Petra : église byzantine et temple des lions ailés, musée

CARNET DE JORDANIE

 

Devant le Tombeau Corinthien, je trouve le chemin vers l’Eglise Byzantine et le Temple des Lions ailés. Il fait des détours dans la colline mais il  est bordé de pierres des deux côtés si bien qu’on ne risque pas de se perdre. A un détour du chemin, je m’arrête dessiner des monuments dans le lointain, peut être la citadelle des Croisés au sommet d’une colline. Un chamelier passe, me propose, bien sûr de monter. Je ne verrai personne d’autre. Cela change de la foule de la Rue des Colonnes ! Un wadi a creusé dans les roches rouges un petit canyon qu’on franchit sur un pont à clair-voie fabriqué avec des tiges métalliques fines croisées à angle droit. On passe sur le vide une dizaine de mètres au dessous. Il ne faut pas avoir le vertige mais cela passe bien.

Baptistère

L’église byzantine est protégée par un toit bâché discret. Bâtie en 450 elle fut détruite par un incendie en 600. On a retrouvé dans une cache des papyrus écrits en Grec paradoxalement conservés par l’incendie racontant la vie quotidienne.

Mosaïque des saisons

C’est une église à trois nefs. Son pavement de marbres précieux a été reconstitué. Deux mosaïques de chaque côté de la colonnade représentent à droite les quatre saisons (personnifiées) De l’autre des médaillons avec des animaux, sangliers, dromadaire, oiseaux, hyène,certains sont exotiques comme la girafe (comme ils n’en avaient sans doute jamais vue, ils ont dessiné un chameau tacheté).

Hyène

Dans la région, un pèlerinage avait lieu à Jabal Harun (le Tombeau d’Aaron). Des structures nabatéennes furent converties à un usage chrétien : des ermitages autour du « Monastère ». Une cour (atrium) entouré de colonnes et pavée était entre l’église et le baptistère : le bassin cruciforme était surmonté d’un baldaquin porté par quatre colonnes de marbres rares encore en place. Quatre colonnes de granite bleu marquent l’emplacement d’une chapelle.

De là, on a une vue plongeante sur le complexe du grand temple qui donne une compréhension globale de l’ensemble.

 Le temple des Lions ailés (25 av. JC – 75 après JC)  était consacré à la divinité nabatéenne Al-Uzza (equivalent à Aphrodite selon le musée).

Dushara

L’ancien musée que je voulais visiter est transformé en restaurant. Il a déménagé au Centre de Visiteurs  et j’irai cet après midi ! la scénographie est moderne, de nombreux panneaux explicatifs intéressants bilingues Arabe/Anglais présentent la civilisation nabatéenne. Malheureusement, peu d’objets sont exposés. Pourtant les Nabatéens étaient riches. Il y a plus de photos illustrant les propos que de beau objets excepté la très belle tête de Dushara (équivalent de Zeus ou de Bacchus) et les bétyles d’Al-Uzza.

Bétyle d’Al-Uzza

Petra : les grands tombeaux et la Khubta

CARNET DE JORDANIE

Les grands tombeaux : le Palace

Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt !

Premières au petit déjeuner : Houmous, tomates olives et fromage genre feta que je parfume avec du thym et d’autres herbes moulues, une part de khalva et une datte ; après avoir composé un petit déjeuner oriental je boude les viennoiseries et les saucisses tronçonnées…

La seule spécialité que je snobe, malgré la jarre métallique bizarre, c’est le foul, fèves, haricots ou lentilles ne me disent vraiment rien au saut du lit.

J’arrive tôt pour avoir le Sik pour moi seule. Impression d’être dans un couloir de mystère, passage secret vers le Trésor. Il m’importe que ce passage vers le monde des Nabatéens se fasse dans le silence… troublé par uen famille de Sud-Africains en mal de photos de famille. Je remarque les figues bientôt mûres sur les figuiers qui s’accrochent dans les interstices de la falaise et qui pendent au dessus de ma tête.

Devant le Trésor, le banc est disponible, j’essaie de dessiner histoire de mieux observer ; je trouve les Dioscures Psychopompes. La jeune fille au visage abimé est-elle Isis entourée des amazones. Je cherche les symboles d’Isis avec la lune entre les cornes sans les trouver, ni les cornes des chapiteaux. J’aurais dû prendre les jumelles.

Tombeau de l’urne

Je poursuis la promenade au Tombeau de l’Urne abandonnée hier soir et suis l’itinéraire de la colline de la Khubta. Le Tombeau  de l’Urne fut transformé tardivement en église byzantine. Plus loin les énormes façades des Tombeaux corinthiens. Celle du Palace est surchargée de colonnes : j’en compte 18 sur deux niveaux. L’érosion a eu raison de leur décor, colonnes et frontons semblent avoir coulé. Cet aspect décadent leur donne plus de charme. Dans leur neuf ils devaient être prétentieux.

