A l’Est de Kokkinos, marché de Timbaki, Matala, Kamilari, Kali limenes

CARNET PELOPONNESE CRETE 1999

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Vendredi, jour de marché à Timbaki, la ville voisine. Quelques fermiers apportent leurs produits. Le seul poissonnier vend seulement 4 sortes de poissons, un marchand de fromages. Tout le reste du marché,  des vêtements de mémères. Nous rencontrons nos amis  de Stella Paris.

Visite au musée ethnographique de Vori où d’anciens outils (très beaux) des poteries, de la vannerie du tissage sont très bien présentés.

Nous cherchons la mer à Kamilari-Kamilaki. De jolies tavernes sont posées sur une plage rectiligne avec autant de vagues qu’à Kokkinos. Nous ne trouvons pas la route de la plage de Kosmo et aboutissons à Matala, plage très connue avec des tombes creusées dans la falaises occupées autrefois par les hippies , envahie par la foule, parkings immenses restaurants-usines à touristes.

la plage de Kali Limenes

Une piste interminable en très mauvais état mène à Kali Limenes. La  plage est  tranquille mais avec la vue sur d’énormes réservoirs de carburants. Expédition loupée !

Kokkinos
De retour à la maison, nous avons l’impression d’avoir perdu la journée. Pour couronner le tout nous faisons une promenade désabusée dans Kokkinos. Le délabrement des carcasses d’immeubles commencés pas terminés, les boutiques à l’abandon, les tavernes vides ne remontent pas le moral. La campagne ornée de serres plastiques n’est pas plus pittoresque !
Seul point positif : la dorade cuite sur un lit de citrons et d’oignons avec tomates et courgettes est un délice.

 

 

Les belles plages autour de Kokkinos Pyrgos

CARNET PELOPONNESE CRETE 1999

Aghios Pavlos

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Paris/Kokkinos

A 6h45, je sors dans le couloir avec mon cahier.

A peine installée, le propriétaire m’appelle. Il m’invite au café. Pour 10 000 drachmes, la nuitée, le petit déjeuner est compris (cela doit être pour rattraper les 2000 drachmes de la clim).
Il m’explique qu’il aurait préféré rester à Paris. Sa femme est crétoise, lui Athénien. Il ne tient pas en grande estime les Crétois :

–    « ils sont tous fous, construisent sans permis puis paient l’amende au tribunal. Il n’y a pas de loi. Les gendarmes se font casser la gueule … en France au moins il y a des lois ! »

Sa femme nous racontait la veille des jalousies entre cousins. Elle avait l’air bien jalouse de « Stella appartements ».

Baignade

Après le déjeuner nous retournons à la plage. Il n’y a pas de vent. J’espérais une mer calme, mais les rouleaux sont encore là.  Nous jouons à sauter dans les vagues. Passée la barre, on peut nager.

Notre studio

Nous emménageons dans  notre studio. Comme le ménage n’est pas fait, on nous offre un café frappé. Puis, au passage, un beau melon jaune. Notre appartement est très agréable. Un grand balcon dans la verdure, un coin cuisine. Seule, la vaisselle laisse à désirer, les Grecs et les touristes vont plutôt à la taverne.

Nous partons à la découverte des environs. Le village de Kokkinos n’est pas engageant : des immeubles sans charme pas soignés, en construction, à l’abandon même pas finis.

Aghia Galini

Aghia Galini, la station voisine, au contraire, est très coquette, construite en gradins au flanc de la montagne, autour d’un petit port. Sa plage, abritée des vagues, est couverte de parasols. Les hôtels  chaulés, très fleuris, prospères. Par manque de place, les restaurants sont installés sur les terrasses sous de grands stores. Les boutiques sont bien achalandées. Plusieurs agences de voyages proposent des excursions en car, en bateau. Après la désolation, nous sommes contentes de voir une station bien vivante. Nous pouvons ainsi confier au photographe nos pellicules-photos, trouver le Monde, et acheter des sandalettes transparentes en plastique pour remplacer les chaussons engloutis.

