la route de Sitia à Kokkinos

CARNET PÉLOPONNÈSE CRÈTE 1999


Sitia

Pour traverser la Crète et rejoindre la mer libyenne, nous repassons par Sitia. On se perd. Pour couper, on s’engage dans un petit village. Dans les ruelles, tous les vieux bigleux, les idiots, les impotents, sont de sortie, impossible de trouver quelqu’un pour nous indiquer la route… La carte est pratiquement illisible et plutôt fantaisiste. Personne ne reconnaît les noms grecs écrits en lettres latines. Donc retour à Sitia.

Géologie

La route de Sitia à Ierapétra traverse des montagnes assez hautes. Les crêtes sont équipées de très nombreuses éoliennes modernes. La roche est tendre et façonnée par les hommes en terrasses. Rien de très touristique. Je m’amuse à reconnaître la nature géologique du sous-sol. C’est plutôt un beau casse tête de chercher des structures explicables tant les roches varient : tous les échantillons imaginables se rencontrent sur une très courte distance, calcaires gris et durs voisinent avec des roches rouges et vertes, on passe à des marnes et des sables gris. Vers la côte sud des blocs de grès ont dévalé les pentes et sont en équilibre instable. Après 60 km nous retrouvons la mer et je me baigne dans de l’eau transparente.

Iérapétra

Arrêt au supermarché. Nous trouvons la mosquée et son minaret – en mauvais état – occupée par un forgeron et un kafénéion. Sur le port, la forteresse vénitienne est bien conservée, c’est un bâtiment peu élevé avec de beaux créneaux. Promenade dans les petites rues tranquilles, des tomates sèchent en grappes et en bouquets, photo.

Les ravages du tourisme

La route longe le littoral occupé par des stations balnéaires plus ou moins chics. Ici aussi le tourisme sauvage s’est développé de façon anarchique, beaux hôtels-clubs voisinent avec des constructions bon marché et des chantiers, certains ont été abandonnés en cours de construction, des poteaux en béton armé font de bien tristes casiers gris. Les boutiques exposent les articles de plage variés bouées-canards, dauphins gonflables, matelas pneumatiques occupent les trottoirs, les voitures stationnent n’importe comment, on n’avance pas. Cela ne donne pas envie de faire une étape.

Cultures irriguées et sous plastique

La route principale quitte la côte à Myrtos nous suivons une piste pour atteindre Arvi, elle traverse des oliveraies irriguées. J’ai tout le loisir pour observer les km de tuyaux plastiques noirs fins qui aboutissent à de multiples robinets. Être agriculteur ici est un métier de plombier ! Sur chaque terrasse on a construit des serres abritant des cultures maraîchères ou des bananiers. C’est vraiment surprenant de soir ces serres juchées sur un éperon rocheux ou accrochées au rocher sur le bord de l’eau. La côte est rectiligne, pas de plage, les vagues sont fortes et roulent des galets.

On se paie une belle rigolade parce que je  bois la tasse à chaque vague. Quelques maisons, tavernes et cabanons sans prétention bordent la mer, c’est plutôt sympathique mais pas très joli.

Pique-nique sous un tamaris. La piste devient goudronnée. Au passage d’une rivière à sec, elle se partage en deux pistes. Dominique décide d’attendre le prochain véhicule et de le suivre. Rapidement passe une camionnette qui livre des glaces et, à sa suite, nous arrivons à Tsoutsouris qui est notre étape de la journée.
Tsoutsouris est desservie  par une belle route goudronnée de neuf, c’est son unique attrait. Les bâtiments sont très laids, discothèques et bars occupent le rez de chaussée : l’horreur dans le genre prétentieux. Sans conviction, je cherche une chambre. Comme j’annonce que nous ne restons qu’une nuit, on nous fait visiter des chambres donnant du mauvais côté, et, fort cher. Nous fuyons.

La route a quitté la mer, nous ne trouvons de chambre nulle part. Cette région agricole n’a aucune vocation touristique. Après avoir traversé plusieurs bourgades nous décidons d’arriver le soir même à Kokkinos Pyrgos plutôt que de nous arrêter n’importe où. Dominique, qui en a franchement marre de conduire, parle même de dormir dans la voiture.

Zakros – Vai – Moni Toplou

CARNET PÉLOPONNÈSE CRÈTE 1999

 

le canyon de Zakros

 

Rouge

La route qui va de Palékastro à Zakros traverse des montagnes rouges. La  roche a la même teinte rouge sang que celle des colonnes de Cnossos. La terre est rouge, également du rouge brique caractéristique des terres méditerranéennes. Sur ce sol, les oliviers se détachent, des graminées sèches font par endroit un tapis jaune paille. Les crêtes sont complètement désertiques, des buissons épineux desséchés forment des boules grises argentées, les sauges sont plus jaunes, un curieux thym violet est en fleur. Vers l’intérieur, sur des collines plus basses prospèrent de belles oliveraies irriguées.

Géologiquement, c’est intéressant, les couches sont variées. L’érosion a creusé de curieux canons, l’hiver une rivière doit couler, mais elle a disparu, la végétation est bien verte, des buissons et même des platanes dans son lit.
Nous traversons trois villages – cubes chaulés d’un blanc éclatant égayés de treille de vigne.