Tombeaux de la Rue des Façades

La piste Jabal-al-Khubta monte à l’assaut de la montagne. Les escaliers usés de grès multicolore ont été remplacé la plupart du temps par des marches de pierres taillées. Je monte seule, dans le calme avec seulement  les cris des oiseaux (et des poules). Même si aucun monument ne balise ma route, le paysage me suffit. En revanche cela monte drôlement raide sans paliers pour se reposer comme au Monastère. Une femme descend, je lui demande si cela vaut la peine de continuer. « Oui pour la vue ! » J’arrive à un sommet.

vue sur le théâtre

Ensuite la piste descend sur du cailloutis ; je me méfie des cailloux qui roulent en descente et qui sont traîtres. Il n’y aura personne pour me ramasser si je tombe. J’ai eu tort parce qu’on surplombe un peu plus loin le Trésor. Sur le chemin du retour, je croise deux françaises décidées à aller jusqu’au bout qui m’invitent à les accompagner (je n‘ai pas envie de doubler les marches) Je les retrouverai deux jours plus tard à wadi Rum. Même sans la récompense du Trésor, c’est une superbe balade.

 

La châtelaine du Liban – Pierre Benoît

A LA POURSUITE DES EXPLORATRICES…

 

Je cherchais Hester Stanhope rencontrée par  Lamartine et  citée par Gerard de Nerval . Une recherche sur Internet me disait que Hester Stanhope avait inspiré le personnage d’Athelstane Orloff dans La châtelaine du Liban. J’ai donc retrouvé le volume dans la collection des Pierre Benoit.

J’ai lu plusieurs de ses romans au temps de mon adolescence, et je garde un bon souvenir de ces lectures qui me transportaient dans des ailleurs exotiques. Hélas, les temps ont changé et le roman a mal vieilli (peut être moi aussi?) .

 

J’ai à peine entrevu Hester Stanhope, tout juste sa sépulture et son évocation trop rapide à mon goût : le déguisement de la comtesse Orloff lors de son bal masqué selon la description de Lamartine, des sous-entendus..des allégations d’espionnage au profit de la Grande Bretagne.

En revanche, je me suis copieusement ennuyée en compagnie des militaires venus à Beyrouth pacifier cette Syrie découpée dans les accords Sykes Picot, attribuée comme Mandat à la France. Vie mondaine coloniale, absinthe et femmes de mauvaise vie.

Le capitaine Domèvres, héros blessé est fiancé à Michelle, la fille d’un des gradés. Il est promu à un poste de responsabilité au Deuxième Bureau. Ses amis lui déconseille de fréquenter la comtesse Orloff, femme fatale, briseuse de mariages à venir. Evidemment il tombe sous le charme de cette séductrice….en oublie sa gentille fiancée qui meurt de consumption, en oublie même ses devoirs les plus élémentaires. Il envisage même de trahir sa patrie pour de l’argent our renflouer la comtesse ruinée.Heureusement, il est sauvé par son ami Walter qui le remet dans le droit chemin de la fraternité des méharistes.

Lu avec beaucoup d’agacement ce livre réactionnaire, colonialiste, et vraiment passé de mœurs.

Pour Lady Stanhope, je relirai Lamartine!

Petra : la Ville Basse

CARNET DE JORDANIE

Ville basse : rue des colonnes et Complexe du Grand temple

Qasr-el-Bint est une grande construction son nom le Palais de la Fille du pharaon correspond à une légende, le roi aurait promis sa fille à celui qui serait capable de maîtriser l’approvisionnement en eau…. C’est plutôt un complexe de temples  hellénistique consacré à Dushara le principal dieu nabatéen.

la rue des colonnes passe sous l’arche

La rue des colonnes est soigneusement dallée, elle passe sous une arche Temenos (125-225 Ap JC)de conception romaine . Les colonnes soutenaient des galeries couvertes abritant des magasins pour les marchandises en provenance d’Afrique et d’Arabie.

Le complexe du Grand Temple (25av.JC-100après JCOn monte par un bel escalier (propylées)  à la cour pavée d’un dallage hexagonal original et sa colonnade  qui comptait soixante colonnes de calcaires aux chapiteaux à tête d’éléphant (il faut le savoir pour reconnaître un éléphant), Il est bâti sur deux niveaux.

Chapiteau du Grand Temple

A l’arrière du temple se trouve un théâtre très petit et en bon état . On remarque les parements de marbre et même des fresques.

Du Nymphée il ne reste que ruines, il est difficile d’imaginer une fontaine dans un lieu aussi désertique. Près du nymphée, un pistachier est vieux de 4500ans, selon un écriteau.

Au dessus du grand théâtre les tombeaux sont surmontés d’un décor avec des marches ou des merlons qui auraient permis selon certaines hypothèses à l’âme de s’élever.