Agios Pavlos

Sur des cartes postales nous remarquons Agios Pavlos, avec de beaux plissements géologiques. Pour s’y rendre on enjambe une montagne très aride par une petite route vertigineuse. La plage est une crique encaissée dans de très beaux rochers. L’eau est transparente, sous l’eau les rochers laissent espérer une faune abondante, l’un d’eux est planté de posidonies, j’ai l’impression de nager au dessus d’un jardin japonais.

Nous louons des lits de plage et un parasol, c’est notre journée de luxe !

Après une dernière baignade, un curieux attroupement surveille une démonstration de natation : cela pourrait être une séquence des bronzés. Un vieil Anglais nage comme un dauphin et enseigne une curieuse nage où, pieds joints, le nageur bat des fesses. Quand les bronzés l’imitent, ils sont franchement ridicules et provoquent la curiosité amusée de tous les Grecs. Ils portent de petites lunettes de nageurs et essaie de mimer la nouvelle nage Cela nous fait bien rire !

 


 

Arrivée à Kokkinos Pyrgos

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les côtes de la mer Lybienne


Kokkinos

Sur le voucher d’Atsaro, l’adresse est énigmatique : « appartement Stella, classe A ».

A l’entrée du village nous voyons une pancarte « Stella Paris ». La propriétaire sort dès l’arrêt de la voiture. Elle parle très bien Français. Elle connaît l’agence Atsaro et Monsieur Labbro. Mais elle n’a aucune réservation à mon nom. En revanche, elle a des chambres disponibles. On visite. Cela ne ressemble en rien à ce qu’on nous avait montré à Paris : pas de balcon fleuri, à la place un couloir commun à 5 chambres donnant sur un mur aveugle, la mer est à 500 m et pas du tout de l’autre côté de la rue.

Nous sommes très déçues, fatiguées et sonnées par l’absence de réservation.

J’essaie de téléphoner à La Chanée au correspondant d’Atsaro de la taverne sur la plage sans y parvenir. Tout le monde est très coopératif à la taverne, chez Stella  Paris, mais notre moral est au plus bas. Lueur d’espoir, il y aurait plusieurs Stella à Kokkinos, nous faisons trois fois le tour du village sans les trouver, en maudissant Labbro. La dame de Stella Paris s’associe à nos malédictions parce qu’elle connaît bien Labbro qui est d’Héraklion mais qui ne lui envoie jamais de clients. Finalement son mari nous montre l’autre « Stella »qui n’avait pas de pancarte visible. C’est bien là ! Je on reconnais les balcons. Mais notre studio n’est pas disponible ce soir.

Retour à Stella Paris où nous sommes très bien accueillies. La dame nous apporte une assiette de figues mais le prix de la chambre est monté de 8000 drachmes à 10 000. Comme je leur fais comprendre que j’entends le Grec, le prix  redescend à 8000 drachmes, mais sans la clim. D’ailleurs le passe temps favori de cette dame est de jouer avec les prix.  Elle nous démontre, calculette en main, qu’on s’est fait rouler pour la voiture. Pour 15 jours, nous aurions dû marchander. Ils nous invitent au café et à boire du raki. Ils ont passé 20 ans en France à Meudon, lui était chez Renault à Billancourt.

Baignade

Nous préférons aller nous baigner d’abord.
La plage est rectiligne, sable et galets, battue par de grosses vagues. Nous choisissons un endroit où de vieilles grecques sont assises dans l’eau. Le reflux fait rouler les galets sous mes pieds et me fouette les jambes. Mes pieds sont aspirés et mes chaussons de plastique sont happés. Je cherche à les récupérer et réussis seulement à me faire renverser, à boire la tasse et à me retrouver toute dépoitraillée. Je rentre pieds nus et amuse tout le monde à Stella Paris.

Notre voisine est une vieille avec une natte noire qui nous tient des discours incompréhensibles. Elle lit à voix haute en ânonnant, des prières (?). Impossible de dormir la fenêtre ouverte avec un tel voisinage, encore moins de dormir à poil. On sort avec 10 000 drachmes et réclame la télécommande du climatiseur.

