Attention! Le Musée d’Art Moderne est en travaux, l’entrée se fait sur le quai de Seine Métro : Alma Marceau ; vous aurez l’occasion d’admirer le bas relief en descendant si comme moi, vous veniez d’Iena!
ZAO WOU KI : L’ESPACE EST SILENCE
Zao Wou Ki est né en Chine en 1920, il vient à Paris en 1948, rencontre Michaux et Varèse
Récemment au Musée Cernuschi une exposition d’une donation était présentée au milieu des collections d’art chinois du Musée. il s’agissait principalement d’encres en Noir et blanc. Une vidéo m’avait donné envie de connaître ses tableaux colorés
L’exposition L’Espace est Silence , au contraire ne présente que de très grandes œuvres qui occupent le vaste espace.
Hommage à André Malraux
L’Hommage à André Malraux est un grand triptyque sur fond doré où des personnages ressemblent à des éléments de la calligraphie chinoise. Le peintre chinois doit à Malraux, l’auteur de la Condition Humaine, l’acquisition de la nationalité française. je ne sais si ce tableau est abstrait ou pas. j’y distingue ds personnages de larges traits à la brosse noire
HOmmage à Malraux : panneau de gauche : je crois deviner un homme arméje crois deviner un homme armé,°hommage à Malraux panneau du milieu
L’hommage à Henri Michaux est un tableau presque noir et blanc qui me fait penser à un paysage lunaire à grands traits blancs horizontaux.
La salle suivante, on aurait plutôt envie d’appeler ces grandes salles où sont accrochés de très grand tableaux un hall, est sous-titrée LA TRAVERSEE DES APPARENCES, traduisant un passage vers l’abstraction. Ces très grands tableaux des années 60 son souvent aux tons sombres. Très peu ont des titres, plutôt des dates, sauf Nous deux,sur un poème de Michaux, où je croix distinguer deux idéogrammes rouges sur un fond sombre .
Hommage à Varèse
les spectateurs assis devant le tableau écoutent la musique de Varèse avec un casque : la gerbe de coups de pinceau est en écho des sons métalliques et des percussions frappées dans un environnement aquatique. Ces grands tableaux s’apprécient de loin. Il faut aussi s’approcher pour que se révèlent les empâtements et le rythme des tracés noirs précis formant une gerbe.
Dans tous ces tableaux abstrait où seule la date peut guider le spectateur, je me prends à imaginer un paysage hivernal, une rivière blanche glacée, un pont,. Je laisse errer mon imagination bien loin sans doute des intentions de l’artiste.
Dans la salle suivante la couleur se fait plus présente, plus gaie
Hommage à claude Monet
détail de mon oeuvre préférée
J’imagine des arbres, des ramifications, peut être suis seule à les voir dans monoeuvre préférée que jai mis sous le titre.
Il y a aussi un bizarre hommage à Matisse
Hommage à Matisse
Autant l‘Hommage à Claude Monet me parait pertinent, autant je ne suis pas convaincue de l‘hommage à Matisse.
Dans la dernière salle des encres sur papier sur des très grands formats sont encore pour moi source de rêverie comme des énormes test de Rorschach. je crois voir dialoguer un héron peint à l’huile avec un lapin à l’encre. J’imagine des cerisiers…
34°C à Créteil selon la météo! Allons nous rafraîchir à la Plage!
Sur la suggestion de Télérama, nous attendions le jour propice pour réaliser le programme : matinée à La Plage et visite l’après midi d’une exposition au Musée D’Art et d’Histoire. Entre les deux, une promenade sur les bords de l’Oise.
La Plage
la plage et l’Oise
La plus grande plage fluviale, le plaisir de nager dans de l’eau de rivière, ne sentant pas le chlore, bien fraîche. Une esthétique Deauville 1920, avec de balles cabines blanches, des kiosques, des coins ombragés d’autres fleuris. Très chic!
L’entrée est chère pour les visiteurs (12.2€). Pour que le voyage en vaille la peine, il faut y passer un bon moment et y venir l’après-midi quand le bassin de natation (profondeur 3m) soit ouvert. Ce bassin renommé attira des compétitions et le tournage de films. Malheureusement notre hebdomadaire préféré n’avait pas annoncé cette ouverture tardive. La municipalité de l’Isle-Adam fait des conditions avantageuses pour les habitants de sa commune(et c’est très bien ainsi). Les jeunes s’y sont précipités (à raison, comme je les comprends!). Mais la foule nous a chassées, nous avons préféré pique-niquer tranquillement devant l’écluse sur les bords de l’Oise.
