Départ pour l’Est de la Macédoine

CARNET MACÉDONIEN

Réorganisation générale de nos valises bizarrement rangées à cause des règlements aériens. Après un excellent petit déjeuner nous montons nos trois valises à bord du bus n°2 jusqu’à IKEA (gare routière) où l’on prendra le 79 pour l’aérodrome. Un peu plus d’une heure 90 centimes. Rapport qualité/prix imbattable. Malgré l’heure matinale, le bus est plein. Des vieilles dames se signent devant chaque église, elles vont sans doute à la Messe. De nombreux jeunes sont encombrés d’affaires de plage. Le bus n°2 traverse la ville d’ouest en est, passe l’Arc de Galère qui marque la fin de la vieille ville, entre dans la ville moderne, quartiers prospère, beaux balcons fleuris, stores tailles maxi, puis des barres HLM avant les zones commerciales Leroy-Merlin, Metro, Ikea…je m’amuse de trouvailles linguistiques : le vendeur d’antennes TV et paraboles est le Doryphore. Cela tombe sous le sens quand on regarde l’installation ! Ce genre d’expédition en autobus me remplit de fierté. Bien que nous ne sommes plus routardes depuis longtemps nous savons encore utiliser les transports en commun dans les villes.

Chez Avis, le service est rapide. On nous livre une Fabia Skoda sans le mode d’emploi. Aux premiers tunnels, à nous de trouver les phares !

De l’aérodrome à Thessalonique, 14 km sur le périphérique – interminable. Nous arrivons aux heures chaudes dans la petite plaine coincée entre les montagnes de Chalcidique et les hautes chaînes qui bordent la Bulgarie.  Aimables souvenirs quand on voit les pancartes annonçant Plovdiv ou Sofia. Dans les champs pousse surtout du maïs irrigué, des tournesols et de la vigne aux fruits protégés par des filets. Sur les rebords des montagnes, des enclos primitifs enferment de beaux troupeaux de chèvres et de moutons. Il me plait de penser qu’ils existaient déjà au temps de l’Antiquité. L’autoroute est peu fréquentée le dimanche. Des cars turcs filent, de grosses cylindrées noires sont roumaines bulgares ou russes. La petite dépression est occupée par deux longs lacs. La montagne est boisée. Une route va au Mont Athos, je ne décolère pas qu’une parcelle de l’Union européenne soit encore au 21ème siècle interdite aux femmes !

L’autoroute retrouve l’Egée dans le golfe Orfanos juste avant Amfipolis où nous avons prévu de visiter le vaste site archéologique. Il est midi, il fait très chaud. La visite de ruines sous le soleil de midi ne nous emballe pas. Une baignade sur la paralia Ofriniou nous tenterait davantage.

La route passe devant le Lion d’Amfipolis – monument en l’honneur du triarche, amiral, Laomedon, compagnon d’Alexandre le Grand. La très grande statue fut retrouvée pendant la guerre des Balkans

le lion d’Amphipolis

(1912-1913) par des soldats grecs puis par des soldats britanniques en 1916.

Dimanche à la plage est le jour des familles. Il faut renoncer à l’idée même d’une plage déserte, au coin secret, pour s’éclabousse avec les Grecs, rigoler quand les galets sont glissants si bien que je m’écrase à 50cm du rivage. Certaines plages sont aménagées avec des parasols et des lits, d’autres sont couverts d’installations familiales. Qui a pris des chaises plastiques, qui des rabanes , grosses glacières,  ou départ en urgence autour de 14h.

70km nous séparent de l’étape Khrinides, 15 km au nord de Kavala sur la route de Drama. Dans la grosse chaleur de midi, sans ombre, quand le paysage devient gris, le tronçon d’autoroute est une véritable punition. Le GPS nous fait tournicoter dans des bourgs inconnus de notre carte. On s’endort. Et pour l’endormissement au volant, j‘ai payé déjà bien cher !

Soirée à Thessalonique Ladadika

CARNET MACÉDONIEN

ouzeri 1901

Sieste aux heures chaudes obligatoire.