 


la route de Sitia à Kokkinos

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Sitia

Pour traverser la Crète et rejoindre la mer libyenne, nous repassons par Sitia. On se perd. Pour couper, on s’engage dans un petit village. Dans les ruelles, tous les vieux bigleux, les idiots, les impotents, sont de sortie, impossible de trouver quelqu’un pour nous indiquer la route… La carte est pratiquement illisible et plutôt fantaisiste. Personne ne reconnaît les noms grecs écrits en lettres latines. Donc retour à Sitia.

Géologie

La route de Sitia à Ierapétra traverse des montagnes assez hautes. Les crêtes sont équipées de très nombreuses éoliennes modernes. La roche est tendre et façonnée par les hommes en terrasses. Rien de très touristique. Je m’amuse à reconnaître la nature géologique du sous-sol. C’est plutôt un beau casse tête de chercher des structures explicables tant les roches varient : tous les échantillons imaginables se rencontrent sur une très courte distance, calcaires gris et durs voisinent avec des roches rouges et vertes, on passe à des marnes et des sables gris. Vers la côte sud des blocs de grès ont dévalé les pentes et sont en équilibre instable. Après 60 km nous retrouvons la mer et je me baigne dans de l’eau transparente.

Iérapétra

Arrêt au supermarché. Nous trouvons la mosquée et son minaret – en mauvais état – occupée par un forgeron et un kafénéion. Sur le port, la forteresse vénitienne est bien conservée, c’est un bâtiment peu élevé avec de beaux créneaux. Promenade dans les petites rues tranquilles, des tomates sèchent en grappes et en bouquets, photo.

Les ravages du tourisme

La route longe le littoral occupé par des stations balnéaires plus ou moins chics. Ici aussi le tourisme sauvage s’est développé de façon anarchique, beaux hôtels-clubs voisinent avec des constructions bon marché et des chantiers, certains ont été abandonnés en cours de construction, des poteaux en béton armé font de bien tristes casiers gris. Les boutiques exposent les articles de plage variés bouées-canards, dauphins gonflables, matelas pneumatiques occupent les trottoirs, les voitures stationnent n’importe comment, on n’avance pas. Cela ne donne pas envie de faire une étape.

Cultures irriguées et sous plastique

La route principale quitte la côte à Myrtos nous suivons une piste pour atteindre Arvi, elle traverse des oliveraies irriguées. J’ai tout le loisir pour observer les km de tuyaux plastiques noirs fins qui aboutissent à de multiples robinets. Être agriculteur ici est un métier de plombier ! Sur chaque terrasse on a construit des serres abritant des cultures maraîchères ou des bananiers. C’est vraiment surprenant de soir ces serres juchées sur un éperon rocheux ou accrochées au rocher sur le bord de l’eau. La côte est rectiligne, pas de plage, les vagues sont fortes et roulent des galets.

On se paie une belle rigolade parce que je  bois la tasse à chaque vague. Quelques maisons, tavernes et cabanons sans prétention bordent la mer, c’est plutôt sympathique mais pas très joli.

Pique-nique sous un tamaris. La piste devient goudronnée. Au passage d’une rivière à sec, elle se partage en deux pistes. Dominique décide d’attendre le prochain véhicule et de le suivre. Rapidement passe une camionnette qui livre des glaces et, à sa suite, nous arrivons à Tsoutsouris qui est notre étape de la journée.
Tsoutsouris est desservie  par une belle route goudronnée de neuf, c’est son unique attrait. Les bâtiments sont très laids, discothèques et bars occupent le rez de chaussée : l’horreur dans le genre prétentieux. Sans conviction, je cherche une chambre. Comme j’annonce que nous ne restons qu’une nuit, on nous fait visiter des chambres donnant du mauvais côté, et, fort cher. Nous fuyons.

