Valence : Almudin, Musée de la Céramique et autres promenades dans le centre historique

CARNET DE VALENCE

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Pour l’après midi, j’ai fait une liste des sites que j’aimerais voir..

Je ne trouve pas le premier : la crypte saint Vincent à lAlmoina où j’ai visité le Musée Archéologique.

Almudin
Almudin

Derrière, l’Almudin – la halle au grain – du temps de Balentsya. Le nom des rues rappelle cette fonction : rue de la Farine, Rue de la Pesée de la farine. L’Almudin est un bâtiment rectangulaire, très simple qui s’ouvre sur une placette Plaça de Sant LLuis Bertrand : le saint est une petite sculpture en bronze orant une fontaine au bassin octogonal. Le porche d’entrée d’un palais est très ouvragé.

Un peu plus loin, se trouve la massive église S. Esteban avec son mince clocher de brique. L’Almudin sert de hall d’exposition, lorsque l’une est en préparation, on ne visite pas. Je n’entrevois que de la porte les peintures murales représentation de la vie populaire.

Les Bains de l’Almirante qui ont rempli leur fonction de 1313 à 1959 pendant donc six siècles se trouvent à proximité. Malheureusement le créneau des visites est de 13h à 14h selon le panneau (et jamais pour les individuels selon un voisin). Troisième site de ma liste, troisième porte close .

Le Musée du Patriarca est recommandé dans mes deux guides. Peinture ancienne, Caravage, le Greco, Goya sont annoncés sur une énorme affiche suspendue sur les murs du palais ; Impossible de trouver l’entrée. Et sur la place personne ne connait les horaires d’ouverture. Encore raté !

Palais du Marquis
Palais du Marquis dos Aguas

Enfin j’ai plus de chance au Musée des Céramiques qui se trouve dans le Palais du Marquis dos Aguas, construit au XVème rénové en 1740. La façade est ornée de bas- reliefs en albâtre, Atlantes soutenant le linteau du porche, Vierge dans une niche, mais aussi autour des fenêtres. Je n’ai jamais vu une façade aussi surchargée, l’albâtre semble un miel liquide qui dégouline.

Façade rococo ou rocaille?
Façade rococo ou rocaille?

Les murs des patios intérieurs sont également très décorés mais dans un style plus sage. A propos de style Baroque ? Roccoco ou rocaille ? Le Palais est meublé. Même impression de surcharge, trop meublé, trop riche, trop décoré. Les céramiques sont intéressantes. Après une présentation d’œuvres contemporaines au rez de chaussée, la scénographie est classique : vitrines dans l’ordre chronologique. Beaucoup de très belles choses.

Horchateria Santa Catalina
Horchateria Santa Catalina

Après tout ce circuit, j’ai besoin d’une pause que je prends à l’Horchateria Santa Catalina dont je ne me lasse pas. Dominique m’attend à la terrasse du restaurant BonGust à deux pas du gîte sous la dame dans son plat à paella. J’y reste toute la fin de l’après midi et pour dîner (à l’heure touriste) : tartare de saumon avec sauce à la mangue présenté sur une ardoise, très bon !

Orosei – Centro Storico

CARNET SARDE

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Le gite est à 8km d’Orosei où nous faisons les courses au SISA ouvert en permanence. Nous avons aussi traversé Orosei au départ de chaque excursion, pourtant nous n’avons pas encore exploré le Centre Historique.

D’Olbia, on parvient à Orosei en descendant dans la vallée du Cedroni  cultivée d’agrumes vert soutenu, par des virages  faisant découvrir une épaisse coulée basaltique. Un étroit et long pont de pierre enjambe le Cedroni qui paresse dans ses roseaux. La route principale contourne le Centre historique en une large boucle. Dans le centre les rues étroites et tortueuses forment un dédale heureusement en sens unique. L’urgence est de trouver un parking pour abandonner la voiture. Le premier sur la place principale est complet, par chance, il y a une place Piazza Sa Anime au pied de la Vieille Prison.

la vieille prison d'Orosei
la vieille prison d’Orosei

La visite guidée de la Prison et du Complexe San Antonio Abbate coute 3€.