18heures, le jour décline mais les Saloniciens ne sont pas encore ressortis. Nous parvenons à la grande place Demokratias aux immeubles contemporains sans intérêt. Dodecanisou descend vers le port dont les constructions début XXème siècle barrent la vue su la mer. Après Politechniou nous entrons dans le quartier de Ladadika, anciens entrepôts et huileries, seuls restes de la Salonique d’avant l’incendie de 1917, convertis en quartier de bars et restaurants. Les terrasses occupent les rues piétonnières. Nous choisissons l’Ouzeria 1901 au coin de Katouni et de Mitropoulos. Maison jaune à un étage, stores crème, tour des fenêtres en briques, tables beiges, chaises marron et beige. Sur chaque table un petit arrosoir peint de style naïf porte un pot d’herbes aromatiques, brin de romarin sur la nôtre, basilic, thym, lavande,  sur les tables voisines. Chic discret. Cuisine excellente. Sur la carte, du poisson. Nous commandons un risotto végétarien très riche en herbes, poivrons, oignon vert, lanières de courgette et fromage fondu. L’aubergine est divinement cuite, légère avec une touche de vinaigre, fromage blanc frais chaud, ciboulette et poivrons rouge.

La nuit tombe. D’épais nuages noirs s’accumulent. Les hirondelles sillonnent le ciel. Leur activité frénétique nous inquiète un peu, annonce-t-elle l’orage ?

Un petit mendiant s’approche de notre table. Il demande 50 centimes. On ne lui donne rien (on a appris au Maroc et en Egypte) Ici, cela serre le cœur. Jamais depuis 45 ans que je viens en Grèce, jamais je n’ai vu d’enfant mendier, des vieillards aux portes des églises peut être, des drogués place Omonia, mais des enfants jamais ! Sa petite sœur arrive, puis un tout petit. Etonnamant, le paton du restaurant appelle la grande avec son accordéon. Kalinka, un air français. On lui donne les 50c qu’on a refusés à son  frère. Elle ne demande pas plus. Le serveur a apporté du melon sucré – du miel – et des cubes de pastèque sans qu’on n’ait rien commandé. En écrivant je picore. La petite fille vient réclamer. Le garçon lui laisse bien volontiers nos restes. Ils ont faim. Ce spectacle m’attriste.

Le quartier s’anime. Samedi 20h30, c’est l’heure de la promenade. Certains ont fait des efforts de toilette. Pas tous. Les restaurants commencent à se remplir, mais pas trop. Sur la table à côté de la nôtre les deux parents et leurs deux enfants se partagent une salade grecque et des frites.

Rue Mitropolou,  l’imposante banque de Grèce a une colonnade monumentale aux chapiteaux corinthiens. Nous arrivons à la place de la Liberté est plantée d’arbres mais c’est aussi un parking. C’est là que furent rassemblés les Juifs de Thessalonique, humiliés et battus.

les docks au coucher du soleil

Au bout des docks et du port – vide – su les quais se presse une foule. Les entrepôts sont convertis en restaurants, hall d’exposition et Musée du Cinéma. Intuition ou imagination ? Je crois reconnaitre les décors d’Angelopoulos dans l’Eternité et un jour et l’Embarquement pour Cythère.

Des fils affectifs se trament. Salonique et les Séfarades. Angelopoulos. Je tombe littéralement amoureuse de cette ville accueillante, gaie, rafraîchie par l’Egée. J’ai l’impression d’y être déjà venue. Images d’Alexandrie, bazar d’Istanbul, architecture Art Déco…

Thessalonique : musée Archologique

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Alexandre le Grand, figure incontournable en Macédoine

 

14heures, tous les magasins ferment. Difficile de trouver même un glace.

On rejoint le Musée Archéologique par de grandes rues vides ; des bâtiments modernes hideux ressemblant à une halle d’exposition. Le Musée des Technologies  était signalé à l’aéroport mais pas dans nos guides. Un peu plus loin, une tour – grande tour de la télé ou tour de contrôle ?

Cratère représentant les noces d’Ariane et de Dionysos

Le Musée Archéologique est installé dans une construction plate située dans un parc arboré. L’Or des Macédoniens est un éblouissement renouvelé. J’avais pourtant vu l’exposition récente au Louvre ainsi que l’Or des Thraces à Kazanlak l’an passé. Les couronnes en feuilles d’or imitant les feuilles des cèdres ou des lauriers sont toujours aussi légères et éblouissantes, répliques parfaites. Les explications sont très complètes, décrivant les techniques des bijoutiers, comment les feuilles d’or sont battues entre deux parchemins, aussi le travail du filigrane d’une finesse incroyable. On voit des fibules ainsi que des bandes cousues sur les vêtements.