Les gorges de Zakros

Nous parquons la voiture à l’entrée du sentier qui descend dans les gorges, mais nous nous trompons et nous retrouvons sur la route des crêtes qui domine les gorges. La vue est magnifique mais de là impossible de descendre la falaise à pic. Chemin faisant, nous croisons un troupeau de chèvres.   Une pauvre petite chienne est attachée au soleil. Nous vidons une partie de nos gourdes dans sa gamelle, mais elle quémande surtout des câlins. Je descends seule dans les gorges. Le sentier est un peu difficile au départ. Dans le vadi, c’est tout plat, la végétation est luxuriante. J’ai l’impression d’être dans une oasis, il manque de l’eau pour être complètement rafraîchie. Impression de calme, je suis seule.
Dominique m’attend à la sortie des gorges, porteuse de bonnes nouvelles : la plage est merveilleuse, elle a trouvé la taverne de nos rêves sur la plage.

Palais de Zakros

Nous commençons par la visite du palais de Zakros. Nous retrouvons facilement la cour centrale, le mégaron, le bain lustral…Ici, pas de restauration comme à Cnossos. Seules les fondations subsistent. Maintenant, nous pouvons reconstruire en imagination le Palais. La surprise vient des fontaines : la citerne est pleine, des tortues nagent dans une eau verte dans deux bassins rectangulaires.

Plage

Mais il commence à faire très chaud. Nous filons à la plage en petit gravier gris avec quelques galets, entourée de montagne rouge. Plus loin quelques bateaux de pêche. Dans l’eau, il n’y a personne excepté une bande de canards blancs qui nagent en formation. L’eau est très claire mais le fond rocheux est légèrement vaseux avec des algues. Je vois de nombreux poissons colorés que j’aimerais bien savoir reconnaître ; je  commence à anticiper les rencontres selon la topographie des fonds certains se cachent dans les fentes, les bleus à tache noires sont dans les eaux claires, des verts, jaunes multicolores près des algues. Il y a aussi de jolis à raies jaune en forme de daurades.

Un autobus arrive et déverse un flot de touristes. Je m’inquiète pour le déjeuner : nous avions convoité une table à l’ombre de tamaris en bord de plage. Elle est déjà occupée et la taverne n’en a que quatre. Nous commandons des farcis et des petits poissons avec du riz. On nous apporte des tomates, la farce n’est pas à la viande, mais au riz et aux herbes, comme celle des feuilles de vigne, tellement parfumées que nous achetons un assortiment de condiments et d’aromates très bien présentés. Café grec, l’addition (logarithmo) est très raisonnable 5300 drachmes avec le cadeau.

Vai

De retour au studio, petite sieste. Nous repartons vers le nord direction Vaï et sa palmeraie.
Les palmiers sont bien là mais les touristes aussi. Rapide demi-tour sur le parking sans même descendre de la Micra.
Nous découvrons une nouvelle plage déserte : deux couples sur le sable, personne dans l’eau.

Moni Toplou

Puis nous recommençons le tour du petit cap par un temps un peu embrumé. Le monastère de Moni Toplou ressemble plus à une forteresse qu’à un édifice religieux : un clocher, un moulin à grain sur le même modèle que ceux qui gardent le Lassithi, en parfait état, il ne manque que les voiles. Les bâtiments de pierre sont hauts et massifs, seul le tour des fenêtres est décoré. Nous sommes en retard pour le musée des icônes mais on peut quand même admirer la plus fameuse dans l’église : elle illustre toute l’Histoire Sainte en soixante saynètes avec une foule de personnages. Nous reconnaissons Jonas et sa baleine, la Sainte Trinité qui domine le tableau, entourée de tous les anges. Un érudit français commente. Il explique que le Père et le Fils ont la même taille – ce qui est caractéristique du dogme orthodoxe –  pour les catholiques romains, ce serait une hérésie. Avec l’aide de ces gens  nous analysons longuement les différentes scènes. Finalement je ne regrette pas que le musée ait été fermé : c’est plus intéressant de se concentrer sur un seul tableau.

 

Vers l’Est , Kritza, Agios Nikolaos, Palekastro

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÈTE 1999

 


Pistes dans la montagne

Après une nuit fraîche, nous quittons le Lassithi par un autre col; toujours défendu par ses moulins à grain qui ont une drôle de forme, ni ronde ni carrée, arrondie côté Lassithi, plate vers la vallée .Très peu de villages, pas de culture, Lassithi est vraiment une oasis. Plus bas, les oliveraies sont très soignées, irriguées avec de très fins tuyaux noir fixés à chaque rangée.
Pour arriver à Kritza sans passer par Hagios  Nikolaos,  nous prenons des raccourcis dans la montagne figurant sur la carte. Dans les champs je demande le chemin aux paysans. Ils nous avertissent que la route est mauvaise. Nous continuons malgré tout. Le ciment fait place à une piste creusée par des ornières, avec des rochers qui affleurent. Dominique est cramponnée au volant. On se demande bien si cela va passer. Au sommet on s’arrête pour laisser refroidir la pauvre Nissan malmenée. Pendant l’arrêt, trois voitures (1 4×4 et 3 pick-up) passent. On n’a même pas la paix pour faire pipi !