l’écluse
Sur le Motif
CChiara Gaggiotti : la Distillerie
Exposition temporaire jusqu’au 16 septembre
« peindre sur le motif c’est peindre en extérieur sans dessin préalable ». » cette thématique du paysage est partie intégrante du projet du musée qui possède une collection de « l’Ecole du bord de l’Oise »
ai-je recopié de la présentation de cette exposition qui réunit 4 femmes artistes contemporaines :
Agaves de Corinne Pauvert
Delphine D. Garcia ( née en 1973 à Compiègne)
Delphine GarciaDelphine Garcia
Chiara Gaggiotti(née en 1977 à Gubbio)
Chiara Gaggiotti : TerminiChiara Gaggiotti : Termini
Virginie Isbell (née en 1959 à Washington, ayant fait des allers-retours entre les USA et la France actuellement en Uruguay
Virginie Isbell : reflets
Corinne Pauvert née en 1956 à Paris.
Vie vagabonde de Virginie Isbell
Cette exposition rassemble surtout de petits tableaux regroupés par thème, d’une seule artiste ou non, petits formats huiles sur bois ou carton, souvent très colorés que j’ai bien aimés.
Si nous n’avions pas eu peur des bouchons, nous aurions pu retourner à la Plage pour essayer le grand bassin. Le chemin du retour (60 km) est bien long à l’heure d’affluence.
J’ai découvert Jean Arp et Sophie Taeuber à l’Exposition Dada Africaà l’Orangerie. Comme nous aimons bien à l’occasion de la visite des maisons d’artistes ou d’écrivains faire un pique-nique et une balade, nous avons attendu le mois de mai.
Au programme de la journée, une balade (7km) autour des étangs de Meudon au départ de l’étang de Villebon. De nombreux sentiers sont balisés (trop, on s’y perd) les arbres sont magnifiques, certains chênes majestueux. La promenade est ombragée. J’ai l’occasion d’observer le système de petit canal pour conduire l’eau à Versailles (encore) . Meudon est urbanisée mais pas trop, la forêt garde une ambiance sauvage.
La terrasse de l’Observatoire de Meudon
Courses au Monoprix de Meudon tout proche.Je remarque la, »Fête à l’Observatoire ». C’est une fête foraine installée sur la terrasse de l’Observatoire. De la terrasse, la vue sur Paris est panoramique, la perspective inédite, la Seine proche.
Jules Janssen
La statue de l’astronome Jules Janssen domine la terrasse, cet astronome du 19ème s’est distingué par un envol en ballon pendant le siège de Paris par les Prussiens en 1970 pour aller observer une eclipse à Oran, un bas relief sur le socle de la statue raconte cet exploit. L’Observatoire est fermé, il ne se visite pas mais il est situé dans un élégant château.
Arp
la Fondation ARP se trouve à quelques kilomètre, à Clamart au 21 de la petite rue des Châtaigniers, rue en pente bordée de belles maisons et de jardins fleuris. C’est la maison-atelier où Jean Arp et SophieTaeuber vivaient et travaillaient. Maison de meulière, comme souvent les pavillons de banlieue, dessinée par Sophie Taeuber, construite en 1929. Sophie Taeuber a également fabriqué les meubles, très simples et sobres, placards et supports. En contrebas, se trouve un joli jardin peuplé de grandes sculptures de Arp, et au fond un double atelier.
Arp -Demeter
Les pièces présentées sont bien postérieures à l’époque dadaïste de l’exposition Dada Africa, elle sont le plus souvent datées des années 50. Formes souples, fluides, arrondies qu’on est tenté de caresser. Difficile pour moi de bâtir quelque interprétation. A défaut je note les titres souvent amusants : Outrance d’une outre mythique (un très beau bronze), Configuration aux mouvements de serpents, un étrange Thalès de Milet, Démeter.
Au pays de Thales
« Quand les pierres se grattent des ongles poussent aux racines
Bravo, bravo
les pierres sont des oreilles pour manger l’heure exacte »
Jean Arp 1933
A l’étage, plus de compositions de Sophie Taeuber, une gouache colorée, des dessins préparatoires.
Les statues de Jean Arp sont groupées par deux ou trois sur des supports, qui se répondent.
Évocation d’une forme lunaire spectrale correspond avec un torse. Au pays de Thalès regroupe un bronze, un plâtre et une sculpture sur pierre.
Dans la petite pièce, de très petits dessins à l’encre sont des illustrations de la Bhagavad-Gita, il me font penser à des Picasso.
