Je ne me lasse jamais de Matisse qu’il me semble chaque fois redécouvrir. Ses couleurs, son dessin très pur. Je ne sais pas si je préfère dessin ou tableau
L’exposition du MAM a pris pour thème le regard de Matisse sur sa fille. La présentation est chronologique. Nous allons voir grandir la fillette
1905-1906 Fillette lisant
Née en 1894, en 1905 elle a 11 ans. En 1901, à la suite de la diphtérie, elle subit une trachéotomie qui lui cause une vilaine cicatrice. Elle portera jusqu’en 1920 un ruban noir au cou.
Nous allons aussi suivre la famille dans ses déplacements, à Collioure, Issy-les-Moulineaux, Etretat et Nice. Les tableaux peints à Nice sont particulièrement colorés et séduisants
Le paravent mauresque 1921
Après son mariage, Marguerite prend son indépendance, elle n’est plus le modèle privilégié. Elle gère les affaires de son père, le représente à l’étranger. Elle peint elle-même, réalise des modèles de couture.
Claude 1945
Pendant la guerre, elle éloigne son fils Claude et entre en Résistance. Arrêté, elle est emprisonnée et échappe miraculeusement à la déportation. De retour Matisse réalise encore son portrait.
J’ai beaucoup aimé cette exposition : les tableaux de Matisse mais aussi la découverte d’une personnalité intéressante.
Je n’ai mis que quelques clichés, il y a 110 tableaux et dessins…A vous de choisir vos préférés.
Le Château d’Oléron n’a pas de château. Ou plutôt, n’en a plus. Le château féodal des Ducs d’Aquitaine a été rasé au XVIIème siècle. Après la chute de La Rochelle, Richelieu a ordonné la construction de la citadelle. Cette petite ville (4000 ha) est la capitale de l’ile d’Oléron. C’est une jolie ville blanche, au plan régulier, enclose dans ses remparts. L’Office de Tourisme propose une « visite patrimoniale »en 15 étapes, 5km, 1h30 en suivant un dépliant explicatif.
Le Château d’Oléron – Place de la République – halle et fontaine
Le circuit commence place de la République, l’ancienne Place d’Armes. Au fond le marché couvert (1891) est précédé d’une curieuse fontaine en pierre blonde avec des colonne torses et des bas-reliefs marins. Elle fut réalisée en 1851par un compagnon du devoirf, tailleur de pierre. Cette fontaine est alimentée par une citerne récupérant les eaux de pluie, seule source d’eau douce sur l’île avant le raccordement au continent.
Suivant le plan du dépliant, je parcours les rues à la recherche des maisons de citoyens illustres : un peintre Omer Charlet, un médecin et archéologue le Docteur Pineau, un capitaine dont le navire, chargé d’huitres portugaise a fait naufrage et a essaimé le bassin d’une espèce résistante à l’épizootie qui avait décimé les huitres locales. Rien de bien remarquable du point de vue architectural, c’est l’occasion de découvrir l’histoire locale. Pierre Loti est aussi célébré, une rue lui est attribuée et la petite ruelle Aziyadé. Cette promenade est très tranquille sous un chaud soleil par des rues désertes.
Elle me conduit aux remparts verdoyants d’où on a de belles vues sur le Pertuis d’Antioche.
Château d’Oléron remparts
La Citadelle fut bombardée le 17 avril 1945 par les Alliés. Conçue par l’ingénieur Pierre d’Argencourt en 1630, la citadelle fut jugée insuffisante par Colbert. En 1685, Vauban l’agrandit puis réalise le glacis en 1695, et enfin dessine le plan de la ville en damier. Parmi les ruines, je découvre un pont à plusieurs piliers qui va à la Porte Royale et j’arrive finalement sur une belle esplanade herbue où se trouvent l’Arsenal et la Poudrière.
