Amos Oz plaide des Etats Unis pour une solution à 2 états,

LA PAIX MAINTENANT

Amos Oz est un des mes écrivains favoris.

Que résonne une voix raisonnable, laïque, politique et même drôle dans le charivari des fanatismes religieux qui brouillent toute raison au Moyen Orient! Que les « Croisades contre le Mal » bushiennes ne laissent pas de trace dans la campagne américaine.

A la place de la lutte du Bien contre le Mal, with God on our side, Amos Oz met en scène  une tragédie du Droit contre le Droit, et espère une fin « Tchékovienne » plutôt que « Shakespearienne » à la tragédie israélo-palestinienne.

Désolée, c’est en Anglais, mais pour ceux qu’un discours en Anglais intimide, l’accent israélien facilite la compréhension et ce n’est pas très difficile à suivre

Antigone de Sophocle à Ivry – Adel Hakim et les acteurs du Théâtre National Palestinien

 

Intemporalité de la tragédie grecque – Antigone, la rebelle,  transgressera l’autorité de Créon et accomplira les rites funéraires dûs à Polynice, son frère., au prix de sa vie. Créon – jaloux de son pouvoir royal –  ne saura entendre ni la modération du coryphée, ni les supplications d’Hémon, mais se rendra à l’avis de Tyrésias, trop tard. La fin tragique est écrite!

Il est question de l’autorité de l’État, autorité de Créon – ou des Dieux qu’invoque Antigone. Il est question de la malédiction des Labdacides, d’OEdipe. C’est aussi une histoire d’amour, de l’amour de Hémon qui lui fait contester la décision de son père.

Qui mieux que les Palestiniens peuvent jouer une Antigone actuelle?

Le spectacle est en arabe surtitré, ceci peut effrayer quelques-uns, surtout ne pas hésiter, cette mise en scène est extraordinaire.

Extraordinaire de simplicité. Une estrade carrée, quelques chaises, un mur percé de fenêtre, Thèbes ou Ramallah?  Mur sur-lequel se projettent des images en noir et blanc et surtout le texte grec qui apparait pour rappeler Sophocle. Les personnages sont actuels. Le chœur antique est vêtu de gris, neutre, sobre. Créon ressemble à ces politiciens que l’on voit à la télévision, testant le micro avant son discours, tantôt matois, tantôt autoritaire. Sobriété aussi d’Antigone et d’Ismène. jeunes femmes d’aujourd’hui, pas de voiles ni de chevelure dénouée, des jeunes filles modernes en robe noire et bottes à talon. Le garde est un vigile, qui bégaie de crainte devant Créon, humain, trop humain quand il jubile d’avoir sauvé sa  peau en tirant Antigone enchaînée. Tragédie n’exclue pas humour. On sourit aux mimiques de cet homme simple.

Un grand souffle de Méditerranée soulève la pièce. La parenté entre les cultures paraît évidente. Comme est évidente l’actualité de Sophocle, à qui, la mise en scène est entièrement fidèle. La musique, très belle rythme l’expression des corps. Tout est déjà dit dans le prologue quand les femmes se balancent et secouent leur chevelure.

Qui mieux que les Palestiniens, sait pleurer ses morts? Mes pensées vont aussi jusqu’en Syrie toute proche où l’absurde a dépassé de loin le théâtre.

 

 

Une bouteille à la mer – film de thierry Binisti

Une pierre
deux maisons
trois ruines
quatre fossoyeurs

« Prévert était Palestinien? » demande Naïm

Je n’aurais voulu pour rien au monde rater la sortie d’Une bouteille à la mer , ma critique ne sera en rien objective.

http://www.dailymotion.com/swf/video/xnerjm<br /><a href= »http://www.dailymotion.com/video/xnerjm_une-bouteille-a-la-mer-bande-annonce_shortfilms &raquo; target= »_blank »>UNE BOUTEILLE &Agrave; LA MER : BANDE-ANNONCE</a> <i>par <a href= »http://www.dailymotion.com/baryla &raquo; target= »_blank »>baryla</a></i>

Première raison : Hiam Abbass, je suis fan!  je vais voir tous ses films et jamais elle ne m’a déçue. Elle incarne la dignité, la volonté, le courage.