Numismatique : au début or et argent avaient la même valeur. Le rapporta atteint 13 mais il a baissé de 905 à la suite des conquêtes d’Alexandre. Nous admirons les cratères magnifiques. L’un d’eux figure les Noces d’Ariane et de Dionysos avec une ornementation spectaculaire.

Plus loin, deux audiovisuels racontent l’histoire de la Macédoine l’un, l’autre celle de la ville de Thessalonique. Le reste du musée serait passionnant pour des visiteuses disponibles mais nous sommes un peu saturées après la visite de l’Or des Macédoniens.

Retour en autobus, trois lignes relient le Musée à notre hôtel sur Egnatia. Facile depuis que nous avons repéré l’affichage électronique se déroulant en grec et en lettres latines.

 

Thessalonique romaine : Galère

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Palais de Galère

 

Le Palais de Galère (250-311) occupe une grande aire en creux, on peut y voir (des grillages, parce que le samedi c’est fermé) des Bains, une basilique octogonale et de nombreux bâtiments que je n’arrive pas à identifier. Place Navarinou, de hauts immeubles colorés à balcons encadrent le site archéologique. Cela me fait penser à Alexandrie.

Arc de Galère

Le chantier archéologique se poursuit plus haut jusqu’à l’Arc de Galère qui se trouve Rue Egnatia. C’est une grande arche de briques décoré de parements calcaires blancs sculptés mais très érodés. Quatre registres horizontaux racontent les succès de l’empereur. On voit des éléphants, deux femmes représentent l’Arménie et la Mésopotamie soumises.

rotonde

Dans l’axe du Palais et de l’Arc de Galère, la Rotonde (mausolée de Galère ?) se remarque de loin, accompagnée de son haut minaret. En entrant sous la vaste coupole, on se croirait à Ravenne avec les mosaïques dorées scintillantes et les fresques du chœur – assez effacées. En sortant, je butte sur les pierres tombales gravées en hébreu, conservatoire de tombes juives, puis à l’entrée d’un enclos les tombes turques avec turbans, « musée lapidaire » je lis sur un guide – conservatoire des vieilles tombes, juives ou turques, colonnes romaines. Je remarque enfin la fontaine des ablutions aux colonnes de marbre précieux soutenant un épais toit de jasmin. A côté un figuier géant embaume.

Nous nous installons au Café Bleu sous la Rotonde. Sièges bleus, vitrine bleu marine. Belle ombre. Premier café frappé. L’ouzo est servi avec des cacahouètes et 2 petits triangles de brioche. Deux femmes derrière nous jouent au tavli – jeu masculin s’il en est. Je mesure le changement. Il y a une cinquantaine d’années on n’aurait pas vu deux femmes seules au caf ! Ce Café bleu prête toutes sortes de jeux, du Monopoly aux cartes. Fond sonore, années 70. La serveuse est gentille. C’est mon grand plaisir des vacances : trainer au café, faire durer la mousse, regarder les passants, écrire ou dessiner.

14heures, tous les magasins ferment. Difficile de trouver même un glace. On rejoint le Musée Archéologique par de grandes rues vides les bâtiments modernes hideux ressemblant à une halle d’exposition. Le Musée des Technologies  était signalé à l’aéroport mais pas dans nos guides. Un peu plus loin, une tour – grande tour de la télé ou tour de contrôle ?.

Thessalonique – promenade jusqu’à la Tour Blanche

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bedesten

 

La rue Egnatia (prononcer Egnati-a)est bordée de magasins de fringues bon marché aux couleurs criardes, de divers fast- food à la grecque, elle est très passante peu agréable pour la promenade. A un coin nous trouvons le Bezestani, le bazar oriental, marché couvert turc aux murs de biques et aux coupoles. De l’autre côté de Venizelou lui fait face le marché moderne, très coloré et aimé par les cris des marchands où l’on trouve un peu de tout, des légumes aux lunettes de soleil, en passant par les produits ménagers ou les aromates. On remarque les belles poissonneries.