Le rez de jardin est la salle de séjour au plafond bas.
bronze dans le jardin
On peut flâner dans le jardin de sculptures, entre dans les deux atelier où de nombreux plâtres sont soigneusement rangés sur la table près de la fenêtre dans des casiers. On imagine les maîtres d’oeuvres… Quelques œuvres d’autres artistes voisinent les plâtres d’Arp, je remarque Armen Agop et d’autres.
En parcourant le site de la fondation Arp, je lis que Max Ernst,Kurt Schwitters, Tristan Tzara,James Joyce,Paul Eluard, Robert et Sonia Delaunayont fréquenté ce lieu. Cela fait rêver.
Le monumental tableau est resté à Madrid, il fallait un certain culot pour faire une exposition Guernica sans le montrer.
Guernica est sans doute le tableau le plus étudié du 20ème siècle, il me rappelle des sessions de Brevet des collèges en Histoire des Arts, régulièrement présenté. Je me souviens aussi d’une exposition à Ravenne qui y faisait ouvertement référence en montrant des tableaux italiens s’en étant inspiré.
L’exposition actuelle, en six salles, commence par une analyse des symboles représentés dans le tableau : le cheval, le taureau, le soldat, le héros antique découpé à terre, la lampe électrique…. Différents critiques sont cités avec de longues citations, les hypothèses sont diverses. Tantôt on voit dans le cheval, le nationalisme espagnol, tantôt on en fait le symbole du peuple. De même le taureau serait la figuration du peuple selon certains, ou de la brutalité…L’oiseau est-il comme la colombe l’espoir de la paix? La lampe électrique, dans la bombe peut être interprétée comme « une invention bienfaisante qui se transforme en force destructrice »? Cette présentation, même si elle montre des arguments contradictoires a au moins le mérite de faire observer le tableau.
la guerre civile
Les débuts de la Guerre Civile (17 juillet 1936- printemps 1937) est un rappel historique qui replace Picasso dans le contexte espagnol. De Janvier à Avril 1936, l’exposition Picasso circulait en Espagne pour soutenir le Front Populaire. Picasso fut même nommé par le gouvernement républicain directeur du Musée du Prado. Le 8 et 9 janvier Picasso réalisa une gravure : Songe et Mensonge de Franco
Songes et mensonges de Franco
les sources de Guernica présentent aussi bien les sources anciennes comme les Désastres de la Guerre de Goya que les œuvres de Picasso comme les tauromachies, minotauromachies et même une crucifixion
Crucifixion
la commande et les premières esquisses : pour le Pavillon espagnol de l’Exposition internationale des Arts et Techniques 1937. La peinture devait occuper un mur entier. L’idée initiale était d’exploiter le thème du peintre et de son modèle. Nature morte à la lampe et les études au dessin pour cette peinture montrent des éléments utilisés dans Guernica
La transformation du projet : à la suite du bombardement de Guernica le 26 avril 1937. Au mur, les unes de l’Humanité du 28 et du 29 avril 37, montrent la désolation, voisinent avec des photographies des ruines. Picasso dès le 1er mai et les jours qui suivent commence les études préparatoires, certaines au crayon, en noir et blanc, d’autres en couleur. Le noir et blanc ne s’est pas imposé encore.
Le portrait de Dora Maar
Guernica dans l’œil de Dora Maar . je connaissais Dora Maar par le portrait que Picasso a fait d’elle. je ne savais pas qu’elle était une photographe d’origine croate, que Picasso a rencontré par l’intermédiaire d’ Eluard. Dora Maar reçut en commande le travail de photographier Picasso en train de réaliser le tableau. 8 photographies sont projetées sur un grand écran et nous pouvons ainsi suivre l’oeuvre qui se transforme : on voit apparaître le cheval puis disparaître le bras au poing levé serrant un bouquet avec un soleil ; la bombe remplace le soleil avec l’ampoule, le triangle lumineux se matérialise de plus en plus clairement, le cheval semble se lever.Je termine donc la visite de l’exposition comme je l’avis commencée par un examen attentif de chacun des éléments composant le tableau.
Ensuite je me suis promenée dans les étages pour retrouver les Picasso que j’aime et en croiser d’autres qui n’étaient pas là à ma dernière visite.
Exposition temporaire au Musée de la Chasse et de la Nature jusqu’au 1er Juillet 2018 (Garouste) et 2 septembre (Laurie Karp)
Racontée par Ovide dans les Métamorphoses, l’histoire du chasseur Actéon qui, par hasard, assista au bain de Diane. La déesse, furieuse d’avoir été surprise nue le métamorphosa en cerf. Ses chiens n’ont pas reconnu leur maître et l’ont dévoré.