La Tour Carrée, 15m de haut, est entourée d’une imposante muraille fut d’abord un donjon défensif probablement de l’époque pisane  faisant face aux rivalités entre les judicats, à  celles entre Pise et Gènes, aux  attaques de pirates ou celles des Sarrazins. Pendant la domination aragonaise le château devient une prison. La cellule a été reconstituée avec des mannequins habillés du vêtement rustique des paysans que portaient les prisonniers.  Il faut imaginer que la cellule n’avit pas de porte. Les prisonniers étaient introduits par une trappe carrée au plafond. Seule ouverture : une mince fente dans l’épaisse muraille. Une chaîne courait autour de la pièce à laquelle étaient attachés les prisonniers par les chevilles et le cou. Les geôliers pouvaient à leur guise tirer sur la chaîne.

Au 19ème siècle, un pénitencier fut construit à Nuoro et la prison d’Orosei perdit ses occupants. On voit encore les latrines sur une estrade surélevée de quelques marches. Le guide nous montre les bateaux gravés sur les murs ainsi que des animaux exotiques ; Ces graffitis suggèrent que les prisonniers étaient des pirates probablement d’origine africaine.

Deux étages rénovés de la tour sont occupés par une très belle exposition de photographies anciennes montrant la vie à Orosei dans les années 1930 à 1950. On y voit des femmes en fichu allant chercher de l’eau, des jarres posées sur la tête, des enfants sages des écoles, le marchand ambulant et des portraits.

Complexe S.Antonio abbate : tour pisane et cumbesssias
Complexe S.Antonio abbate : tour pisane et cumbesssias

Notre guide nous accompagne vers le complexe de San Antonio Abbate qui était hors les murs de la ville médiévale lors de sa construction. Nous descendons une étroite rue en pente aux  gros pavés irréguliers entre deux bandes lisses de dalles plates.  Les maisons sont hauates, sans doute des palazzi fortifiés. La place moderne séparant le Centre Historique est plantée d’un jardin bien ombragé.

Le Complexe San Antonio Abbate comprend l’église franciscaine (14ème 15ème ), une Tour Pisane, un puits et les cumbessias, maisonnettes mitoyennes alignées construites à l’origine pour héberger les pèlerins, transformées en hôpital puis en orphelinat et en hospice. Aujourd’hui, ces habittataions sont attribuées aux déshérités de la ville.

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L’église est ornée de belles fresques dans les tons orange, brun. Au pied du chœur actue(l l’église primitivement était plus petite, on a ajouté le transept plus tard) on a retrouvé les tomettes peintes venant de Ligurie selon le guide vert, selon notre guide, azulejos de Valence.

De la tour Pisane on a une belle vue sur la ville.

orosei : par les rues anciennes
orosei : par les rues anciennes

Remontant la Rue des Victimes de Guerre, nous admirons les belles maisons anciennes, les porches de vieilles pierres et les ruelles et arrivons au Musée Guiso renfermant une collection de théâtres miniatures.

sardaigne 058 - Copie Certains sont des jouets où une manivelle permet d’actionner des silhouettes en carton de personnages de la Commedia del Arte dans un décor de Venise, dans un décor allemand ou autrichien une actrice blonde alanguie fait penser à la Traviata (mais les dates ne collent pas)

On croirait la Traviata
On croirait la Traviata

le curieux « Théâtre des chiens » est 20ème  tandis qu’une autre fantaisiste « comédie de l’histoire »met en scène Napoléon au Caire avec  Kléber, Berthier. D’autres sont de véritables maquettes : au 1/50 la représentation de Don Carlos à Florence. Une bibliothèque miniature contient de tout petis volumes qu’on pourrait lire avec une loupe…Sont exposés aussi des robes de grands couturiers, des costumes de scène, un traité de magie en sarde du 16ème siècle et d’autres curiosités.

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Aux portes d’Orosei il y a des carrières de marbre. La ville a bénéficié de ce matériau. A chaque carrefour est érigée une sculpture moderne plus ou moins réussie.

Vincent Van Gogh – Lettres à son frère Théo (les cahiers rouges)

vangoghJ’ai beaucoup aimé le début, quand  Van Gogh est aux Pays Bas et en Belgique –  années d’apprentissage. Apprentissage du dessin et de la couleur au contact des paysans néerlandais et des ouvriers et mineurs du Borinage. Il se dépeint en ouvrier, en apprenti, en paysan,  plus qu’en artiste.