Aristote

Parallèle à Venizelou, Aristolelou, est une large  avenue piétonnière plantée de pelouses, de palmiers, bordée d’arcades, de belles terrasses de cafés chics. Les immeubles Art Déco tendance mauresque, sont peints de crème ou de blancs, les étages supérieurs sont soulignés de colonnettes d’arcades ou de moulures orientales. J’achète des lunettes de lecture chez un opticien et de soleil dans un magasin de souvenirs. Sur la place près de la mer Aristote n bronze a un orteil brillant. Les jeunes se font photographier en lui tenant le pied. Je ne sais pas du tout à quoi correspond cette tradition !

la Tour Blanche

Promenade sur le bord de mer, sous un ciel couvert, la surface de l’eau est hérissée de vaguelettes, la houle balance de petites  barques. Nous arrivons à la Tour Blanche, turque ou vénitienne ? En tout cas 16ème siècle, elle était la dernière d’une série de fortifications et de remparts qui subsistent encore dans les hauts quartiers. Tour Blanche, Tour du Sang, c’est un des monuments emblématiques de la ville. On peut la visiter. Elle est accompagnée de nombreuses statues. Qui est donc ce Boutris 1912 en marbre poli, et Pavlos Mela (1870-1904) représenté en  bronze costumé en evzone ? Sur une stèle Ioannis Perpaplius (1792-1886) est entouré d’étudiants et de cordonniers.

Les immeubles de la corniche sont un mélange d’immeubles Belle Epoque, Art Déco, années 60 et années 2000 avec balcons de verre et alignements d’oliviers.

La rue Tsimikis est parallèle à Egnatia et à la côte, nettement plus chic et plus agréable à parcourir avec de beaux magasins, des restaurants. En creux nous découvrons  une très jolie église de briques à l’extérieur, toute doublée de bois peint et doré, avec de belles fresques et surtout fleurant bon la cire.

Des activistes du KKE tiennent une table et haranguent les passants avec un mégaphone ; Ils invitent à un meeting de soutien aux cueilleurs de fraises qui n’ont pas été payés. On filme les affiches dans une esthétique soixante-huitarde ce qui ne me déplait pas.

 

Créteil – Thessalonique

 

l’hôtel Atlantis et l’arrêt des autobus

CARNET MACÉDONIEN

L’ hôtel, Atlantis, se trouve sur la Rue Egnatia, que je m’obstine à appeler en latin Via Egnatia, qui traverse la ville historique. Descendre à l’arrêt Antigonodon du bus 78 venant de l’aéroport. Il  ne s’agit pas d’Antigone, héroïne de Sophocle, mais d’un roi macédonien Antigonodon, je l’apprendrai plus tard. C’est donc facile à retenir !

Je suis très fière de ce qu’on se soit débrouillées comme de vraies routardes à 1heure du matin avec nos trois valises et nos deux sacs à dos, et ma Minerve,  après un long voyage. Vol Alitalia Paris – Rome, opéré par Air France, puis escale de 8 heures à Fiumicino, enfin Rome- Thessalonique sur un petit Embraer. La longue escale a été très agréable grâce à des chaises longues luxueuses en cuir dans lesquelles nous avons dormi et à un restaurant où j’ai trouvé de magnifiques salades dans une coupelle mangeable (genre cône de glace) des pizzas et des croquettes. Pour collation des glaces italiennes délicieuses. Et une boutique Moleskine bien tentante, j’ai juste acheté un carnet.

escale à Rome : 8heures, on regarde les avions

Nous avons acheté dans le bus 78 le ticket 90centimes (la machine  ne rend pas la monnaie) et je me suis vengée en ne le compostant pas. Un passager nous a expliqué que nous devions guetter l’Arc de Galère qui marque l’entrée dans la ville historique. Ensuite c’est facile : les autobus de Thessalonique sont dotés d’une double signalisation : sonore en Grec et en Anglais, et lumineuse sur un écran électronique.

A l’hôtel Atlantis, on nous attendait.   La chambre 101 est aveugle.  Une étroite meurtrière s’ouvre sur une cour. il y a la télé, la clim et une salle d’eau  tout ce qu’il faut ! Et en bas un kiosque pour des boissons fraîches et une boulangerie qui ne ferme jamais : premier feuilleté aux épinards et au fromage à 2 heures du matin.