Etude pour actéon
L’exposition occupe les deux salles du rez de chaussée du Musée et comporte une douzaine de grandes huiles sur toile ainsi que des études au dessin que j’ai trouvées intéressantes
Garouste étude au dessin
Il présente surtout la scène de la dévoration, assez peu celle de la rencontre avec Diane. D’ailleurs il a prêté peu d’attention à la déesse qu’il a dessiné avec un visage lunaire correspondant peu à l’image que je me fais de la chasseresse.
Garouste
Belle exposition, mais un peu restreinte, j’aurais aimé en apprendre plus sur Garouste
Les œuvres de Laurie Karp sont tout d’abord disséminées dans les collections permanentes. Il faut les chercher, ce qui n’est pas évident parce que ce sont des céramiques de petite tailles plutôt discrètes parmi les animaux empaillés, les armes, les tableaux et autres présentations. Si je n’avais pas visité récemment, à l’occasion de l’exposition Sophie Calle, j’aurais sans doute consacré plus d’attention et de temps pour me laisser surprendre, j’ai utilisé le plan et trouvé les petites figurines : femmelettes dans une coupelle, ours miniature et femme dans une position suggestive (sur le moment je ne savais pas que l’artiste était une femme).
Au deuxième étage deux salles sont offerte pour ses parcours sur le thème de la forêt et de l’eau : coupelles bizarres remplies d’une matière imitant l’eau, personnages qui grimpent. Je n’ai pas été convaincue.
Exposition temporaire à l’Orangerie jusqu’au 20 Août 2018
Monet : pont japonais
Monet est-il un peintre abstrait?
Monet : Saule pleureur (1920-1922)
Cette exposition célèbre le centenaire de la décision de Monet d’offrir les nymphéas à l’Etat français, elle met en évidence la postérité de Monet dans l’art américain. En 1955 le MoMA acquiert un Monet et les tableaux de l’exposition sont souvent introduits par le Critique Greenberg qui publia en 1955 un grand essai sur la peinture américaine faisant de Clyfford Still,Barnett Newman, Pollock ou Tobey des héritiers de Monet.
Pollock : Untitled 1949
Intéressante confrontation de peintres de continents et d’époques éloignées.
Si la couleur « devient autonome » et primordiale, on saisit mieux la parenté entre les nymphéas et les toiles de Monet qui sont un feu d’artifice de couleurs.
Rothko et Clifford Still peignent selon le Colour field painting avec de grands champs de peinture
Clifford Still 1965
Les grandes taches ont des contours déchiquetés, la peinture au couteau donne un certain relief aux taches, on regarde le très grand tableau un peu comme un paysage
Pollock : the deep (1953)
Dans les tableaux de Rothko, rien pour raccrocher l’oeil à du figuratif : de grande taches colorés
Rothko
De Kooning dans sa Villa Borghèse, après avoir peint des paysages urbains retrace à New York des souvenirs, recollections de Rome
De Kooning villa Borghese
On peut aussi citer Morris Louis avec ses acryliques délavés qui font comme des bandes verticales (j’aime moins, donc pas de photo) ou Helen Frankenthaler également des acryliques
Helen Frankenthaler (non! ce n’est pas la photo qui est floue mais le tableau!)
j’ai beaucoup aimé le tableau de Guston « impressionisme abstrait »
Guston détail du rouge au centre du tableau
Riopelle, peintre canadien, établi en France expérimente une technique originale de « mosaïques »
Détail d’un tableau de Riopelle (bord du tableau)
Et je termine par un de mes préférés Round the world de Sam Francis (1958-1959)
Around the world
Bien sûr, on n’a qu’une envie : monter au rez de chausser dans les deux salles des Nymphéas. On aimerait les avoir pour soi et méditer devant mais gare aux groupes de Chinois ou Japonais!
L’an dernier a commémoré Rodin et le Musée Camille Claudel a ouvert à Nogent-sur- Seine. J’attendais les beaux jours pour aller le visiter.
La Seine à Nogent : le bateau-lavoir et au fond, la Centrale
Nogent-sur-Seine est dans l’Aube, en Champagne-Ardennes, à 130 km de Créteil. C’est un peu loin, mais il faisait si beau. Plusieurs itinéraires sont possibles, par l’A4 et Provins, par l’A5 et Bray-sur-Seine, ou par la Nationale 19, Brie-Comte-Robert- Nangis-Provins. A l’aller nous avons emprunté l’A5 bien roulante, sortie 18 et route) travers la Brie, colza en fin de floraison, blé déjà haut, pas un coquelicot, pas un bleuet, pas de moutarde sur les bords, pas étonnant que les insectes et les oiseaux désertent la campagne! Pas de haie, même pas un bosquet. La monotonie est rompue par des tapis roulants qui convoient le sable ou les graviers de carrières. On traverse peu de villages, la route évite Bray-sur Seine que nous voulions voir. Un arrêt devant le château de La Motte-Tilly précédé d’une majestueuse allée de marronniers et de pelouses.