« Faire des études, selon moi, c’est semer, et faire des tableaux c’est récolter »

Tandis qu’il se trouve parmi les mineurs des charbonnage il compare son travail au leur

« Qu’est-ce que dessiner? Comment y arrive-t-on? c’est l’action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible qui semble se trouver entre ce qu’on sent, et ce qu’on peut. comment traverser ce mur, car il ne sert à rien de frapper fort, on doit miner ce mur et le traverser à la lime, lentement à mon sens. »

Il se réfère à Millet pour peindre les paysans « le père Millet ».

« quand je dis que je suis le peintre des paysans, c’est bien ainsi en réalité et tu verras mieux par la suite que c’est là que je me sens dans mon milieu. « 

mangeurs de pommes de terre

Il s’attache à peindre les mangeurs de pommes de terre,  la terre mouillée après l’averse, faisant corps avec les mottes de glaises.

« Si une peinture de paysans sent le lard, le fumet, l’odeur de pommes de terre, parfait! « 

Il est pourtant d’une grande culture, citant Victor Hugo, Balzac ou Zola.

S’il admire infiniment Rembrandt, c’est à Delacroix qu’il emprunte sa théorie des couleurs :

« Car les lois des couleurs que Delacroix a codifiées pour la première fois; et mises avec netteté à a portée de la généralité des hommes dans toute leur ampleur et tous leurs rapports, comme Newton fit pour la pesanteur et Stephenson pour la vapeur. Ces lois de la couleur, dis-je sont une vraie lumière, c’est absolument certain. »

Il décrit à son frère ses tableaux en détail, opposant les couleurs:

« Le printemps il y a le jeune blé vert tendre et les pommiers roses en fleur. l’automne, il y a le contraste des feuilles jaunes avec les tons violets; L’hiver, il y a la neige et les petits personnages noirs. donc si ‘été il y a opposition des bleus avec un élément orange… »

A Anvers, il s’inspire aussi de Rubens. Il cherche des modèles pour peindre des figures, des portraits. Et chaque fois se considère comme en situation d’apprentis, en recherche permanente d’une perfection qu’il se sent loin d’atteindre.

« c’est que je sens en moi de l’obstination et je suis au dessus de ce que les gens peuvent dire de moi… »
Il retrouve ensuite son frère Théo à Paris, se reconnait dans les impressionnistes, et leurs successeurs, Pissaro, Gauguin, Seurat. il rêve de communautés d’artistes, de coopératives un peu comme les Pré-préraphaélites..

« Néanmoins les artistes ne trouveront pas mieux que se mettre ensemble, de donner es tableaux à l’association, de partager le prix de vente de telle façon du moins que la société garantisse la possibilité d’existence et de travail de ses membres »
A la mitan du livre, il part pour Arles. Sa découverte du Midi au printemps est éblouissante, il décrit à son frère la nature et surtout les tableaux qu’il réalise, les vergers en fleur, la Camargue.Nous suivons le cours des saisons. les blés mûrs succèdent aux pêchers en fleur

nuit étoilée sur le rhone

 

 

« Il me faut une nuit étoilée avec des cyprès au dessus d’un champ de blé mûr ; il y a des nuits fort belles ici. j’ai une fièvre de travail continuelle »

 

 

 

Il aménage sa maison jaune pour recevoir Gauguin. Il travaille d’arrache- pied, jusqu’à l’épuisement. Souvent l’argent manque tellement qu’il se contente de café, de vin et d’un peu de pain. Il jeûne parfois plusieurs jours. Après l’enthousiasme, on sent que le Drame se prépare, il parle de plus en plus de toqué, de folie.

« il faut que je me méfie de mes nerfs » note-t-il au mois d’octobre

« je sens moi jusqu’à être écrasé moralement et vidé physiquement le besoin de produire, justement parce que je n’ai en somme aucun autre moyen de rentrer dans mes dépenses. je n’y puis rien que mes tableaux ne se vendent pas  »

« j’ai eu un moment le sentiment que j’allais être malade mais la venue de Gauguin m’a tellement distrait que je suis sûr que cela se passera… »

Dans cette période d’activité fébrile, il écrit beaucoup. Il décrit en détail ses toiles, que j’ai vues, pour certaines à la dernière exposition.