Heraklion

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÊTE 1999

 

la cour, sous la treille


Recherche d’un hôtel

Nous avons du mal à sortir d’Héraklion. Finalement nous longeons la côte vers l’Est. Le paysage est décevant, exemple d’une urbanisation sauvage et d’un gâchis de paysage. Deux routes longent la côte Old  National Road et New Road (Pourquoi en anglais ?), des constructions affreuses, des immeubles à l’abandon. On dirait que, chacun a bâti son immeuble de rapport à la va vite sans investir assez de capitaux pour faire appel à un architecte, ou même pour le terminer. Puis les affaires ne marchant pas, l’ont abandonné et le laissent crouler.

Les plages sont encombrées de lits et de parasols. Le résultat est si peu engageant que nous nous éloignons de la ville et désespérons de trouver un gîte à notre goût.

Pour 5000 drachmes la chambre a le confort minimum, deux lits une douche, des murs nus, une fenêtre qui ne ferme pas. Mais le patio est ravissant : la cour pavée est à l’ombre d’une tonnelle de vigne, les murs sont blancs d’un côté, rouge foncé de l’autre, portes et fenêtres sont soulignées de bleu vif. Il y a un vent frais. Le soir je suis seule attablée à une table carrée et c’est un vrai bonheur !

sous la treille (bis)


Dépaysement

En traversant la mer nous avons changé de climat. La Crête est plus désertique. La montagne est recouverte d’herbes jaunies, pas un buisson, pas un arbre. Dans les jardins, les arbres sont aussi différents, les palmiers font une arrivée très remarquée. En ville, des jacarandas et des flamboyants. C’est un nouveau dépaysement.

Héraklion a aussi une allure différente des villes que nous connaissons avec ses remparts, ses hangars vénitiens. Les toits de tuile ont disparu, seulement des terrasses.

Musée Archéologique

A l’heure de midi, pendant la pause déjeuner des touristes. C’est bien calculé : nous pouvons accéder aux vitrines.


La découverte de l’art Crétois est un véritable choc.

Il ne ressemble en rien à ce que nous avons vu en Grèce. D’ordinaire vases et pots m’ennuient, pas ici. L’art de la poterie est arrivé ici dans les temps les plus reculés. L’originalité tient  aussi bien dans les formes que dans les motifs décoratifs et les couleurs. La surface est souvent en relief avec des bosses, des coquilles, des pointes qui rajoutent un effet supplémentaire aux couleurs noires, rouges ou blanches. J’ai retrouvé des idoles des Cyclades qui m’avaient tant plu à Athènes. Dans les salles suivantes on voit le fameux disque de Phaistos (2000 1700 av JC) puis les vases de libation à tête de taureau.

Les décors des poteries rappellent la géographie insulaire : des poulpes, des dauphins, des coquillages, des poissons et même des oursins se retrouvent dans toutes les périodes. Autre thème récurrent, le taureau, et aussi les fleurs. Cette abondance me donne un peu le tournis.

Autre source d’émerveillement : les petits personnages en terre et les animaux, des sculptures vivantes drôles, une femme sur une balançoire, un joueur de luth en bronze. J’ai flashé sur les idoles féminines si étranges avec leurs jupes évasées leur taille très fine et leurs coiffures sophistiquées, certaines portent des oiseaux sur la tête, d’autres des capsules de pavot.

Nous sortons manger un gyropita dans le jardin du Musée.
Entre temps tous les groupent rappliquent. Malgré la foule nous sommes éblouies par les fresques.

Visite à pied d’Héraklion sous la grosse chaleur. Ce n’est pas un bon plan. Tout est fermé. Nous avions déjà commis cette erreur à Nauplie. De retour au gîte, il suffit de traverser la route Old Nat. pour être sur la plage, assez moche avec beaucoup de vagues. Cela change. Le soir dans notre petite cour, nous planifions la suite du voyage.