La route a quitté la mer, nous ne trouvons de chambre nulle part. Cette région agricole n’a aucune vocation touristique. Après avoir traversé plusieurs bourgades nous décidons d’arriver le soir même à Kokkinos Pyrgos plutôt que de nous arrêter n’importe où. Dominique, qui en a franchement marre de conduire, parle même de dormir dans la voiture.

Zakros – Vai – Moni Toplou

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le canyon de Zakros


Rouge

La route qui va de Palékastro à Zakros traverse des montagnes rouges. La  roche a la même teinte rouge sang que celle des colonnes de Cnossos. La terre est rouge, également du rouge brique caractéristique des terres méditerranéennes. Sur ce sol, les oliviers se détachent, des graminées sèches font par endroit un tapis jaune paille. Les crêtes sont complètement désertiques, des buissons épineux desséchés forment des boules grises argentées, les sauges sont plus jaunes, un curieux thym violet est en fleur. Vers l’intérieur, sur des collines plus basses prospèrent de belles oliveraies irriguées.

Géologiquement, c’est intéressant, les couches sont variées. L’érosion a creusé de curieux canons, l’hiver une rivière doit couler, mais elle a disparu, la végétation est bien verte, des buissons et même des platanes dans son lit.
Nous traversons trois villages – cubes chaulés d’un blanc éclatant égayés de treille de vigne.

Les gorges de Zakros

Nous parquons la voiture à l’entrée du sentier qui descend dans les gorges, mais nous nous trompons et nous retrouvons sur la route des crêtes qui domine les gorges. La vue est magnifique mais de là impossible de descendre la falaise à pic. Chemin faisant, nous croisons un troupeau de chèvres.   Une pauvre petite chienne est attachée au soleil. Nous vidons une partie de nos gourdes dans sa gamelle, mais elle quémande surtout des câlins. Je descends seule dans les gorges. Le sentier est un peu difficile au départ. Dans le vadi, c’est tout plat, la végétation est luxuriante. J’ai l’impression d’être dans une oasis, il manque de l’eau pour être complètement rafraîchie. Impression de calme, je suis seule.
Dominique m’attend à la sortie des gorges, porteuse de bonnes nouvelles : la plage est merveilleuse, elle a trouvé la taverne de nos rêves sur la plage.

Palais de Zakros

Nous commençons par la visite du palais de Zakros. Nous retrouvons facilement la cour centrale, le mégaron, le bain lustral…Ici, pas de restauration comme à Cnossos. Seules les fondations subsistent. Maintenant, nous pouvons reconstruire en imagination le Palais. La surprise vient des fontaines : la citerne est pleine, des tortues nagent dans une eau verte dans deux bassins rectangulaires.

Plage

Mais il commence à faire très chaud. Nous filons à la plage en petit gravier gris avec quelques galets, entourée de montagne rouge. Plus loin quelques bateaux de pêche. Dans l’eau, il n’y a personne excepté une bande de canards blancs qui nagent en formation. L’eau est très claire mais le fond rocheux est légèrement vaseux avec des algues. Je vois de nombreux poissons colorés que j’aimerais bien savoir reconnaître ; je  commence à anticiper les rencontres selon la topographie des fonds certains se cachent dans les fentes, les bleus à tache noires sont dans les eaux claires, des verts, jaunes multicolores près des algues. Il y a aussi de jolis à raies jaune en forme de daurades.

Un autobus arrive et déverse un flot de touristes. Je m’inquiète pour le déjeuner : nous avions convoité une table à l’ombre de tamaris en bord de plage. Elle est déjà occupée et la taverne n’en a que quatre. Nous commandons des farcis et des petits poissons avec du riz. On nous apporte des tomates, la farce n’est pas à la viande, mais au riz et aux herbes, comme celle des feuilles de vigne, tellement parfumées que nous achetons un assortiment de condiments et d’aromates très bien présentés. Café grec, l’addition (logarithmo) est très raisonnable 5300 drachmes avec le cadeau.

Vai

De retour au studio, petite sieste. Nous repartons vers le nord direction Vaï et sa palmeraie.
Les palmiers sont bien là mais les touristes aussi. Rapide demi-tour sur le parking sans même descendre de la Micra.
Nous découvrons une nouvelle plage déserte : deux couples sur le sable, personne dans l’eau.

