Exposition temporaire du 6 novembre 2024 au 24 mars 2025
Tigre sur les cimes
Cinq trésors, cinq chefs d’œuvres, cinq périodes et cinq civilisations dans ce vaste territoire de steppes et montagnes, parcouru par des nomades venus de l’Est, Scythes, Huns, Turcs, et la Horde d’Or mongole.
le Penseur de Tobyl
Le Penseur de Tobyl (3ème-2ème millénaire av. J.C.)en grès, a son regard tourné vers le ciel. Très expressif.
ornements en or de la coiffe de l’Homme d’Or chevaux ailés à corne de mouflons et oreilles d’âne
Découverts en 1969, les ornements en or, les coupes en argent et en or des chefs des tribus nomades que les Grecs et les Perses nommaient les Scythes. Orfèvrerie d’un raffinement extraordinaire. Cela me rappelle une exposition : l’Or des Scythes au Grand Palais en 2014, les objets provenant pour la plupart de Crimée.
J’ai beaucoup aimé le tigre installée sur les sommets pointus.
Babal féminin
L es Babal ( 9ème – 11ème siècle) en grès gris provienne du Turkestan .Dès le 6ème siècle le khaganat turc fut poursuivi par des Etats Turcs. Symbiose entre le monde nomade et le monde sédentaire urbanisé. Ces sculptures anthropomorphes furent érigés dans la steppe
Babal masculin
les chandeliers du mausolée de Khoja Ahmet Yasawi (1397)
Chandelier 1397
Fabriqué sur l’ordre de l’émir Timour(Tamerlan), il pèse 41 kg et fut fabriqué par un maître artisan iranien.
L’exposition se termine par le magnifique Chapan, lourd manteau de cérémonie avec des fils d’or.
J’aime bien ces expositions réduites à quelques chefs d’œuvres où toute mon attention est requise. une seule pièce mais un dépaysement total.
Exposition temporaire du 27 Avril 2024 au 16 février 2025
A l’occasion du 60ème anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et la France, le Musée Guimet se pare de rouge
Origine : façade du Musée Guimet
Jiang Qiong Er a habillé de rouge la façade du Musée Guimet en pratiquant des petites grottes en référence aux sites rupestres de Mogao Clic
Authenticité
Douze créatures, (Authenticité, Fraternité, Inclusion, Paix, Egalité, Bienveillance, Temps, Exploration, Bravoure, Nature, Sagesse, Liberté) occupent chacune une petite grotte. la façade est livrée à l’épreuve du Temps, temps de l’horloge puisqu’à chaque heure six des douze créatures s’animent et sortent de leur antre. Temps, météo, puisque la pluie, la nuit, le soleil, modifient couleurs et reflets.
Nature
Dans la bibliothèque en rotonde au deuxième étage les créatures en bronze sont exposés à hauteur d’homme si bien qu’on peut les observer en détail.
Une autre installation se déploie sur la terrasse.
Cette installation est l’œuvre d’une plasticienne également styliste Jiang Qiong Er née en 1976 en Chine mais ayant également étudié en France, parfaitement francophone qui explique dans des pastilles sonore son travail. Métissage entre la culture chinoise et française, utilisant l’intelligence artificielle. Métissage entre art et design.
LaPorte Chinoiseaccueille le promeneur dans un jardin paradoxal.
Jardin René Dumont (1904-2001), agronome, pionnier de l’écologie.
En 1899, un jardin d’essai colonialest créé, abrite en 1907 l’Exposition coloniale. Un hôpital militaire, des monuments aux morts des soldats originaire des colonies . Des serres historiques, des pavillons abritent des laboratoires, une bibliothèque. le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement)occupe des bâtiments divers.
les ruines de l’empire colonial français, le coq perché sur le globe terrestre
Entre colonies et écologie, entre urbex et recherche universitaire, c’est une promenade étrange. Durassienne peut-être?
la Serre du Dahomey et ses fétiches devant le Pavillon de l’Indochine
Promenade mystérieuse, la Chrysalide de Guillerm, sculpture contemporaine orne une mare.