Deuxième raison : toutes les initiatives visant à établir un dialogue  entre Gaza et Israël, même les plus naïves, sont les bienvenues. Chanter ensemble comme D’une seule voix, rire comme dans le Cochon de Gaza sont à encourager.

Troisième raison : Tal, l’héroïne du film, est née à Créteil, ma ville, elle aurait pu être une de mes élèves, ma voisine…

Fleur bleue? Eau de rose? le dialogue par Internet de Tal, 17 ans, de Jérusalem qui a fait lancer par son frère une bouteille à la mer et de Naïm, le beau Gazaoui aux yeux bleus, qui a ramassé avec des copains la bouteille, comme Jaafar, le pêcheur ramassait des tongs dépareillées. Les scènes de bombardements pendant l’Opération plomb durci compensent largement la bluette. On reçoit en pleine figure les bombes, on tremble avec la famille de Naïm réfugiée dans l’appartement quand on voit les chars foncer vers leur maison. On ressent aussi la peur de Tal dans l’autobus à la vue d’un homme suspect qui serre un trop gros sac sur ses genoux.

Le film sonne juste. A Gaza, je ne peux pas bien me rendre compte. Mais à Jérusalem le ton est parfait. Parfaite cette souccah: « pourquoi est -on ici?  » demande le père qui attend une explication religieuse « parce que tu n’as pas pu construire de cabane en France! » lui répond du tac au tac sa fille. Juste aussi, l’enthousiasme forcé du nouvel émigrant, l’accent français de Tal, le père qui chante la mélodie orientale…..Touchante, la réflexion du frère revenant de Gaza, qui détecte la tristesse et la colère de sa sœur.

Je me suis demandée comment ou avait pu tourner les images de Gaza: le dossier pédagogique indique que le tournage à Gaza est impossible mais que les images de Gaza vue de loin sont bien authentiques. Authentiques aussi, les images d’archives du meeting de l’anniversaire de la mort de Rabin, les images du journal télévisé de France 2 pendant l’opération Plomb durci. Le cochon de Gaza avait été tourné à Malte. Tournées sur place, les images du checkpoint d’Erez. Séquence presque au ralenti du départ de Naïm, départ pour l’exil. Ces images auraient pu être joyeuses, le départ vers une nouvelle vie, la rencontre furtive avec Tal. Elles sont plutôt nostalgiques.

Le Monde est plus sévère : les bons sentiments ne feraient pas les bons films, d’après la critique.

Une femme fuyant l’annonce – david Grossman

Depuis dix jours, je suis les pas d’Ora et d’Avram sur leur randonnée dans les collines de Galilée. Cheminement lent, dans une lecture dense, où se découvrent des histoires d’amour intenses et des paysages sauvages. .
Pensée magique:  Ora imagine que, tant qu’elle sera hors d’atteinte des messagers, il n’arrivera rien à son fils, parti dans une opération militaire dangereuse, tant qu’elle pensera à lui, qu’elle parlera de lui, elle le protègera. Pouvoir des mots?
Ce n’est pas une lecture facile que cette fuite anxieuse, et que l’évocation de plusieurs guerres.

La Guerre des Six Jours est  à peine évoquée:  rencontre des adolescents hospitalisés, premiers émois, camaraderies, amitiés, amours adolescentes. Pendant la Guerre de Kippour se noueront et se dénoueront les liens d’amour et d’amitié. Le récit des combats sur le Canal de Suez est particulièrement éprouvant, la captivité en Égypte d’Avram aussi.
Amours, amitiés, amour maternel inconditionnel, paternités incertaines, rapports fusionnels entre frères, toutes les affections sont mêlées. Amour de la terre aussi.
Pouvoir des mots, écritures, carnets griffonnés, c’est aussi un livre d’écrivain, sur l’écriture. La chasse aux références littéraires, de Melville à Thomas Mann,ou à la Bible, peut aussi être une piste de lecture.