Le château de la Motte-Tilly
Nogent-sur-Seine se devine de loin avec les grosses cheminées de la centrale nucléaire d’où sort un panache. Samedi c’est le marché autour d’une belle halle, joyeuse animation dans la rue principale, queue chez les boulangers. L‘église Saint Laurent est spectaculaire avec ses grandes statues surmontant le clocher carré. A l’intérieur, les tableaux sont bien mis en valeur, explication et lumière. Il va y avoir un mariage, les bouquets fleurissent le chœur, un homme (le prêtre ou le fleuriste?) met la main au plus grand bouquet de lys blanc en chantant en portugais.
Le moulin Sassot qui enjambe la Seine
Dans les rues je remarque de belles maisons à pans de bois. D’autres sont en brique ou brique et meulières. Les bords de Seine sont agréables; je remarque un bateau-lavoirvert, qui est une véritable blanchisserie. Un grand moulin enjambe la Seine : c’est le moulin Sassot construit au 19ème siècle détruit puis reconstruit en 1908, maintenant le Siège de l’entreprise Soufflet qui est justement une très grosse entreprise en minoterie et de malterie. Cette construction de brique ressemble un peu à la chocolaterie Menier de Noisiel. Nous aurions dû arriver plus tôt pour prendre notre temps de nous promener dans cette ville charmante, chercher peut être la Maison de Camille Claudelet celle où Flaubert est venu en villégiature.
Le Musée Camille Claudel
Inauguré en 2017, c’est un musée tout neuf, très bien conçu, clair. L’audioguide est compris dans le billet. Il faut le prendre, il est passionnant ; quoique je n’ai pas tout écouté parce que j’aurais pu rester toute la journée, tant les explications sont riches.
Alfred Boucher : Jeune fille lisant
Si on honore Camille Claudelen donnant son nom au Musée, il faut savoir que les sculpteurs fameux ont été nombreux à Nogent-sur-Seine. Le musée fait tout un panorama de la sculpture de la fin 19ème siècle, début 20ème, notamment aux artistes locaux :Alfred Boucher(1850-1934) qui fut le maître de Camille Claudel, Ramus (1805-1888) Paul Dubois (1829-1905). Ces trois sculpteurs jouissaient d’une certaine notoriété qui leur permis d’obtenir de nombreuses commandes officielles.
Alfred Boucher : Faune et Bacchante
La Salle 2 : être sculpteur au 19ème siècle donne une bonne introduction à la technique de la sculpture, on voit les étapes de la fabrication d’une statue, du modèle en plâtre ou en terre à la réalisation du bronze avec le moulage à la cire perdue, ou en pierre grâce à la « mise au point », pointage tout à fait visible avec des sortes de clous ou aiguilles régulièrement réparties sur le corps du plâtre.
Paul Dubois : l’Alsace et la Lorraine
Salle 3 : Lla sculpture et l’espace public : A la fin du 19ème siècle, on construisit beaucoup et entre la défaite de Sedan et la Première Guerre mondiale les représentations patriotiques matérialisaient le souvenir de l’Alsace-Lorraine perdues, et la « héroïsation » de Jeanne d’Arc (nous ne somme pas loin de Domrémi) .
Paul Dubois : statue équestre de Jeanne d’Arc
Autre sujet : les représentations de scientifiques et médecins,(Pasteur, bien sûr) destinées à figurer sur les places publiques.
La mythologie était aussi sujet d’inspiration, comme les vertus chrétiennes (mais ce n’est pas uniquement à cette période).
Salle 4 : Paul Dubois chef de file des Néo-Florentins présente des bronzes délicats
idéal féminin
Salle 5 : Les métamorphoses de l’idéal féminin est un « cours de sculpture » un petit groupe Tres in Una de Richer illustre la beauté antique, la beauté de la Renaissance et la beauté moderne; De nombreux marbres accompagnent ces cours et les deux bas-reliefs de Bourdelle ont un style bien différent des recommandations académiques.
Salle 6 : Allégorie et Mythologie
Gustave Doré : Nymphe dénichant des faunes
Gustave Doré : Nymphe dénichant des faunes est tout à fait remarquable.
