Dès l’entrée Picassonous éblouit avec sa Tête Rouge , tellement parfaite. En face un Minotaureesquissé sur un grand tableau coloré. Ils sont tous là, ceux qu’on attendait : Matisseet un collage bleu de la danse, Modiglianidessin et tête sculptée. Et puis Chagallque j’aime tant, moins attendu dans ses évocations de sa Russie natale, 6 dessins (1911) comme un roman graphique de son enfance.
Chagall: ma mère au four à pain
Moins attendus, cette série de Balthus, illustrations des Hauts de Hurlevent
Balthus : hauts de Hurlevent
Voyage en métro très coloré pour Dubuffet (11 planches)
Dubuffet : voyage en métro
Derain, Fernand Léger, Kupka, Giacometti, Camoin, Cocteau, et j’en oublie. Comment choisir? J’aimerais les garder tous. Dessins mais aussi caricatures pour certains : Ubu par Rouault
Derain : Femmes
Je suis restée scotchée dans la petite cellule où est projetée l’animation Other Faces de Kentridge
En face de Kentridge le thème de la cimaise est « Hurlements » qui pourrait également caractériser la vidéo où on voit littéralement le personnage cracher ses hurlements à la figure d’un autre.
George Grosz, déjà en 1920, dans Volkes Stimme ist Gottes Stimme dénonce la violence nazie, déjà la croix gammée figure sur la tasse.
Grosz Volkes Stimme ist Gottes Stimme
Julio Gonzalez(1941) a dessiné des femmes criant, cris aussi de Basquiat
Balbutiements est le thème suivant illustré par 4 œuvres de Paul Klee et Alechinsky avec une série de dessins danois et néerlandais que je ne connaissais pas. Inconnue de moi Miriam Cahn et bien dans le thème des gribouillages d’Henri Michaux.
On monte à l’étage pour découvrir des œuvres plus déroutantes, moins connues (de moi) pas seulement du dessin mais aussi des performances de dessins à l’aveugle, de danse avec Trisha Brown.
Brion Gysin
Influences orientales et calligraphies, près de Zao WouKi
4 mains
j’aurais dû citer Penone, Tapiès,
Et voici dans al section Superposer reviennent Picasso, ,Juan Gris, Braque, Fernand Léger et Picabia pour ne citer que les plus connus. Dommage que l’exposition ferme bientôt ses portes. Je serais volontiers revenue pour faire connaissance avec ceux que je découvre.
juillet Exposition temporaire jusqu’au 19 juillet 2026
Artes 110 – autoportrait symbolique
Une découverte pour moi ! Leonora Carrington (1917 – 2011) née en Angleterre, peint très jeune. Ses aquarelles peintes à Florence à l’âge de 15 ans sont bluffantes. on peut y trouver de nombreux thème qu’elle exploitera tout le long de sa vie : sa crinière rousse (venant peut être de l’Irlande de sa mère) et qu’on retrouvera dans celle des chevaux, le goût des belles robes et les petites fées fantastiques. Déjà, on note ce qui deviendra le Surréalisme.
Sisters of the Moon : Juliette (1932)
Elle voyage en Italie, pour « Le Grand Tour » et sera marquée par la Renaissance italienne
Leonora Carrington et Max Ernst (inachevé)
En 1937, elle rencontre Max Ernst avec qui elle s’installe à Saint Martin-en-Ardèche. Leur maison est une oeuvre d’art : Max Ernstsculpte à l’extérieur, elle peint les portes, les fenêtres.
Fenêtre peinte
Avec l’occupation nazie, Max Ernstest interné au Camp des Mille, comme allemand. Ils cherchent à fuir et à rejoindre l’Amérique.
Leonora Carrington et Max Ernst
Leonora passe par l’Espagne et connaît un passage difficile, à la suite d’un viol collectif, elle est internée dans un hôpital psychiatrique à Santander dans des conditions terribles
max Ernst : Le médecin Espagnol (c’est le monstre à côté du cheval, Leonoral s’enfuit et le mouchoir représente Max Ernst..