Moni Toplou

Puis nous recommençons le tour du petit cap par un temps un peu embrumé. Le monastère de Moni Toplou ressemble plus à une forteresse qu’à un édifice religieux : un clocher, un moulin à grain sur le même modèle que ceux qui gardent le Lassithi, en parfait état, il ne manque que les voiles. Les bâtiments de pierre sont hauts et massifs, seul le tour des fenêtres est décoré. Nous sommes en retard pour le musée des icônes mais on peut quand même admirer la plus fameuse dans l’église : elle illustre toute l’Histoire Sainte en soixante saynètes avec une foule de personnages. Nous reconnaissons Jonas et sa baleine, la Sainte Trinité qui domine le tableau, entourée de tous les anges. Un érudit français commente. Il explique que le Père et le Fils ont la même taille – ce qui est caractéristique du dogme orthodoxe –  pour les catholiques romains, ce serait une hérésie. Avec l’aide de ces gens  nous analysons longuement les différentes scènes. Finalement je ne regrette pas que le musée ait été fermé : c’est plus intéressant de se concentrer sur un seul tableau.

 

Vers l’Est , Kritza, Agios Nikolaos, Palekastro

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Pistes dans la montagne

Après une nuit fraîche, nous quittons le Lassithi par un autre col; toujours défendu par ses moulins à grain qui ont une drôle de forme, ni ronde ni carrée, arrondie côté Lassithi, plate vers la vallée .Très peu de villages, pas de culture, Lassithi est vraiment une oasis. Plus bas, les oliveraies sont très soignées, irriguées avec de très fins tuyaux noir fixés à chaque rangée.
Pour arriver à Kritza sans passer par Hagios  Nikolaos,  nous prenons des raccourcis dans la montagne figurant sur la carte. Dans les champs je demande le chemin aux paysans. Ils nous avertissent que la route est mauvaise. Nous continuons malgré tout. Le ciment fait place à une piste creusée par des ornières, avec des rochers qui affleurent. Dominique est cramponnée au volant. On se demande bien si cela va passer. Au sommet on s’arrête pour laisser refroidir la pauvre Nissan malmenée. Pendant l’arrêt, trois voitures (1 4×4 et 3 pick-up) passent. On n’a même pas la paix pour faire pipi !

Kritza

Kritza nous déçoit, le village est accroché à la colline, petits cubes blancs, terrasses. Joli mais rien d’exceptionnel après ceux qu’on a vu à  Lassithi, pas de quoi justifier une telle expédition. La rue principale est défigurée par le tourisme, pendillocheries et céramiques. La chapelle qui devait être la plus belle chose à voir est introuvable.

La route en corniche d’Agios Nikolaos à Sitia

Agios Nikolaos


Agios Nikolaos est construit dans un site exceptionnel autour d’une jolie baie avec un lac, mais la ville n’offre aucun intérêt, station balnéaire genre Quiberon ou Royan avec des embouteillages de pleine saison et des immeubles de locations.

Corniche

La route longe la mer, difficile d’accès. Pour se baigner, il faut aller sur une plage. Enfin nous en trouvons une sans parasols ni lits dans un village sans prétentions, sur la plage seulement des grecs.

Jusqu’à Sitia, la corniche est magnifique. La route est bordée de lauriers roses. Les points de vue sur la côte schisteuse permettent de découvrir des îles et des presqu’îles. Ravitaillement dans un supermarché à Sitia, ville très encombrée, pas de parking possible.

Village fantôme

Nous arrivons à l’extrémité Est de l’île : bizarre apparition d’un « village fantôme » absent sur la carte. Les maisons sont chaulées de frais, peintes en couleurs pastels. On dirait un décor de théâtre. Quand on s’approche, des jeunes, genre nordique, distribuent des prospectus – mais pas à nous –  ils nous ignorent. Le « village »est enclos de grillages et de barbelés. Dans la campagne environnante, il n’y a ni maison, ni culture à l’horizon. C’est assez cauchemardesque, cet endroit vide enclos dans le rien.