Salle 7 : Représentation du Travail. L’oeuvre la plus spectaculaire est un ouvrier pelleteur représenté à l’ouvrage mais nu, sorte d’Hercule par Alfred Boucher
ouvriers à l’ouvrage
Après avoir traversé la salle 8 : La sculpture de la Sphère privée montre des collections variées.
Bourdelle inspiré par Loi Fuller
Enfin on arrive à l’étage pour Le corps en mouvement où je découvre des danseuses, danseuses classiques ou antiques mais aussi inspirées de Loie Fuller et sa danse du voile ainsi qu’Isadora Duncan : un groupe de Bourdelle. Les sportifs sont aussi montrés en mouvement.
A Boucher : tous au but
On entre enfin, dans l’atelier de Rodin avant d’aborder les salles dédiées à Camille Claudel. Camille Claudel a passé, adolescente, les années 1876 à 1879 à Nogent. A 14 ans elle sculptait déjà et se fit remarquer par Alfred Boucher. En 1881, elle étudie à Paris, Alfred Boucher venait corriger les travaux puis fut remplacé en 1882-1883 par Rodin pour qui elle deviendra praticienne et modèle dès 1884.
Camille Claudel : buste de RodinCamille Claudel : buste de Rodin
On peut voir côte à côte des oeuvres de Rodin et de Camille Claudel sur des sujets identiques, le portriat de Rodin par Camille Claudel.
Autour de la Valse
Apothéose du musée : la salle Autour de la Valse : une série de 4 couples de valseurs , bronze, grès, plâtre. le médiateur du Musée raconte que Debussy, très ami de Camille Claudel possédait un tel groupe.
Une autre salle est dédiée à une oeuvre spectaculaire : Autour de l’âge mur et al dernière à Persée et Gorgoneen marbre réalisé par Pompon, la maladie de Camille lse faisant déjà sentir.
EXPOSITION TEMPORAIRE au Musée du Quai Branly jusqu’au 06/01/19
Frise de personnage pour le pavillon d’Asie de Marie Antoinette Ballard-Devé
La peinture des lointains ne pouvait qu’attirer la voyageuse, les tableaux exotiques colorés, orientalistes, de marines, de déserts…..Quoique….les collections proviennent du Musée de La Porte Dorée, autrefois Musée des Colonies et nombreuses œuvres sont des commandes à l’occasion de l‘Exposition Coloniale de 1931. Ces images sont restées méconnues justement à cause de l’héritage colonial et du spectacle colonialiste et parfois raciste qui fut donné à l’Exposition. Exposition sulfureuse?
Les peintures exposées concernent des horizons plus lointains que cette exposition coloniale, éloignés par la distance et dans le temps.
Pèlerins de DjeddahPèlerins de Djeddah
Le choix des sections, « Séduction des lointains », « bourlinguer », fait appel au thème du voyage comme « promesse heureuse de dépaysement« . On s’embarque avec les peintures de marines de Charles Fouqueray dans le port de Saïgon ou avec les Pélerins de Djeddah,
Port de Saigon
Les orientalistes du 19ème siècle sont bien représentés avec le Café maure à Alger
Café maure à Alger (1860) Germain Fabius Brest
la Mosquée de Basse-Egypte de Perilhat
Mosquée en Basse Egypte – Perihat
Au début du 20ème siècle l’Afrique du Nord a séduit les peintres
Djerba (1926) André SurédaDjerba (1926) André Suréda
Les laques de Jean Dunand (1877-1942) de Style Art Déco m’on beaucoup plu
Eléphant laque de Jean DurandEléphant laque de Jean Durand
Une autre section est intitulée : « L’appel du Désert – le rêve nomade »
Théodore Frère : La halte sous les palmiers
Fuir l’Occident est illustré par Emile Bernard et Paul Gauguin (très belles gravures de ce dernier). J’ai aussi bien aimé le tableau Ambohimanga (Madagascar) de Willi Worms
Toute une salle est consacrée à Paul et Virginie : gravures, tableaux assiettes et éditions illustrées. Le thème de l’odalisque est aussi présent
Odalisque : Ange TissierOdalisque : Ange Tissier
Visiteurs lointains, introduit toute une série de portraits, pittoresques, anthropologiques (ou pas), les portraits d’indiens d’Amérique de Catlin,
Emile Bernard : Abyssine à la robe de soieAbyssine
Duco Sangharé, Peule
sont mes préférés, mais j’aurais pu en présenter d’autres….
La suite de l’exposition fait plus explicitement référence à la colonisation : grands portraits de Savorgnan de Brazza et de différents militaires et politiques (Jules Ferry), les opérations militaires ne m’ont pas spécialement intéressée et encore moins les grandes fresques colorées légendées avec les différents produits minéraux ou agricoles des colonies. je suis passée sans m’arrêter.