Kritza

Kritza nous déçoit, le village est accroché à la colline, petits cubes blancs, terrasses. Joli mais rien d’exceptionnel après ceux qu’on a vu à  Lassithi, pas de quoi justifier une telle expédition. La rue principale est défigurée par le tourisme, pendillocheries et céramiques. La chapelle qui devait être la plus belle chose à voir est introuvable.

La route en corniche d’Agios Nikolaos à Sitia

Agios Nikolaos


Agios Nikolaos est construit dans un site exceptionnel autour d’une jolie baie avec un lac, mais la ville n’offre aucun intérêt, station balnéaire genre Quiberon ou Royan avec des embouteillages de pleine saison et des immeubles de locations.

Corniche

La route longe la mer, difficile d’accès. Pour se baigner, il faut aller sur une plage. Enfin nous en trouvons une sans parasols ni lits dans un village sans prétentions, sur la plage seulement des grecs.

Jusqu’à Sitia, la corniche est magnifique. La route est bordée de lauriers roses. Les points de vue sur la côte schisteuse permettent de découvrir des îles et des presqu’îles. Ravitaillement dans un supermarché à Sitia, ville très encombrée, pas de parking possible.

Village fantôme

Nous arrivons à l’extrémité Est de l’île : bizarre apparition d’un « village fantôme » absent sur la carte. Les maisons sont chaulées de frais, peintes en couleurs pastels. On dirait un décor de théâtre. Quand on s’approche, des jeunes, genre nordique, distribuent des prospectus – mais pas à nous –  ils nous ignorent. Le « village »est enclos de grillages et de barbelés. Dans la campagne environnante, il n’y a ni maison, ni culture à l’horizon. C’est assez cauchemardesque, cet endroit vide enclos dans le rien.

Palékastro

Palekastro et sa plage déserte

Vers midi nous arrivons à Palékastro, notre étape. C’est le bout du monde ! Ce n’est pas une ville, à peine un village, seulement quelques villégiatures. Nous cherchons une plage au bout d’une piste. Un véritable enchantement : pas de route, quelques voitures très dispersées, rien que la plage, un gros rocher(une petite pyramide de grès rouge), l’eau claire, du vent. Enfin, la nature préservée ! le désert, en face le Liban ? La Syrie ? Nous n’imaginions plus que cela puisse exister en Crète !

Nous trouvons facilement à nous loger pour 20 000 drachmes pour 2 jours dans un studio très spacieux,  tout blanc, tout neuf avec une terrasse. Enfin un endroit où on pourra faire de la lessive et de la cuisine !
Pour les courses nous sommes déçues, nous ferons des pâtes et des boulettes.

Nouvelles baignade sur une autre plage où s’est construit un village de bungalows (jolis et fleuris). Je suis moins enthousiaste qu’à midi, la nature n’est plus vierge. Mais la baignade est intéressante, il y a de nombreux poissons.
Plus loin un vrai petit port de pêcheurs. Pour observer le coucher du soleil il faut retraverser le cap et trouver la côte qui regarde l’Ouest. De la voiture, on voit les deux rivages. C’est très beau, désertique, seulement des moutons en liberté. Curieusement, je pense à l’Irlande.

Lassithi

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÈTE 1999

le moulin monte la garde au col

 

Le Plateau du Lassithi

Pour  monter sur le plateau du Lassithi, la route grimpe parmi les oliviers, puis traverse le maquis. Les sommets sont nus, les creux, très verts.  De nombreux platanes sauvages suivent le cours des ruisseaux. L’arrivée est très raide. Le plateau est gardé au col par une série de moulins de pierre comme des tours de guet au flanc de la montagne. De là, on découvre le Lassithi, un oasis, un petite plaine irriguée qui contraste avec les montagnes environnantes culminant à près de 2500 m .Des dizaines d’éoliennes pompaient l’eau du sous sol, la plupart sont maintenant rouillées mais certaines ont gardé leurs voiles triangulaires et tournent au vent .A 850 m d’altitude, il fait frais.

850m altitude le plateau de Lassithi

La moindre parcelle est cultivée : vergers de pommiers, poiriers, cerisiers et pruniers, mais aussi champs de blé venant d’être moissonnés. Nous avons croisé la moissonneuse. Parcelles de pommes de terres. Jardins où poussent haricots et maïs. Les villages sont très proches les uns des autres. Ils sont soignés et fleuris. Souvent les terrasses, au premier étage, sont de véritables jardins suspendus très colorés où dahlia, zinnias, glaïeuls sont installés dans des bidons carrés chaulés. Cela change des sempiternels bougainvilliers en beaucoup plus varié et plus coloré. Devant chaque porte, ce dimanche matin, des vieux somnolent sur des chaises, certains portent le turban noir crétois en bandeau. Les femmes, toutes en noir, sont beaucoup plus actives.

