé avec de beaux créneaux. Promenade dans les petites rues tranquilles, des tomates sèchent en grappes et en bouquets, photo.
Les ravages du tourisme
La route longe le littoral occupé par des stations balnéaires plus ou moins chics. Ici aussi le tourisme sauvage s’est développé de façon anarchique, beaux hôtels-clubs voisinent avec des constructions bon marché et des chantiers, certains ont été abandonnés en cours de construction, des poteaux en béton armé font de bien tristes casiers gris. Les boutiques exposent les articles de plage variés bouées-canards, dauphins gonflables, matelas pneumatiques occupent les trottoirs, les voitures stationnent n’importe comment, on n’avance pas. Cela ne donne pas envie de faire une étape.
Cultures irriguées et sous plastique
La route principale quitte la côte à Myrtos nous suivons une piste pour atteindre Arvi, elle traverse des oliveraies irriguées. J’ai tout le loisir pour observer les km de tuyaux plastiques noirs fins qui aboutissent à de multiples robinets. Être agriculteur ici est un métier de plombier ! Sur chaque terrasse on a construit des serres abritant des cultures maraîchères ou des bananiers. C’est vraiment surprenant de soir ces serres juchées sur un éperon rocheux ou accrochées au rocher sur le bord de l’eau. La côte est rectiligne, pas de plage, les vagues sont fortes et roulent des galets.
On se paie une belle rigolade parce que je bois la tasse à chaque vague. Quelques maisons, tavernes et cabanons sans prétention bordent la mer, c’est plutôt sympathique mais pas très joli.
Pique-nique sous un tamaris. La piste devient goudronnée. Au passage d’une rivière à sec, elle se partage en deux pistes. Dominique décide d’attendre le prochain véhicule et de le suivre. Rapidement passe une camionnette qui livre des glaces et, à sa suite, nous arrivons à Tsoutsourisqui est notre étape de la journée. Tsoutsouris est desservie par une belle route goudronnée de neuf, c’est son unique attrait. Les bâtiments sont très laids, discothèques et bars occupent le rez de chaussée : l’horreur dans le genre prétentieux. Sans conviction, je cherche une chambre. Comme j’annonce que nous ne restons qu’une nuit, on nous fait visiter des chambres donnant du mauvais côté, et, fort cher. Nous fuyons.
La route a quitté la mer, nous ne trouvons de chambre nulle part. Cette région agricole n’a aucune vocation touristique. Après avoir traversé plusieurs bourgades nous décidons d’arriver le soir même à Kokkinos Pyrgos plutôt que de nous arrêter n’importe où. Dominique, qui en a franchement marre de conduire, parle même de dormir dans la voiture.
La route qui va de Palékastroà Zakros traverse des montagnes rouges. La roche a la même teinte rouge sang que celle des colonnes de Cnossos. La terre est rouge, également du rouge brique caractéristique des terres méditerranéennes. Sur ce sol, les oliviers se détachent, des graminées sèches font par endroit un tapis jaune paille. Les crêtes sont complètement désertiques, des buissons épineux desséchés forment des boules grises argentées, les sauges sont plus jaunes, un curieux thym violet est en fleur. Vers l’intérieur, sur des collines plus basses prospèrent de belles oliveraies irriguées.
Géologiquement, c’est intéressant, les couches sont variées. L’érosion a creusé de curieux canons, l’hiver une rivière doit couler, mais elle a disparu, la végétation est bien verte, des buissons et même des platanes dans son lit.
Nous traversons trois villages – cubes chaulés d’un blanc éclatant égayés de treille de vigne.
Les gorges de Zakros
Nous parquons la voiture à l’entrée du sentier qui descend dans les gorges, mais nous nous trompons et nous retrouvons sur la route des crêtes qui domine les gorges. La vue est magnifique mais de là impossible de descendre la falaise à pic. Chemin faisant, nous croisons un troupeau de chèvres. Une pauvre petite chienne est attachée au soleil. Nous vidons une partie de nos gourdes dans sa gamelle, mais elle quémande surtout des câlins. Je descends seule dans les gorges. Le sentier est un peu difficile au départ. Dans le vadi, c’est tout plat, la végétation est luxuriante. J’ai l’impression d’être dans une oasis, il manque de l’eau pour être complètement rafraîchie. Impression de calme, je suis seule.
Dominique m’attend à la sortie des gorges, porteuse de bonnes nouvelles : la plage est merveilleuse, elle a trouvé la taverne de nos rêves sur la plage.
Palais de Zakros
Nous commençons par la visite du palais de Zakros. Nous retrouvons facilement la cour centrale, le mégaron, le bain lustral…Ici, pas de restauration comme à Cnossos. Seules les fondations subsistent. Maintenant, nous pouvons reconstruire en imagination le Palais. La surprise vient des fontaines : la citerne est pleine, des tortues nagent dans une eau verte dans deux bassins rectangulaires.
Plage
Mais il commence à faire très chaud. Nous filons à la plage en petit gravier gris avec quelques galets, entourée de montagne rouge. Plus loin quelques bateaux de pêche. Dans l’eau, il n’y a personne excepté une bande de canards blancs qui nagent en formation. L’eau est très claire mais le fond rocheux est légèrement vaseux avec des algues. Je vois de nombreux poissons colorés que j’aimerais bien savoir reconnaître ; je commence à anticiper les rencontres selon la topographie des fonds certains se cachent dans les fentes, les bleus à tache noires sont dans les eaux claires, des verts, jaunes multicolores près des algues. Il y a aussi de jolis à raies jaune en forme de daurades.
Un autobus arrive et déverse un flot de touristes. Je m’inquiète pour le déjeuner : nous avions convoité une table à l’ombre de tamaris en bord de plage. Elle est déjà occupée et la taverne n’en a que quatre. Nous commandons des farcis et des petits poissons avec du riz. On nous apporte des tomates, la farce n’est pas à la viande, mais au riz et aux herbes, comme celle des feuilles de vigne, tellement parfumées que nous achetons un assortiment de condiments et d’aromates très bien présentés. Café grec, l’addition (logarithmo) est très raisonnable 5300 drachmes avec le cadeau.
Vai
De retour au studio, petite sieste. Nous repartons vers le nord direction Vaï et sa palmeraie.
Les palmiers sont bien là mais les touristes aussi. Rapide demi-tour sur le parking sans même descendre de la Micra.
Nous découvrons une nouvelle plage déserte : deux couples sur le sable, personne dans l’eau.
Moni Toplou
Puis nous recommençons le tour du petit cap par un temps un peu embrumé. Le monastère de Moni Toplou ressemble plus à une forteresse qu’à un édifice religieux : un clocher, un moulin à grain sur le même modèle que ceux qui gardent le Lassithi, en parfait état, il ne manque que les voiles. Les bâtiments de pierre sont hauts et massifs, seul le tour des fenêtres est décoré. Nous sommes en retard pour le musée des icônes mais on peut quand même admirer la plus fameuse dans l’église : elle illustre toute l’Histoire Sainte en soixante saynètes avec une foule de personnages. Nous reconnaissons Jonas et sa baleine, la Sainte Trinité qui domine le tableau, entourée de tous les anges. Un érudit français commente. Il explique que le Père et le Fils ont la même taille – ce qui est caractéristique du dogme orthodoxe – pour les catholiques romains, ce serait une hérésie. Avec l’aide de ces gens nous analysons longuement les différentes scènes. Finalement je ne regrette pas que le musée ait été fermé : c’est plus intéressant de se concentrer sur un seul tableau.