Sur la crise qui l’emportera à l’hôpital, qui éloignera Gauguin et qui le fera cataloguer pour fou par les arlésiens, la correspondance est discrète. Van Gogh est-il fou? Est-il seulemnt épuisé? Il demande à être interné à l’asile de Saint Rémy pour fuir ceux qui le poursuivre, parce qu’il n’a plus d’atelier et pour être à l’abri pour travailler.

« Mais l’argent que coûte la peinture, cela m’écrase sous un sentiment de dette et de lâcheté et il serait bon que cela cesse si possible »
Les lettres envoyées de saint Rémy sont plus tristes… Il continue à peindre, les cyprès, les oliviers. Il lit Shakespeare et Voltaire.
J’ai aimé aussi cette correspondance fraternelle, cette confiance sans réserve des deux frères,Théo dans le talent de Vincent, Vincent dans la protection de Théo dans la compréhension mutuelle.

15.En route vers Chigaga

MARRAKECH ET LA VALLÉE DU DRAA

 

Mohamed le chauffeur
Mohamed le chauffeur

10heures, départ en 4×4 en compagnie d’un couple de Japonais arrivés par taxi de Zagora, francophones et sympathiques. Mohamed le chauffeur est jeune, il porte une belle djellaba bleue et un chèche noir qui ne laisse voir que ses yeux magnifiques. A la sortie de M’Hamid, fin du goudron, la piste commence dans la Hamada pierreuse et plate puis dans le sable.

les tamaris
les tamaris

La végétation reste très présente. Dès qu’il y a un peu de sable pour retenir les racines. Les tamaris sont une taille respectable,  ils arrêtent le vent qui construit une petite butte sableuse d’où émergent les branches ? Parfois les tamaris ont l’air perché au sommet de la butte. De nombreux buissons épineux forment des coussins gris, verts ou bleutés . Mohamed repère 3 dromadaires qui paissent tranquillement et se laissent photographier. Les nomades ne les entravent pas et les laissent chercher seuls leur pâturage.

dromadaires
dromadaires

Sur les petites dunes la conduite est plus sportive, mieux que la foire du Trône. Partout il y a des traces de pneus. Le désert est devenu un vaste terrain de jeu pour touristes. Avec la sécheresse et le barrage sur le Draa qui a tari le fleuve il n’y a pratiquement plus d’agriculture. Les caravanes ne passent plus. Les sahraouis du campement racontent que la guerre a fermé les frontières. J’ai quelques doutes. Qui fait encore du commerce à dos de dromadaires à l’heure des 4×4 et des camions ? Le tourisme reste donc la seule activité de M’Hamid, les nomades trouvent des emplois de chameliers, chauffeurs, guides ou dans les hôtels. C’est purisme que de regretter la poésie perdue ou souillée par les pneus des 4×4 ! Je ne veux pas tomber dans ce travers. Le temps des explorateurs sahariens, de Monod ou de Foucault est révolu !

Les mots de Monod restent imprimés dans ma tête. Avec lui je regarde les végétaux bien plus nombreux que je ne le pensais avant. Je l’imagine marchant avec son herbier, collectionnant les plantes du désert. Sur la hamada pierreuse, il ne pousse que des buissons  épineux  desséchés, dès que le sol est plus meuble les coussins verts sont plus nombreux. On traverse une presque-forêt de tamaris. Le 4×4 file plein sud. A gauche, à l’est les montagnes de l’Algérie. A droite, encore un plateau violacé, pourpre, parfois échancré borde l’horizon. La hamada plate est ravinée par un oued, peut être très ancien avec des galets ronds dans son lit. Quand a-t-il coulé la dernière fois ?

15. Meknes sous la pluie

2003 – De Fès à Rabat en passant par la vallée du Ziz et Meknès.

Promenade au souk
Promenade au souk

 

 

 

Sous la pluie, les souks

Chaque circuit a son jour plus ou moins raté : la pluie nous a donc bien gâché notre programme!

9h15 – médina. Il fait gris, c’est tristounet.

Les commerçants n’en finissent pas d’ouvrir boutique. L’un d’eux nous explique :

          « on ouvrira vers dix heures, ce sont les vacances après l’Aïd

(cela fait une semaine que cela dure) pas de touristes, pour cause de guerre d’Irak, peu d’acheteurs locaux après la fête, le bazar est à moitié fermé.