Maria a des chambres à louer

A 9h30, nous cherchons un logement. Un marchand de fringues qui ouvre son magasin nous harponne. Comme j’attends de lui une aide pour trouver une chambre chez l’habitant, je me prête à une mascarade, il me coiffe avec un foulard noir à pompons et se fait photographier avec moi. Il n’est d’aucune utilité. Un garçon de café nous envoie au seul hôtel, vieillot qui me plait bien. Il est beaucoup trop tôt, personne n’est pressé de nous recevoir.

Grotte de Trapeza

Nous trouvons par hasard la grotte de Trapeza ou grotte de Chronos. A peine sommes nous engagées sur le sentier, qu’un jeune à la démarche bancale et à l’air simplet nous emboîte le pas. Le chemin se faufile dans des rochers. Dominique doit renoncer. Mon guide saute comme un cabri. Je peine à le suivre. Arrivés à la grotte, il déniche quatre bougies m’en donne deux et veut me guider dans le noir en me tenant la main. J’essaie d’éviter ses prévenances. Il a raison :  je manque de me cogner la tête contre un rocher . Il commente en Allemand :

–    « ici, un squelette, ici un bébé, ici la cheminée » (une fente dans le roc)

Seule je n’aurais rien vu. A la sortie tout est clair. Le prix est fixe : 200 drs. Je préfère. Dominique, en bas s’inquiète de ne pas me voir revenir. Pour les adieux il nous fait la bise.

Chez l’habitant

  Dans le village suivant, je remarque au dessus d’une boutique « Rooms to let ».
5000 drachmes, très simple, avec une douche mais surtout un balcon d’où la vue est magnifique.
J’écris du balcon, le Mont Dikté se détache, très haut, pelé. Au second plan : des champs et des jardins avec des amandiers. Au pied du  balcon, un enclos bordé de fagots avec des brebis et un poulailler sous des pommiers. Au premier plan, encadrant le tout, une treille avec de très grosses grappes de raisins verts.

Une fois installées, notre logeuse nous offre du café avec un concombre épluché. Nous bavardons en Grec.Elle nous montre ses dentelles. C’est évident qu’il faudra en acheter.

Grotte de Zeus

le mont Dicté

Visite à la Grotte de Zeus, là où il serait né (ou dans la précédente). Si ce n’était la légende, cette grotte ne serait pas extraordinaire. Ce qui gâche la promenade, c’est l’affluence. On dirait une véritable procession à Zeus.

Musées

Nous visitons un petit musée ethnographique : une ferme reconstituée. Comme partout, on présente de la vaisselle, de vieux outils agricoles. L’éclairage vient du plafond noirci par la fumée. Le pressoir à vin, recouvert par une planche devient le lit conjugal ! Dans une autre salle, on retrouve des photos de Nikos Kazantzaki. Il y a également un musée Venizelou, tout en Grec et peu compréhensible pour ceux qui ne sont pas initiés aux guerres de l’indépendance crétoise.

Nous nous arrêtons sous un noyer pour pique-niquer, le long d’un chemin de terre. Nous nous croyons seules, mais le trafic est intense. Finalement le propriétaire arrive à bord d’un pick-up pour voir ce que nous faisons  dans son champ. Il s’assoit près de nous. Nous échangeons quelques propos au sujet des éoliennes qui pompent l’eau fraîche, des patates qui poussent bien… La conversation- en grec – s’étiole. Quand on ne trouve plus rien à se dire il conclue qu’il fait chaud. C’est sans doute la politesse locale.

Nous terminons le tour du Lassithi  vite bouclé. Nous  redescendons la route derrière le col pour visiter un petit monastère. Il faut se déguiser en jupe, quelques icônes, des fresques.  Plus bas au petit village de Krasi, nous nous installons sous le plus gros platane que j’ai jamais vu : un restaurant tout entier tient sous son feuillage. Café frappé et ouzo, en écoutant de la musique grecque sur la radio locale.

Nos hôtes Maria et son mari

Soirée tranquille

Maria nous a préparé un dîner  très simple : des courgettes cuites dans de la sauce tomate, pas de viande, des tomates et des concombres en salade, le plus curieux c’est le pain. Elle garde une très grosse miche dure comme de la pierre et en détache un morceau qu’elle passe sous l’eau, cela fait bizarre, le pain mouillé !

Je vais faire quelques pas dans le village, pas vraiment animé, à la terrasse du Kafénéion je reconnais nos voisins des Anglais, qui me font signe de me joindre à eux. Ils ont terminé leur repas et nous décidons de prendre le café sur notre balcon. Ils possèdent une maison quelque part dans l’ouest de la Crête, parlent grec, et commentent pour nous l’itinéraire C’est une soirée très agréable : Maria nous apporte le café puis revient avec de la confiture de coing, elle est ravie de la bonne ambiance sur son balcon et conclue : « imaste fili »

 

Villages de Kazantzakis et du Greco

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÈTE 1999

 


Mirtia
Nous partons à la découverte de la campagne autour de Mirtia, le village natal de Nikos  Kazantzaki

Autant la façade côtière paraît aride, autant les vallées et les collines de l’intérieur cultivées sont vertes et riantes. La route nous conduit dans un patchwork d’oliveraies très soignées, de vignes portant déjà de lourdes grappes, et de vergers d’agrumes. Dans le fond des vallées, des légumes poussent sous des tunnels de plastique.
Le village de Mirtia est tout blanc et très fleuri. Dans de gros bidons métalliques poussent des géraniums, le long des maisons des bignonias et des bougainvilliers. Les  Kafénéions  ont gardé leur aspect traditionnel avec leurs chaises en bois et les tables carrées. On photographie un paysan sur son âne avec sa bêche.