Khazneh à midi

Comptant rentrer déjeuner vers 13h, je me trouve à midi devant le Khazneh. Dominique m’appelle. Elle est venue à pied avec sa béquille. Nous rentrerons en carriole. Inutile d’essayer de marchander : le prix est fixe : 20JD. La carriole est petite avec sa capote violette. Le cocher partage la banquette avec nous. Il conduit à la voix « Rrhhah ! rrhhah ! » ce qui doit vouloir signifier « au galop ! au galop ! ». il peste contre les passants qui ne se poussent pas assez vite. J’aurais préféré une balade plus tranquille pour profiter du sik.

Nous avions prévu de déjeuner de yaourt, ou plutôt de labneh. Tous les petits supermarchés sont fermés. C’est vendredi, l’heure de la prière. Je redescends après la douche, à 13h30 les boutiques ouvrent .

A midi, le site était vraiment bondé. Je n’ai aucune envie d’y retourne dans la chaleur. Vers 16h, c’est le reflux. Les conducteurs des chevaux n’ayant plus de clients à faire monter (c’est compris dans le prix du billet mais il faut prévoir le bakshish).  Désœuvrés ils s’amusent et font la course sur la piste sableuse, on se croirait sur l’hippodrome du temps des romains ou des byzantins ! En galopant, ils soulèvent la poussière. Les carrioles sont très prises dans le sens des retours, dans la descente je pense aux chars de Benhur !

Pierres des djinns

Pour cette deuxième visite, je prends mon temps pour lire les panneaux. Les grands cubes à l’entrée seraient les pierres des djinns. De l’autre côté de la route se trouve le Monument à obélisques . Chaque obélisque (ou pyramide effilée) serait un Nefesh (une âme) tandis que dans des niches le long du parcours dans le sik on a creusé des niches pour les betyles (idoles) . je suis à la recherche d’un bétyle représentant Al-Uzza schématisé avec des ronds pour els yeux. Ces pierres sont des idoles dans des niches au musée il est expliqué que Betyle s’écrit Beit =maison) il (el=divinité).

monument à obélisques

J’écoute d’un air faussement distrait un guide francophone qui montre une caravane en bas relief dans la roche. Plusieurs chameaux sont figurés ainsi que les pieds des caravaniers. Un caravanier sans tête est debout vêtu d’un manteau ou d’une tunique drapé au plis bien visibles. On distingue les lanières des sandales.

L’éclairage de l’après-midi met en valeur les tombeaux de la Rue des Façades, « tours » avec des merlons. Je découvre le très grand Tombeau de l’Urne puis le Tombeau de la Soie qui doit son  nom aux diaprures rouge et blanches au plafond de la salle simple mais fascinante. Nombreux touristes y viennent prendre des selfies malgré l’accès malaisé. Je remarque un peu tard, un escalier montant à une façade impressionnante ; Il est tard, j’ai peur de ne pas avoir le temps avant la fermeture du site ! si mon téléphone n’était pas bloqué j’aurais été bien curieuse de voir au podomètre la distance parcourue depuis ce matin.

Le dîner cher de l’Hôtel Edom fait penser à la cantine (nous apprendrons plus tard de la bouche d’autres touristes qu’ils ne cuisinent que tous les trois jours, habitués à recevoir des groupes pour une seule  nuit qui ne se rendent pas compte qu’ils mangent des restes.)Je préfère l’accueil chaleureux du petit restaurant du coin « Sandstone » : je choisis dans la carte des grillades le Mixed grill avec un café turc j’en ai pour 10JD et je me suis régalée.2

Petra : la montée au Monastère le matin

CARNET DE JORDANIE

siq : dans la fente la surprise

Il est toujours très difficile de rendre compte d’un site immense et archi-connu comme Pétra. Je ne vais pas recopier le Guide Bleu qui est là pour cela. Les documentaires à la télévision aussi. Mes notes seront  mes impressions.

Ma première visite est plus sportive que culturelle. La montée au « Monastère » est légendaire avec ses 800 marches. Je me suis fixé cet objectif pour commencer.  Hier soir, le guide du groupe Allibert m’avait annoncé 2 heures, dont une pour monter les marches. Nous avons pris un petit déjeuner rapide. Au lever du jour je passerai d’un bon pas devant des merveilles sans m’y arrêter.

Le Siq désert

H : je traverse le Siq désert et dans l’ombre. Un balayeur chante, sa voix résonne entre les hautes parois. C’est un véritable enchantement de s’enfoncer dans la faille sinueuse, les parois se referment comme des lèvres entrouvertes lour laisser deviner la façade du Khazneh : le Trésor. Impossible de ne pas s’arrêter un moment à le contempler, si merveilleusement préservé, même si les figures d’Isis et des Amazones sont mutilées. Une femme peint une aquarelle.