J’ai attendu ce livre. Pas seulement parce que les critiques sont excellentes ni parce que la littérature israélienne m’intéresse.Lue sur le  site de la Paix Maintenant l‘oraison funèbre à son fils Uri, tombé au Liban en 2006, m’avait terriblement émue. J’avais imaginé que ce roman était une réaction à ce deuil. La dernière page m’a détrompée, Grossman avait commencé l’écriture en 2003 alors que son autre fils Yonatan faisait son service militaire;

Dernière phrase du livre :

« Ce qui a changé surtout, c’est l’écho de la réalité dans lequel la version finale a vu le jour. »


j

Théophile Gautier dans son cadre à Sceaux

CHALLENGE ROMANTISME

Affiche de l'exposition

1811-1872, bicentenaire oblige, le Conseil Général des Hauts de Seine lui consacre une exposition presque « chez lui »( il résidait à Neuilly/Seine).

Sa famille, ses intimes

Occasion d’entrer dans son univers familial, de voir les photos de famille. Certaines Delacroix qui lui a peint une aquarelle singulière, Ingres: Les Tragiques Grecs, Hugo et la bataille d’Hernani, merveilleuse affiche où le portrait de Gautier est entouré de caricatures relatant les épisodes du Romantisme. Une tapisserie (reproduction) montre Théophile Gautier entouré de Dumas, Lamennais, George Sand, Hugo…

Théophile Gautier s’est essayé au dessin, on peut feuilleter (virtuellement) ses croquis. Journaliste, il était critique d’art ; les peintres, en toute amitié, (ou en remerciement) lui ont offert des œuvres de premier plan.

Une belle collection d’autographes, les poèmes Emaux et Camées écrits de sa main, des éditions anciennes complètent la bibliothèque…

affiche du film

A l’étage deux Le Roman de La Momie et le Capitaine Fracasse font l’objet d’une présentation illustrée.

 

 

 

 

 

 

Affiche des films tirés du Capitaine Fracasse.

Le Roman de la Momie a été illustré à nombreuses reprises, j’ai beaucoup aimé l’édition Art Déco  de Barbier (1929), les gravures du voyage en Égypte à l’occasion de l’ouverture du canal de Suez, effectué bien après la parution du livre et finalement un film muet de Capellani (1911), étonnant, colorisé au pastel (d’époque?).

 

 

C’est donc une exposition sympathique dans un cadre très agréable : sous le beau soleil d’hiver les jets d’eau du Parc de Sceaux se déployaient.

(jusqu’au 9 janvier 2012)

Il était une fois en Anatolie

TOILES NOMADES

 

Un convoi s’immobilise dans la nuit. Les phares éclairent une fontaine. Des policiers, le procureur, un médecin, leurs chauffeurs et deux suspects cherchent un cadavre. Ce n’est pas là. Il y avait un arbre en boule, un champ labouré, seules indications que livre le meurtrier mutique et menotté.

Le convoi repart dans la nuit sur une route sinueuse. Deuxième fontaine, où est l’arbre en boule?  Le suspect ne sait plus: « j’avais bu »…

Le cinéaste prend son temps pour filmer la nuit. Images fantastiques. Une pomme dégringolée du pommier  roule se laisse porter au fil d’un ruisseau, interminablement. Belle image de la reinette  rouge dans le fond noir et or.

Fatigue, promiscuité dans les voitures. L’enquête n’avance pas mais les hommes se rapprochent. Aux paroles anodines, ragots, yaourts..succèdent les confidences.  Le policier qui a un enfant malade, sollicite une ordonnance au médecin. Le procureur raconte l’anecdote étrange de la femme qui avait prévu sa mort cinq mois à l’avance…

Fatigue, énervement du policier impuissant qui,  à bout, frappe le témoin. Le procureur décide une pause chez le maire du village le plus proche. Occasion de visiter un village perdu, de connaitre l’hospitalité traditionnelle.