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Medersa Bou Inania

La petite medersa Bou Inania (beaucoup plus petite que la médersa visitée à Marrakech) Très ornée, très bien conservée, pas de photo, pour cause de vilaine lumière, cela ferait redite après Marrakech pour quelques clichés de toits de tuiles vernissées d’une charmante coupole découpée en tranches comme les côtes d’un melon. Il commence à tomber quelques gouttes.

Nous marchons au hasard dans les rues couvertes. La pluie tombe dru. Nous passons et repassons devant les échoppes de babouches et de djellabas pour marocains. Nous nous laissons tenter : je trouve pour moi de belles babouches jaunes, marchande pour le principe, et des vert pâles pour 50 dirhams, très décorées, très marocaines. Il pleut maintenant à verse nous nous replions vers la voiture, trempées. Retour à l’hôtel. Heureusement que nous sommes bien installées.

En voiture

Vers 15 heures nous reprenons la voiture (comme prévu, la veille quand il faisait beau) Nous retournons vers Volubilis. Nous essayons une route dans les champs vallonnés : oignons, fèves sur des parcelles de bonne taille, blé en herbe. Tout es vert vif mais pas de quoi dessiner. Direction Moulay Idriss nous nous arrêtons dans une oliveraie.

 

GLAZ n° 2 est sorti!

Très belle revue numérique!

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Je suis fière d’avoir participé à cette aventure. Le thème des Voyages semblait fait exprès pour moi. Je vous emmène à Ithaque poursuivant Ulysse  et Cavafy.

Claudialucia et Wens racontent Frida Kalho et Diego Rivera, entre autres….

Avec Gwenaëlle nous découvrirons une petite île des Sporades…

Et encore des photos…..

suivez le lien http://glazmag.wordpress.com/2013/12/13/glaz-n-2-le-voila/

 

Et bien sûr bravo à la rédactrice Gwenaëlle!

 

Pietra Viva – Léonor de Récondo

LIRE POUR L’ITALIE

le Bacchus du Bargello
le Bacchus du Bargello

Le héros de l’histoire Michel-Ange est un personnage qui m’intéresse. Dans les carrières de marbre de Carrare encore plus encore. L’imaginer tirer ses personnages du marbre! Partager le travail des carriers et tailleurs de pierre, le sujet avait tout pour me plaire. La critique était bonne. Les copines le recommandaient.
Je partais pour un beau voyage à la Renaissance dans cette Toscane que j’aime.
Pourtant cela n’a pas fonctionné.
Lecture agréable. mais lisse, trop lisse pour m’accrocher ou m’émouvoir.Superficiel? J’ai glissé dans ces 225pages sans entrer dans le roman, sans y croire, ni à l’amour chaste pour Andréa le moine si beau, ni pour l’amitié de Michele, l’enfant. Quelques préciosités m’ont agacée. qu’est-ce donc qu’une Bible inviolée? et  ces hommes aux noms d’animaux?
Je ne regrette pas cette lecture. Comme Parle-leur de Bataille.…mettant en scène Michel-Ange également, la rencontre ne s’est pas faite.
Peut être suis-je grognon? J’ai parfois du mal avec les romans historiques. je leur préfère l’Histoire avec ses textes, ses sculptures, ses chefs d’œuvres. Pour qu’un roman historique m’emporte, il me faut plus de détails, plus de recherche. Et puis, la pureté du marbre, la chasteté, les mères idéalisées mortes, cela m’embête!

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La Fin de l’homme rouge – Svetlana Alexievitch

La Fin de l’homme rouge ou LE TEMPS DU DÉSENCHANTEMENT

 

 

 

Sur la couverture, l’homme rouge est une femme brandissant d’une main, le drapeau rouge avec la faucille et le marteau, et, de l’autre, un bouquet – rouge –  bien sûr!

 

 

 

 

Le Désenchantement est double: désenchantement de la grande utopie communiste avec pour corollaire le goulag et le militarisme.  Désenchantement de ceux qui ont cru au libéralisme, manifesté en 1991 au nom de la Liberté et ont perdu dans les privatisations les maigres économies, ils sont restés sur le bord de la route tandis que d’autres s’enrichissait de manière insolente.