Chrysalide de GuillermPavillon de la Réunion
le pavillon de la Réunion est caché par les bambous.
un mont cambodgien conduit à une stupaMaison cochinchinoise
La maison cochinchinoise disparaît sous le lierre. En face une pagode rouge confirme : nous sommes bien en Indochine!
pagode rouge
Ces pavillons ont été construits pour les Expositions coloniales, certains sur place d’autres au Trocadéro et même à Marseille. La Belle Gabrielle est un restaurant installé dans le pavillon de la Tunisie. Ouvert en semaine seulement, aujourd’hui samedi, fermé. La carte est alléchante et les prix très modestes. Le pavillon du Maroc est en ruine, celui du Congo a disparu
la Belle Gabrielle
Et je ne vous montre pas les monuments aux africains ou indochinois morts pour la France au cours de la Première Guerre mondiale!
J’ai bien envie de revenir pour une visite organisée pour répondre à toute les questions que je me pose!
Trois peintres élèves de l’Ecole des Beaux-Arts d’Hanoï et du peintre Victor Tardieu. Excellent enseignement aussi bien dans les techniques académiques européennes que dans les traditions et techniques asiatiques. Soucieux de la réussite de ses élèves Tardieu leur obtint des postes d’enseignants du dessin ainsi que des commandes à l’Exposition coloniale de 1931.
Lê-Pho – Laque
Si chacun des peintres a excellé dans l’exécution de portraits à l’huile, aquarelles ou dessin, l’originalité de ces peintres est l’exécution de tableaux originaux en laque ou la peinture sur soie qui assurent un succès en France.
Lê-Pho
Dans les années 30, les trois peintres ont rejoint la France
Lê-Pho : la lettre
Mai-Thu a suivi un parcours analogue et peint aussi sur soie.
Mai-Thu : baigneuses
j’ai aussi aimé ses petits tableaux représentant les enfants au jeu d’échec comme les enfants dans la guerre.
Mai-Thu : jeu d’échecs
Vu Cao Dam était également sculpteur. L’exposition montre un buste de HoChiMinh très connu. Installé dans le midi, il donne du relief à ses peintures à l’huile très colorées sous l’influence de Chagall.
Vu Cao Dam jeune fille assise
C’est une très jolie exposition.
Radis rongeur
Les collections permanentes du musées sont merveilleuses et je n’ai pas manqué pas d’y faire un tour d’autant plus qu’une salle est en ce moment dédiée à la nouvelle laque vietnamienne :
Chiharu Shiota est une plasticienne japonaise née en 1972 à Osaka. Elle travaille également à Berlin. Son matériau de prédilection est le fil qu’elle tisse de ses mains fil de laine ou de coton, rouge le plus souvent mais également noir ou blanc.
Where are we going? barques et fil blanc
Le visiteur est accueilli en haut de l’escalier d’honneur par cette gigantesque suspension blanche qui prennent des allures d’ailes blanches.
Il traverse les arches rouges qui jaillissent des barques, déstabilisé.
j’ai déjà rencontré son fil rouge au Musée Guimetjuste après le confinement, les objets enfermés dans la toile d’araignée correspondaient bien à l’humeur du moment, quand nous étions enfermés, liés. *Elle avait empaqueté de très petits objets, des meubles et et jouets de maisons de poupée. Au Grand Palais, changement d’échelle. Elle joue avec des chaises, lie un piano après sa combustion de fil noir
Piano carbonisé et fil noir
Avec ces fils, ces nœuds, j’avais rapidement classé Chiharu Shiota comme « artiste textile » c’est réducteur! En plus de ces installations, elle a aussi expérimenté avec son corps, l’enfouissant dans la terre, ou se baignant dans la boue. Les vidéos où on la voit couverte de boue me mettent mal à l’aise.
Untitled Islande
Elle met en scène son corps. Dans une vidéo on la voit nue sous un enchevêtrement de fins tuyaux où circule le sang. Elle est parcourue de spasmes . je pense un peu à Sophie Calle. Elle trempe aussi de boue des très longues robes suspendues qui gouttent
Memory of skin
ou elle joue avec la peinture, devenant elle-même peinture
Becoming painting
Toujours ce rouge sang!
l’exposition du Grand Palais montre des dessins préparatoire, des esquisses, des photos, des vidéos. L’une d’elle de 23′ est particulièrement éclairante. Si on prend le temps d’écouter on comprend ce qui échappe à la seule vision.
peintre, artiste textile, vidéaste, photographe.