Palékastro

Palekastro et sa plage déserte

Vers midi nous arrivons à Palékastro, notre étape. C’est le bout du monde ! Ce n’est pas une ville, à peine un village, seulement quelques villégiatures. Nous cherchons une plage au bout d’une piste. Un véritable enchantement : pas de route, quelques voitures très dispersées, rien que la plage, un gros rocher(une petite pyramide de grès rouge), l’eau claire, du vent. Enfin, la nature préservée ! le désert, en face le Liban ? La Syrie ? Nous n’imaginions plus que cela puisse exister en Crète !

Nous trouvons facilement à nous loger pour 20 000 drachmes pour 2 jours dans un studio très spacieux,  tout blanc, tout neuf avec une terrasse. Enfin un endroit où on pourra faire de la lessive et de la cuisine !
Pour les courses nous sommes déçues, nous ferons des pâtes et des boulettes.

Nouvelles baignade sur une autre plage où s’est construit un village de bungalows (jolis et fleuris). Je suis moins enthousiaste qu’à midi, la nature n’est plus vierge. Mais la baignade est intéressante, il y a de nombreux poissons.
Plus loin un vrai petit port de pêcheurs. Pour observer le coucher du soleil il faut retraverser le cap et trouver la côte qui regarde l’Ouest. De la voiture, on voit les deux rivages. C’est très beau, désertique, seulement des moutons en liberté. Curieusement, je pense à l’Irlande.

Lassithi

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le moulin monte la garde au col


Le Plateau du Lassithi

Pour  monter sur le plateau du Lassithi, la route grimpe parmi les oliviers, puis traverse le maquis. Les sommets sont nus, les creux, très verts.  De nombreux platanes sauvages suivent le cours des ruisseaux. L’arrivée est très raide. Le plateau est gardé au col par une série de moulins de pierre comme des tours de guet au flanc de la montagne. De là, on découvre le Lassithi, un oasis, un petite plaine irriguée qui contraste avec les montagnes environnantes culminant à près de 2500 m .Des dizaines d’éoliennes pompaient l’eau du sous sol, la plupart sont maintenant rouillées mais certaines ont gardé leurs voiles triangulaires et tournent au vent .A 850 m d’altitude, il fait frais.

850m altitude le plateau de Lassithi

La moindre parcelle est cultivée : vergers de pommiers, poiriers, cerisiers et pruniers, mais aussi champs de blé venant d’être moissonnés. Nous avons croisé la moissonneuse. Parcelles de pommes de terres. Jardins où poussent haricots et maïs. Les villages sont très proches les uns des autres. Ils sont soignés et fleuris. Souvent les terrasses, au premier étage, sont de véritables jardins suspendus très colorés où dahlia, zinnias, glaïeuls sont installés dans des bidons carrés chaulés. Cela change des sempiternels bougainvilliers en beaucoup plus varié et plus coloré. Devant chaque porte, ce dimanche matin, des vieux somnolent sur des chaises, certains portent le turban noir crétois en bandeau. Les femmes, toutes en noir, sont beaucoup plus actives.

Maria a des chambres à louer

A 9h30, nous cherchons un logement. Un marchand de fringues qui ouvre son magasin nous harponne. Comme j’attends de lui une aide pour trouver une chambre chez l’habitant, je me prête à une mascarade, il me coiffe avec un foulard noir à pompons et se fait photographier avec moi. Il n’est d’aucune utilité. Un garçon de café nous envoie au seul hôtel, vieillot qui me plait bien. Il est beaucoup trop tôt, personne n’est pressé de nous recevoir.