Stèle aux communards
Dans les renfoncements les galeries d’artistes sont actuellement fermées. Des sculptures dispersées ornent l’esplanade. La stèle à la mémoire des Déportés de la Commune de Paris me touche particulièrement. De 1871 à 1872 9000 Communards furent internés dans les forts charentais, les îles d’Aix, Madame , Oléron et Ré.
le Joueur de la Planète – Philippe Ardy
Un peu plus loin, une grande main de pierre tient dans sa paume le globe terrrestre, insinuant que le sort de la planète est entre nos mains. C’est l’œuvre de Philippe Ardy, le titre : Le joueur de la Planète. L’atelier du sculpteur est ouvert. J’ai le plaisir de le rencontrer. J’aime beaucoup ses sculptures en bois, sa curieuse Lucy en noyer, des boules étonnantes. Leur bois m’est inconnu : c’est l’Olivier de Bohème( Eleagnus angustifolia) qui n’est pas un olivier, ni bohémien non plus. Cet arbuste pousse à Oléron. Son bois développe des sortes de chancres, des grosseurs qui donnent une loupe intéressante. Philippe Ardy utilise aussi le bois flotté. Il a réalisé une grande sphère endommagée pendant la dernière tempête.
l’Atelier de Philippe Ardy
Avant de quitter la Citadelle, une guérite dominant le Pertuis d’Antioche est accompagnée d’un arbre dont un panneau raconte l’histoire. C’est celle de l’Orme de Richelieu, un très vieil orme qui servait d’amer aux marins. Les nouveaux mariés venaient y ficher une épingle pour assurer la fertilité. Scié par les Allemands, il fut remplacé par un jeune arbre en 1989 à l’occasion du Bicentenaire.
De l’autre côté du chenal, les cabanes ostréicoles multicolores sont tassées en un joyeux désordre. Elles ont été démontées, repeintes et sont occupées par des artistes, des artisans, des cafés et de petits restaurants. Hors saison, la plupart sont fermées sauf une maroquinerie et une boutique de savons. C’est une promenade très gaie sous le soleil ; Je fais photo sur photo. Devant une cabane un peu foutraque avec balais, cônes oranges et empilement de ces sortes d’assiettes trouées des bouchots, tout un bric à brac ; l’occupante me montre la photo de la « mémé-pisse-debout » une vieille paysanne en tenue grise. Rencontre sympathique.
Pique-nique devant deux bassins rectangulaires d’affinage des huitres. Une voiture s’arrête. Deux ornithos vont photographier les bernaches qui se nourrissent dans la vase près du bord. De l’autre côté de la route, le port ostréicole est aménagé dans d’anciens marais salants. Cabanes colorées et bateaux à fonds plats.
Le sentier du littoral rejoint le viaduc, 205 km plus loin entre littoral et claires ostréicoles. Sous le soleil, les épines blanches font un feu d’artifice éblouissant sur le ciel bleu. Dominique m’attend à côté de la Cabane du bout du monde.
Joie collective sur les Champs Elysées, années 70, manifestations heureuses.
Bandes portées au Carnaval de Sao Salvador de Bahia
Joie collective du Carnaval!
Le Palais de Tokyo est un lieu très cool. L’art contemporain n’est pas du tout rébarbatif ou difficile d’abord. On y est très bien accueilli. Des médiateurs.trices prennent en charge les visiteurs pour une visite de 30 minute personnalisée.
Moki Chery : textile
Des espaces invitent le public à participer dans une expérience collaborative. La couleur violette indique qu’on attend une participation active du public. Sur une petite scène une adolescente joue à la vedette. On peut colorier une œuvre qu’un plasticien, Dimitri Milbren a dessinée
Babyfoot panafricain de Bocar Niang (Sénégal)
Le babyfoot panafricain de Bocar Niang invite au jeu collectif . pas de boules pour jouer mais on peut voir de près les personnages, reconnaître Rosa Park ou Nelson Mandela.
Cosmorama Montreuil
Oeuvre collective que le Projet participatif à Montreuil dans le quartier Morillon où les habitants ont suspendu un maillot de foot de l’équipe malienne . Et où les enfants ont décoré la porte bleue
les enfants devant la porte bleue
Musique en vidéo sur un très grand écran des tubas cuivres et contrebasses se répondent à la Nouvelle Orléans. On regarde, on écoute, on commente on bavarde avec des inconnus;
Cindy Bannani – manifestation marche de 1983
Notre visite se termine en broderie. la brodeuse Cindy Bannani a imaginé une installation avec ses tableautins brodés des marcheuse en manif. sur une table une banderole doit être brodée : il y a du matériel, coton à broder, cercles de bois ajustables, aiguille, j’ai réclamé un dé. Chacun, chacune plutôt peut mettre son point à la création collective. En brodant on échange, on bavarde, on se lie. La plasticienne n’a pas pu afficher de keffieh, cela fait débat!
on nous a tant promis. on nous a menti
je ne vous ai pas parlé des expos photos, des vidéos, de la musique….