Crépuscule des Dieux
Elle est aussi scénographe de nombreux opéras : Siegfried, le Crépuscule des Dieux, Oedipe de Sophocle par Stravinsky et bien d’autres oeuvres sont jouées dans les décors de Chiharu Shiota.le problème est que l’exposition a voulu trop en montrer. On voit les captation des différents opéras, les danseurs, les chanteurs mais la musique d’un seul domine. C’est perturbant
Fenêtres de Berlin
.
Chiharu Shiota a aussi été témoin de la Chute du Mur de Berlin qu’on voit en vidéo; la ruée vers l’Ouest a entrainé l’abandon de quartiers de Berlin Est. La plasticienne a récupéré les châssis des fenêtres et portes des maisons désertées et les a assemblées. L’huisserie garde quelque chose de ces maisons abandonnées, leur âme?
Et que dire des valises en lévitation?
Rien n’est gratuit dans ces installations; A Venise, elle a suspendu des clés aux fils rouges. On peut aussi imaginer que les souvenirs sont prisonniers de la toile d’araignée, ou que les barques et les valises sont celles des migrants.
Jose Ribera (1591 -1652) est né en Espagne, il arrive à Rome en 1605 juste avant la fuite du Caravage en 1606, en 1616 Ribera part à Naples.
Plus sombre et plus féroce que le Caravage, sa peinture est présentée comme « ténébrisme et extrême férocité du réalisme ».
Allégorie des cinq sens : l’odorat
La présentation du Petit Palais adopte l’ordre chronologique, avec les premières salles de sa production romaine puis napolitaine. On entre dans la première salle tendue de rouge où sont accrochés de grands portraits de philosophes, mendiant et deux tableaux des Allégories des cinq sens.
Un philosophe
Le philosophe ci-dessus est un modèle que le peintre fera souvent figurer dans ses compositions : avec son crâne chauve, rond, ses oreilles décollées. Je m’amuse à le chercher et à le retrouver au cours de l’exposition.
Une autre série est celle des Apostolados, les Apôtres, même format, même posture sur un fond le plus souvent très sombre avec un éclairage oblique.
Saint Barthélémy (je retrouve le chauve)
De grands tableaux sur des thèmes religieux sont très construits, éclairage clair-obscur caravagesque
Le Reniement de Pierre
le Reniement de Pierreme fait penser à un tableau de Caravage à Saint Louis des Français.
Jésus et les docteurs
A côté des grands tableaux religieux, une série de portraits des Apôtres, un cycle des saints martyrs et des Philosophes. Les grands penseurs sont représentés en haillons témoignant peut-être de la richesse intérieure contrastant avec l’aspect extérieur.
Esope
Ribera s’intéresse aux marges de la société, prend pour modèle la plèbe napolitaine, une gitane, les scugnizzi de Naples.
Le pied-bot
Grand tableau en pied d’un couple de barbus, l’un d’eux est une femme allaitant un enfant. Cette femme a vraiment existé. Un autre tableau très marquant est l’enfant au pied-bot. Goût pour les infirmités, les monstruosités.
martyre de Saint Bartélémy
Ribera fut aussi un virtuose de la gravure. Certaines caricatures témoignent aussi du goût du burlesque, qui annonce Goya. Certaines études de martyres ont été croquées sur place s’inspirant des tortures de l‘Inquisition active à Naples, alors espagnole. Un monsieur dans l’exposition a montré bruyamment sa réprobation, Non! d’après lui « l’Inquisition ne torturait pas, ne mettait pas à mort ». Saint Barthélemyaprès être crucifié est même dépecé, un tableau représente l’arrachement de la peau.
Apollo, et Marsyas
La plupart des tableaux illustrent des sujets religieux mais le peintre ne s’est pas interdit les grandes compositions mythologiques. Le supplice de Marsyas grimaçant s’apparente aux souffrances des martyrs. le Silène ivre est aussi monstrueux.
Certains tableaux sont plus clairs, plus souriants, colorés. Deux grands paysages dans les bleus sont agrestes, paisibles, de minuscules pêcheurs tirent des filets, un homme allume un feu… Décidemment, le peindre a plusieurs cordes à son arc!
C’est donc une bien belle et riche exposition. En introduction, un podcast de RadioFrance : des Midis de Culture
De la Chine des Tang j’ai des souvenirs de lectures anciennes de la série des enquêtes du juge Ti de Robert Van Gulik,.