 

Ferry du Pirée à Heraklion

CARNET PELOPONNESE CRETE 199

 

Nous avons quelques frayeurs pour trouver le port du Pirée. Nous recommençons à galérer vers Daphni comme l’autre jour. La signalisation est très défectueuse, rien n’indique l’embarcadère, il faut s’arrêter et demander.
Finalement, nous embarquons avec près de deux heures d’avance puisque le bateau ne part qu’à 20 h. Nous surveillons de loin la Fiat Punto qu’on a abandonnée ouverte sur le quai.

Au coucher de soleil, le spectacle est grandiose : le soleil orange puis rouge décline derrière les montagne d’Eleusis. Des dizaines de très gros bateaux attendent je ne sais quoi, flotte désoeuvrée devant Salamine qui me fait penser aux trières des Anciens. Sur l’autre bord, un autre spectacle s’offre à nous : Athènes s’éloigne. J’ai le temps de reconnaître la Lycabette et l’Acropole. Des dizaines de goélands suivent notre sillage.

  Cela a quand même plus d’allure de faire la traversée en bateau que prendre l’avion. Notre cabine a la clim, une salle d’eau avec douche mais pas de hublot. Elle est bien située, près d’une porte qui donne sur un endroit très calme du pont où nous restons pour voir s’éloigner Egine. La mer Egée est sillonnée de nombreux bateaux illuminés comme pour Noël. Vers 10 h, la côte a disparu mais deux ferries nous précèdent, l’un  deux est le Nikos Kazantzaki parti pour Iraklion un quart d’heure avant notre Rethymnon. Je suis enchantée du spectacle.

 

Arrivée en Crète

Lever du soleil sur les côtes crétoises

A 6h15, je me lève pour ne pas rater le lever du soleil et l’arrivée sur les côtes crétoises. Pour le soleil, c’est parfait. Mais pour l’approche des côtes, c’est trop tard : nous sommes déjà dans le port. Je me réjouissais de cette arrivée, c’est dommage.

Corinthe et Acrocorinthe

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÊTE 1999

 

Sur les bords du Golfe de Corinthe : Hôtel Nerantza

 

En route à travers le Péloponnèse

Nous traversons le Péloponnèse du sud vers le Nord, par Sparte dans des collines de terre rouge. Puis la route s’élève dans des montagnes couvertes de maquis. Autour de Tripoli, une plaine fertile plantée d’arbres fruitiers, surtout de poiriers. Nous roulons ensuite sur l’autoroute dans des montagnes très pierreuses.Vers Corinthe apparaît le vignoble, ce qui n’est pas vraiment une surprise ?

Trouver un hébergement

Pour trouver un logement, direction : la mer. Nous avons le choix : rive sud du Golfe de Corinthe ou rive Nord
Golfe de Salamine : Au hasard nous optons pour la route de Patras qui longe le Golfe de Corinthe. Ce rivage n’est pas vraiment touristique. Des stations balnéaires plutôt minables avec des plages de galets sans intérêt se succèdent. Apparemment,  plutôt destinées aux Athéniens, peu ou pas d’hôtels, des locations, mais rien n’est prévu pour une seule nuit. Je visite une location : 12000 drachmes pour un appartement meublé, cher et peu enthousiasmant. Un écriteau en anglais « garden rooms » nous attire, sympa, mais complet. La propriétaire nous adresse à une copine qui nous montre un meublé vide, sale et lugubre pour 12000 drachmes, sans les draps.

Pour le même prix un peu plus loin nous trouvons un très joli hôtel avec la clim – luxe inutile – il fait très frais, la télé (en grec) et une grande terrasse donnant sur la mer. Comme à Tolo, on peut s’asseoir sur la terrasse du restaurant à quelques pas de l’eau. Des parasols en paille donnent de l’ombre à des chaises longues. La clientèle est uniquement grecque, beaucoup plus simple qu’à Tolo, les gens très sympathiques. Nous serons très bien demain pour attendre l’heure du bateau au Pirée. Nous pique-niquons sur la terrasse de la chambre devant une eau très calme. Sieste traditionnelle.