L’Homo sovieticus, était programmé pour la construction du socialisme dans la grande Union Soviétique allant de la Baltique à Vladivostok, cimentée par un patriotisme indéfectible…. Il vivait à la fois dans la croyance que l’homme est bon, et que tout travailleur est respectable, et dans  la crainte des dénonciations, étouffant les conversations dans les cuisines. Après 1991, il devient inadapté au capitalisme sauvage, aux privatisations, à l’enrichissement effréné et à la concurrence.

La liberté, est-ce plus de saucisson? des jeans dans les magasins?

vu au musée de Talinn

A travers une vingtaine de témoignages,  de destins individuels  et singuliers, on découvre une galerie personnages, du paysan qui se suicide en s’arrosant d’acétone, du héros de la guerre, de la fillette née au goulag,  au maréchal de l’armée, du jeune juif donné pour mort dans la forêt près de Minsk qui rejoint les partisans et y est fort mal accueilli, du couple de Roméo et Juliette – arméniens et azerbaïdjanais –  des Tadjiks, autrefois soviétiques, maintenant esclaves caucasiens soumis aux pogroms…. la mort d’une milicienne en Tchétchénie….

Il est beaucoup question d’amour, de solidarités familiales, de religion, de suicide et d’alcoolisme aussi. Une réalité complexe.

J’ai beaucoup aimé ce livre, j’en sors émue, mais perplexe :  ne sachant que penser des deux réalités, la soviétique d’avant Eltsine, la Russie capitaliste de Poutine.

« Dans les écoles soviétiques, on nous enseignait que l’homme est foncièrement bon. Qu’il est magnifique. Aujourd’hui encore ma mère croit que ce sont les circonstances horribles qui nous rendent horribles. Mais que l’homme est bon. Mais ce n’est pas vrai…Non ce n’est pas vrai! Toute sa vie,  l’homme est ballotté entre le bien et le mal.[….]Bon, on a farfouillé dans l’Histoire…des milliers de révélations, des tonnes de vérité. Le passé pour les uns,  c’est une malle rempli de chair humaine et un tonneau plein de sang. Pour les autres, une grande époque…. »

Naoussa : hôtel Dryades

CARNET MACEDONIEN

Les nectarines de Naoussa

 

Naoussa est perchée sur un escarpement, petite ville en pente, nombreux commerces. Le guide Bleu signale des filatures. De  la terrasse de l’hôtel on devine quelques usines

L’Hôtel Dryades se trouve sur les hauteurs, au dessus des vignes, au contact avec la foret épaisse de châtaigniers chênes et merisiers. Derrière une cour pavée, un mur de belle roche poreuse ressemblant à du Comblanchien, avec pilastres et ferronnerie. Le bâtiment est construit sur trois niveaux avec des grands balcons.  Notre chambre est au 3ème (avec ascenseur) proche de la piscine sur deux terrasses creusées dans la colline dallée de cette belle pierre blonde à trous. Lits beiges ous des parasols écrus autour du bassin, tables et chaises bleues sous des parasols bleus et même des canapés. Le tout de très bon goût. Au niveau supérieur est installée une cafétéria. Le bassin est assez grand pour pouvoir vraiment nager. A une extrémité on peut s’asseoir sur un banc dans les jets bouillonnants. Ce serait parfait si l’accès était réservé aux seuls clients de l’hôtel. Les visiteurs peuvent payer une entrée de 3€ et consommer. La jeunesse dorée (puisque c’est cher) s’y donne rendez-vous. Cette manie de sonoriser la piscine pour plaire aux adolescents est agaçante…il ffaut choisir les moments où les jeux adolescents n’empêchent pas de nager, surtout la « bomba ».

L’hôtel n’a pas de restaurant. Il est possible, si on n’a pas envie de reprendre la voiture pour descendre en ville, d’aller à la taverne voisine (chic) on peut  commander par téléphone des repas livrés en scooter. La réceptionniste qui parle anglais propose de commander pour moi en grec. Quand nous avons choisi le menu, elle n’est plus de service au comptoir et sa mère qui ne parle que Grec ne comprend pas ce que nous désirons. Je choisis la solution « paketo » de la taverne. Pour 15€ je remonte deux parts de champignons farcis au fromage et aux herbes (un délice) et trois souvlakis accompagnés de riz et de frites. On ne touchera ni au riz ni aux frites. Les champignons auraient sufi, d’autant plus qu’ils étaient servis avec du pain aillé, poêlé, délicieux.