Kazantzakis

Le Musée est ordonné chronologiquement. Dans des vitrines sont présentés des écrits, manuscrits, lettres de Kazantzaki. Au mur des photos. A l’étage des photos de scène et de films. Présentés dans le monde entier.

 

 

 

 

Le personnage de Kazantzakis a de nombreuses facettes : patriote Crétois, mystique, mais aussi homme de gauche ouvert sur le monde entier. Aucune étroitesse d’esprit : il a traduit Nietzsche et Bergson, Dante et Lénine, s’est passionné pour Bouddha et pour le Christ. Je suis stupéfaite de retrouver dans sa vie le livre de Zorba que je croyais être un roman. Zorba a bel et bien existé, ainsi  que la mine de lignite et le manuscrit sur Bouddha. Ce qu’on aurait pu prendre pour du folklore local a été décrit par un esprit vraiment universel.

 

 

 

 

Fodele


Après midi à Fodele le village du Gréco. Nous  avons enfin trouvé le moyen de contourner Héraklion par le New Road. La côte à l’ouest d’Héraklion est plus escarpée, plus découpée. Les plages sont tout aussi bondées. Les complexes touristiques poussent – moins laids et plus classe qu’à l’est de la ville –. Je me baigne dans une belle eau claire où les bateaux à moteur se déplacent au milieu des baigneurs à grand fracas.

Nous montons dans la montagne. Surprise ! Il y a de l’eau. Fodele est situé dans les schistes verts : un ruisseau coule dans le village et il y a des sources partout. Le village du Gréco est défiguré par les pendillocheries qui pendent le long des murs depuis le premier étage : tapis, dentelles pour les touristes.

Des tables sont installées sur des tréteaux? des musiciens répètent, à l’église un photographe installe des spots, il y aura la fête au village pour un mariage. Je monte à pied vers une petite église byzantine et la maison du Gréco. Trop tard, tout est fermé.
Retour par des pistes aux flancs de la montagne.

Palais de Cnossos

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÈTE 1999

 


A l’écart d’Héraklion, dans une campagne verte, le site archéologique de Cnossos est ramassé. Seul espace vide : une cour rectangulaire où avaient lieu les courses de taureau, les acrobaties. Tout autour, le palais et le Sanctuaire. On retrouve bien l’idée du Labyrinthe Nous passons d’un niveau à l’autre par des escaliers sur au moins quatre niveaux. Pendant un bon moment nous avons du mal à nous retrouver sur le plan. Nous profitons de l’heure matinale pour faire des photos. Nous découvrons au hasard les colonnes peintes, plus épaisses en haut qu’à la base, ainsi que les reproductions des fresques. Les originaux sont au musée. C’était vraiment essentiel  d’avoir fait la visite hier.

La plupart des salles que nous visitons sont des reconstitutions. Je suis vraiment admirative du travail d’Evans. Même si le béton est visible, on ne se rendrait pas compte de la structure du palais si les fouilles étaient restées à l’état brut. Ce qui serait intéressant c’est de savoir comment Evans s’y est pris.

e plan à plat est tout à fait insuffisant pour nous repérer dans le labyrinthe. Heureusement que nous avons le plan en relief du Guide Gallimard.

Le Mégaron de la Reine avec les fresques des dauphins est le mieux rendu. Dans les autres salles, il faut faire travailler son imagination. La richesse du décor n’apparaît pas tout de suite. Il faut plusieurs passages pour se rendre compte du réalisme de l’olivier, ou  pour trouver les oursins et les poissons sur la fresque des dauphins.
A 9h50, le Palais est livré aux hordes qui s’échappent des cars. Nous continuons notre jeu d’orientation avec intérêt, mais c’est moins plaisant.

Heraklion

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÊTE 1999

 

la cour, sous la treille


Recherche d’un hôtel

Nous avons du mal à sortir d’Héraklion. Finalement nous longeons la côte vers l’Est. Le paysage est décevant, exemple d’une urbanisation sauvage et d’un gâchis de paysage. Deux routes longent la côte Old  National Road et New Road (Pourquoi en anglais ?), des constructions affreuses, des immeubles à l’abandon. On dirait que, chacun a bâti son immeuble de rapport à la va vite sans investir assez de capitaux pour faire appel à un architecte, ou même pour le terminer. Puis les affaires ne marchant pas, l’ont abandonné et le laissent crouler.

Les plages sont encombrées de lits et de parasols. Le résultat est si peu engageant que nous nous éloignons de la ville et désespérons de trouver un gîte à notre goût.