Palefrenier et cheval
La dynastie Tang (618 -907) marque une époque de prospérité, de calme. marchands et commerçants circulaient librement. Les prisons étaient vides. Une population de 50 millions d’habitants se répartissait sur un territoire allant de la Chine orientale à l’Asie Centrale.
Deux cavaliers poterie vernisssée
Les chevaux sont très présents dans l’exposition, chevaux indispensables dans les conquêtes militaires. En 665, 700.000 chevaux étaient élevés dans les fermes d’Etat. Rapides et puissants, ils étaient originaires d’Asie Centrale, de la vallée de Ferghana (actuel Ouzbékistan).
Joueuses de polo
Même les dames montaient à cheval, certaines étaient même joueuses de polo. L’exposition montrant la mode féminine avec de jolies statuettes en céramique montre qu’elles ne dédaignaient pas le costume masculin avec un caftan et des bottes.
Cavalière
Ces céramiques donnent une représentation très vivante de la vie à l’époque des Tang. Fan des tanagras grecs, je suis conquise par ces statuettes chinoises.
Cheval hennissant
La capitale Chang’an comptait 1 million d’habitants et sa densité dépassait celle de Byzance . Construite selon un plan régulier, les 110 quartiers se répartissaient de chaque côté d’une large artère. Deux marchés irriguaient la ville en marchandises provenant de tout l’Empire mais aussi de Corée, Japon, Perse et Indes. La Route de la Soie entretenait les échanges avec Byzance.
Chamelier et chameau
Cette ville cosmopolite se trouvait à La Croisée des pensées et des religions : Confucianisme et Taoisme y étaient les plus répandues avec le Bouddhisme
Gardien du temple : chimère
D’autres cultes étaient pratiqués comme le Zoroastrisme, le Manichéisme. Il y avait une église chrétienne de nestoriens.
Musiciennes et danseuses
La vie culturelle était raffinée, avec musiciens, comédiens, magiciens. l’exposition présente des services pour l’alcool, ou la vaisselle pour le Service du Thé
Service à thé miniature
C’était aussi un monde très lettré, on a dénombré 50.000 poèmes qui ont été calligraphiés. Les artisans travaillaient des matériaux précieux rares comme l’argent, le lapis-lazuli, le jade, le verre venait de Byzance.
On a représenté les étrangers dans cette ville cosmopolite, les marchands sogdiens de la route de la Soie, les étrangers au nez pas du tout asiatique comme le personnages ci-dessus, même un personnage à la peau noire…
Pierrot intitulé autrefois Gilles, fut peint par Watteau (1684-1721) découvert en 1826,dans la collection de Vivant-Denon, entra au Louvre en 1869.
Le tableau a fait l’objet d’une restauration et cette exposition le présente nettoyé, agrandi, accompagné de commentaires, de vidéos et de tableaux soit peints par Watteau soit traitant du sujet de la comédie italienne au XVIIIème siècle ou plus tard.
Pierrot et le Théâtre comique
Arlequin Empereur de la Lune – Gillot
Deux troupes officielles officiaient à Paris : La Comédie Française dont le personnage-vedette était Crispin, valet manipulateur et La Comédie Italienne avec Arlequin et Pierrot. La Comédie Italienne fut interdite par les édits de 1697 et de 1716 : elle avait déplu par des plaisanteries ayant offensé les élites. Des comédies privées jouaient un répertoire burlesque pendant les foires sur des tréteaux en extérieur et dans des parades.
Le tombeau de maître Arlequin soldat gourmand – Gillot
Watteau originaire de Valencienne vint à Paris en 1702 et, en collaboration avec Claude Gillot était spécialisé dans les représentations du théâtre à l’italienne.
Watteau et la conception de Pierrot
Watteau : Pierrot
On a supposé sans preuve que la toile avait servi d’enseigne dans un café tenu par un ancien acteur spécialiste du rôle de Pierrot.
la postérité de Pierrot
Après 1721 un nouveau personnage triomphe dans les parades devant les salles de théâtres : Gilles, valet grossier.