Exposition temporaire du 27 Avril 2024 au 16 février 2025
A l’occasion du 60ème anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et la France, le Musée Guimet se pare de rouge
Origine : façade du Musée Guimet
Jiang Qiong Er a habillé de rouge la façade du Musée Guimet en pratiquant des petites grottes en référence aux sites rupestres de Mogao Clic
Authenticité
Douze créatures, (Authenticité, Fraternité, Inclusion, Paix, Egalité, Bienveillance, Temps, Exploration, Bravoure, Nature, Sagesse, Liberté) occupent chacune une petite grotte. la façade est livrée à l’épreuve du Temps, temps de l’horloge puisqu’à chaque heure six des douze créatures s’animent et sortent de leur antre. Temps, météo, puisque la pluie, la nuit, le soleil, modifient couleurs et reflets.
Nature
Dans la bibliothèque en rotonde au deuxième étage les créatures en bronze sont exposés à hauteur d’homme si bien qu’on peut les observer en détail.
Une autre installation se déploie sur la terrasse.
Cette installation est l’œuvre d’une plasticienne également styliste Jiang Qiong Er née en 1976 en Chine mais ayant également étudié en France, parfaitement francophone qui explique dans des pastilles sonore son travail. Métissage entre la culture chinoise et française, utilisant l’intelligence artificielle. Métissage entre art et design.
Chiharu Shiota est une plasticienne japonaise née en 1972 à Osaka. Elle travaille également à Berlin. Son matériau de prédilection est le fil qu’elle tisse de ses mains fil de laine ou de coton, rouge le plus souvent mais également noir ou blanc.
Where are we going? barques et fil blanc
Le visiteur est accueilli en haut de l’escalier d’honneur par cette gigantesque suspension blanche qui prennent des allures d’ailes blanches.
Il traverse les arches rouges qui jaillissent des barques, déstabilisé.
j’ai déjà rencontré son fil rouge au Musée Guimetjuste après le confinement, les objets enfermés dans la toile d’araignée correspondaient bien à l’humeur du moment, quand nous étions enfermés, liés. *Elle avait empaqueté de très petits objets, des meubles et et jouets de maisons de poupée. Au Grand Palais, changement d’échelle. Elle joue avec des chaises, lie un piano après sa combustion de fil noir
Piano carbonisé et fil noir
Avec ces fils, ces nœuds, j’avais rapidement classé Chiharu Shiota comme « artiste textile » c’est réducteur! En plus de ces installations, elle a aussi expérimenté avec son corps, l’enfouissant dans la terre, ou se baignant dans la boue. Les vidéos où on la voit couverte de boue me mettent mal à l’aise.
Untitled Islande
Elle met en scène son corps. Dans une vidéo on la voit nue sous un enchevêtrement de fins tuyaux où circule le sang. Elle est parcourue de spasmes . je pense un peu à Sophie Calle. Elle trempe aussi de boue des très longues robes suspendues qui gouttent
Memory of skin
ou elle joue avec la peinture, devenant elle-même peinture
Becoming painting
Toujours ce rouge sang!
l’exposition du Grand Palais montre des dessins préparatoire, des esquisses, des photos, des vidéos. L’une d’elle de 23′ est particulièrement éclairante. Si on prend le temps d’écouter on comprend ce qui échappe à la seule vision.
peintre, artiste textile, vidéaste, photographe.
Crépuscule des Dieux
Elle est aussi scénographe de nombreux opéras : Siegfried, le Crépuscule des Dieux, Oedipe de Sophocle par Stravinsky et bien d’autres oeuvres sont jouées dans les décors de Chiharu Shiota.le problème est que l’exposition a voulu trop en montrer. On voit les captation des différents opéras, les danseurs, les chanteurs mais la musique d’un seul domine. C’est perturbant
Fenêtres de Berlin
.