Elle finit par retrouver les surréalistes à New York en 1941 puis s’installe à Mexicoen 1942
Kati Horna (1947) Portrit de Leonora Carrington
Sa production est présentée dans la section Le voyage de l’héroïneet Cuisine Alchimique. Le plus souvent ésotérique, toujours surréaliste. je retrouve ses obsessions : le cheval, son alter-ego, les oiseaux parfois familiers, souvent effrayants,
ladies run there is a man in the rose garden
Souvent de nombreux personnages peuplent le tableau. Il faudrait rester longtemps pour découvrir les détails. Malheureusement on se bouscule dans les salles du Musée du Luxembourg.
Certains tableaux sont effrayants d’autres très amusants comme cette sorcière qui donne une perle à un aigle observée par deux spectateurs cachés
Nourrissant la table
Avec Leonora Carrington, le surréalisme peut être très amusant!
Bodys Isek Kingelez – projet pour Kinshasaa aménagé le
J’ai toujours beaucoup aimé la Fondation Cartier,Bld Raspail, dans le beau bâtiment de JeanNouvelavec le jardin. Le nouveau site se trouve dans un emplacement prestigieux place du Palais Royal, en face du Louvre, dans un immeuble haussmannien édifié pour l’Exposition universelle de 1855.
Au premier plan sculpture de bois de Véio au fond Ribalta d’Eliane Duarte
Pour son ouverture, l‘Exposition Générale présente les collections sous 4 thèmes : Machines d’Architecture, Etre nature, Making thingset Un Monde réel . Les œuvres sont réparties sur trois niveaux ouverts les uns sur les autres : on peut découvrir le niveau -1 en surplomb. Cette présentation ne facilite pas la visite. J’ai été déconcertée par la variété des œuvres, des artistes, des provenances. Pas de rétrospective d’un plasticien. Encore moins d’aire géographique, un Japonais côtoie des Français, des Brésiliens, un Chinois. Art textile et sculpture de bois. Dessins minutieux noir et blanc et grande installation.
Garouste – Indienne
Heureusement, pour orienter le visiteur perdu, la Fondation a prévu de nombreux médiateurs tablette numérique à la main qui vont compléter les explications des cartels. Il y a aussi des visites-flash.
Plutôt que de tout voir et de passer vite devant les œuvres proposées, j’ai préféré me limiter au rez-de-chaussée
petite Cathédrale Alessandro Mendinii
les Machines d’Architecture accueillent le passant dès l’entrée . Devant la petite église de mosaïque : Petite Cathédrale(2002) d’Alessandro Mendini, j’hésite, est-ce une maquette? Elle est plus grande que certaines chapelles. Ni croix, un autel doré étrange, un campanile qui pourrait être un minaret, ce n’est pas un projet réalisable, plutôt une rêverie, suggère le cartel.
Une feuille de béton ondulante est une véritable maquette d’une chapelle au milieu d’une forêt chinoise. Chapelle en couloir ondulant, dépouillée. A-t-elle été construite? Nul ne le sait, l’architecte japonais n’a peut-être pas eu l’autorisation du pouvoir chinois. On peut aussi rêver….
le sapin sur la colonne
A quel stylite est destiné cette colonne? Comme Syméon le Vieux (392-459) dans le désert de Syrie. C’est un petit arbre, un conifère, il semble qui attend son arrosage automatique hebdomadaire. Encore un objet sont la seule fonction est de nous interroger.
Perchée sur un arbre en bois, un vrai tronc, la chatte Nini en bronze d’Agnès Varda. Clin d’oeil sympathique!
Bodys Isek Kingelez projet Kinshasa utopique
Ma préférence va au projet de Kinshasautopique de Bodys Isek Kingelezavec ses jolies maquettes colorées, son stade Lumumba, sa promenade le long du fleuve Congo, on s’y croirait presque.