Le Khazneh, le Trésor

Le Siq s’élargit. Partout, traînent des caisses en plastiques, des plateaux rouillés. Les marchands y installeront leurs étals de souvenirs quand les touristes viendront. Je passe sans m’arrêter devant les monuments funéraires encore dans l’ombre.

les ânes se reposent de la montée au Monastère devant Qasr-el-Bint

La rue des Colonnes est l’artère principale (Cardo) de la ville basse. Tout du long, un ânier me propose sa monture pour le Monastère. Au début, je lui explique gentiment que j’aime marcher et que je suis partie tôt pour profiter de la fraîcheur. Il fait trotter le bourricot, brusquement l’arrête à mon niveau et recommence. Je deviens beaucoup moins aimable « Khalas ! ». Cela ne le décourage toujours pas. Cherchant à le semer j’ai perdu mes marques, à une fourchette je ne sais plus quelle direction prendre. Si je ralentis, l’ânier va revenir m’importuner. Une petite dame rondelette au visage souriant est assise et me rassure. Je suis sur le bon chemin. Elle se présente :  « je m’appelle Sarah, on se retrouvera là-haut dans mon magasin ».

800 marches!

Les marches taillées dans le grès sont souvent très usées, on a cimenté les endroits trop abîmés. Des paliers permettent de reprendre le souffle, jamais durant la montée, je ne n’ai peiné. Les bédouines m’indiquent« the lion » Ce monument discret se trouve dans une entaille dans la paroi.  Ceci  me plonge dans la perplexité, j’ai confondu  le triclinium du lion et la Fontaine du lion située dans un autre quartier de Petra. Je n’identifie pas l’animal ni la tête de Méduse que je devrais voir.

Les lions sont de part et d’autres de la fente

Le soleil éclaire les marches, j’enlève ma polaire, et me voile. Les bédouines installent leurs  étals en compagnie de leurs enfants et parfois de leurs maris. La marchandise n’est pas variée. Partout les mêmes chèches à damier, les bracelets en argent trop clinquants, les pierres arrachées au site, et des poteries et des colliers de corail ou turquoise trop colorés pour être honnêtes. A mi pente,  on peut se désaltérer de citronnade ou de jus de grenade. C’est bien appétissant « La grenade vous donnera de l’énergie, vous allez voler ! ». je ne vole pas mais j’ai rempli mon contrat : moins d’une heure pour arriver au Monastère !

Le Deir dans l’ombre

Le Monastère (Deir) ressemble au Trésor, en moins décoré. Il est dans l’ombre, le matin, les photos seront moins réussies. Je poursuis le sentier jusqu’au« meilleur point de vue sur l’Araba », petite grimpette supplémentaire. Les crêtes violettes et déchiquetées me plaisent beaucoup mais il y a du brouillard dans le creux, les montagnes du Néguev  bleuissantes se confondent avec le ciel.

A la descente, Sarah me reconnaît « le thé est prêt ! » Hospitalité bédouine ! ». Le thé est brûlant. Ses fils le boivent sans attendre. Elle garnit de  falafels dans une pita et m’en propose. Bien sûr,  je refuse.  Bien sûr, il va falloir acheter un souvenir. J’ai envie d’un caffieh blanche(perfidement, j’ai remarqué qu’elle n’en a pas). Elle déballe tout ce qui est blanc. Une écharpe, plutôt une étole en lainage est ce qui serait le plus de mon goût. Le prix annoncé est rédhibitoire : 15 JD, elle descend tout de suite à 15 €. Je les ai pas sur moi. « Combien avez-vous ? », dans le porte-monnaie, il y a 3.5JD. Cela fera l’affaire ! « je veux ouvrir la boutique » explique-t-elle.

Je m’emballe la figure avec, ce n’est pas un voile ni une caffieh, mais j’ai l’air presque voilée. Au moins je ne prendrai pas de coup de soleil ! Quand comprendra-t-on qu’un voile protège du soleil et de la poussière et que nous n’avons ni l’un ni l’autre en région parisienne ? En revanche, dans le désert jordanien, c’est indispensable.

9h30, mon ascension s’étant parfaitement déroulée j’ai du temps pour le tourisme.

Les aventures extraordinaires de Sa’îd le Peptimiste – EMILE HABIBI

LITTERATURE ISRAELIENNE/PALESTINE 

Comment vivent les Arabes israéliens( 1.6 millions en 2015) ?

 

Le cinéma donne une réponse vivante, encore dans les salles actuellement Tempête de sable, un remarquable AjamiAna Arabia, Noces en Galilée … et j’en oublie. Pour la littérature,  encore je ne connaissais que Sayed Kashua qui écrit fréquemment dans la Newsletter de La Paix Maintenant, il était temps pour moi de lire Emile Habibi (1922-1996), député du parti communiste, journaliste , écrivain reconnu et primé.

Le titre : Les aventures extraordinaires de Sa’îd le Peptimiste me fait penser aux contes orientaux.  Conteurs et les contes sont des facteurs importants de la culture arabe. Mais pas que! Dans la première partie du livre l’auteur fait allusion aux poètes et auteurs anciens (très intéressantes notes en bas de page). Il fait aussi référence à un conte des 1001 nuits : la maison de Broze, que j’aimerais bien lire.