Chiharu Shiota a aussi été témoin de la Chute du Mur de Berlin qu’on voit en vidéo; la ruée vers l’Ouest a entrainé l’abandon de quartiers de Berlin Est. La plasticienne a récupéré les châssis des fenêtres et portes des maisons désertées et les a assemblées. L’huisserie garde quelque chose de ces maisons abandonnées, leur âme?
Et que dire des valises en lévitation?
Rien n’est gratuit dans ces installations; A Venise, elle a suspendu des clés aux fils rouges. On peut aussi imaginer que les souvenirs sont prisonniers de la toile d’araignée, ou que les barques et les valises sont celles des migrants.
Le Palais de la Porte Dorée fut construit à l’occasion de l‘Exposition Coloniale de 1931. Il a été transformé en Musée Permanent des Colonies, puis en Musée de la France d’Outremer jusqu’en 1960. Les collections ethnographiques furent transférées en 2003 au Musée du Quai Branly. l’actuel Musée de l’émigration, ouvert au public dès 2007 ne fut inauguré officiellement que 7 ans plus tard après des controverses par le Président Hollande en 2014.
Le bâtiment de Lapradeavec le bas-relief de la façade d’Alfred Janniot – tapisserie de pierre – les fresques de la Salle du Forumde Ducos de la Haille, le Salon des Laques forment un ensemble Art Déco remarquable et classé.
Amalia Laurent – A l’usage des fantômes
Cependant toutes ces œuvres à la gloire de la Colonisation, de l’extractivisme sont difficiles à regarder aujourd’hui à l’heure de la Décolonisation. Le Palais a offert à 13 artistes de construire une promenade poétique en revisitant le monument par un regard critique.
Le nageur rouge… « Dans le Bonheur« CLIC qui accueille les visiteurs émergeant des buissons dans un crawl puissant, donne le ton. Sa couleur rouge transcende les couleurs de peau, il peut évoquer aussi l’émigration par la mer, dans les pirogues – l’artiste Djadji Diopest sénégalais.
A l’usage des fantômes
Masquant l’entrée de laSalle du Forum, Amalia Laurent, a suspendu un immense voilage teinté qui joue les effets de transparence et de lumière, l’œuvre, A l’usage des fantômes , dansée sur la musique d’un gamelan javanais, se place à la limite du réel et des mondes parallèles. On devine, déformées les fresques, couleurs illisibles. Les fresques vantant l’action des colonisateurs et l’extraction coloniale des richesses de la natures se trouvent atténuées, brouillées par le voile. Il ne s’&git pas de détruire ou de faire disparaître l’héritage d’une période historique douloureuse mais d’ajouter un élément…
Kokou Ferdinand Makouvia (Togo)Aze zz Ame Are
Fantômes encore! L’artiste togolais, Kokou Ferdinand Makouvia, assailli d’étranges vibrations provenant d’une foule emprisonnée dans le Palais a inventé un rituel de purificationpour apaiser ces présences. Il a confectionné d’étranges vases d’argile, cousus de fils de cuivre, dans lesquels des tubes sont destinés à recueillir les messages des visiteurs. Au pied des sculptures sont répandues des feuilles de Kpatima. Les messages sont brûlés, leurs cendres recueillies sont utilisées pour faire l’encre a disposition des visiteurs suivants….
Aung Ko House Project
Myanmar House Project de l’artiste birman Aung Ko
La maison-patchworka été cousue par les visiteurs qui peuvent y trouver refuge. Une vidéo projetée montre la construction de maisons de bambous sur un fleuve, avec le transport fluvial des cannes puis la construction. La maison s’ouvre sur l’installation du togolais.
La déambulation se poursuit entre des installations recyclant du matériel de bureau parlant, installation sonores de paroles d’enfants commentant les sculptures de la façade.
Teresa Fernandez-Pello
Teresa Fernandez-Pello a imaginé un mur électronique encadrant le grand To’o Mata des Îles des Marquises. Le dépliant du Musée a soutitré cette installation « se souvenir »
Rikrit Tiravanija et Vivien Zhang : Invasives
Une salle est tapissée de motifs phylogénétiques comme l’arbre de Ernst Haeckel. Invasives , les plantes, un autre aspect de la migration.