En revanche le jardin indochinois d’un peintre vietnamien a su me séduire
Exposition temporaire au Musée d’Orsay jusqu’au 7 juillet 2018
jeune paysanne de Johann Walter
Je n’aurais pas manqué l’occasion de flâner encore à Tallinn, Riga, Vilnius ou Kaunas. histoire de raviver des souvenirs de notre voyage. Nous avions vu de beaux musées à Tallinn, Kaunas et Vilnius et j’avais adoré la maison de Curlionis
Curlionis
L’exposition du Musée d’Orsay a choisi de présenter par thèmes sans séparer les peintres de chacun des pays baltes et sans souci de chronologie(certains tableaux datent de 1930 et son présentés avant d’autres des années 1910). Les trois thèmes abordés sont : 1 Mythes et Légendes , 2. l’Âme, 3. la nature.
Mythe et Légendes s’ouvre sur des légendes estoniennes, Le Sacrifice de Kristjan Raud illustre une légende ancienne païenne selon laquelle les larmes de trois veuves venues prier font jaillir une source.
Kallis : Linda portant un rocher ; Kalevipoeg
La légende estonienne de Kalevipoeg a inspiré Raud, Triik, ou Tuul : on voit des héros musclés ou au contraires décharnés très symbolistes. Ce n’est pas la peinture que je préfère, déjà les Symbolistes autour de Maurice Denis ne m’inspirent pas tellement. Dans la Bataille de Triik je crois reconnaître des vikings et un drakkar dans le tableau voisin, Lennuk, de Triik.
Lennuk de Triik
Je retrouve avec plaisir Curlionis dans une atmosphère fantastique, trois tableaux avec un enfant, un oiseau, une montagne et une reine suggèrent d’inventer un conte.
Curlionis : Princesse, oiseau
2.L’Âme
Konrad Mägi : Méditation
De nombreux portraits sont exposés, je n’aime pas du tout ceux qui sont torturés, décharnés, sombres et assez sinistres.
Rozentals : Princesse avec un singe
D’autres sont très colorés. j’ai beaucoup aimé la Méditation de Konrad Mägi, la Princesse au singe de Rozentals et la Jeune Paysanne de Johann Walter
3. la nature
Paysage norvégien
C’est la salle qui m’a vraiment plu. Nature ensoleillée des paysages norvégiens de Triik et Mägi ou les forêts, la neige et les reflets sur l’eau de Purvitis
Purvitis
Encore une fois Curlionis est mon préféré avec son cycle de la Création en 13 tableaux, Création différente de la Genèse, incluant une certaine idée de cosmologie, big bang ?,
avec l’apparition de la lumière vers le 4ème tableau, passant du bleu sombre vers le blanc et le rose quand apparaît la vie(de beaux coquelicots rouge) puis on imagine le déclin du soleil avec des teintes orangées. Aimé aussi ses vagues dont un tableau ressemble à celui d’Hokusai.
Exposition temporaire jusqu’au 5 Août 2018 à l’Institut du Monde Arabe
l’Inauguration du Canal de Suez
On entre dans l’exposition au son des trompettes d’Aïda, opéra écrit par Verdi pour l’occasion de l’inauguration du Canal de Suez sur un livret de Mariette, le célèbre égyptologue. Puis, on est convié à la grande réception de l’inauguration du canal de Suez le 17 novembre 1869, parmi les milliers d’invités. au centre une maquette des installations et des bateaux, aux murs photographies anciennes d’Arnoux et Zangaki aquarelles de Théodore Frère et des tableaux, projection sur trois écrans de la novembre cérémonie du commentée par Frédéric Mitterrand, en mode Zitrone, Ce qui m’a étonnée, c’est la cérémonie religieuse commune aux chrétiens réunis sous un pavillon tandis que les imams étaient en face sous un autre pavillon. Œcuménisme, du 19ème siècle? Étonnante absence aussi de Victoria qui a boudé cette réalisation franco-égyptienne ainsi que le Sultan Ottoman alors qu’Ismaïl Pacha avait donné la place d’honneur à l’Impératrice Eugénie.
Sésostris III
Les origines du Canal racontent qu’un canal fut creusé dès l’Antiquité par Sésostris III vers 1850 av. J.C. entre le Nil et la Mer Rouge.