Autre allusion : Sa’îd les Peptimiste est un Candide. Naïf mais s’interrogeant sur la marche du monde. L es réponses de Panglosse  transcrites dans la situation d’Israël dans les annéees 50 résonnent ironiquement. Candide était un optimiste. Sa’îd  est qualifié de « Peptimiste »: l’optimiste béat n’est pas de mise après la Nakba, mais cela pourrait encore être pire pour notre héros qui n’est ni mort (un âne a arrêté la balle qui lui était destinée, il n’est pas exilé, il a même des « relations » un Adon Sifsârashk, qui le protège, en échange de services pas très avouables.

Sa’îd, homme simple, juste pour survivre, se soumet joue un rôle que d’aucuns jugeraient sévèrement, il renseigne les autorités israéliennes, des activités des communistes. S’il dévoiles certains secrets des autres, les siens, il les garde bien . Pourtant, l’empathie subsiste. Autre mode de survie, l’humour, l’ironie. Les « aventures extraordinaires » parfois, au début, prêtent à sourire. On pense à l’humour juif, paradoxalement. A mesure que j’avance dans la lecture, le tragique l’emporte avec la disparition de son fils et de sa femme. Wala’ leur fils a pris les armes et s’est enfermé dans une caverne marine, les policiers israéliens demandent à  Sa’îd et  à sa femme Bâqiyyeh de faire sortir leur enfant:

« – Wala’, mon enfant, jette tes armes et sors! […]Ta caverne est étroite, elle est sans issue. tu étoufferas! – Y étouffer! Je suis venu pour respirer librement. Quand j’étais un enfant, vous étouffiez déjà mes cris. Plus tard, quand je m’essayais à parler votre langue, vous me faisiez la leçon « Prends bien garde à ce que tu dis! » »

Malgré tous ses compromis, malgré ses « appuis » Sa’îd se retrouve emprisonné pour une erreur minable.

Jamais dans ses tribulations Sa’îd ne se plaint ni ne geint. Cela pourrait être tellement pire….

 

Beida : Petite Pétra et arrivée à Pétra

CARNET DE JORDANIE

La Petite Petra

La route est très courte. Pause sur une crête boisée de chênes verts entre les rochers rouges et violets de Beida et de Pétra qui s’approchent.

Beida est le nom du site que les touristes appellent « la petite Pétra ». Nous avons eu du mal à la situer sur la carte. La « Petite Petra » était mentionnée sur notre programme sans aucune indication de lieu. Encore une approximation d’Enjoy Jordan !

Rocher bizarre

Aux alentours de Beida, les rochers ont vraiment des airs bizarres. L’un d’eux ressemble à un crâne, un autre à un éléphant sans compter les pains de sucre, les doigts dressé vers le ciel….Rien n’indique le site. En revanche de jeunes hommes à pied ou en voiture circulent à la recherche des touristes et sont très insistants. Rien ne les décourage. Ce qui a le don de nous faire rentrer dans la voiture et démarrer. Retour à guetter les panneaux qui indiquent des campements pour touristes, mais pas le site.

A quoi correspondent ces cavités?

Enfin ! Nous trouvons l’entrée et la route vers un site néolithique à 1km. J’erre dans les rochers découpés par les Nabatéens ( ?) Déjà au naturel, les rochers sont biscornus, mais en plus avec des escaliers, des rigoles , des piscines( ?) ils sont encore plus étranges. Je n’ai aucune référence en ce qui concerne les Nabatéens. A quoi correspondent ces expressions de « biclinium » et « triclinium » ? Je crois comprendre qu’il s’agit de deux ou trois bancs découpés dans la salle, pour un banquet funéraire, mais mon interprétation devrait être confirmée. Que faisait-on dans ces grottes, y célébrait-on un culte ou discutaient-ils affaires ? Une jolie façade à fronton très classique soigneusement décoré avec des colonnes plaquées sur la façade sur un perron à trois marche. Était-ce un tombeau ou un temple ?

le petit siq est bouché par un escalier

J’entre dans le petit canyon (on les nomme siq), découvre  une façade à fronton et une autre à colonne. Dans une grotte il y a une très belle fresque colorée aux motifs de vigne. Le canyon se resserre ensuite. Autant, il fait chaud au soleil, autant à l’ombre la température est délicieuse. Les parois se touchent presque. Un escalier aux marches usées bouche l’interstice entre les deux falaises. Monter ? Pourquoi pas ? Un bédouin habillé de noir est assis en haut des marches que je gravis bien péniblement avec l’arrière pensée que la descente sera vertigineuse. L’homme aide à me hisser puis explique comment  se glisser entre les deux parois qui forment une cheminée pour retrouver le passage. Je suis chaussée de sandales, pas du tout équipée pour l’alpinisme. En haut, des couvertures, des théières, des traces de feu.