Rive Droite
A l’étage, l’exposition est beaucoup plus fournie. Diverses œuvres évoquent plutôt des histoires personnelles de migrants, d’exils, d’errance ou de solitudes. Tableaux comme Rive Droite hyper-réaliste ou gravures, photos. Dans le Studio Rex des photos tentent de donner une présence et sortir de l’ombre ces hommes et ces femmes souvent sans-papiers, sans-droits
Myriam Minhidouest une plasticienne franco-gabonaise que j’ai découverte récemment au Musée du Quai Branly CLIC. J’avais été impressionnée par l’exposition Ilimb l’essence du deuil : le « serpent » musical qui réagissait au passage du visiteur, les larmes de sel sculptées, les instruments traditionnels m’avaient parlé.
Services
J’étais donc impatiente de voir plus d’œuvres dans les grandes salles du Palais de Tokyo. J’ai été désarçonnée par la diversité de la présentation.
Objets, rituels, présence du corps de l’âme et de la mémoire dans notre relation au monde sans cesse déséquilibrée
peut-on lire sur la feuille de présentation.
Aer bulla
Je suis perdue dans des notions étranges comme la « Transsudation » ou les « mondes subtils » ou « Dechoukaj »
les vidéos m’ont mise très mal-à-l’aise Folieet La robe envolée
Je suis ressortie avec un sentiment très mitigé, avec l’impression d’avoir raté cette rencontre.
Il sera question de deuil, de rituels, de sorcellerie peut être, de femmes caribéennes sûrement.
Tituba qui pour nous protéger, Naudline Pierre (USA)
j’ai beaucoup aimé la vidéo (10’33) de Myriam Charles d’origine haïtienne, vivant à Montréal, à la mémoire d’une jeune fille assassinée. L’écran est troué d’un cercle dans lequel s’impriment des images plus intimes : la chambre de la jeune fille alors qu’hors cadres on voit des images de nature tropicale. Une marche funèbre est chantée en créole « Pakité m’égaré »
Liz Johnson Arturexpose des photographies des manifestations à Londres de Black Life Matters
Installation étrange de parpaings émaillés construisant murs et barrières dans la pièce. Une armoire couchée en biais contient de la vaisselle en cristal cassée.
Naomi Lulendo présente 3 photographie au fond presque noir, clair obscur : Potomitan, Nuit Noire, Ombre portée (impossible à photographier avec mon téléphone.
Le montage photographique de Claire Zaniolo montre des images de Guadeloupe.
Malala Andrialavidrazana est une artiste franco-malgache, architecte de formation.
Figuresest une fresque de 58 m x5 m conçue exprès pour la grande verrière du Palais de Tokyo. Elle est réalisée par collages numériques à partir de de 2000 sources d’images : cartes d’Atlas anciens, billets de banque principalement. D’ailleurs, le titre Figures se comprend au sens anglophone de « chiffres », des montants des billets qui circulent. Figure, c’est aussi le visage d’un personnage emblématique comme Mobutu et son léopard qui symbolise aussi la ruse et l’autorité dans la culture swahilie.
Mobutu, le léopard et l’idole pop
Dans le collage ci-dessus, le léopard zaïrois saute sur l’idole pop.
Cartes de géographie et bateaux qui relient les continents, qui ont transporté les esclaves, tout cela évoque une circulation mondiale, une mondialisation des marchandises et des personnes. Tous les personnages de la fresque sont en mouvement.
mondialisation
Ponts et barrages relient les continent. On imagine des univers africains, d’autres asiatiques. Et toujours personnages et animaux bougent, nagent rament. Figures peut aussi évoquer les personnages célèbres comme Charlot, Cadet Roussel, La Semeuse et son bonnet phrygien et même Ramsès II sur son char, arlequin qui symbolise la fourberie, les navigateurs européens dont les « découvertes » sont synonymes de pillages, exploitation, esclavage et extractivisme.
Ramsès sur son char mais que vient donc faire l’orignal et la moto?
En cherchant bien, je découvrirai Nelson Mandela (billet de banque) , la frise de l’Evolution, une tortue tractée….