Caï Guo-Qiang : papier de riz et poudre à canon
Une grande salle claire regroupe les œuvres diverses sans lien apparent entre les unes et les autres. Heureusement, une médiatrice explique comment le plasticien chinois a dispersé de la poudre à canon, a recouvert d’ un panneau pour contenir les explosions. Caï Guo-Qing est un artificier qui a fait des spectacles pyrotechniques remarqués dont la fête de fermeture du Centre Pompidou CLIC
Simon Hantai
Sans transition, un très beau panneau orange de Hantai obtenu par de multiples pliages.
Othoniel paysage amoureux
Le paysage amoureux d’Othonielm’a beaucoup touchée : les fines perles forment un très long réseau rouge comme le sang des veines et des artères passant par de grosses perles rouge comme des cœurs, et d’autres organes. « objet rituel et érotique » note le cartel.
Ribalta Eliane Duarte (Brésil)
Les cordons de tissu tressés avec des plumes, du lurex, des matériaux recyclés, contiennent des « trésors » sorte de cristaux ou petites mains de plastique. On dirait qu’elle a voulu y enfouir des secrets. A quoi correspondent ces cordes qui ressemblent à des racines d’arbres ou peut-être à la mangrove. Des centaines de mètres, peut-être des kilomètres de travail manuel patient, méditation, ou rituel .
Impossible de rendre compte de toutes les objets exposés, des installations luxuriantes ou minimalistes . Je reviendrai. Pas pour tout voir, pour choisir encore des oeuvres qui me parleront.
Exposition temporaire au Grand palais jusqu’au 5 avril 2026
Clarivel Face Forward Gazing (2024)
Mickalene Thomas est une artiste afro-américaine, née en 1971 dans le New Jersey. Photographe, peintre, vidéaste…elle magnifie le mouvement des années 1960 -1980 Black is beautiful
RESISTE
Je définis mon travail comme un acte féministe et politique…Je suis noire, queer et femme
Photographe, elle réalise des portraits dans la lignée des photographes maliens Seydou Keita et Malick Sidibé, mise en scène en studio avec des textiles africains. Ses modèles portent des tenues choisies par l’artiste
Elle détourne les images comme le Déjeuner sur l’herbe, Olympia ou La Grand Odalisque.
Déjeuner sur l’herbe
Peintre, elle va agrandir les photographies, les repeindre, les recouvrir de strass, de paillettes, de miroirs pour faire briller ces déesses afro.
African Goddess looking forwards
Elles sont belles, puissantes, sensuelles et regardent bien en face
Renversement des Odalisques orientaliste des harems de l’imagerie occidentales. Ces tableaux colorés gais sont présentés dans des installations : des salons un peu vintage avec fauteuils, coussins, plantes vertes. « Espaces-refuges » où les femmes noires se réunissaient entre elles
Salon vintage et odalisque
les visiteurs peuvent même s’asseoir dans un des salons pour regarder et écouter des vidéos de Angelos negros, 3 chanteuses jouent le rôle de Eartha Kitt
La visite se fait en musique.
Dans une autre salle, les couleurs sont vert-bleu et l’atmosphère tropicale avec beaucoup de plantes vertes. Un mur vidéo avec 12 petits écrans déploie des images tantôt aux couleurs de wax, tantôt suggestive d’une femme nue qui se livre morceaux par morceaux, ou des images déformées comme vues sous l’eau.
Collage
A l’étage, une mezzanine présente des collages sous le mot d’ordre de Baldwin :
On ne peut changer tout ce qu’on affronte mais rien ne peut changer tant qu’on ne l’affronte pas
Les images sont moins glamour, plus grises faites de collages en référence à Picasso, Matisse, Faith Rainggold et Claude Cahun. Certains collages utilisent des photos de nus exotiques d’un photographe italien réalisées pour les plaisir de l’homme blanc. Les collages sont sous le regard d’une femme noire lesbienne.