Le retour a été plus facile que je ne le craignais. Je n’avais pas vu un passage entre l’escalier et une paroi, beaucoup plus sûr que les marches usées. On a même cimenté les endroits scabreux.

pampres et vignes

Sous la grotte de la fresque, un bédouin raconte à deux touristes des histoires de djinns. Il ne porte pas son chèche en turban mais il a une sorte de bonnet brillant ressemblant aux capuches des moines coptes avec des triangles qui descendent sur les tempes. Sa barbe est clairsemée mais son regard vif, un air un peu diabolique comme les djinns dont il parle.  Ces rochers étranges seraient le royaume des djinns qui nous observent alors que nous ne les voyons pas. Les chiens les sentent. Ils peuvent prendre des formes diverses comme se métamorphoser en serpent. C’est pur cela qu’il ne faut pas tuer directement un serpent ; Il faut lui demander gentiment d’aller ailleurs. Au bout de trois demandes, s’il persiste à nous menacer, on peut alors l’abattre. J’aime beaucoup ces contes de djinns. Je me félicite encore d’avoir lu Hakawati de Rabih Alameddine avant ce voyage.  Déjà ce matin, avec Baybars et les mamelouks j’étais dans le vif du sujet.

Après un pique-nique à l’ombre dans le sik nous rejoignons Petra toute proche et notre hôtel Edom où nous allons rester 3 nuits.

L’Hôtel Edom est remarquablement situé, peut être à 200 mètres de l’entrée du site de Pétra. Il a un parking, le lobby est luxueux, le réceptionniste très aimable nous offre le pot d’accueil. La chambre est au 5ème et s’ouvre sur un petit balcon qui donne sur la terrasse d’un restaurant agréable. Curieusement, on n’a pas prévu de chaise, ni de table de nuit. Quand je réclame une chaise tout le monde a l’air étonné. La télévision reçoit France 24, mais l’image se fige, on n’arrivera pas à réparer la panne.

J’ai pris un Jordan Pass à 75JD avec deux jours à Pétra, sans Jordan Pass l’entrée est de 50JD, la journée. J’avais espéré que je pourrai l’activer dans l’après midi +48h mais cela ne marche pas ainsi, ce sont deux jours à compter de demain. Ce n’est pas très grave, il nous faut bien une fin d’après midi pour préparer les visites sur le site avec nos guides.

Enjoy Jordan a prévu notre séjour en Bed&breakfast. Nous dînons donc à nos frais dans la très belle salle à manger de l’hôtel Edom : chaises habillées de blanc, pierres apparentes, joli décor sobre ; en revanche le buffet ressemble à tous les buffets à 10JD que nous connaissons (sauf qu’ici c’est 12JD) cuisine insipide, réchauffée mais pâtisseries attirantes. Il y a un groupe de français. J’en profite pour interroger leur guide. Nous prendrons les autres dîners en ville dans les petits restaurants moins chers proposant des grillades et de la cuisine locale.

Shaubak

CARNET JORDANIEN

Dernier regard sur Dana du parking qui surplombe la vallée. Un petit chien blanc affalé paraît en mauvais état. Je lui donne une pita destinée à faire un sandwich pour midi. Après les prises de vues, le voici assis sur son derrière tout guilleret levant la patte. On passe une cimenterie Lafarge (il y en a décidément dans le monde entier). La Route du Roi court sur le bord du plateau entre champs de blé vert mais clairsemé et terrains arides où des antennes sont encloses. .

Direction Ouest avant d’arriver à Shaubak. Des bédouins ont établi leur campement dans une vallée peu profonde d’un wadi invisible. A l’écart du village, la forteresse coiffe une colline, château beige sur une colline beige, les murs se détachent sur le ciel bleu éclatant de 8h du matin. Bâti par le Roi de Jérusalem, Baudouin 1er en 115 avant Kerak, il portait alors le nom de Montréal. Comme à Kerak, le glacis, les fortifications en bel appareil taillé soigneusement sont mamelouks. Du château croisé, nous découvrons la chapelle romane. Le gardien (francophone, visite guidée imposée) a plaisir à me montrer  la clé de voûte (cette expression lui plait beaucoup et il l’utilise à chaque occasion). A proximité : le baptistère,  une canalisation de pierre conduit l’eau pour le baptême , un passage secret le reliait à la source. On peut encore emprunter le passage secret jusqu’à l’ancien village, j’y renonce de crante d’allonger trop la visite.

Comme Kerak, Shaubak fut prise par Saladin en 1180, puis par le mamelouk Alaeddine en 1300. Au temps de sa splendeur, la forteresse était construite sur 7 étages et défendue par 700 soldats, 3000 esclaves y vivaient, on n’a pas décompté les villageois, femmes et enfants… Alaeddine y construisit deux madrasas, une mosquée (belles inscriptions coufiques)Il installa des souks sur trois étages , il reste de très belles arches superposées. Marché ou caravansérail ? Shaubak se trouve sur la route des caravanes reliant la Syrie à l’Egypte. A la base de la tour de Guêt, 4 meurtrières surveillent les quatre points cardinaux. Mon guide mime le geste de l’archer. Le Donjon est daté par une inscription de 700 de l’Hégire. Un hammam plaqué de marbre a gardé quelques plaques témoins de son luxe.