Arlequin et Pierrot Derain
Evolution du personnage de Pierrot
Un acteur de génie Debureau joua une pantomime au Théâtre des funambules avec une tenue blanche, campant un sombre Pierrot repris par Sarah Bernhardt
Sarah Bernhard dans Pierrot l’assassin – Photo Nadar
Au XXème siècle
Picasso, Derain, Juan Gris ont peint leurs Pierrot. J’ai bien aimé celui d’Alberola
Le clown d’Albérola
On assiste aussi à la projection d’une séquence des Enfants du Paradis qui s’est inspiré de Debureau
Le Palais de la Porte Dorée fut construit à l’occasion de l‘Exposition Coloniale de 1931. Il a été transformé en Musée Permanent des Colonies, puis en Musée de la France d’Outremer jusqu’en 1960. Les collections ethnographiques furent transférées en 2003 au Musée du Quai Branly. l’actuel Musée de l’émigration, ouvert au public dès 2007 ne fut inauguré officiellement que 7 ans plus tard après des controverses par le Président Hollande en 2014.
Le bâtiment de Lapradeavec le bas-relief de la façade d’Alfred Janniot – tapisserie de pierre – les fresques de la Salle du Forumde Ducos de la Haille, le Salon des Laques forment un ensemble Art Déco remarquable et classé.
Amalia Laurent – A l’usage des fantômes
Cependant toutes ces œuvres à la gloire de la Colonisation, de l’extractivisme sont difficiles à regarder aujourd’hui à l’heure de la Décolonisation. Le Palais a offert à 13 artistes de construire une promenade poétique en revisitant le monument par un regard critique.
Le nageur rouge… « Dans le Bonheur« CLIC qui accueille les visiteurs émergeant des buissons dans un crawl puissant, donne le ton. Sa couleur rouge transcende les couleurs de peau, il peut évoquer aussi l’émigration par la mer, dans les pirogues – l’artiste Djadji Diopest sénégalais.
A l’usage des fantômes
Masquant l’entrée de laSalle du Forum, Amalia Laurent, a suspendu un immense voilage teinté qui joue les effets de transparence et de lumière, l’œuvre, A l’usage des fantômes , dansée sur la musique d’un gamelan javanais, se place à la limite du réel et des mondes parallèles. On devine, déformées les fresques, couleurs illisibles. Les fresques vantant l’action des colonisateurs et l’extraction coloniale des richesses de la natures se trouvent atténuées, brouillées par le voile. Il ne s’&git pas de détruire ou de faire disparaître l’héritage d’une période historique douloureuse mais d’ajouter un élément…
Kokou Ferdinand Makouvia (Togo)Aze zz Ame Are
Fantômes encore! L’artiste togolais, Kokou Ferdinand Makouvia, assailli d’étranges vibrations provenant d’une foule emprisonnée dans le Palais a inventé un rituel de purificationpour apaiser ces présences. Il a confectionné d’étranges vases d’argile, cousus de fils de cuivre, dans lesquels des tubes sont destinés à recueillir les messages des visiteurs. Au pied des sculptures sont répandues des feuilles de Kpatima. Les messages sont brûlés, leurs cendres recueillies sont utilisées pour faire l’encre a disposition des visiteurs suivants….
Aung Ko House Project
Myanmar House Project de l’artiste birman Aung Ko
La maison-patchworka été cousue par les visiteurs qui peuvent y trouver refuge. Une vidéo projetée montre la construction de maisons de bambous sur un fleuve, avec le transport fluvial des cannes puis la construction. La maison s’ouvre sur l’installation du togolais.
La déambulation se poursuit entre des installations recyclant du matériel de bureau parlant, installation sonores de paroles d’enfants commentant les sculptures de la façade.
Teresa Fernandez-Pello
Teresa Fernandez-Pello a imaginé un mur électronique encadrant le grand To’o Mata des Îles des Marquises. Le dépliant du Musée a soutitré cette installation « se souvenir »
Rikrit Tiravanija et Vivien Zhang : Invasives
Une salle est tapissée de motifs phylogénétiques comme l’arbre de Ernst Haeckel. Invasives , les plantes, un autre aspect de la migration.