La semeuse
On pourrait rester des heures à détailler les personnages, à imaginer des circulations. Une dame me montre une minuscule souris sur une balançoire. Pour mieux identifier personnages et symboles trois écrans interactifs donnent des explications. Chacun se promène à sa guise.
Je suis étonnée par le nombre d’enfants très attentifs, d’adolescents de jeunes adultes. L’ambiance est très décontractée et ne ressemble pas à celle des expositions de l’Orangerie, Orsay ou le Luxembourg. Il y a aussi beaucoup plus d’espace.
Olga de Amaral est une artiste textile colombienne née en 1932 à Bogota. Elle a étudié à l’Académie des Arts de Cambrook(Michigan) qui s’inscrit dans le mouvement Arts and Crafts et dans l’école du Bauhaus apportant une attention particulière au design et aux arts déco. Traditionnellement les femmes étaient orientées vers les textiles (comme Anni Albers ou Sophi Taeuber avant elle). Avec son mari Jim Amaral, ils fondent une entreprise de textiles décoratifs Telas Amaral.
Dans les années 1960 Olga de Amaral expérimente nombreuses techniques de tissages. Elle incorpore à la laine du lin du coton mais aussi du crin de cheval et même de l’or ou du plastique. Elle expose en 1967 à La Biennale internationale de tapisserie à Lausanne.
Riscos en sombra
Elle souhaite que ses œuvres soient détachées des murs pour être appréhendées comme des sculptures autour desquelles on peut circuler plutôt que des tapisseries garnissant les murs. A cette occasion, une médiatrice (passionnante) évoque la « querelle de Lausanne » opposant les cartonniers et les tenants de l’art textile plus moderne CLICUn autre médiateur, toujours à propos de la biennale de Lausanne fait allusion à l’aspect genré de la tapisserie qu’on associe à un art féminin. Cette visite à la Fondation Cartier a été passionnante grâce aux commentaires très nombreux des médiateurs. De nombreuses visites guidées sont également proposées.
Brumas
La petite salle du rez-de-chaussée est occupée par les Brumas qui sont des installations suspendues d’environ (190x90cm) en lin, gesso(apprêt) , peinture acrylique et papier japonais. Ce sont des représentation de la pluie fine colorées de motifs géométriques. La série des brumas a déjà été exposée à la Fondation Cartier en 2018 dans l’exposition Géométrie du Sud CLIC que j’avais beaucoup appréciée. Les Brumas jouent sur le volume et sont vraiment à la limite de ce qu’on imaginerait qualifier de tapisserie.
brumas
la Grande salle est occupée par des tapisseries monumentales Muro en rojos et Gran muro quisont des assemblages de sorte de tuiles tissées évoquant les murs de briques ou même les feuilles mortes.
Gran muro
On les a présentées avec de gros rochers d’ardoise pour souligner le lien avec le paysage. Le titre de la section de l’exposition est Tisser le paysage. D’autres oeuvres sont faites de bandes tissées entrelacées ou reliées entre elles enroulées figurant les lianes de la forêt ou même des falaises escarpées
Lianas
Ces bandes jouent avec la lumière, j’ai pensé à Soulages à cause de cela. strates de textile, lianes…
Cenit patchwork doré
D’autre inspirations viennent de l’Or des Indiens précolombiens comme l’or des autels baroques des églises. Utilisant d’autres techniques, de bandelettes plus fines pouvant être dorées à la feuille d’or, elle compose des panneaux somptueux : plutôt rouge d’un côté dorés de l’autre
Cenit (côté doré)
Elle joue aussi avec les traditions précolombiennes, les nœuds qui étaient un véritable code,
En gris e rozado
Traditions mystérieuses qui garderont sans doute leurs secrets.
Olga de Amaral ne s’interdit aucune matière, ni même la matière plastique, la feuille d’argent ou le palladium…
paisage de calicanto
La dernière salle ressemble à un sanctuaire avec ces stèles doréesd’un côté noires de l’autre : le coton tissé est recouvert d’une épaisse couche de gesso doré ou revêtu de peinture acrylique. La série des Estelas comporte 70 pièces qui évoquent des mégalithes et des sites archéologiques précolombiens.