Pour 5000 drachmes la chambre a le confort minimum, deux lits une douche, des murs nus, une fenêtre qui ne ferme pas. Mais le patio est ravissant : la cour pavée est à l’ombre d’une tonnelle de vigne, les murs sont blancs d’un côté, rouge foncé de l’autre, portes et fenêtres sont soulignées de bleu vif. Il y a un vent frais. Le soir je suis seule attablée à une table carrée et c’est un vrai bonheur !

sous la treille (bis)


Dépaysement

En traversant la mer nous avons changé de climat. La Crête est plus désertique. La montagne est recouverte d’herbes jaunies, pas un buisson, pas un arbre. Dans les jardins, les arbres sont aussi différents, les palmiers font une arrivée très remarquée. En ville, des jacarandas et des flamboyants. C’est un nouveau dépaysement.

Héraklion a aussi une allure différente des villes que nous connaissons avec ses remparts, ses hangars vénitiens. Les toits de tuile ont disparu, seulement des terrasses.

Musée Archéologique

A l’heure de midi, pendant la pause déjeuner des touristes. C’est bien calculé : nous pouvons accéder aux vitrines.


La découverte de l’art Crétois est un véritable choc.

Il ne ressemble en rien à ce que nous avons vu en Grèce. D’ordinaire vases et pots m’ennuient, pas ici. L’art de la poterie est arrivé ici dans les temps les plus reculés. L’originalité tient  aussi bien dans les formes que dans les motifs décoratifs et les couleurs. La surface est souvent en relief avec des bosses, des coquilles, des pointes qui rajoutent un effet supplémentaire aux couleurs noires, rouges ou blanches. J’ai retrouvé des idoles des Cyclades qui m’avaient tant plu à Athènes. Dans les salles suivantes on voit le fameux disque de Phaistos (2000 1700 av JC) puis les vases de libation à tête de taureau.

Les décors des poteries rappellent la géographie insulaire : des poulpes, des dauphins, des coquillages, des poissons et même des oursins se retrouvent dans toutes les périodes. Autre thème récurrent, le taureau, et aussi les fleurs. Cette abondance me donne un peu le tournis.

Autre source d’émerveillement : les petits personnages en terre et les animaux, des sculptures vivantes drôles, une femme sur une balançoire, un joueur de luth en bronze. J’ai flashé sur les idoles féminines si étranges avec leurs jupes évasées leur taille très fine et leurs coiffures sophistiquées, certaines portent des oiseaux sur la tête, d’autres des capsules de pavot.

Nous sortons manger un gyropita dans le jardin du Musée.
Entre temps tous les groupent rappliquent. Malgré la foule nous sommes éblouies par les fresques.

Visite à pied d’Héraklion sous la grosse chaleur. Ce n’est pas un bon plan. Tout est fermé. Nous avions déjà commis cette erreur à Nauplie. De retour au gîte, il suffit de traverser la route Old Nat. pour être sur la plage, assez moche avec beaucoup de vagues. Cela change. Le soir dans notre petite cour, nous planifions la suite du voyage.

 

Ferry du Pirée à Heraklion

CARNET PELOPONNESE CRETE 199

 

Nous avons quelques frayeurs pour trouver le port du Pirée. Nous recommençons à galérer vers Daphni comme l’autre jour. La signalisation est très défectueuse, rien n’indique l’embarcadère, il faut s’arrêter et demander.
Finalement, nous embarquons avec près de deux heures d’avance puisque le bateau ne part qu’à 20 h. Nous surveillons de loin la Fiat Punto qu’on a abandonnée ouverte sur le quai.

Au coucher de soleil, le spectacle est grandiose : le soleil orange puis rouge décline derrière les montagne d’Eleusis. Des dizaines de très gros bateaux attendent je ne sais quoi, flotte désoeuvrée devant Salamine qui me fait penser aux trières des Anciens. Sur l’autre bord, un autre spectacle s’offre à nous : Athènes s’éloigne. J’ai le temps de reconnaître la Lycabette et l’Acropole. Des dizaines de goélands suivent notre sillage.

  Cela a quand même plus d’allure de faire la traversée en bateau que prendre l’avion. Notre cabine a la clim, une salle d’eau avec douche mais pas de hublot. Elle est bien située, près d’une porte qui donne sur un endroit très calme du pont où nous restons pour voir s’éloigner Egine. La mer Egée est sillonnée de nombreux bateaux illuminés comme pour Noël. Vers 10 h, la côte a disparu mais deux ferries nous précèdent, l’un  deux est le Nikos Kazantzaki parti pour Iraklion un quart d’heure avant notre Rethymnon. Je suis enchantée du spectacle.

 

Arrivée en Crète

Lever du soleil sur les côtes crétoises

A 6h15, je me lève pour ne pas rater le lever du soleil et l’arrivée sur les côtes crétoises. Pour le soleil, c’est parfait. Mais pour l’approche des côtes, c’est trop tard : nous sommes déjà dans le port. Je me réjouissais de cette arrivée, c’est dommage.

Corinthe et Acrocorinthe

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÊTE 1999

 

Sur les bords du Golfe de Corinthe : Hôtel Nerantza

 

En route à travers le Péloponnèse

Nous traversons le Péloponnèse du sud vers le Nord, par Sparte dans des collines de terre rouge. Puis la route s’élève dans des montagnes couvertes de maquis. Autour de Tripoli, une plaine fertile plantée d’arbres fruitiers, surtout de poiriers. Nous roulons ensuite sur l’autoroute dans des montagnes très pierreuses.Vers Corinthe apparaît le vignoble, ce qui n’est pas vraiment une surprise ?