Comme souvent j’ai trouvé un podcast des Midis de Culture« une exposition séduisante mais un peu frustrante » CLIC
A moment’s pleasure
Critique un peu sévère jugeant le travail de Mickalene Thomas comme peu subvertif reprenant les poncifs qu’elle veut dénoncer. A vous de voir…
la Fondation Vuitton consacre une vaste rétrospective au peintre allemand Gerhard Richter (né en 1932 à Dresde – actuellement à Cologne). Présentée chronologiquement selon 6 décennies de 1962 à nos jours.
1963 Hirsch
1962-1970 Peindre d’après photographies : Richter va utiliser des photographies de magazines et des photographies de famille souvent en noir et blanc. Il va repeindre, écraser, flouter et retravailler l’image parfois en distorsion. Photographies d’actualité, avec des images de bombardiers évoquant les bombardements de Dresde. Il documente un côté douloureux de l’histoire allemande.
1965 Horst mit Hund
De ses photos de famille, il va exhumer des secrets douloureux comme la figure d’un père perdu, parti à la guerre, revenu en 1945 mais interdit d’exercer son métier, de sa tante Marianne liquidée dans les projets eugénistes nazis.
1968 Stadtbild
D’après photographies et toujours en Noir&Blanc, il peint des paysages, cette vue aérienne de ville mais aussi de somptueux paysages de montagnes enneigées
1970 mer
Pour peindre la nature, il ne s’installe pas sur le motif. Il emporte son appareil photo et retravaille la photo dans son atelier. Une vidéo le montre dans son atelier projeter la diapositive en couleur, repasser les contours au fusain…et obtenir une précision photographique dans sa peinture. les marines avec des ciels nuageux et le triptyque de nuages est impressionnant.
1970 Wolken blau
1971 -1975 Remise en question de la représentation
Une série de peinture d’après photographies est qualifié de dépeintures selon la brochure. A la Biennale de Venise il réalise une série de 48 portraits d’après photographies de personnalités, exposée dans une salle blanche que j’ai trouvée plutôt ennuyeuse après avoir repéré Thomas Mann et Stefan Zweig pas Gide. A Venise, Richterpeint une série après la découverte de l’Annonciation du Titien
1973 Annonciation d’après le Titien
A partir de la gamme de couleur et des personnages, il peint des variations
1973 nach Tizian
De cette époque datent aussi les travaux sur la couleur avec de grands nuanciers qui ne m’ont pas enthousiasmée.
1976 – 1986 Explorer l’abstraction
1976 Konstruction
Parallèlement à ses tableaux d’après photographies, Richter peint de grands formats très colorés, très libres, où il expérimente plusieurs techniques. Une médiatrice présente dans la salle explique qu’un tableau abstrait nécessite de nombreux mois de travail alors que ses tableaux photographiques sont peints en parfois un seul jour. .
1980 Faust
La période voit le règne de l’Expressionnisme abstrait dans le monde entier.
Il peint aussi des aquarelles. On ne peut cantonner Richter dans un seul style, en même temps il peint des paysages qui évoquent le Romantisme allemand de Caspar Friedrich, sauf qu’il choisit des points de vue quelconques, peu pittoresques, des barrières dans un champ, un coin peu reconnaissable de la Cathédrale de Cologne, le banal contrastant avec le romantisme du style.
1987 Chinon
1987 – 1995 Sombre Réflexion
Nouveau thème : la peinture historique autour du cycle 18. Oktober 1977 . Suicide ou liquidation de la Bande à Baader, peintures floues portraits d’Ulrike Meinhof,
18.Oktober 19771988 18.Okt 1977 Beerdigung
Une série de très grands tableaux abstraits à tonalité grise fait suite
1989 Abstraktion
Richter expérimente encore couleurs et techniques.
Puis il se tourne vers le papier et le dessin, alterne grandes compositions abstraites et figuratives. Enfin se livre un peu dans un portrait de sa femme et de leur enfant.