Une famille cherche le souterrain. Mon guide propose de les y emmener. Ma visite s’achève, je lui donne 5JD qui paraissent convenir ; il me demande alors si je veux les accompagner ; c’est tentant ! « Mais il faudra payer plus ». Alors là, c’est non !

Détour par le musée où il n’y a à voir que quelques cafetières, outils agricoles sans intérêt. Je regrette d’avoir raté les photographies de Gertrude Bell du musée de Kérak !

Retour sur la Route du Roi. Au premier village nous achetons de l’eau, des fruits, des gouttes pour le nez (desséché par la poussière et l’atmosphère très sèche) ainsi qu’un chargeur de téléphone pour le petit nokia d’Omar , oublié à Madaba

Randonnée dans la Réserve de Dana

CARNET JORDANIEN

Wadi Dana au petit matin

Au programme : une randonnée de 5 heures. Soleyman parle de 3h. Nous avons fixé le rendez vous à 8 heures après le petit déjeuner.

Au buffet : tomates concombres, fromage blanc, humus, halva et pain pita. Le thé est excellent. Ce n’est pas du Lipton en sachet comme précédemment. La halva se marie très bien avec le fromage blanc. Cette association n’est peut être pas orthodoxe mais elle est bien calorique pour une randonnée en montagne.

Nabil pose fièrement devant son jardin et sa tente

A 8heures, comme le guide ne se manifeste pas, je vais trouver Soleyman qui me désigne un grand bédouin enturbanné de son chèche noir mais qui ne déborde pas d’enthousiasme pour m’emmener. Peut être pensait il mener un groupe, ou une jeunette. Il annonce une promenade de 2heures. Je me fâche, c’est écrit 5 ! Soleyman appelle un autre guide pour une balade plus longue. Chèche et bâton de marche, il semble équipé pour une expédition avec son grand sac à dos qu’il charge d’une grosse bouteille d’eau. Il s’appelle Nabil et marche d’un bon pas.

Amandes vertes sur l’amandier

Dans un creux se trouve son jardin, ses arbres et sa tente. Il cueille des amandes vertes me montre les  grenades séchées sur un grenadier de belle taille encore en tenue hivernale. Les cognassiers sont en fleurs, il a aussi des figuiers et un prunier. Il dit aussi cultiver des légumes mais on le les voit pas. Près du jardin il y a une petite source. Plus haut, l’eau est plus abondante est canalisée pour arroser plusieurs jardins. Chaque famille a droit à un certain nombre de jours d’irrigation, il faut grimper haut dans la montagne pour bouger la pierre qui distribue l’eau dans les différents canaux. Nabil et sa famille vivent dans une maison de pierre. L’été il est agréable d’aller au jardin.

rochers pointés vers le ciel et fenouil en fleur

On remonte vers des rochers qui dominent une entaille très étroite, canyon gardé par des rochers cylindriques comme des doigts pointés vers le ciel ou des pains de sucre. Les niveaux inférieurs sont des grès  rougeâtres où des nuances de rouge et d’orangé alternent. Plus haut, les roches sont plus compactes beige-jaunes.  Enfin, vers le sommet il y a une petite barre calcaire, banc horizontal surmonté de végétation. Un aigle plane. Verrons- nous d’autres animaux ? La faune de la Réserve est riche. Chemin faisant, Nabil ramasse des branches sèches. Avant d’arriver sur un rebord boisé confortable et ombragé derrière une roche à la curieuse forme de champignon, il m’envoie grimper au sommet de la colline voir la vue sur la vallée de la rivière Dana pendant qu’il allume le feu pour préparer le thé.

pause pour le thé

Quand je reviens, la théière est en équilibre sur trois pierres. J’ai le temps de faire un croquis pendant que le thé infuse et se refroidit. Nous en buvons deux verres. Le thé bédouin est très fort et sucré. Nabil me raconte la généalogie de sa famille. Lui-même a deux femmes et 8 enfants. Il a 9 frères et sœurs et encore des demi-frères beaucoup plus âgés. Ce n’est pas étonnant que je confonde les bédouins de l’auberge, ils sont tous frères et se ressemblent avec le même chèche nir noué en turban. Nous ne voyons pas les bédouines. Les deux femmes qui servent en cuisine et font le ménage ont indonésiennes. Je remarque : « quelle famille nombreuse! » je m’attendais qu’il réponde quà la campagne chaque bras est utile, sa réponse me déconcerte « C’est bien d’avoir de nombreux frères qui peuvent vous défendre quand on vous attaque ! ».

Rochers bizarres

La roche est creusée de nombreux trous ronds,  je découvre une coquille de lamellibranche, proche des huitres ronde encore en place et même en parfait état de conservation avec encore la taille du muscle. Je remarque aussi les stratifications entrecroisées dans le grès.