Grotte de Trapeza

Nous trouvons par hasard la grotte de Trapeza ou grotte de Chronos. A peine sommes nous engagées sur le sentier, qu’un jeune à la démarche bancale et à l’air simplet nous emboîte le pas. Le chemin se faufile dans des rochers. Dominique doit renoncer. Mon guide saute comme un cabri. Je peine à le suivre. Arrivés à la grotte, il déniche quatre bougies m’en donne deux et veut me guider dans le noir en me tenant la main. J’essaie d’éviter ses prévenances. Il a raison :  je manque de me cogner la tête contre un rocher . Il commente en Allemand :

–    « ici, un squelette, ici un bébé, ici la cheminée » (une fente dans le roc)

Seule je n’aurais rien vu. A la sortie tout est clair. Le prix est fixe : 200 drs. Je préfère. Dominique, en bas s’inquiète de ne pas me voir revenir. Pour les adieux il nous fait la bise.

Chez l’habitant

  Dans le village suivant, je remarque au dessus d’une boutique « Rooms to let ».
5000 drachmes, très simple, avec une douche mais surtout un balcon d’où la vue est magnifique.
J’écris du balcon, le Mont Dikté se détache, très haut, pelé. Au second plan : des champs et des jardins avec des amandiers. Au pied du  balcon, un enclos bordé de fagots avec des brebis et un poulailler sous des pommiers. Au premier plan, encadrant le tout, une treille avec de très grosses grappes de raisins verts.

Une fois installées, notre logeuse nous offre du café avec un concombre épluché. Nous bavardons en Grec.Elle nous montre ses dentelles. C’est évident qu’il faudra en acheter.

Grotte de Zeus

le mont Dicté

Visite à la Grotte de Zeus, là où il serait né (ou dans la précédente). Si ce n’était la légende, cette grotte ne serait pas extraordinaire. Ce qui gâche la promenade, c’est l’affluence. On dirait une véritable procession à Zeus.

Musées

Nous visitons un petit musée ethnographique : une ferme reconstituée. Comme partout, on présente de la vaisselle, de vieux outils agricoles. L’éclairage vient du plafond noirci par la fumée. Le pressoir à vin, recouvert par une planche devient le lit conjugal ! Dans une autre salle, on retrouve des photos de Nikos Kazantzaki. Il y a également un musée Venizelou, tout en Grec et peu compréhensible pour ceux qui ne sont pas initiés aux guerres de l’indépendance crétoise.

Nous nous arrêtons sous un noyer pour pique-niquer, le long d’un chemin de terre. Nous nous croyons seules, mais le trafic est intense. Finalement le propriétaire arrive à bord d’un pick-up pour voir ce que nous faisons  dans son champ. Il s’assoit près de nous. Nous échangeons quelques propos au sujet des éoliennes qui pompent l’eau fraîche, des patates qui poussent bien… La conversation- en grec – s’étiole. Quand on ne trouve plus rien à se dire il conclue qu’il fait chaud. C’est sans doute la politesse locale.

Nous terminons le tour du Lassithi  vite bouclé. Nous  redescendons la route derrière le col pour visiter un petit monastère. Il faut se déguiser en jupe, quelques icônes, des fresques.  Plus bas au petit village de Krasi, nous nous installons sous le plus gros platane que j’ai jamais vu : un restaurant tout entier tient sous son feuillage. Café frappé et ouzo, en écoutant de la musique grecque sur la radio locale.

Nos hôtes Maria et son mari

Soirée tranquille

Maria nous a préparé un dîner  très simple : des courgettes cuites dans de la sauce tomate, pas de viande, des tomates et des concombres en salade, le plus curieux c’est le pain. Elle garde une très grosse miche dure comme de la pierre et en détache un morceau qu’elle passe sous l’eau, cela fait bizarre, le pain mouillé !

Je vais faire quelques pas dans le village, pas vraiment animé, à la terrasse du Kafénéion je reconnais nos voisins des Anglais, qui me font signe de me joindre à eux. Ils ont terminé leur repas et nous décidons de prendre le café sur notre balcon. Ils possèdent une maison quelque part dans l’ouest de la Crête, parlent grec, et commentent pour nous l’itinéraire C’est une soirée très agréable : Maria nous apporte le café puis revient avec de la confiture de coing, elle est ravie de la bonne ambiance sur son balcon et conclue : « imaste fili »