1995 S mit Kind
La Fondation Vuitton offre un très vaste panorama des œuvres plus tardives de Richter. Je piétine depuis plus de 2h30 et perds un peu de concentration pour prendre des notes ou faire de nouvelles photos. Mais ce n’est pas la lassitude qui m’empêche de rendre compte de la dernière salle Birkenau. Avec la Shoah, j’ai du mal. La représentation, même si elle est pertinente et respectueuse, m’apparait impossible.
Les critiques des Midi de Culture sont beaucoup plus sévères que moi l’une s’étant « ennuyée » l’autre jugeant le peintre pour le podcast ICI
En 1880, Gabrielle vient à Paris étudier la peinture dans l’atelier d’Ernest Hébert. Le 6 novembre ils se marient, elle a 28 ans, lui 63. En 1884, Ernest Hébert prend la direction de la Villa Médicis où ils resteront jusqu’en 1893.
Ernest Hébert – Villa Médicis
Ernest Hébert collectionne les photographies. Il en possède des centaines d’images.
Le 21 juillet 1888, Gabrielle « sort acheter les choses nécessaires pour la photographie »[…]prend des leçons auprès de Cesare Vasari et installe en compagnie du pensionnaire Alexis Axilette, une chambre noire pour développer ses négatifs, tirer et retoucher ses épreuves.
Bosco
Gabrielle tient la chronique de la Villa Médicis, de son architecture, de ses jardins avec une grande attention pour les fleurs, surtout les lys qu’elle inclut dans ses mises en scène comme l’Annonciation (plus haut), elle photographie les visiteurs : Sarah Bernhardt
Sarah Bernhardt
Elle photographie les pensionnaires au travail : le sculpteur Denys Puech, l’architecte Hector d’Espouy. Sans oublier le jardinier, leurs petits chiens. Amusante scène de jeu de saute-mouton des pensionnaires
La muse d’André Chénier – Denys Puech
Ces épreuves sont de très petits formats figurant parfois des véritables tableaux vivants comme l’Annonciation qui rappelle la Renaissance mais dans l’esprit des Préraphaélites. Autre mise en scène: sa soeur jumelle pose pour les Vestales sur l’escalier du Bosco
Vestales sur l’escalier du Bosco
Elle fait aussi de nombreux portraits de son mari à qui elle voue une admiration sans borne. Dans ses écrits elle l’appelle « Alles » (tout)
ERnest Hébert et les enfants des rues, ses modèles
Après avoir quitté la villa Médicis, ils font de longs périple en Italie et en Sicile, en Espagne. Avec bien sûr de très belles photographies. Sa production s’interrompt à la mort d’Ernest en 1908 à la Tronche en Isère où elle se consacrera à un musée à sa gloire. Son œuvre photographique ne sera redécouverte qu’au XXI -ème siècle, par hasard.
Magdalena Abakanowicz (1930-2017) est une artiste textilepolonaise.
Andromède II 1964 laine coton crin de cheval
Dans ses tapisseries, elle s’affranchit du plan du mur pour incorporer des matières originales et obtenir l’impression de relief.
Abakan rouge qui se reflète dans un miroir
A partir , de 1964elle qualifie ses tissages monumentaux suspendus au plafond d‘Abakan. Les personnages qui se reflètent dans le miroir donnent l’échelle de l’œuvre. Ces abakanspeuvent évoquer toutes sortes de chose au spectateur : un volcan, ou un sexe de femme, un paysage….
SculpturesSérie de portraits anonymes (1989-1990)
Série de portraits anonymes (1989-1990)
Autant j’ai aimé ses tissages et abakans, autant j’ai ressenti un profond malaise avec ses personnages de textile . Sculptures et moulages avec de la toile de jute. Masques mortuaires ou non? Rides captées ou exagérées avec les bandelettes?
Quelle danse, quelle procession, quelle fuite pour ces personnages sans tête. Et que font donc ces dos arrondis, accroupis ou assis, courbés. prisonniers ou condamnés. Le malaise augmente quand je m’aperçois que ce sont des coques creuses.
Aucun de ces « humain » ne possède un corps entier, le plus souvent c’est la tête qui est absente. les foules sont encore plus angoissantes
Foule
Foule anonyme, en rang serré, immobile. Qu’attend-elle?