Trouver un hébergement

Pour trouver un logement, direction : la mer. Nous avons le choix : rive sud du Golfe de Corinthe ou rive Nord
Golfe de Salamine : Au hasard nous optons pour la route de Patras qui longe le Golfe de Corinthe. Ce rivage n’est pas vraiment touristique. Des stations balnéaires plutôt minables avec des plages de galets sans intérêt se succèdent. Apparemment,  plutôt destinées aux Athéniens, peu ou pas d’hôtels, des locations, mais rien n’est prévu pour une seule nuit. Je visite une location : 12000 drachmes pour un appartement meublé, cher et peu enthousiasmant. Un écriteau en anglais « garden rooms » nous attire, sympa, mais complet. La propriétaire nous adresse à une copine qui nous montre un meublé vide, sale et lugubre pour 12000 drachmes, sans les draps.

Pour le même prix un peu plus loin nous trouvons un très joli hôtel avec la clim – luxe inutile – il fait très frais, la télé (en grec) et une grande terrasse donnant sur la mer. Comme à Tolo, on peut s’asseoir sur la terrasse du restaurant à quelques pas de l’eau. Des parasols en paille donnent de l’ombre à des chaises longues. La clientèle est uniquement grecque, beaucoup plus simple qu’à Tolo, les gens très sympathiques. Nous serons très bien demain pour attendre l’heure du bateau au Pirée. Nous pique-niquons sur la terrasse de la chambre devant une eau très calme. Sieste traditionnelle.

Ancienne Corinthe

Ancienne Corinthe

Vers 4 h, nous partons visiter les ruines de l’Ancienne Corinthe. Six colonnes doriques monolithiques d’un vieux temple d’Apollon dominent l’Agora et le Forum romain. Les boutiques romaines sont encore très bien conservées. Maintenant nous retrouvons facilement les différents éléments d’une ville antique : les Propylées, la via romaine dallée avec ses trottoirs, les thermes, les latrines, le Sénat, les fontaines. La plus belle est la fontaine Pyrène.  En contrebas, on voit encore une jolie piscine rectangulaire. On imagine les jets d’eau, les parements de marbre, les colonnes corinthiennes. Au fond, des bassins creusés dans la roche avec des grilles de pierre limitent une caverne où la source coule encore. Dans la chaleur écrasante de la fin de l’après midi, il fait frais. J’entre dans la caverne. J’ai la surprise de découvrir une chienne noire et ses six petits chiots noirs et blancs.

chapiteaux corinthiens

Nous sommes un peu blasées : les villes antiques se sont succédées. Toutefois la promenade  est bien agréable, ombragée par des pins très odorants, des amandiers portant des amandes. Nous avons apprivoisé le soleil de l’été avec force bouteilles d’eau, en nous déplaçant  d’ombre en en ombre.

Le Canal

Nous allons jeter un coup d’œil au Canal. Pas de chance, cette fois ci, nous ne reverrons pas les gros bateaux et leurs remorqueurs.
Nous terminons la soirée sur la terrasse de notre chambre devant le Golfe de Corinthe turquoise. Les lumières s’allument une à une dans les montagnes et sur la rive opposée.

 

Lever à la fraîcheur /je sors ma chemise en jeans de la valise.  Autre première : le thermoplongeur pour le café.

Acrocorinthe

Encore des marches!

Acrocorinthe est perchée sur un rocher à 421 m au dessus de la plaine.

Heureusement, la route conduit à la première porte des remparts.  Pour pénétrer dans la citadelle, nous  devons franchir trois portes monumentales. La dernière est encadrée par deux tours carrées, énormes, bâties de blocs géants. A l’intérieur, les quartiers turcs sont en ruine mais il reste une petite mosquée carrée avec son dôme recouvert d’herbes folles, crevé en son centre. Plus loin, un minaret. La ville fortifiée est très vaste, le temps nous manque pour tout explorer. J’aimerais retrouver la source de l’autre fontaine Pyrène,  jaillie du sabot de Bellérophon. Dominique reste auprès du minaret tandis que je grimpe au jugé vers le donjon et longe les remparts, mais du mauvais côté. Je lie connaissance avec des Français que nous reverrons ce soir sur le bateau.

En haut du minaret!

Une surprise m’attend à la descente : Dominique est juchée au sommet du minaret. Elle a vaincu sa claustrophobie et s’est engagée dans un trou entre des blocs éboulés et a trouvé l’escalier en colimaçon.

 

Golfe de Corinthe –

Farniente à l’hôtel

A midi, nous devons libérer notre chambre mais nous pouvons rester sur la terrasse de l’hôtel. Nous profitons donc des chaises longues et des parasols pour nous baigner dans une mer d’huile. Il y a très peu de nageurs, on peut voir le fond. J’ai un peu l’impression de nager en piscine : c’est tellement facile que je pourrais traverser le Golfe. Comme je suis seule à m’aventurer je renonce vite.