Rive Droite
A l’étage, l’exposition est beaucoup plus fournie. Diverses œuvres évoquent plutôt des histoires personnelles de migrants, d’exils, d’errance ou de solitudes. Tableaux comme Rive Droite hyper-réaliste ou gravures, photos. Dans le Studio Rex des photos tentent de donner une présence et sortir de l’ombre ces hommes et ces femmes souvent sans-papiers, sans-droits
Barbara Chase-Riboud est à l’honneur cette année à Paris. Son œuvre se déploie dans huit musées parisiens prestigieux, dont Le Louvre, Orsay, le Quai Branly…
Ses sculptures trouvent leur place parmi toutes les installations du Palais de Tokyo. Ses sculptures noires, colonnes doubles ou stèles, s’alignent dans une pièce noire . Sur les cimaises, des tableaux blancs, textiles. Fils noués qui accompagnent les grandes colonnes noires et lisses. Ces bronzes rendent honneur aux femmes noires et aux luttes pour les droits civiques.
Prise au dépourvu je n’ai rien compris à cette installation monumentale.
En revanche, j’ai beaucoup aimé, dans la petite salle attenante, l’écoute de ses poèmes lus en anglais avec texte bilingue projetés sur l’écran From Memphis and Peking. Textes évoquant les voyages à travers le monde, des villes, peut-être adressées à son mari la photographe Marc Riboud.
Barbara Chase-Riboud est l’auteure de La Virginienne qui relate l’histoire d’amour de l’esclave Sally Hemings et de Thomas Jefferson, 3ème Président des Etats Unis.
Plus je recherche, plus Barbara Chase-Riboud m’intrigue. Deux podcasts ont occupé ma matinée de marche en forêt. Le premier des Midis de Culture est centré sur l’exposition actuelle
Cette rencontre sur YouTube permet de mieux la connaître
Barbara Chase Riboud au Louvre
Et comme la personnalité de cette artiste m’a beaucoup intéressée, je me suis précipitée au Louvre pour voir 3 autres œuvres.
Colonne d’or sous la Pyramide du Louvre
En majesté, sous la Pyramide s’élève fièrement la colonne dorée. Mise en évidence dans un emplacement d’honneur, voire…La pyramide est beaucoup plus grande qu’on ne l’imagine. Vue du dessous, elle est presque invisible. D’ailleurs, je suis passée sans la voir à ma visite précédente au Louvre. Il existe bien un escalier qui permettrait de l’approcher, interdit aux visiteurs. Trop loin pour pouvoir vraiment apprécier le travail du bronze à la cire perdue.
La Cape de Cléopâtre
Barbara Chase Riboud a visité dans sa jeunesse l’Egypte et ce voyage a beaucoup compté pour elle. La Cape de Cléopâtre est exposée dans le Département des Antiquités Egyptiennes. Pour parvenir à la statue, il faut parcourir toutes les salles et c’est un véritable plaisir de redécouvrir les statues, objets, instruments de musique…Tout à côté du plafond astronomique de Dendara.
Découverte entre les granites sculptés: la Cape de Cléopâtre
Le lit de Cléopâtre se trouve dans la Salle des Caryatides dans le département des Antiquités Grecques. Il me faut donc retourner sur mes pas, retraverser les salles égyptiennes, descendre de nombreuses marches, en remonter autant parcours initiatique?
Salle des Caryatides
Le lit de Cléopâtre est aussi constitué de plaquettes carrées de bronze mais elles sont mats. Ces sculptures sont accompagnées par les vers tirés de l’Opéra Portrait of a Nude Woman as Cleopatra, publié en 1987.
Lit de Cléopâtre
Non loin de là, l’Hermaphroditeest couché sur son lit de marbre.
hermaphrodite endormi
Barbara Chase Riboud dans le Salon des Laques au Palais de la Porte Dorée
Le salon des Laques du palais de la Porte Dorée
j’ai continué ma poursuite des sculptures de Barbara Chase Riboud
Alors que j’avais été déçue de la mise en scène au Louvre, ici les sculptures Zanzibar noir et Zanzibar doré sont mises en majesté.
Zanzibar noir rehaussé de soie rouge
Zanzibar doré dans le Salon des Laques
les deux stèles s’accordent parfaitement avec les laques noires et les panneaux dorés, les œuvres se répondent.
Il reste encore cinq musées pour découvrir le reste de l’exposition. Je visiterai sans doute Orsay, Le Musée Guimet, le Quai Branly d’ici la mi-janvier mais cela fera l’objet d’un autre billet!