Le genêt fleurit blanc(les ajoncs nt jaunes. Le parfum du genêt est très fort avec la chaleur. Nabil me montre aussi des pistachiers et des noyers très grands et très vieux. On ne frappe pas les oliviers « l’arbre ne donne pas de fruit si on lui fait mal ». la récolte se fait à la main (comme en Tunisie). Toute la famille cueille c’est une véritable fête, on ppiqu-nique, on cuit même le pain sur place ainsi que le mensaf et d’autres plats bédouins.

L’hiver, il peut faire très froid ; L’an passé, le village a été isolé 3 ou 4 jours par la neige.

Même si la randonnée n’est pas très longue, elle est instructive et très vivante ; Vers la fin nous rencontrons une classe de filles de At-Tafila, 8-10 ans accompagnées par les enseignantes et par des adolescentes dont certaines parlent français. Les petites sont très envahissantes. Elles crient dans mes oreilles « What is your name ? » puis hurlent à la vue d’un criquet minuscule que j’attrape par les pattes ainsi que les pyrrhocores qui grimpent sur mon pantalon. Je demande à une grande de traduire que dans ma classe j’ai des élevages d’insectes et que mes élèves les manipulent.

Je me suis assise à proximité d’un petit canal et l’herbe a taché mon pantalon et ma « chemise du désert » que je m’empresse de laver. La lessive sèche vite. Comme nous n’avons aucun projet pour l’après midi, nous profitons de notre maison, de sa terrasse pour la lessive, mettre de l’ordre dans les affaires, les photos et mon carnet de notes. Je m’installe à l’ombre d’un petit caroubier.

à l’entrée du village

Autrefois le village, profitant de ces cinq sources cultivait ses champs irrigués. Il a été abandonné et plusieurs hôtels se partagent les maisons. En haut, il y a un beau « bâtiment administratif » avec un Nature Center, un atelier de traitement des fruits, séchage, confitures…une jolie boutique d’artisanat local.

Arrivée à Dana

CARNET DE JORDANIE

Wadi Dana et les crêtes qui se succèdent

Nous descendons sur la route 35 jusqu’à At-Tafila sur le plateau cultivé de champs de blé, des blocs volcaniques sont éparpillés. La Wadi-el-Hasa a creusé un canyon et on a installé un barrage. Les Bédouins ont installé leurs campements. Certaines tentes sont recouvertes de bâches plastifiées beiges ou orange mais il y a encore de belles tentes de laine noire. Sur la route les enfants brandissent des œufs très blancs. Un barrage policier filtre le passage. At-Tafila est le dernier repère sur la carte. Le village de Dana n’y figure pas seulement  des pointillés délimitent la Réserve de Dana. Nous suivons les instructions du GPS avec scepticisme : il n’a pas accepté le village de Dana mais connait un hôtel (qui n’est pas le nôtre). Il nous entraîne dans ces raccourcis hasardeux dont les GPS sont coutumiers, routes percées de nids de poules jusqu’à un champ d’éoliennes qui tournent à grande vitesse. Deux hommes qui parlent anglais nous rassurent et conseillent de tourner à gauche au prochain village ce qui est cohérent avec les indications du GPS, nous ne sommes pas perdues

Dana point of vue !

le village de Dana

La vue est extraordinaire  sur les crêtes violettes au coucher du soleil qui se succèdent, très découpées sur les versants du petit canyon. Vers le nord, on devine les brumes de la Mer Morte. Le chauffeur d’une touriste israélienne nous montre en contrebas le village de Dana sur une petite hauteur, tout près ; nous sommes arrivées.

notre petite maison de pierres à Dana

Le Dana Hôtel correspond à un projet d’écotourisme destiné à faire profiter les bédouins  des revenus touristiques alors qu’ils étaient opposés au projet de réserve qui limite leur liberté de pâture. Le village abandonné a été retapé pour offrir des hébergements tout à fait confortables et agréables dans des maisons individuelles. La nôtre se trouve au bout du chemin dallé. C’est une maison carrée en pierre calcaire. La grande chambre  est plutôt un studio avec un plan de travail et un évier, on pourriat presque y cuisiner. La salle d’eau possède un beau lavabo de pierre, la douche à l’italienne est éclairée par un puits de lumière.

La salle à manger est à l’étage de la grande maison (où sont logés les groupes de touristes). Le dîner-buffet est à la bonne franquette Soleyman crie « le dîner est prêt » ; une foule de hollandais, britanniques et allemands se précipitent, tellement affamés qu’ils ne laissent même pas passer Dominique qui clopine avec sa béquille. C’est ensuite la foire d’empoigne pour s’asseoir. Ambiance auberge de jeunesse. Cuisine basique, la même que dans les buffets que nous avons fréquentés ; Les touristes en troupeau se servent des pyramides de nourriture. J’avale mon riz et mes boulettes pour fuir cette ambiance bruyante.

Le soir, il fait très frais. Pas question de rester longtemps sur les fauteuils de la terrasse à regarder les étoiles ; malgré mon étole en cachemire, je grelotte.9