Panne d’électricité : un mirage? La jeune fille du maire apporte une lampe et le thé. Cette vision est presque miraculeuse. Le meurtrier fond en larme, il croit voir vivant la victime. Il sort de son  mutisme. Procureur et médecin reviennent sur la mort étrange de la femme sublime.

Quand le jour se lève le mystère sera levé. Le film prendra un tour diurne et citadin. On découvrira une Turquie moderne avec ordinateur portable, mais hôpital démuni.

Est-ce ainsi que les hommes vivent?

Chacun recèle une part de mystère, le cinéaste se garde de juger. L’humour désarme les scènes trop crues.

Le cochon de Gaza de Sylvain Estibal

TOILES NOMADES

Contre la guerre : la farce!

Contre l’intolérance, l’humour!

Ces deux recettes font des comédies réjouissantes et efficaces  Et maintenant où on va? et le Cochon de Gaza entre rigolade et tendresse, tentent de jouer leur partition dans le gâchis du Moyen Orient.

Sylvain Estibal, journaliste français établi à Montevideo, écrivain, a tourné à Malte mais en VO, arabe et hébreu.

Jafaar,  pêcheur gazaoui, malchanceux, pour une fois, n’a pas trouvé dans son filet les tongs et les ordures habituelles, mais un beau cochon vietnamien noir, très sympathique. Que faire de cet animal doublement impur? Jafaar est tout d’abord terrifié. Les fonctionnaires internationaux, eux, mangent du porc, mais celui à qui s’adresse Jafaar est au bord de la crise de nerf. Dans la colonie juive, toute proche, on élève des cochons sur des planches pour qu’ils ne souillent pas la Terre Sacrée….peut être pourra-t-il faire du business?

Sasson Gabay, campe un Jafaar formidable. Israélien, d’origine irakienne, il a déjà joué en arabe, dans la Visite de la Fanfare .Le personnage est un homme simple, accablé par le sort.  Israël interdit la pêche au large,  les prises sont rares,  sa maison est occupée par des soldats israéliens qui campent sur son toit, un trou dans le mur est à peine masqué par une commode, l’épicier le poursuit pour dettes…

La farce devient de plus en plus énorme à mesure qu’on avance dans  l’histoire. Intolérance et bêtise sont renvoyées face à face : des islamistes tentent de faire de Jafaar un martyr, une improbable patrouille palestinienne et israélienne chasse l’animal impur…Communion de la femme de Jafaar et du soldat occupant devant une télé-novela brésilienne…

La fin est étrange, mais je ne vais pas la raconter.

Le Voyage d’Orient – espion en Turquie – Bertrandon de La Broquère

VOYAGE EN ORIENT

1432, Bertrandon de la Broquère, au service du Duc de Bourgogne, Philippe le Bon, partit avec des pèlerins à Jérusalem pour un voyage de renseignement à travers la Turquie. Hélène Busso a mis en français moderne sa relation, rendant accessible et même de lecture facile ce texte authentique. Un vrai roman d’aventure!

Le Pèlerinage à Jérusalem est une sorte  de voyage organisé avec des étapes convenues, les moucres, vrais professionnels du tourisme,  louent et conduisent des montures, des caravansérails, hôtelleries du désert. Les pèlerins les plus aventureux poussent l’aventure dans le Sinaï jusqu’à sainte Catherine…passant par Gaza.

Le retour des pèlerins se fait par mer, par Chypre .

C’est alors que la mission secrète de Bertrandon de la Broquère commence : il rentre par terre incognito, suivant une caravane revenant de la Mecque. Pour y être accepté, il doit se déguiser, acheter l’équipage des sarrasins et des turcs. De Damas à Brousse, il partage le quotidien de la caravane accompagné par un mamelouk,  par les contrées des Turcomans, des grecs, Tarse, Adana, Konya…

Constantinople est encore byzantine, mais  Latins et Grecs ne s’apprécient guère. il semble même que notre héros fasse plus confiance aux Turcs. Péra  est génoise Génois, Vénitiens et napolitains y font commerce.