Ancienne Corinthe

Ancienne Corinthe

Vers 4 h, nous partons visiter les ruines de l’Ancienne Corinthe. Six colonnes doriques monolithiques d’un vieux temple d’Apollon dominent l’Agora et le Forum romain. Les boutiques romaines sont encore très bien conservées. Maintenant nous retrouvons facilement les différents éléments d’une ville antique : les Propylées, la via romaine dallée avec ses trottoirs, les thermes, les latrines, le Sénat, les fontaines. La plus belle est la fontaine Pyrène.  En contrebas, on voit encore une jolie piscine rectangulaire. On imagine les jets d’eau, les parements de marbre, les colonnes corinthiennes. Au fond, des bassins creusés dans la roche avec des grilles de pierre limitent une caverne où la source coule encore. Dans la chaleur écrasante de la fin de l’après midi, il fait frais. J’entre dans la caverne. J’ai la surprise de découvrir une chienne noire et ses six petits chiots noirs et blancs.

chapiteaux corinthiens

Nous sommes un peu blasées : les villes antiques se sont succédées. Toutefois la promenade  est bien agréable, ombragée par des pins très odorants, des amandiers portant des amandes. Nous avons apprivoisé le soleil de l’été avec force bouteilles d’eau, en nous déplaçant  d’ombre en en ombre.

Le Canal

Nous allons jeter un coup d’œil au Canal. Pas de chance, cette fois ci, nous ne reverrons pas les gros bateaux et leurs remorqueurs.
Nous terminons la soirée sur la terrasse de notre chambre devant le Golfe de Corinthe turquoise. Les lumières s’allument une à une dans les montagnes et sur la rive opposée.

 

Lever à la fraîcheur /je sors ma chemise en jeans de la valise.  Autre première : le thermoplongeur pour le café.

Acrocorinthe

Encore des marches!

Acrocorinthe est perchée sur un rocher à 421 m au dessus de la plaine.

Heureusement, la route conduit à la première porte des remparts.  Pour pénétrer dans la citadelle, nous  devons franchir trois portes monumentales. La dernière est encadrée par deux tours carrées, énormes, bâties de blocs géants. A l’intérieur, les quartiers turcs sont en ruine mais il reste une petite mosquée carrée avec son dôme recouvert d’herbes folles, crevé en son centre. Plus loin, un minaret. La ville fortifiée est très vaste, le temps nous manque pour tout explorer. J’aimerais retrouver la source de l’autre fontaine Pyrène,  jaillie du sabot de Bellérophon. Dominique reste auprès du minaret tandis que je grimpe au jugé vers le donjon et longe les remparts, mais du mauvais côté. Je lie connaissance avec des Français que nous reverrons ce soir sur le bateau.

En haut du minaret!

Une surprise m’attend à la descente : Dominique est juchée au sommet du minaret. Elle a vaincu sa claustrophobie et s’est engagée dans un trou entre des blocs éboulés et a trouvé l’escalier en colimaçon.

 

Golfe de Corinthe –

Farniente à l’hôtel

A midi, nous devons libérer notre chambre mais nous pouvons rester sur la terrasse de l’hôtel. Nous profitons donc des chaises longues et des parasols pour nous baigner dans une mer d’huile. Il y a très peu de nageurs, on peut voir le fond. J’ai un peu l’impression de nager en piscine : c’est tellement facile que je pourrais traverser le Golfe. Comme je suis seule à m’aventurer je renonce vite.

Pour le déjeuner, encore une fois, il faut faire confiance au chef qui nous apporte du veau cuit à la tomate avec du riz et une assiette de petite friture. C’est très bien servi et cela ne coûte que 4200 drachmes avec le café.

Nous restons donc toute l’après midi sous nos parasols devant une mer pastel turquoise, le ciel bleu tendre et la montagne mauve. Curieusement une ligne bleu foncé délimite le continent et souligne l’horizon.

canal de Corinthe

16ème jour – Mystras

CARNET  PÉLOPONNÈSE ET CRÊTE 1999

 


On nous avait si bien prévenu de la chaleur étouffante à  Mystras que nous partons à l’assaut de la colline tôt le matin, dès l’ouverture.

Le château fort avec ses remparts crénelés est posé sur une petite montagne pointue qui se détache sur le massif violacé du Taygete (2400m) qui domine la plaine de l’Eurotas où les oliviers sont cultivés sur des terrasses de terre rouge. Dans la lumière du matin, toutes ces couleurs sont vives et gaies.