Des barques portant le chargement de 300 ânes pouvaient y circuler. En 519 av. J.C. Darius le restaura, ainsi que Ptolémée II, Trajan et en 643 ‘Amr al-‘As, commandeur des croyants. Il fut ensuite volontairement abandonné. Une stèle cunéiforme en granite rose au nom de Darius fut trouvée pendant les travaux de creusement par Mariette et atteste de ce canal antique.
En 1504, les Vénitiens présentèrent au mamelouk un projet de creusement d’un nouveau canal, sans suite.
L’expédition de Bonaparte et l’Inventaire de l’Egypte par les savants qui l’accompagnaient, l’avènement de Mehemet Ali qui a modernisé l’Egypte réactualisent l’idée du percement d’un nouveau canal.
Les Saint Simoniens etProsper l’Enfantin
En 1846 les Saint Simoniensfondent la Société d’Etudes du Canal de Suez. Ferdinand de Lesseps obtint de Saïd Pacha laconcession en 1855 et le chantier débuta en 1859.
la construction du Canal de Suez
La construction du Canal eut d’abord recours à la Corvée : le khédive mit disposition 25000 fellahs qui ne disposaient que d’outils rudimentaires et qui mourraient par milliers. Des photos et un film égyptien montrent les conditions déplorables des hommes qui moururent par dizaines de milliers. Les britanniques dénoncèrent cet esclavagisme et Napoléon III obtient en 1864 l’abolition de la Corvée. En plus du creusement il fallait draguer le canal pour éviter l’ensablement : une maquette de dragueuse à godet est sous une vitrine tandis que des vidéos montrent son fonctionnement.
Dragueuse à godet
Bartholdi qui avait accompagné Gérôme en Egypte, à la suite de sa rencontre avec Ferdinand de Lesseps, inspiré par les statues antiques géantes eut l’idée du projet d’un énorme phare à l’entrée du Canal à Suez portant une paysanne égyptienne brandissant une torche, l’Occident éclairant l’Orient. Cette réalisation ne se fit pas mais inspira la statue de la Liberté réalisée en 1896
projet pour la statue de Bartholdi
Trois villes furent crées ex nihilo : Port Saïd, Ismaïlia et Port Tawfik (Suez). Un grand plan relief de plusieurs mètres de long est dans une vitrine comme la maquette de Port Saïd. Ces villes étaient très cosmopolites peuplées aussi d’Italiens, et de Grecs. Dans les années 1930, des expérimentations architecturales Art Déco sont illustrées par les très belles photos d’Arnoud de Boistesselin
Architecture Art Déco : photo BoistesselinArchitecture Art Déco
Des tableaux montrent le développement du trafic à travers le canal. Deux années-record : 1966 avec 21.250 t dont 75% de pétrole et plus tard 2008, 21.415 t. Entre temps, les conflits régionaux et mondiaux eurent leurs influences sur le trafic. En 1882, l’armée britannique réprime une révolte de l’armée égyptienne, occupe tout le pays et prend sa part dans l’exploitation du Canal.
En 1888, le canal est déclaré neutre et international. Il est , de fait, contrôle par l’armée britannique .
La nationalisation par Nasser
Le discours de Nasser
Le 26 Juillet 1956, Nasser annonce la nationalisation du Canal. Cet événement capital est mis en scène dans l’exposition : un écran double montre d’un côté Nasser et la foule en délire, de l’autre côté de l’écran, sans le son, mais avec les sous-titres, est projeté le film égyptien Nasser56 qui montre les égyptiens partant contrôler le Canal.
La suite de la nationalisation est l‘Expédition militaire Anglo-franco-israélienne d’Octobre/Novembre 1956
1956
Le Pacte secret de Sèvre est affiché au mur. amusant de constater que Britanniques et Français n’ont pas conservé leurs exemplaires du protocole, il ne reste que l’israélien.
la suite de l’exposition détaille les guerres israélo-égyptiennes des Six jourset de Kippour avec des cartes et des témoignages de vidéos : interviews et films égyptiens : dans les « petits rêves » on voit la démission de Nasser à la suite de la Guerre des 6 jours et les manifestations de soutien au Rais de la population.
Le canal du Futur
le 5/8/2014, le Président Egyptien Al-Sissi annonce le creusement d’un deuxième canal. Une nouvelle capitale administrative construite dans le désert entre le Caire et Suez est prévue pour 2019. Je suis très étonnée d’avoir manqué une telle information.
La visite se termine par un film tourné à bord d’un prote-container commenté par Michel Serres qui parle de la Garonne et aussi des nouvelles voies de navigations par les pôles dégagés par le réchauffement climatique…..
C’est encore une exposition passionnante, même si la fin qui raconte l’histoire est présentée de manière un peu aride.