C’est à Andrinople que se trouvait la capitale ottomane en ce temps. Bertrandon de la Broquère raconte les usages de La Porte. il détaille aussi les conquêtes turques en Serbie, Bulgarie, ses récits prennent surtout en compte les fortifications, les défenses militaires (après tout c’est pour cela qu’il est payé!)

Ses pérégrinations se déroulent dans toute l’Europe par la Hongrie, Vienne où enfin il reprendra l’habit occidental et se dévoilera.

 

 

 

Ecrivains nomades en Grèce: Durrell, Fermor, Chatwin, Lacarrière…. divers liens sur le net

LIRE POUR VOYAGER/VOYAGER POUR LIRE

 

Céphalonie, pour le plaisir de la Grèce!

 

Googlant à la recherche du Mani de Fermor, je rencontre à nouveau Durrell. 2012 sera une année Durrell

Dominique de A sauts et gambades me signale la rencontre de Durrell et de Fermor relatée dans  dans Citrons Acides .

Par ailleurs, à la suite de l’annonce par Magne2 du décès de P L Fermor, sur le Forum du guide du Routard,  toute une série de billets propose des lectures grecques….

Et voici un billet sur le plaisir de lire et de surfer sur le net!

N’oubliez pas de cliquer sur les liens!!

Traces : installation d’Amos Gitaï au Palais de Tokyo

Je ne suis pas fan d’installations. Cinéma, je connais, sculpture et peinture aussi, happening, je fuis… Le plus souvent les installations me déçoivent par leur vacuité.

En revanche, je ne loupe pas un film d’Amos Gitai.

L’affiche dans le métro a accroché mon regard.

 

Le Palais de Tokyo, en ce moment, est un vaste chantier – une friche – dit Gitai dans un interview. On vend les tickets dans une sorte de caravane de chantier.

 

Amos Gitai

Lullaby to My Father

Munio Weinraub Gitai (1909-1970)


Munio mon père
Comme ceux de sa génération
Appliquait à son architecture
La notion de modestie, de retenue
D’obéissance au projet collectif
C’est aussi cela, la tradition Bauhaus
Et pas seulement les bâtiments orthogonaux
Imaginons que je développe un projet de film
Qui s’appuie sur sa biographie
Et sur la géographie
Et sur la géométrie architecturale

Le visiteur s’arrête sur un pallier où sont punaisées des feuilles blanches, que j’ai lues avec attention. Ces Traces  et une vidéo Lullaby pour mon père est un hommage à Munio Weinraub, son père, architecte du Bauhaus, ayant fui les persécutions nazies en

1933 et s’étant établi en Palestine. On voit aussi détaillé un projet de Salle à manger commune pour le Kibboutz Kfar Mazaryk, architecture au projet collectif. Quoi de plus collectif que cet espace où l’on dine, mais aussi où se tiennent les assemblées etla vie sociale?

traces.1301848356.jpg

Passé ce sas, je me sens agressée par le bruit provenant de diverses projections. Dans la pénombre,  l’installation est logée dans un sous-sol aux piliers de béton brut aux murs, mal équarris, dans des périmètres délimités par des grillages. sur des surfaces brutes sont projetées des vidéos : la silhouette d’une violoniste de profil se détache sur des briques mais j’entends mal le violon parce que juste en face Chava Alberstein chante Chad Gadya tandis qu’une femme pleure, ce chant de Pessah, enfantin est ici d’une infinie tristesse, à côté la greffière dactylographie sur une antique machine l’acte d’accusationtandis qu’un peu plus loin le procès intenté à Munio Weinraub, par les nazis qui l’accusent d’avoir détenu des tracts subversifs. Dans un recoin une bande d’actualité montre la campagne électorale de la fille de Mussolini.

J’aimerais me souvenir de toutes ces images qui se sur-impriment, cette histoire me touche. pour une fois l’installation fait sens. quand l’art contemporain a quelque chose à dire, l’installation se justifie.