Abakan noir
A l’arrière de l’abakan noir, une série nommée « Paysages » est composée des bas-reliefs de corps humains émergeant de la terre.
paysages
Oeuvres puissantes mais très malaisantes. Magdalena a évacué toute joliesse, toute exigence du « beau ». Comme elle est polonaise, je pense immédiatement à la Shoah, aux charniers, à la boue, aux cendres.
mais j’ai peut-être tout faux; Ces foules sont peut-être celles qui participaient au pouvoir communiste. Aucune indication biographique n’oriente le visiteur vers l’un ou l’autre de ces épisodes dramatiques qu’a vécu la Pologne. Témoignage ou protestation militante. Rien ne nous sera expliqué.
Magdalena Abakanovicz a aussi sculpté le bois et le fer pour des objets encore effrayants. Elle a aussi dessiné des têtes anonymes, et s’est même consacrée à la métamorphose d’une mouche aux dimensions monstrueuses de la même taille que la tête d’homme qui est accrochée sur la cimaise.
J’ai même trouvé réconfortantes les têtes hurlantes de Bourdelle alignées dans le couloir qui conduit à l’espace d’expositions temporaires du Musée Bourdelle. Elles criaient pourtant l’horreur de la guerre
Dragon de danse . Pour la parade de Nouvel An chinois. prisonnier de l’exposition, il ne dansera pas dans les parades sur le pavé parisien
« le dragon est né en Chine il y a plus de 5000 ans au Néolithique. C’est à l’âge de Bronze que le dragon prend la forme qu’on lui connaît. «
« il règne sur les mers, les montagnes ou les cieux, dans les nuages chargés de pluie, là où se concentre l’énergie universelle »
Il contrôle les eaux terrestres et céleste. Il incarne les forces naturelles aussi bien bienfaitrices que destructrices. En effet, il apporte la pluie vitale pour les hommes mais il peut entraîner tempêtes et sécheresses
Entre le dragon-cochon et la vidéo 5000 ans !
Peut-on lire sur le dépliant de présentation de l’exposition – très bien fait !
Dragon dans les nuages (vidéo)
5000 ans, c’est énorme! d’autant plus que l’art contemporain n’est pas oublié avec des vidéos bluffantes de dragons dans les nuages.
Dragon de jade
Le visiteur pourra se perdre (avec délice) dans les thèmes abordés. Symbolique du nombre 9 en Chine : le Dragon est une chimèrecombinant 9 animaux, avec des bois de cerfs, une tête de chameau, un cou de serpent, un ventre de mollusque, des écailles de carpe, des griffes d’aigle, des pattes de tigre et des oreilles de boeuf.
Dragon d’encre sur un rouleau calligraphié
Ou suivre les métamorphoses filmées
ou les rechercher dans ce palais
Une autre visite serait celle des dragons comme symbole de l’autorité impériale, brodés sur des vêtements d’apparat
Broderie d’or sur cape
Le visiteur peut aussi s’attacher aux merveilleux objets de porcelaine, de jade, d’or …le thème du dragon est partout et à toutes les époques.
Il y a aussi des visites pour les enfants qui semblent fascinés. Corollaire, il y a foule le dimanche après-midi (éviter aussi le mercredi).
Prévoyez une belle plage de temps et laissez-vous guider par le hasard des rencontres
Sheila Hicks est née au Nebraska en 1934, depuis 1964 elle est basée à Paris. Artiste textile, elle a fait de nombreuses expositions. Le Fil voyageur présenté à l‘Atelier Martine Aublet(mezzanine, 3ème étage) présente un nombre restreint d’œuvres, surtout des petits formats. Elle célèbre aussi une collaboration, entre la plasticienne et Monique Levi-Strauss , spécialiste des cachemires et auteure d’une biographie de Sheila Hicks. Une vidéo montre les deux femmes filer le fil voyageur de leur amitié .