Pour le déjeuner, encore une fois, il faut faire confiance au chef qui nous apporte du veau cuit à la tomate avec du riz et une assiette de petite friture. C’est très bien servi et cela ne coûte que 4200 drachmes avec le café.

Nous restons donc toute l’après midi sous nos parasols devant une mer pastel turquoise, le ciel bleu tendre et la montagne mauve. Curieusement une ligne bleu foncé délimite le continent et souligne l’horizon.

canal de Corinthe

16ème jour – Mystras

CARNET  PÉLOPONNÈSE ET CRÊTE 1999

 


On nous avait si bien prévenu de la chaleur étouffante à  Mystras que nous partons à l’assaut de la colline tôt le matin, dès l’ouverture.

Le château fort avec ses remparts crénelés est posé sur une petite montagne pointue qui se détache sur le massif violacé du Taygete (2400m) qui domine la plaine de l’Eurotas où les oliviers sont cultivés sur des terrasses de terre rouge. Dans la lumière du matin, toutes ces couleurs sont vives et gaies.

Afendiko

Nous nous  promenons dans la verdure, de monastère en chapelle. Le jardin de la Métropole est planté d’orangers et de jasmin. Dans une première cour, une jolie fontaine de pierre, une galerie couverte décorée de grosses potées de fougères et de plantes vertes  qui donnent une note de fraîcheur. L’église s’ouvre sur un cloître fleuri. L’ensemble est tranquille. C’est un enchantement.

Evangelisteria

Les églises ont des noms qui me ravissent : l’Evanghelistéria, Saint Théodore, l’Hodigitria.

Chacune est décorée de fresques qui ont une valeur décorative et documentaire extraordinaire. Contrairement aux icônes, mosaïques et fresques que nous avons l’habitude de voir, celles-ci sont très expressives et variées. J’étais étonnée des visages stéréotypés et des regards inexpressifs. Ici, c’est le contraire chaque personnage est vivant. Mystras était la capitale du Péloponnèse, on a sans doute fait appel à des artistes de renom tandis que les fresques trahissent plutôt des codes et des conventions dans les églises de campagnes. Il faudrait avoir tout son temps pour étudier une à une chacune des compositions. Il faudrait aussi avoir une meilleure connaissance de l’Histoire Sainte pour apprécier tous les détails. Nous découvrons chaque peinture, admirons et passons à autre chose. Cela donne envie d’approfondir.

Nous montons vers la ville haute par de nombreuses marches, faisons de nombreuses haltes pour     admirer les coupoles et les toits de tuiles.

Au premier plan: palais du Despote, 2ème plan monastère de Pantanassa, sur la crête le château des Villehardouin

  La porte de Monemvasie marque l’entrée de la Ville haute. Le Palais du Despote est en restauration – en reconstruction ? – les tuiles neuves choquent dans le paysage, il faudrait revenir dans quelques années voir le résultat. Nous atteignons Sainte Sophie.

Les premiers cars déversent leur cargaison de touristes qui  font la visite en descendant et sont tout frais sortis de l’hôtel tandis que nous commençons sérieusement à transpirer.Nous continuons vaillamment jusqu’au château.

Grâce à notre entraînement,  nous arrivons sans trop peiner. C’est vraiment un fort imprenable, le versant caché est une falaise. Il y a encore de l’eau dans les citernes. Créneaux et meurtrières gardent le flanc accessible de la montagne.

La descente est plus pénible que la montée. On cherche les WC, il y a urgence. En route on passe par le couvent de Pantanasssa encore occupé par des nonnes. Dans cette ville fantôme, c’est un petit îlot soigné, fleuri où des chats innombrables se prélassent. Je demande les toilettes, une petite bonne sœur me répond dans un excellent français qu’il faut redescendre et sortir du site. Parlons en de la charité chrétienne ! Nous traversons rapidement leur cour avec les portes des cellules soigneusement laquées de beige.

Dominique descend en vitesse tandis que je monte à l’église pour profiter de la visite d’une conférencière, je suis bien déçue : peu d’explication sur les fresques byzantines (ce que je cherche) seulement quelques commentaires sur la religion orthodoxe. J’apprends qu’il existe encore à Istanbul l’équivalent du Vatican où vit le Patriarche, chef de l’Eglise Orthodoxe Grecque. Ensuite la guide se lance dans des diatribes hystériques contre les A

Mystras : fresques et coupoles

lbanais, voleurs, criminels, violeurs qui envahissent la Grèce, je préfère donc m’éclipser.

Je retrouve Dominique en bas, il est près de midi et il fait très chaud. Nous ne voulons pas quitter Mystras sans avoir tout vu. Nous retournons à la Métropole visiter le Musée où les icônes sont très belles. Dernier monastère Périvleptos ? Nous ne regrettons pas le détour les fresques sont très belles.

Retour par Sparti, que nous négligeons pour déjeuner à la Pension Gina : sardines et salade grecque.

Dernière baignade sur une nouvelle plage bien cachée derrière la montagne : une grande baie de sable et gravier. Le sable n’est pas très propre des feuilles d’eucalyptus et les rubans desséchés des posidonies apportées par la mer. Nous sommes presque seules sous de grands eucalyptus, l’eau est agitée, il y a du vent, cela fait du bien après notre expédition du matin.