Afendiko

Nous nous  promenons dans la verdure, de monastère en chapelle. Le jardin de la Métropole est planté d’orangers et de jasmin. Dans une première cour, une jolie fontaine de pierre, une galerie couverte décorée de grosses potées de fougères et de plantes vertes  qui donnent une note de fraîcheur. L’église s’ouvre sur un cloître fleuri. L’ensemble est tranquille. C’est un enchantement.

Evangelisteria

Les églises ont des noms qui me ravissent : l’Evanghelistéria, Saint Théodore, l’Hodigitria.

Chacune est décorée de fresques qui ont une valeur décorative et documentaire extraordinaire. Contrairement aux icônes, mosaïques et fresques que nous avons l’habitude de voir, celles-ci sont très expressives et variées. J’étais étonnée des visages stéréotypés et des regards inexpressifs. Ici, c’est le contraire chaque personnage est vivant. Mystras était la capitale du Péloponnèse, on a sans doute fait appel à des artistes de renom tandis que les fresques trahissent plutôt des codes et des conventions dans les églises de campagnes. Il faudrait avoir tout son temps pour étudier une à une chacune des compositions. Il faudrait aussi avoir une meilleure connaissance de l’Histoire Sainte pour apprécier tous les détails. Nous découvrons chaque peinture, admirons et passons à autre chose. Cela donne envie d’approfondir.

Nous montons vers la ville haute par de nombreuses marches, faisons de nombreuses haltes pour     admirer les coupoles et les toits de tuiles.

Au premier plan: palais du Despote, 2ème plan monastère de Pantanassa, sur la crête le château des Villehardouin

  La porte de Monemvasie marque l’entrée de la Ville haute. Le Palais du Despote est en restauration – en reconstruction ? – les tuiles neuves choquent dans le paysage, il faudrait revenir dans quelques années voir le résultat. Nous atteignons Sainte Sophie.

Les premiers cars déversent leur cargaison de touristes qui  font la visite en descendant et sont tout frais sortis de l’hôtel tandis que nous commençons sérieusement à transpirer.Nous continuons vaillamment jusqu’au château.

Grâce à notre entraînement,  nous arrivons sans trop peiner. C’est vraiment un fort imprenable, le versant caché est une falaise. Il y a encore de l’eau dans les citernes. Créneaux et meurtrières gardent le flanc accessible de la montagne.

La descente est plus pénible que la montée. On cherche les WC, il y a urgence. En route on passe par le couvent de Pantanasssa encore occupé par des nonnes. Dans cette ville fantôme, c’est un petit îlot soigné, fleuri où des chats innombrables se prélassent. Je demande les toilettes, une petite bonne sœur me répond dans un excellent français qu’il faut redescendre et sortir du site. Parlons en de la charité chrétienne ! Nous traversons rapidement leur cour avec les portes des cellules soigneusement laquées de beige.

Dominique descend en vitesse tandis que je monte à l’église pour profiter de la visite d’une conférencière, je suis bien déçue : peu d’explication sur les fresques byzantines (ce que je cherche) seulement quelques commentaires sur la religion orthodoxe. J’apprends qu’il existe encore à Istanbul l’équivalent du Vatican où vit le Patriarche, chef de l’Eglise Orthodoxe Grecque. Ensuite la guide se lance dans des diatribes hystériques contre les A

Mystras : fresques et coupoles

lbanais, voleurs, criminels, violeurs qui envahissent la Grèce, je préfère donc m’éclipser.

Je retrouve Dominique en bas, il est près de midi et il fait très chaud. Nous ne voulons pas quitter Mystras sans avoir tout vu. Nous retournons à la Métropole visiter le Musée où les icônes sont très belles. Dernier monastère Périvleptos ? Nous ne regrettons pas le détour les fresques sont très belles.

Retour par Sparti, que nous négligeons pour déjeuner à la Pension Gina : sardines et salade grecque.

Dernière baignade sur une nouvelle plage bien cachée derrière la montagne : une grande baie de sable et gravier. Le sable n’est pas très propre des feuilles d’eucalyptus et les rubans desséchés des posidonies apportées par la mer. Nous sommes presque seules sous de grands eucalyptus, l’eau est agitée, il y a du vent, cela fait du bien après notre expédition du matin.