La mer – à l’origine horizontale, cette sculpture évoque plutôt une cascade
On entre dans l’exposition en passant devant les cordons soyeux de la Mer – à mon grand regret rien n’indique que la sculpture qui se trouve dans les collections permanentes ne fait partie de l’exposition.
Minime
Les Minimes, comme un carnet de voyage en Amérique Latine tissés au fil des jours, des rencontres avec les tisserands des Andes. A leur côté elle apprend à filer et tisser.
minime
Elle inclue aussi des silex, des pointes de flèche ou les piques du porc-épic
minime porc-épic
Ses œuvres sont présentée en résonnance avec des tissus authentiques : un poncho, une broderie, de bizarres sphères aplaties à fonction funéraire.
Ses techniques sont variées, du tissage sur un métier, simple cadre ou nouage avec ses doigts, utilisant des outils traditionnels, à « quatre lisières« , Sheila Hicks se sent libre pour toutes les expérimentations.
Sheila Hicks improvise sous nos yeux (vidéo)
Symbolique aussi ce cadeau de mariage de son mari chilien, Enrique Zaffartu, un petit cadre et des outils traditionnels
boîte à ouvrage andine
Tapis, poncho, ou tissu arachnéen, le fil voyage et nous fait voyager et rêver
J’ai découvert Eva Jospin en 2021 au Musée de la Chasse et je me suis fait un plaisir de la retrouver dans ce Grand Palais tout rénové et tout propre. Je suis venue à 10h à l’ouverture et m’en suis félicitée : les sculptures sont monumentales mais les détails sont minuscules. Si trop de monde circule on ne peut pas goûter au raffinement des ornementations.
Panorama : une forêt de carton
Une seule galerie, très claire, avec 16 pièces de tailles diverses conduisant au Panorama qui est une sorte de forêt.
chef-d’oeuvre : Arche
Nous passons 4 « chefs d’oeuvres » : Crayère et bassin, Arche, Ninféo, Capriccio et Gloriette qui sont de petite taille et que le visiteur étonné contourne
Crayère et bassin
pour arriver à des monuments de plus grande taille : Cénotaphe et Duomo qui brodent tous les deux sur le thème de la grotte et de la coupole. Une grotte d’aspect naturel, avec rochers, végétation accrochée est surmontée d’une coupole.
Cénotaphe
Des éléments architecturaux sont ajoutés : colonnes, niches, et décors intérieurs comme les stalactites à l’intérieur de la coupole du Duomo
décors de la coupole : stalactites, colonnes, frises…
Sur les bords on découvre des broderies, une cascade de soie
Cascade de soie
si la première promenade de découverte des objets est relativement courte, la visite ne se termine pas au Panorama : une déambulation commence avec la découverte des détails, des textures, des trouvailles sans cesse renouvelées. Ne pas hésiter à venir avec des enfants même petits : à leur hauteur il remarqueront des éléments que les adultes ne voient pas.
grotte marine?
je me suis émerveillée de la variété de textures du matériau unique employé par l’artiste : le carton ondulé en jouant avec les surfaces lisses ou les empilements, les déchirures ou au contraire le découpage en marches, escaliers ou cubes pour construire des édifices qui semblent de brique
unmur : briques ou pierre, edscaliers et colonnes
Comme le jeu des textures ne suffisait pas, Eva Jospin nous offre des surprises : coquillages et éponges pour un milieu de grotte marine
Grotte marine?
on découvre des plantes, des escaliers. J’aurais pu rester des heures à jouer à me perdre dans ces circuits minuscules. Malheureusement à mesure que la matinée s’avance, la galerie se peuple et la foule commence à devenir gênante.
Dans la galerie voisine sont exposés les cartons des vitraux de Claire Tabouret lauréate du concours pour la réalisation des vitraux d la nef de Notre Dame. Je n’avis aucun a-priori sur cette ajoût moderne. J’ai découvert et aimé nombreux vitraux contemporains . Là, déception. Des couleurs criardes. Des grandes plages avec de grands personnages, trop grands, trop réalistes.